Chapitre 86
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 86 : Rendez-vous
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« Ce ne sera pas facile de trouver des mages. »
Adrianna prit la parole de sa voix plate habituelle.
Galahad hocha légèrement la tête.
« C’est vrai. À cause des sanctions de l’Empire contre le Nord, les Tours de magie ordinaires ne viendront pas. »
« Alors, comment comptes-tu les trouver ? »
« Sais-tu combien de mages appartiennent à une Tour de magie ? »
« Non. »
« J’aime cette assurance. Même pas un mage sur dix n’appartient à une Tour de magie. »
« Je sais que l’enseignement de la magie en dehors de l’Académie est interdit. »
« Oh, tu sais ça aussi ? »
« Je ne suis pas Sir Gilbert. »
Galahad gloussa devant la réponse sérieuse d’Adrianna.
« C’est vrai, c’était interdit. Mais crois-tu que ceux qui ne respectent pas la loi vont s’arrêter simplement parce qu’on l’interdit ? »
Adrianna fronça les sourcils un instant.
« Tu comptes faire venir des mages qui n’appartiennent à aucune Tour de magie ? »
« Pas besoin de les faire venir. »
« Pardon ? »
Les sourcils d’Adrianna tressaillirent légèrement. Galahad sourit.
« Il y en a déjà plein dans le Nord. »
« …Il y en a beaucoup dans le Nord ? »
« Il n’y a pas eu une succession d’incidents, ces derniers temps ? La plupart ont probablement été causés par des mages plus avides que malins. »
« Ah. »
Adrianna poussa un léger soupir.
« Maintenant que tu le dis, c’était étrange. Les Monstres et les Démonides sont toujours apparus fréquemment, mais il y avait peu de mages et d’errants, avant. Récemment, leur nombre a beaucoup trop augmenté. Tu sais pourquoi ? »
Galahad détourna nonchalamment le regard devant la question sérieuse d’Adrianna.
« Hum. Ce serait parce que des rumeurs sur les Pierres magiques se sont répandues ? »
« Leur nombre a augmenté de façon exponentielle. Comme si quelqu’un les avait poussés à venir ici… »
« Qui aurait poussé qui à venir ici ? Ils avaient tous leurs raisons. Bref, ce qui compte, c’est que des travailleurs sont dispersés dans tout le Nord. »
Adrianna pencha la tête, puis hocha la tête.
« Je vois. Et comment vas-tu les trouver ? »
Galahad tapota légèrement sa cigarette pour en faire tomber la cendre. Un parfum de citron flotta dans l’air. Adrianna déglutit.
« Pourquoi les trouver ? Il suffit de les rassembler. »
« Les rassembler ? »
« Hmm, ça devrait convenir. C’est quoi, ce bâtiment ? »
Galahad se retourna en parlant. Les officiers d’état-major, qui le suivaient à distance, s’approchèrent à la hâte.
« C’est un entrepôt et un dépôt de ravitaillement ! »
Theodore répondit avec enthousiasme. Galahad hocha la tête.
« Alors, on peut le déplacer. »
« Bien sûr. »
« Dans ce cas, dégagez tout, d’ici jusque-là. »
« Oui ! Dégagez tout, d’ici jusque-là ! »
Les officiers d’état-major s’agitèrent. Adrianna, décontenancée, demanda à Galahad :
« Pourquoi dégagez-vous cette zone ? »
« Ah, je vais construire une Tour de magie. »
« Il va construire une Tour de magie… »
Adrianna marmonna pour elle-même, puis comprit qu’il y avait quelque chose qui clochait.
« …Tu viens de dire que tu allais construire une Tour de magie ?! »
La voix d’Adrianna s’éleva, ce qui arrivait rarement. Galahad hocha la tête.
« Je pense en construire une. »
« …Une Tour de magie ? »
« J’ai l’autorisation du Grand-Duc. Où est le problème ? »
Adrianna réfléchit sérieusement à la question pleine d’assurance de Galahad.
« …Quand Son Altesse a-t-elle autorisé la construction d’une Tour de magie ? »
« Il a donné son accord au projet de la Mine de pierres magiques. Une Tour de magie n’est qu’une branche de ce projet. »
Galahad rit de bon cœur, l’air parfaitement sûr de lui.
« On peut vraiment décider comme ça de construire une Tour de magie ? »
Adrianna marmonna pour elle-même un instant, puis hocha la tête. Galahad ne dirait pas une chose pareille sans avoir de plan.
« Si je construis une Tour de magie et que j’y mets mon nom, les mages viendront d’eux-mêmes. Après tout, je suis un génie célèbre. Hmm, je devrais écrire quelques livres de magie. Ensuite, je pourrai offrir un livre de magie pour chaque Pierre magique extraite… »
Galahad releva la tête, sentant le regard de quelqu’un posé sur lui. Adrianna le dévisageait d’un air étrange.
« Je sais que je suis beau, mais si tu me fixes comme ça, je vais m’user. »
« Te regarder ne va pas t’user. »
« Donc, tu admets que je suis beau. »
Adrianna leva les sourcils, puis secoua légèrement la tête.
« Tu dois vraiment aimer la magie. »
« Quelle question évidente. Je suis mage. »
Quelque chose chez Galahad, tandis qu’il prononçait ces mots, semblait le faire rayonner. Adrianna fit un pas en arrière.
« Comment vas-tu appeler la Tour de magie ? »
« Son nom ? Hmm. »
Galahad se frotta le menton. La Tour de magie devait servir au projet de la Mine de pierres magiques, mais elle pourrait devenir un bastion stratégique à l’avenir.
« Midi. »
Galahad sourit en prononçant ce nom.
« Pourquoi Midi ? »
Adrianna posa sérieusement la question.
« Parce que c’est le moment le plus lumineux et le plus chaud de la journée. »
« Ah, je vois. »
Adrianna hocha la tête.
« Comment vas-tu construire la Tour de magie ? »
« C’est comme une flèche. Il suffit qu’elle en ait l’air de l’extérieur. »
« Je vois. Ça ne prendra pas longtemps. »
« Ça ne prendra pas longtemps ? Elle doit être assez haute. »
« Oui. Comme les attaques des Monstres et des Démonides sont fréquentes, nous sommes doués pour construire des murs. Tu vas être surpris. »
Galahad gloussa devant la déclaration pleine d’assurance d’Adrianna.
Quoi qu’il en soit, les soldats du Nord étaient les meilleurs du continent en matière de force physique. Les murs qu’il avait vus en venant ici étaient d’une hauteur inimaginable. Elle disait probablement vrai : ils pouvaient construire vite.
« Nous commençons tout de suite ! Vous, là ! Démolissez-moi ça ! »
À cet instant, les officiers d’état-major désignèrent la zone choisie par Galahad et se mirent à crier.
Les soldats se ruèrent sur place avec une ardeur effrayante. L’un d’eux alla même jusqu’à libérer son aura.
Utiliser l’aura pour détruire un bâtiment.
« Ils sont plutôt barbares. »
L’immense bâtiment s’effondra en un instant.
« Le Nord est impressionnant à bien des égards. »
« Oui. »
Adrianna hocha vivement la tête. Galahad eut un petit rire.
« Une Mine de pierres magiques. »
Le château du Grand-Duc était immense et désolé. Il empestait le champ de bataille. Comment une région où il neigeait toute l’année pouvait-elle prospérer ?
Les Pierres magiques, c’était autre chose. Leur valeur ne cessait d’augmenter.
Il existait plusieurs théories sur les Pierres magiques. La plus répandue voulait qu’elles se forment à partir de cadavres de Démonides comprimés.
Que cette théorie soit vraie ou non, le Nord, qui bordait la ligne de front face aux Démonides, comptait de nombreuses Mines de pierres magiques. Les Pierres magiques étaient également de bonne qualité, sans doute grâce à leur forte concentration en mana.
Autrement dit, le Nord était…
« Un pays producteur de pétrole. »
Un pays producteur de pétrole immensément riche, sans égal ailleurs. Nul besoin d’expliquer ce que cela valait.
Les Pierres magiques suscitaient beaucoup de ressentiment, mais…
« Leur image finira par s’améliorer. »
Pas besoin d’y mettre du sien. Tout comme les commandants avaient exploité les Mines de pierres magiques en secret, dès que les gens comprendraient qu’elles pouvaient rapporter de l’argent, ils finiraient sûrement par les apprécier.
Et ce n’était pas tout : il restait de nombreux obstacles. La distribution ne serait pas facile à cause des sanctions de l’Empire contre le Nord, et quantité de parasites allaient rappliquer.
S’il surmontait tout ça et parvenait à mettre le projet de la Mine de pierres magiques sur pied sans encombre…
« L’équilibre des pouvoirs sur le continent changera. »
La puissance militaire du Nord, affûtée sur la ligne de front face aux Démonides, ne faisait aucun doute. Ce qui manquait le plus au Nord, c’était l’argent.
Si le projet de la Mine de pierres magiques réglait ses problèmes financiers, tout l’équilibre des pouvoirs changerait.
« Il vaudrait peut-être mieux proclamer directement un duché. »
Galahad tourna légèrement la tête. Adrianna gardait son expression impassible, mais semblait, d’une certaine manière, fière.
La seule héritière d’un pays producteur de pétrole, et l’épée qui transpercerait le Roi démon.
« Pour les fleurs de la cérémonie de fiançailles, des roses seraient parfaites, non ? »
« Pardon ? Des lys conviendraient mieux que des roses… Non, je t’ai clairement dit que je n’avais aucune intention d’organiser une cérémonie de fiançailles. »
« Des lys. Je m’en souviendrai. »
« …Non ! »
Galahad gloussa en voyant les sourcils d’Adrianna tressauter dans tous les sens.
La fumée de sa cigarette se dispersa en volutes brisées.
Adrianna reprit ses esprits et s’apprêtait à répondre fermement quand…
« Ah, si on allait manger quelque chose de sucré ? »
Galahad lui tendit la main.
Il avait lancé cette idée en passant lorsqu’ils avaient fui le Royaume démoniaque. Adrianna fut légèrement surprise qu’il s’en souvienne.
« …Il n’y a aucun endroit qui vende des douceurs, ici. »
« Il y en a un. Ils n’en vendent pas, mais ils doivent en avoir. »
Adrianna pencha la tête à la réponse de Galahad.
C’était un château du Nord. Adrianna y était née, et pourtant Galahad parlait comme s’il le connaissait mieux qu’elle.
Malgré tout, l’idée de manger quelque chose de sucré la titillait.
« C’est de la collecte d’informations… »
« Tes sourcils se sont levés. »
« …Pardon ? »
« Laisse tomber. Allons-y. »
* * *
Beau Gosse s’étira longuement dans le refuge du Bureau du renseignement. Les agents affectés aux refuges n’avaient pas grand-chose à faire.
Ils se contentaient d’observer la situation et de remettre un rapport dès qu’ils remarquaient quelque chose d’inhabituel. N’importe qui aurait pu faire ce travail.
Pour un chevalier d’élite entré au Bureau du renseignement, c’était un poste plutôt insignifiant.
Être affecté à un refuge signifiait, en somme, que la carrière d’un agent était terminée.
Mais, récemment, les choses avaient changé.
D’abord, un agent de haut rang surnommé le Chevalier mage avait été envoyé dans ce refuge.
Il y avait une raison évidente à l’envoi d’une personne aussi puissante dans le Nord.
« Le quartier général s’intéresse davantage au Nord. »
C’était probablement à cause de Galahad. La situation dans le Nord avait changé après son arrivée.
Le problème, c’était…
« Pourquoi suis-je le seul à être resté ? »
First avait recueilli des informations, puis avait aussitôt disparu. Au bout du compte, Beau Gosse était seul.
Cela dit, ce calme n’était pas si désagréable.
« Alors… »
Toc, toc.
Quelqu’un frappa à la porte. Beau Gosse se leva, la main serrée sur la poignée de son épée.
Le refuge avait été installé dans un endroit difficile à trouver. Ce n’était pas le genre d’endroit où un passant se serait arrêté.
Beau Gosse s’adossa légèrement à la porte et resserra sa prise sur la poignée. Prêt à attaquer dès qu’elle s’ouvrirait, il lança prudemment :
« Qu’est-ce que vous voulez ! »
Un accent du Nord parfait jaillit de la bouche de Beau Gosse.
Pas de réponse.
« …C’est une blague ? »
Beau Gosse fronça les sourcils.
La porte trembla. C’était une porte magique dotée de cinq niveaux de sécurité. Elle ne pouvait pas s’ouvrir.
« Alors… »
« Vous pourriez tenir ça un instant ? »
Une voix étrangement familière se fit entendre. Polie et détendue. Galahad.
Beau Gosse déglutit. La dernière fois, Galahad avait défoncé la porte, mais la sécurité avait été renforcée depuis.
Elle ne pouvait pas s’ouvrir.
« …Comment a-t-il trouvé le refuge ? »
« Vous ne devriez pas ouvrir la porte de quelqu’un sans sa permission. »
« Ce n’est pas la maison de quelqu’un d’autre. »
« Pardon ? Ah, compris. »
Une voix de femme étrangement calme répondit.
Clic. La poignée tourna aussitôt. Elle ne rencontra pas la moindre résistance, et aucune alarme ne retentit.
« Elle n’est pas fermée à clé. »
« Elle l’était. Vous l’avez simplement effacée. »
La porte s’ouvrit sans difficulté. Galahad, noble impérial grand et élégant, se tenait devant lui.
Le regard de Galahad se posa sur la main de Beau Gosse, toujours sur la poignée de son épée.
« Vous comptez la dégainer ? Je ne vous le conseille pas. »
Beau Gosse secoua la tête à la question de Galahad.
« …Comment avez-vous trouvé cet endroit ? »
« C’était le seul endroit avec une porte solide. »
« Pardon ? »
« J’ai mes méthodes. Pouvons-nous entrer un instant ? »
C’était une demande polie, mais…
« Vous ne devriez pas demander avant d’ouvrir la porte ? »
À cet instant, Beau Gosse croisa le regard de la femme qui se tenait derrière Galahad. Elle inclina légèrement la tête.
Sa beauté était presque incroyable, même en la regardant. C’était Adrianna, la plus jeune Maîtresse épéiste du Nord. Même en tant qu’agent du Bureau du renseignement, Beau Gosse ne faisait pas le poids face à une Maîtresse épéiste.
Surtout, Galahad lui avait rendu service. Il s’écarta légèrement.
« Merci. Entrez. »
« Oui. C’est inhabituel. »
Ils entrèrent tous les deux en parlant naturellement. On aurait dit qu’ils étaient chez Galahad.
« C’est une habitude de la capitale. Asseyez-vous. »
Galahad tira une chaise avec une aisance bien rodée. Adrianna hésita.
« Inutile de la tirer pour moi. »
« Compris. »
Galahad s’assit aussitôt. Adrianna marqua une pause, puis s’éclaircit la gorge. Elle contourna la table et s’assit en face de lui.
« Beau Gosse, avez-vous quelque chose de sucré ? »
« Oui. »
« Pourriez-vous nous en apporter ? Je vous en serais reconnaissante. »
Beau Gosse hocha la tête sans même s’en rendre compte, comme si c’était tout naturel.
Les provisions comprenaient du chocolat et des bonbons. Il les avait simplement entassés là, parce qu’il n’aimait pas ça.
« …C’est normal, ça ? »
Beau Gosse pencha la tête en disposant les chocolats et les bonbons sur une assiette.
Si Galahad avait remis un rapport, Beau Gosse aurait été mis à la retraite. Comparé à ça, ce n’était rien.
« Quand même… »
« Waouh. C’est vraiment délicieux. »
« Quand tu manges des sucreries, tes yeux deviennent ceux d’un lapin. »
« …Ça ne m’est jamais arrivé. »
« Pourquoi ils ont un rendez-vous ici… ? »
Beau Gosse venait tout juste de s’habituer au froid du Nord.
Pourtant, il se sentit soudain transi.
* * *
« Hé hé. Galahad, me voilà. Cette fois, ce sera différent. »
« Ne ris pas d’un air aussi sinistre. Tout le monde te regarde. »
Citrouille poussa un léger soupir et présenta sa carte d’identité de l’Unité des opérations spéciales. Le soldat hocha la tête.
« J’ai entendu dire que le commandant de l’Unité des opérations spéciales construisait un truc bizarre appelé Tour de magie… »
« Une Tour… de magie ? Une Tour de magie ? »
La mâchoire de First s’affaissa. Ses yeux se mirent à tourner dans tous les sens.
Putain.
Citrouille marmonna une injure et se hâta d’avancer.
« Nous aussi, nous rentrons d’une mission, alors nous n’en savons pas grand-chose. »
« Ah, je vois. »
Le soldat s’écarta. Citrouille attrapa First par le bras et l’entraîna. Les yeux de First s’agitaient dans tous les sens.
« Ce n’est sûrement qu’une rumeur. Même Galahad ne peut pas construire une Tour de magie comme ça. L’Empire ne le permettrait jamais. »
Citrouille parlait à toute vitesse.
« Aussi exceptionnel que soit Galahad… Non, même s’il était de taille à rivaliser avec toi, First, une Tour de magie, c’est autre chose, pas vrai ? Il n’a sûrement pas déjà obtenu l’autorisation. Ce n’est qu’une rumeur. »
« C’est vrai. Même Galahad ne peut pas construire une Tour de magie. Mais si ce salaud en construit une… ! »
Les yeux de First se remirent à tourner. Citrouille eut l’air écœurée.
« Je construirai une Tour de magie et d’épée. »
First fit cette déclaration avec le plus grand sérieux. Son regard s’était perdu dans ses pensées. Il le pensait vraiment.
« C’est quoi, cette Tour de magie et d’épée… »
Citrouille marmonna une nouvelle injure.
« Tu seras la maîtresse adjointe de la Tour de magie et d’épée. »
« Oui, quel honneur. »
Construire une Tour de magie sans autorisation relevait au minimum de la trahison. Comme ça n’arriverait de toute façon jamais, Citrouille laissa passer ses paroles.
Un tumulte éclata devant eux. Citrouille se tourna vers le bruit et fronça les sourcils.
Là où se dressait un immense bâtiment, il ne restait plus rien.
Le problème, c’était que des gens empilaient des pierres en cercle à cet endroit. Ce n’était encore que la base, mais la forme ne trompait pas.
« C’est une Tour de magie. »
Putain.
Citrouille marmonna une injure.
Citrouille connaissait bien les capacités de Galahad. Malgré tout, une Tour de magie, c’était d’un autre niveau. Avoir de grandes ambitions ne suffisait pas.
Citrouille vérifia rapidement où regardait First.
Heureusement, First regardait ailleurs.
Puis First commença à tourner la tête. Citrouille lui décocha un coup de poing sans réfléchir.
Floc.
Le poing de Citrouille s’écrasa en plein sur la joue de First. Citrouille était elle aussi chevalier. Son coup avait donc une force considérable ; pourtant, First, qui l’avait encaissé de plein fouet, ne fit que pencher la tête.
« Tu viens de m’embrasser sur la joue ? »
« …Le pari ! On a un pari. »
« Ah ! Le pari ! »
First reporta immédiatement son attention sur le pari. Citrouille poussa un petit soupir de soulagement.
Ils arrivèrent bientôt au refuge du Bureau du renseignement.
« La sécurité magique semble parfaite au premier abord, mais elle a une faiblesse évidente. Par exemple, si tu manipules le mana comme ceci… »
First poursuivit son explication à n’en plus finir. La raison était évidente : il avait dû apprendre que Galahad avait ouvert la porte du refuge du Bureau du renseignement.
Citrouille reconnaissait les talents de First, mais les portes à sécurité magique, c’était autre chose. First ne pouvait pas s’en occuper.
« En plus… »
« On nous a donné une clé magique. »
« Alors… »
Clac.
La poignée se détacha dans la main de First. Il marqua une pause. Il ne s’attendait apparemment pas à ce que la porte s’ouvre pour de vrai.
First se mit bientôt à rire de bon cœur.
« Voilà le pouvoir de la théorie. »
« T’es cinglé ? Pourquoi tu l’as cassée ? »
« Je ne l’ai pas cassée. Je l’ai surmontée. »
« Tu sais combien ça coûte ? On va encore nous retirer ça de notre paie ! Espèce de brute ! »
« Hum. »
First remit discrètement la poignée en place. Elle était déjà cassée, cela dit. La poignée, devenue inutile, roula sur le sol.
First jeta un coup d’œil à Citrouille et rit avec aplomb.
« Ça ne coûte pas grand-chose. »
« Sérieusement, toi, alors… »
First se précipita à l’intérieur, comme s’il fuyait. Citrouille soupira doucement et le suivit.
First s’immobilisa. Citrouille fronça les sourcils devant son arrêt soudain.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Citrouille passa la tête autour de First et regarda à l’intérieur.
Galahad était assis là, les longues jambes croisées. Il avait l’air aussi détendu que s’il était chez lui.
En face de lui se tenait une chevalière au maintien impeccable. Ses joues étaient légèrement gonflées, comme si elle avait beaucoup mangé.
C’était indéniablement un rendez-vous.
« Pourquoi ils ont un rendez-vous dans un refuge du Bureau du renseignement… ? »
La chevalière était d’une beauté stupéfiante.
« Waouh. C’est vraiment un être humain ? »
Citrouille admira sincèrement sa beauté parfaite. Elle était si belle qu’elle en inspirait l’admiration.
Puis First tourna brusquement la tête. Il détailla Citrouille d’un regard sérieux, de la tête aux pieds, puis se tourna vers la chevalière. Il laissa échapper un petit « hum » et regarda de nouveau Citrouille de haut en bas.
Le visage de First se décomposa. Il avait clairement perdu.
En temps normal, Citrouille en aurait été peinée, mais pas face à cette chevalière.
Cette femme incarnait la beauté.
Malgré tout, les lèvres de First remuèrent.
C’était le signe qu’il allait débiter des conneries.
Elle devait l’arrêter.
« Citrouille. »
« Tais-toi. »
« Citrouille, je te trouve plus… Argh ! »
« S’il te plaît, tais-toi. »
First haleta comme si cette tâche l’avait épuisé.
Après avoir pris une grande inspiration, First désigna Galahad du doigt.
« Galahad, ce n’est pas un concours ! Chacun a ses charmes ! »
First cria ces belles paroles avec tant de force que les veines de son cou ressortirent.
Le problème, c’était que…
« Personne n’a dit ça. Je t’en prie. »
Citrouille, la principale intéressée, n’en avait pas envie.
La chevalière se tourna vers eux, surprise. Galahad et l’autre agent reportèrent leur attention sur eux.
« Arrête… »
Citrouille pria désespérément, mais First ne s’arrêtait pas.
« Citrouille aussi ! Citrouille a ses propres charmes ! Par exemple… ! »
« Je t’en prie… »
« Les trapèzes de Citrouille sont plus épais que les siens ! Ha ha ! »
« Ferme-la… »
Citrouille se couvrit le visage brûlant d’une main.
Notes :
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