Chapitre 172
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 171 : L'aube de chacun (5)
Un homme en costume pénétra dans l'usine abandonnée.
Le costume, qui brillait autrefois d'élégance, était désormais couvert de terre et de poussière, dépouillé de sa dignité passée.
Au milieu de la puanteur de décomposition qui emplissait les lieux, il scruta silencieusement les environs.
« …… »
L'homme, Neil Brion, fronça les sourcils en découvrant l'usine abandonnée, jonchée de cadavres dévorés par des animaux sauvages.
C'était une base secrète qu'il avait personnellement mise en place en cas de coup dur.
Naturellement, moins de cinq personnes sur tout le continent connaissaient son existence.
« Quelqu'un est déjà passé par ici. »
Qui ?
Quand ?
Neil Brion resta immobile, hésitant un instant entre attendre le contact qu'il était censé rencontrer ou quitter la zone.
Heureusement, sa réflexion ne dura pas longtemps.
« Ah, te voilà ? »
Une voix émergea des ombres de l'usine, suivie par un homme qui s'avança.
Apparemment indifférent aux cadavres éparpillés sur le sol, l'homme s'affala nonchalamment sur un canapé décrépit.
Bien que ce fût la première fois que Neil le voyait, il ne fit pas preuve de beaucoup de prudence et demanda brusquement :
« C'est ton œuvre ? »
« Quoi, tuer tout le monde ici et piller le coffre ? Non, pas moi. Ça doit être le premier venu. »
Pschitt !
L'homme ouvrit une canette de bière et en avala plusieurs gorgées.
« Ah ! Ça fait du bien. Pourquoi cette tête de déterré ? Qu'est-ce qu'il y avait dans le coffre, au juste ? »
« ……Juste de l'argent d'urgence. »
« Pfft, c'est rien ça. Tu es fauché ? Tu veux que je t'en prête ? »
« Ce n'est pas une question d'argent. Ça m'agace que quelqu'un ait été au courant pour cet endroit. »
Bien qu'il n'eût vécu comme fugitif que peu de temps, il était devenu hyper-vigilant au moindre détail.
Notant son malaise, Dirje hocha légèrement la tête.
« Très bien. Si tu es si nerveux, déménageons. Tu as un autre endroit en tête ? »
« …… »
« J'imagine que non. Alors, pourquoi ne pas nous en tenir à mon plan initial ? »
« Plan initial ? »
« L'assassinat d'Oscar Crucian, évidemment. C'est pour ça qu'on s'est réunis, non ? »
Dirje eut un sourire narquois et ajouta sur un ton moqueur :
« Après tout, c'est le grand ordre du Premier Doigt lui-même. »
« ……Ne parle pas de lui à la légère. »
« Waouh, quelle loyauté inébranlable. Je parie qu'il serait touché s'il t'entendait. »
« Donne-moi juste le plan. »
« Bien sûr, mais d'abord… »
En un clin d'œil, Dirje disparut du canapé.
Une sensation de froid se pressa contre la joue de Neil.
« …… ! »
« Hé, surpris ? »
Neil se retourna brusquement, pour voir Dirje ricaner doucement derrière lui.
S'appuyant à nouveau nonchalamment contre le canapé, Dirje prit une autre gorgée de bière.
« Ne me donne pas d'ordres. Je ne suis pas ton subordonné, tu te souviens ? »
« …… »
Reconnaissant que Dirje était le plus fort des deux, Neil ressentit une pression indéniable émanant de son ton suffisant.
Il se mordit légèrement la lèvre et fit un petit signe de tête.
« Compris. »
« Bien. Apprenons à nous entendre à partir de maintenant. »
Dirje sourit de manière significative et partagea son plan.
« D'abord, nous nous dirigeons vers Sirin. »
« ……Tu veux qu'on aille droit en territoire ennemi ? »
« Territoire ennemi ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
Dirje pencha la tête dans une feinte confusion.
« Ce n'est pas comme si on allait envoyer une lettre d'avertissement avant l'assassinat. Personne ne le verra venir. »
« Oscar Crucian connaît mon visage. »
« Ce n'est rien que je ne puisse arranger. »
Shrrk !
Dirje passa la main sur son visage, transformant instantanément son apparence.
Le changement se fit si naturellement et si rapidement que cela semblait presque surnaturel.
« Avec ma maîtrise du déguisement, c'est facile. »
« ……Et le plan une fois qu'on sera à Sirin ? »
« On attendra qu'il soit seul et on frappera. »
« Hah. »
Comme prévu, ce n'était guère un plan — plutôt une ébauche téméraire.
Neil poussa un soupir et secoua la tête.
« C'est beaucoup trop bâclé. Il ne se déplace jamais seul ces derniers temps. »
« Alors ? »
« Fran Sirius, Veronica Fricks et Killian Lockwood — chacun d'eux est un mage de Niveau 4 redoutable. Ils sont toujours à ses côtés, comme une seule entité. »
« Hmm. Un groupe de mages de Niveau 4, hein ? »
« Ne les sous-estime pas. Ils sont loin d'être ordinaires. »
S'ils n'étaient que des mages moyens, Oscar Crucian serait mort depuis longtemps.
Dirje gloussa doucement à l'avertissement de Neil.
« Je pourrais en dire autant. Tu ne devrais pas me sous-estimer non plus. »
« …… »
Neil ne prit pas la peine de discuter.
Après tout, Dirje était un assassin de Niveau 6, mais contrairement à la plupart, il était loin d'être ordinaire.
Il avait même réussi à assassiner des mages de haut rang par le passé.
« Franchement, chevaliers, mages — peu importe. Au bout du compte, ce ne sont que des gens. Et quand il s'agit de tuer des gens, je suis le meilleur. »
L'assassin connu sous le nom de Dirje le Sans-Visage, dont personne n'avait jamais vu le vrai visage, appartenait à un groupe spécial appelé Handback, qui ne servait aucun des Doigts.
« Et si l'envie m'en prend, traîner ce bâtard tout seul est un jeu d'enfant. »
« …… »
Au final, il valait mieux laisser l'assassinat à l'expert.
Le rôle de Neil était simplement de le soutenir.
« Je suivrai ton exemple. »
« Choix intelligent. Ah, mais d'abord… »
Dirje se lécha les lèvres de façon ludique.
« Des rats se faufilent vers nous. Ça sent les forces impériales… Nettoyons-les avant de passer à la suite. »
* * *
À minuit, sous la pleine lune.
Après avoir terminé ses tâches de la journée, Oscar ne se dirigea pas vers la salle d'entraînement, mais vers le 13e étage.
« Hein ? Eh bien, regardez qui voilà ! Oscar ! »
En entrant au 13e étage, l'atelier des nains, une vague de chaleur l'accueillit en même temps qu'une voix familière.
Oscar sourit chaleureusement au jeune garçon qui courut vers lui.
« Ça fait un bail, Hagor. »
« Où diable étais-tu passé ? Tu n'es jamais dans le coin ces derniers temps ! »
Il y avait une pointe de déception distincte dans sa voix.
À bien y réfléchir, Oscar réalisa qu'il avait été négligent depuis trop longtemps.
Hagor avait laissé sa propre tribu derrière lui et avait déménagé, uniquement pour Oscar.
« Je m'assurerai de passer plus souvent à partir de maintenant. Comment avance le travail ? »
« Mieux que jamais ! Tu veux jeter un œil ? »
Comme quelqu'un impatient de montrer son travail, Hagor guida avidement Oscar sur le côté.
« Oh… »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Au moment où ils entrèrent dans le hangar, Oscar laissa échapper un souffle d'admiration involontaire.
Suspendu dans les airs, un navire massif en construction capta toute son attention.
Sa taille était si écrasante qu'elle donnait l'impression que le plafond de la tour de magie était bas en comparaison.
La simple présence du vaisseau colossal dégageait un sentiment de grandeur.
« C'est un dirigeable ? »
« Qu'est-ce que tu en penses ? Impressionnant, non ? »
« …… »
Les yeux d'Oscar suivirent lentement les lignes fluides et élégantes du navire.
La courbure raffinée de la coque donnait l'impression qu'il était né dans le ciel lui-même.
Le pont était densément gravé de cercles magiques, petits et grands, bien qu'il restât encore beaucoup d'espaces vides.
« J'imagine que le travail n'est pas encore terminé. »
Même ainsi, le cercle magique le plus important était immédiatement reconnaissable.
Au centre de la coque se trouvait un sceau énorme et familier, plusieurs fois plus grand que les autres.
« Ouroboros. »
Le majestueux cercle magique tournait avec un rythme régulier, comme si le navire lui-même était impatient de prendre son envol.
C'était clair au premier coup d'œil — c'était un vaisseau né pour voler.
Cela remua le cœur d'Oscar d'une manière qu'aucun dirigeable de sa vie passée, même pendant le Projet Ciel Impérial, n'avait jamais fait.
« Il a déjà un nom ? »
« Hein ? Pourquoi tu me demandes ça ? »
Hagor lui lança un regard perplexe.
« C'est toi qui devrais le nommer. »
« ……Moi ? »
« Le Maître de la Tour et l'Ancien Schwein étaient tous deux d'accord. Ils ont peut-être lancé ce projet, mais c'est toi qui l'as mené jusqu'ici. Alors, il est juste que tu lui donnes un nom. »
Un nom, hein.
En vérité, au moment où Oscar posa les yeux sur le navire, un mot avait naturellement fait surface dans son esprit.
« Nosphela. »
Le nom signifiait « Notre Ciel ».
Un nom impeccable pour le vaisseau qui ouvrirait une nouvelle ère des cieux.
« Hah, c'est un sacré nom. »
« ……Si tu as besoin de mon aide, fais-le-moi savoir. »
« Compte sur moi. Il devrait être terminé avant le Festival de la Nuit Blanche le mois prochain. »
Alors que l'excitation passagère d'Oscar retombait, Hagor demanda :
« Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ? À en juger par ta réaction, tu n'es pas venu juste pour voir ça. »
« Ah, j'ai en fait un endroit où m'arrêter. »
Sur ces mots, Oscar regarda autour de lui.
« Le Maître a bien dit qu'il y avait des espaces cachés dans toute la tour, créés en mémoire de sa femme. »
Son maître avait également mentionné que chaque fois qu'il effacerait l'un de ces espaces, ses capacités spatiales deviendraient plus fortes.
Même si ce n'était pas le cas, c'était toujours une tâche que son maître lui avait confiée — une qu'il devrait accomplir tôt ou tard.
Oscar se dit qu'il n'y avait pas de meilleur moment que maintenant.
« Je ne sais pas combien il y a de ces espaces, mais je devrais au moins faire l'expérience de ce qu'ils sont. »
Peu après, il fit un léger signe de tête.
« Ah, je crois que j'en ai trouvé un. »
Alors qu'Oscar se dirigeait vers le mur, Hagor pencha la tête, confus.
« Hein ? Où tu vas ? C'est juste un mur sans issue… »
Mais avant que Hagor ne puisse terminer sa phrase, la silhouette d'Oscar disparut comme si elle avait été avalée par l'air pur.
* * *
Oscar pouvait sentir l'énergie spatiale dense concentrée autour du mur, et il tira sur le fil qu'il percevait.
L'instant suivant, il n'était plus au 13e étage de la tour de magie.
Au lieu de cela, il se tenait dans un espace entièrement différent.
« C'est… »
C'était un lac.
Un lac à couper le souffle sous une pleine lune radieuse, aussi pittoresque qu'une peinture.
Oscar contempla silencieusement le paysage avant qu'une réalisation ne le frappe.
« Attends… serait-ce ? »
Alors qu'il scrutait le terrain, la vérité lui apparut.
C'était le lac Silvarin.
Le lac, avant que l'île artificielle n'ait été construite.
« Bien sûr… C'est une réplique de la mémoire du Maître. »
Alors qu'il continuait d'observer les environs, Oscar aperçut un homme et une femme se promenant le long de la rive.
Il ne reconnut pas la femme, mais l'homme était indubitable — son maître, dans sa jeunesse.
« !@#$%$#@ »
« @#%@!^#& »
Il ne pouvait pas distinguer leur conversation.
C'était comme si un filtre magique déformait le son, ne laissant que de la friture dans ses oreilles.
« Le Maître devait aimer se promener le long du lac avec sa femme. Ils ne sont pas encore mariés ? »
Bien qu'Oscar voulût graver cette scène idyllique dans sa mémoire, il savait qu'il ne le pouvait pas.
Le dernier souhait de son maître avait été d'effacer cet attachement persistant — de le débarrasser de ses regrets.
Poussant un soupir léger, Oscar ferma les yeux.
Il commença à sentir les fils spatiaux.
« C'est vaste… mais ce n'est qu'une apparence. Avec juste quelques tiraillements sur les bons fils, ça se dénouera facilement. »
Peu après, il trouva les fils qui démantèleraient l'espace.
« C'était bon de vous revoir, Maître. »
Lentement, il ouvrit les yeux, ayant l'intention de capturer l'image juvénile de son maître une dernière fois.
« …… ? »
Mais au lieu de son maître, il ne vit que la femme debout, seule, fixant le lac.
Son maître était introuvable.
« Où… ? »
Un malaise étrange s'empara de lui.
Au moment où il tira sur le fil spatial —
Snap !
Le bout du fil fut sectionné.
Et debout devant lui se trouvait son maître, jeune et au regard froid.
« %@$!#@$ ? »
« Hein… euh… quoi ? »
Pris au dépourvu par la confrontation inattendue, Oscar bégaya maladroitement.
Attends une minute — tu voulais que j'efface ça, n'est-ce pas ?
Mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit —
« %!@#%@#! »
Le poing de son maître s'abattit sur la mâchoire d'Oscar, faisant basculer sa tête sur le côté.
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]