Chapitre 85
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 85 : Rendons sa grandeur au Nord
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« Sauvage. »
Galahad sentit son cou le démanger sans raison. C’était à cause du Grand-Duc, qui le fixait droit devant lui.
Le Grand-Duc se contentait de le regarder en silence, mais son regard pesait lourdement sur lui.
Son aversion pour les Pierres magiques était apparemment plus grande que Galahad ne l’avait imaginé.
Le Nord avait passé toute son histoire à combattre les Démonides, dans le froid et la faim. Il était naturel qu’ils les détestent. Comme on disait, les Pierres magiques et les Démonides étaient indissociables.
Pour vendre des Pierres magiques, il faudrait aussi commercer avec l’Empire, qu’ils haïssaient tout autant que les Démonides.
C’était assurément un choix difficile.
Mais nécessaire.
« Adrianna est là. Il ne va pas m’arracher la tête. »
Galahad jeta un coup d’œil à Adrianna, puis hocha la tête.
« Les Pierres magiques, ce n’est pas que de la merde. C’est de la merde qui se vend très cher. »
Il parla sans détourner les yeux du Grand-Duc. Celui-ci fronça davantage les sourcils. Ses yeux profondément enfoncés brillèrent d’un éclat féroce.
Adrianna s’interposa alors entre le Grand-Duc et Galahad.
« Si nous exploitons officiellement une Mine de pierres magiques, des forces extérieures vont affluer pour s’en emparer. »
« C’est vrai. Mais il y en a déjà beaucoup qui sont venus, non ? Il y avait même une Cité des Démonides. »
« Commandant Galahad. »
Adrianna fronça les sourcils. Galahad jeta un bref regard au Grand-Duc.
Celui-ci continuait de le fixer. Impossible de lire quoi que ce soit dans ses yeux insondables.
« Si les choses continuent ainsi, le Nord est condamné de toute façon. »
La main gantée d’Adrianna tapota fébrilement la cuisse de Galahad.
Le coin de la bouche du Grand-Duc se releva. Sous ses lèvres apparurent d’épais crocs, indéniablement ceux d’une bête.
« Tu en es sûr ? »
« Oui. »
« Très bien. »
Galahad sourit, agréablement surpris par cette approbation plus facile que prévu. Comme il s’y attendait, le Grand-Duc était un homme audacieux.
« Merci. »
« Mais… »
Les trapèzes du Grand-Duc se contractèrent. Crac. Le bruit sinistre de ses muscles qui se déplaçaient parvint aux oreilles de Galahad.
« Tu en porteras aussi la responsabilité. »
Le Grand-Duc parla d’une voix grave, puis tourna la tête. Son regard s’arrêta sur un grand espace vide parmi sa collection de têtes de Monstres.
C’était une menace sans équivoque. Si quelque chose tournait mal, la tête de Galahad finirait accrochée là.
Galahad hocha légèrement la tête.
« Oui, bien sûr. »
Il s’était attendu à devoir en assumer la responsabilité dès qu’il avait lancé l’idée.
Mais un agent creusait toujours plusieurs trous.
Comme à présent.
« Nous en assumerons la responsabilité. »
Galahad déclara cela en attirant doucement Adrianna contre lui.
« … ? »
Adrianna ouvrit de grands yeux.
Le Grand-Duc fronça les sourcils.
* * *
« Pourquoi devrais-je en assumer la responsabilité avec toi ? »
Adrianna posa la question en s’efforçant de garder son calme. Galahad lui répondit avec un grand sourire.
« Nous allons nous marier, non ? Si nous partageons la responsabilité, elle pèsera deux fois moins lourd. »
« …Je t’ai clairement dit que je n’en avais pas l’intention. »
« C’est ce que tu ressens pour l’instant. »
Quoi qu’elle dise, il refusait de l’écouter. Adrianna fronça les sourcils, exaspérée.
« Il faut que je sois ferme. »
Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre la parole, Galahad la devança.
« La situation financière du Nord est précaire, non ? »
Adrianna acquiesça, le visage grave.
« Oui. C’est très mauvais, puisque l’Empire a cessé de nous soutenir. »
La guerre coûtait forcément très cher. Même les fonds que leur accordait l’Empire avaient été supprimés. Le Nord était une terre aride.
« Les Pierres magiques régleront le problème. »
La voix de Galahad était aussi assurée que d’habitude. Il parlait avec tant de conviction qu’on ne pouvait s’empêcher de le croire.
« Son Altesse a donné son accord, lui aussi, non ? »
« …C’était un accord, ça ? »
Le Grand-Duc avait déclaré qu’il tiendrait Galahad pour responsable en cas de problème. Cela ressemblait davantage à une menace qu’à un accord.
La plupart des gens l’auraient compris ainsi, mais Galahad semblait avoir entendu autre chose.
« C’était un accord. Tu ne l’as pas vu hocher la tête ? »
Galahad sourit de toutes ses dents. Adrianna haussa légèrement un sourcil. Elle trouvait étrange qu’on puisse être aussi sûr de soi.
« Tu es déjà allée dans la capitale ? »
Adrianna secoua la tête, surprise par la question soudaine de Galahad.
« Non. »
« Dans la capitale, il y a ce qu’on appelle des égouts. Grâce à eux, les déchets sont évacués sous terre, hors de la ville, par un système alimenté par des Pierres magiques. Les rues sont pleines de parfums agréables, et les lampes à mana les éclairent comme en plein jour, même la nuit. »
Galahad claqua des doigts. Une minuscule lumière s’éleva lentement et tournoya dans les airs. Adrianna la suivit des yeux.
« Les appareils magiques ont fait progresser l’agriculture, alors les gens ne se soucient plus seulement de se remplir le ventre. Il y a des gâteaux sucrés et des bonbons parfumés. »
Malgré les explications détaillées de Galahad, Adrianna avait du mal à se représenter tout cela.
Son univers à elle avait toujours été le front, rouge ou gris cendre. Un tel luxe n’avait rien à voir avec sa vie.
« Et le Nord ? »
Galahad lui posa la question en lissant ses cheveux. Il avait l’air si noble qu’Adrianna recula d’un pas.
« Il y fait froid et on y meurt de faim, non ? »
« …C’est vrai. »
C’était bien le cas. Adrianna acquiesça docilement.
« Alors, même si c’est de la merde, il faut la brûler pour se réchauffer et la manger pour calmer la faim. »
Sa voix ne trahissait pas la moindre hésitation. Adrianna comprit ce qu’il voulait dire. Elle savait aussi qu’il avait raison.
Mais…
« …Tu pourrais arrêter de l’appeler “merde” ? »
« Ah, parce que c’est comme ça que tu l’appelles. »
« C’est impoli de parler de merde à table. »
« Ah, je vois. Je m’en souviendrai. »
À cette réponse éhontée, Adrianna détourna le regard et se racla doucement la gorge.
« Au fait, où le conseil d’état-major est-il réuni ? »
« Plus loin. Mais pourquoi le cherches-tu ? »
« Maintenant que j’ai obtenu son accord, nous devrions discuter de la Mine de pierres magiques. »
Il venait à peine d’obtenir quelque chose qui ressemblait à un accord, et il comptait déjà aller voir le conseil d’état-major. Adrianna peinait à suivre son rythme.
« Le conseil d’état-major est difficile à gérer. »
« Bien sûr. J’ai entendu dire qu’ils s’occupaient de tout, des finances et du personnel aux tâches les plus diverses. Ils ont toutes les raisons d’être sur les nerfs. Où sont-ils ? »
« Par ici. »
Adrianna le conduisit jusqu’au lieu où le conseil d’état-major était réuni.
La pièce était en pleine effervescence. Les officiers d’état-major s’affairaient tout en discutant avec animation.
Ils étaient chargés de planifier les affaires générales, comme les mutations entre les départements et les finances. Voilà pourquoi ils étaient toujours froids et cassants.
À moins que ce soit le Grand-Duc, ils n’écoutaient personne. Même Adrianna avait eu droit à un accueil glacial.
Pourtant, alors que le conseil d’état-major tenait une réunion animée, Galahad entra sans se soucier de rien.
« Enchanté. Je suis Galahad, commandant de l’Unité des opérations spéciales. »
Adrianna fut surprise par la présentation sonore et assurée de Galahad. Il devait agir ainsi parce qu’il ignorait à quel point le conseil d’état-major était difficile.
Elle allait intervenir, mais leur réaction fut tout autre que prévu.
Leurs visages s’illuminèrent. Adrianna fut légèrement étonnée de voir ces gens si revêches sourire.
« Ah, le commandant Galahad ! Voici le commandant Galahad, de l’Unité des opérations spéciales. »
Theodore, qui s’était avancé le premier, rayonnait.
Adrianna n’avait jamais vu une telle réaction. Les autres officiers d’état-major se levèrent et entourèrent Galahad.
Dans le Nord, ceux qui étaient trop petits et trop faibles pour combattre apprenaient à lire et à écrire. C’est pourquoi les membres du conseil d’état-major étaient tous de petite taille. Galahad, lui, était grand, ce qui rendait le contraste saisissant.
Il dominait les officiers d’état-major de sa haute taille.
« J’ai beaucoup entendu parler de vous. Vous êtes vraiment bel homme. Vous et lady Adrianna allez très bien ensemble. »
« J’ai entendu dire que vous vous étiez admirablement occupé du Royaume démoniaque du Septième bataillon… »
« Et puis il y a eu la Cité des Démonides ! Si on l’avait laissée tranquille, quel cauchemar ça aurait été ! »
Le conseil d’état-major accueillit Galahad avec force bruit. Adrianna fut stupéfaite de leur sympathie évidente.
Galahad leva alors négligemment le Sceptre d’or. Sa splendeur attira leur attention. Les officiers d’état-major, qui parlaient tous en même temps, se turent.
Galahad parcourut du regard le conseil d’état-major silencieux et sourit.
« J’ai entendu parler depuis longtemps de vos efforts. Comme cela doit être difficile de gérer le Nord, cette terre aride. Et les Nordiens sont si grands qu’ils mangent énormément, pas vrai ? »
Le conseil d’état-major acquiesça avec enthousiasme à la voix douce de Galahad. Il posa une main sur l’épaule de chacun d’eux.
« Certains pensent que seuls ceux qui prennent les armes et se battent sont des héros. Mais ce qui fait vivre une guerre, ce n’est pas l’argent ? La nourriture, les vêtements, même les épées : tout coûte de l’argent. Vous, qui soutenez tout cela discrètement, êtes les véritables guerriers et les véritables héros. »
Galahad parla d’un ton grave, et le conseil d’état-major éclata en exclamations bruyantes pour approuver ses paroles.
« Exactement ! Ces abrutis savent-ils seulement d’où vient l’argent ? Ils croient qu’on réduit les budgets parce que ça nous amuse ? »
« Ils nous ont tous mis dans le même sac, les officiers d’état-major, et nous ont refilé toutes les tâches compliquées ! »
Les plaintes des officiers d’état-major déferlèrent. Rien à voir avec l’image froide qu’Adrianna avait d’eux. Galahad hocha la tête comme s’il en avait l’habitude.
« Je connais vos efforts. Si le Nord a tenu jusqu’ici, c’est entièrement grâce à vous. »
« Enfin quelqu’un qui nous comprend… ! »
Le conseil d’état-major était profondément ému. Leurs griefs devaient s’être accumulés depuis longtemps.
Adrianna se sentit un peu coupable, elle aussi. Elle leur avait demandé de l’aide à plusieurs reprises.
« À présent, j’ai une bonne nouvelle pour nos héros. »
« Une bonne nouvelle ? »
Leurs visages s’illuminèrent. Galahad frappa le sol avec le Sceptre d’or. Boum. Le petit bruit fit sursauter les officiers d’état-major.
« L’exploitation de la Mine de pierres magiques. »
« …L’exploitation de la Mine de pierres magiques ! »
Les officiers d’état-major s’exclamèrent.
« A-attendez. Vous avez bien dit une Mine de pierres magiques ? »
« Les Démonides… Oui, ces Pierres magiques-là. »
« Son Altesse a donné son accord ? Il se met en colère dès qu’il est question des Démonides… »
« Je l’ai proposé en récompense de mon exploit : la destruction de la Cité des Démonides. Il reste quelques détails à régler, mais, pour l’instant, il a accepté. »
« Bon sang ! C’est vrai ?! »
« C’est vrai. »
Le conseil d’état-major poussa un grand « Ouah ! ». Puis l’un des officiers prit un air sérieux et leva la main.
« Pourrions-nous vous demander un instant ? »
« Prenez tout le temps qu’il vous faut. »
Avec l’autorisation de Galahad, le conseil d’état-major se rassembla de nouveau. Ils formèrent un cercle, rapprochèrent leurs têtes et chuchotèrent.
Comme Adrianna était chevalier, elle entendit parfaitement chaque mot.
« Certains commandants ne vendaient-ils pas déjà des Pierres magiques en secret ? J’ai entendu dire que c’était très lucratif. »
« C’était plus que lucratif. Le Cinquième bataillon a réparé ses installations avec cet argent. »
« À l’époque, la valeur estimée des installations du Cinquième bataillon… »
« Son Altesse a vraiment autorisé l’exploitation de la Mine de pierres magiques ? C’est… »
Un bref silence suivit. Les officiers d’état-major hochèrent la tête de haut en bas.
« C’est énorme ! »
Le conseil d’état-major s’écria d’une seule voix. Ils étaient surexcités.
Après leur brève réunion, que tout le monde avait pu entendre, ils se rassemblèrent de nouveau devant Galahad.
« Nous ne savons pas grand-chose sur l’exploitation d’une Mine de pierres magiques. Pourriez-vous nous expliquer précisément ce que cela représente ? »
« Bien sûr. Commençons par le plus simple : les Pierres magiques de qualité inférieure, les plus courantes… »
Galahad expliqua les choses sans s’arrêter. Il donna même des exemples pour que les Nordiens comprennent la valeur des Pierres magiques.
Le conseil d’état-major ne cessait d’acquiescer.
Adrianna ouvrit de grands yeux en découvrant des sommes dont elle n’avait jamais entendu parler. Elle-même n’imaginait pas qu’elles puissent valoir autant.
« Oh… Ces pierres brillantes coûtent si cher ? »
« La capitale en manque désespérément. Les Pierres magiques du Nord sont encore plus prisées. »
« Ooh. »
De nouvelles exclamations admiratives s’élevèrent. Un officier d’état-major posa alors une question.
« Comment allons-nous commercer avec la Tour de magie ? À cause de la politique impériale à l’égard du Nord, la Tour de magie refusera de commercer. Elle devra tenir compte de la réaction de l’Empire. »
« Ah, ne vous en faites pas. Je connais des mages compétents. Je compte en capturer quelques autres aussi. »
« …En capturer ? »
Adrianna pencha la tête, intriguée par cette formulation étrange.
« Ooh… Fidèle à lui-même, le commandant Galahad ! »
Le conseil d’état-major acclama de nouveau Galahad. Celui-ci serra la main de chacun d’eux à tour de rôle et hocha la tête. La scène avait quelque chose d’étrange.
« Bon, organisons-nous. D’abord, il faut déterrer les affaires cachées des commandants. Y a-t-il des commandants qui vivent au-dessus de leurs moyens, par rapport au budget qui leur est attribué ? Ah, à l’exception du Cinquième et du Septième bataillon. »
Les officiers d’état-major se précipitèrent pour lui présenter leurs rapports.
« Qu’est-ce qui se passe… ? »
Adrianna était un peu décontenancée. Galahad avait pris le contrôle du conseil d’état-major en un instant.
« Je leur enseigne simplement une vérité évidente. Si une seule personne empoche tout l’argent sale, ça finit par poser problème. Maintenant, répétez après moi. »
Galahad brandit soudain le Sceptre d’or. Celui-ci dégageait un pouvoir étrangement irrésistible.
« Rendons sa grandeur au Nord ! »
Les yeux du conseil d’état-major s’écarquillèrent à son cri. Ces mots avaient quelque chose de puissant.
Ils remuèrent les lèvres en silence, puis élevèrent la voix.
« « Rendons sa grandeur au Nord ! » »
« …Tu n’es même pas du Nord. »
Adrianna ravala sa question devant cette scène chaleureuse.
* * *
« Héhé… J’y suis enfin arrivé. »
First éclata d’un rire dément devant la puissance colossale qu’il sentait en lui.
Le Royaume démoniaque était l’endroit idéal pour First. Depuis son arrivée, il s’était entraîné sans jamais se reposer, pas même un instant.
Comme toujours, Galahad était sa motivation. Lorsqu’ils s’étaient retrouvés après tout ce temps, Galahad était encore devenu plus fort. C’était vraiment son rival.
First avait cru réduire l’écart, mais celui-ci s’était de nouveau creusé. Certains en auraient été désespérés, mais pour First, c’était une source d’énergie et de motivation.
First n’avait pas quitté le Royaume démoniaque une seule fois. Il y mangeait, dormait, chiait et faisait tout le reste.
Ses efforts acharnés finirent bientôt par porter leurs fruits.
« Héhé. »
First laissa échapper un rire sinistre et Citrouille fit la grimace.
« Non, mais pourquoi tu es encore à poil, putain ? »
« Pour affronter ça avec tout mon corps. Héhé. »
First était nu, armé de sa seule épée. La vue était franchement dégueulasse. Pourtant, l’aura qui entourait son épée et les flammes qui dansaient au-dessus étaient deux fois plus grandes qu’avant.
« J’appellerai ça l’Aura de mana. »
« C’est un nom d’une paresse incroyable. Non, rhabille-toi. Tout le monde te regarde. »
« Je suis sûr de moi. Tant que ce n’est pas Galahad. »
« C’est pas ça, le problème… Ah, merde. Sérieusement. »
« Citrouille, tu sembles manquer d’assurance. »
« Arrête tes conneries. »
Citrouille lui lança ces mots d’un ton acerbe, mais First ne fit même pas semblant de l’écouter.
Quoi qu’il se soit passé avec Galahad, First avait continué depuis avec un trou dans la tête. Inutile de lui parler. Ça ne ferait que blesser Citrouille.
Et puis…
« Ça a rétréci. »
Citrouille claqua la langue en regardant autour d’elle. Le Royaume démoniaque était plus petit qu’avant. Il n’y avait qu’une seule explication.
« Pour celui qui a été reconnu par le Grand-Duc ! »
« Celui qui a été reconnu par le Grand-Duc ! »
C’était à cause de ces gens qui se roulaient par terre, nus, comme First l’avait dit.
L’entraînement commencé avec les commandants de compagnie du Septième bataillon s’était étendu aux soldats, et tout le monde se roulait par terre. Peut-être absorbaient-ils le Royaume démoniaque, puisqu’il avait rétréci. Ils l’absorbaient et l’effaçaient à même leur peau.
Citrouille poussa un petit soupir et fouilla dans sa poche.
« Un ordre est arrivé. »
« Hmm. Un ordre ? »
First prit l’ordre et le lut.
Le contenu était facile à deviner. Exécuter rapidement la mission assignée. Quelque chose dans ce goût-là, sûrement.
Citrouille s’attendait tout naturellement à sa réaction.
« Quelle plaie. »
First déchira l’ordre sans hésiter. Citrouille soupira et ramassa les morceaux de papier éparpillés.
Même un ordre de ses supérieurs ne pouvait arrêter First tant qu’il avait un trou dans la tête.
« Personne ne peut me donner d’ordres. Le seul que je reconnaisse, c’est Galahad. »
First dit cela en ramassant son épée. Son visage était déterminé.
« Encore deux sanctions et ils te mettront à la retraite. »
Citrouille cessa de sourire et prit un ton sérieux. Pour un agent, la retraite ne signifiait qu’une chose.
La mort.
« Oh, il m’en reste encore deux. »
First sourit de toutes ses dents, et Citrouille fit une grimace encore plus marquée.
« Et puis, qui pourrait me mettre à la retraite, à part Galahad ? »
First parla avec une confiance débordante. Il avait raison.
Mais…
« Putain, t’as oublié que je serai mise à la retraite avec toi ? »
« Ne t’en fais pas. J’en prendrai la responsabilité. »
Citrouille resta sans voix un instant. Ça semblait classe au premier abord, mais…
« S’il te plaît, habille-toi. »
Citrouille plissa les yeux et lui tendit son armure.
Un soldat accourut alors depuis le côté. En voyant ce nouveau corps entièrement nu, Citrouille marmonna un juron.
« Quelqu’un vous cherche. »
« Moi ? »
First tourna la tête et aperçut quelqu’un portant un Masque du Corbeau. C’était un membre de la Société de magie noire.
« Euh… Le commandant Galahad vous a défié à un concours de capture de mages. »
Le Masque du Corbeau parlait d’une voix pleine d’appréhension. Même en le disant, il semblait ne pas savoir si c’était une bonne idée.
C’était naturel. L’intention derrière ce défi était évidente.
« Il nous prend pour ses larbins ? »
Pourtant…
« J’accepte le défi. »
À la réponse enthousiaste de First, Citrouille poussa un petit soupir.
Au moins, les larbins étaient payés.
En claquant la langue, Citrouille lui tendit le manteau de Monstre.
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