Chapitre 71
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 71 : Rixe dans un bar
──────
« Hmm. »
Galahad laissa échapper un grondement sourd en franchissant la porte.
Il s’était attendu à une forte concentration de mana, vu le nombre de Démonides rassemblés ici.
Le problème, c’était qu’elle était encore plus élevée que prévu.
Vlan ! Vlan !
L’Œuf de Douleur réagit violemment. Son cœur cognait à chaque inspiration.
Il se sentait bien, comme un poisson qui retrouvait l’eau après avoir échoué sur la terre ferme.
Cette sensation lui était familière.
Le Royaume démoniaque.
Ce n’était pas du tout le Royaume démoniaque que la Société de magie noire avait ouvert dans le Septième bataillon.
C’était plutôt comme le véritable Royaume démoniaque où il était entré avec Adrianna, autrefois.
La concentration de mana était si dense qu’elle lui collait à la peau.
Le Nord a aussi de quoi impressionner.
D’une certaine façon, c’était tout naturel.
Le Nord combattait les Démonides depuis d’innombrables années.
Ses terres étaient arides, et l’Empire avait réduit son soutien.
Son déclin était presque inévitable.
Malgré tout…
Je ne m’attendais pas à trouver une Cité des Démonides ici.
Galahad fronça les sourcils.
Il n’aurait jamais imaginé qu’une Cité des Démonides se trouvait sous leurs pieds.
Clac.
L’idiot de casque trembla violemment.
Adrianna semblait tout aussi bouleversée.
Galahad claqua la langue et observa les alentours.
Au-delà des cendres qui emplissaient l’air, la ville se révéla à lui.
Elle était plus petite qu’une ville humaine, mais bien plus grande qu’un village.
Les bâtiments avaient des portes, mais aucune fenêtre.
Tout était sans couleur, comme si la moindre trace de teinte avait disparu.
Puis une lumière flottante, semblable à une lampe, attira le regard de Galahad.
À première vue, elle ressemblait aux lampes à mana de la capitale. Mais il s’agissait du Royaume démoniaque : les lampes à mana ne pouvaient pas fonctionner dans un mana aussi dense.
Une autorité.
Des Démonides circulaient sous les lumières, vêtus de façon remarquable.
Certains étaient presque nus. D’autres portaient des tenues de guerriers du Nord. Il y en avait même qui ressemblaient à de simples paysans.
Ils avaient tous un point commun.
Aucune expression.
Pas un seul n’exprimait la moindre émotion.
On aurait dit une ville peuplée de poupées.
Il y a aussi des humains.
Derrière les Démonides, des gens s’efforçaient désespérément de cacher leurs émotions. Ils les suivaient comme des chiens promenés par leurs maîtres.
Ils sont nombreux.
Il savait qu’il y avait des humains ici parce que les Démonides le lui avaient dit.
Cela dit, impossible de savoir comment ils réagiraient à l’Unité des opérations spéciales.
Galahad avait observé attentivement les réactions des Démonides pendant le trajet.
Ils n’avaient montré aucun intérêt pour l’Unité des opérations spéciales qu’il avait amenée avec lui.
De temps à autre, certains déglutissaient avec avidité, mais aucun ne faisait quoi que ce soit de particulier.
Il avait même dispersé du mana autour de lui et les avait salués, mais les Démonides étaient restés silencieux.
La raison était évidente.
Ils me prennent pour un Démonide.
Et pas seulement par erreur. Ils traitaient Galahad avec respect.
Ils semblaient le considérer comme un Démonide d’assez haut rang.
La croissance de cet œuf bon marché y était pour quelque chose, c’était certain.
Il avait aussi appris autre chose.
Les Démonides ne se méfient pas les uns des autres.
Plus exactement, ils ne s’intéressaient pas les uns aux autres.
C’est ça ? Ils s’en fichent, tout simplement ?
Galahad marmonna à voix basse.
Clac.
Quand il tourna la tête, Adrianna s’était rapprochée. Il aperçut ses yeux bleus à travers son casque.
Elle semblait l’avertir qu’ils étaient en danger.
Elle avait raison.
Ils étaient entourés de Démonides, dans un environnement semblable au Royaume démoniaque.
Ils étaient bel et bien entrés dans une Cité des Démonides.
Ça va être dangereux.
Si leur identité était découverte, ils se retrouveraient piégés dans la Cité des Démonides.
Cela dit, dans ce monde, les endroits sûrs étaient bien plus rares que les endroits dangereux.
Ils ne pouvaient plus faire demi-tour.
« Le plan, c’est… »
Une voix discrète s’éleva derrière lui. C’était Gilbert.
Tous les regards alentour se tournèrent aussitôt vers lui.
Les Démonides qui fixaient Gilbert se montraient particulièrement hostiles.
Ils le regardent comme un chien bruyant.
Les droits humains semblaient assez limités, ici.
« Taisez-vous, humain. »
Gilbert fronça les sourcils, mais se tut sans protester.
Ce n’est qu’alors que les Démonides détournèrent le regard.
Hmm. Je vois.
Galahad hocha la tête.
Pour l’instant, le plus important était Damian.
D’abord, il me faut des informations.
Galahad se mit en marche sans hésiter.
* * *
Mon Dieu…
Tom implora silencieusement le ciel, serrant son bouclier à deux mains.
Des Démonides l’entouraient de toutes parts. Leurs regards perçants lui arrivaient de partout.
Les Démonides les observaient. C’était déjà assez effrayant d’être ainsi épiés, mais ils se léchaient aussi les lèvres en regardant le groupe.
Comme s’ils voyaient de délicieux mets se promener devant eux.
C’était comme se retrouver au milieu de bêtes affamées. Et puisque leurs adversaires étaient des Démonides, le danger était encore plus grand.
La sueur coulait dans le dos de Tom.
Les autres membres n’en menaient pas plus large. L’Unité des opérations spéciales s’était resserrée davantage que d’habitude. Ils n’avaient pas le choix.
Partout, des Démonides les dévoraient des yeux.
Galahad, qui ouvrait la marche, n’hésitait pas le moins du monde.
En le regardant, Tom se demanda si Galahad connaissait bien les lieux.
Mais quel genre d’homme est-il, au juste ?
Il revoyait encore parfaitement le Démonide qu’ils avaient croisé s’incliner devant Galahad et lui ouvrir une porte.
Et puis…
Pourquoi a-t-il l’air encore plus enthousiaste que d’habitude ?
Tom ravala sa pensée.
Il ne pouvait que suivre Galahad.
Ils arrivèrent devant un bar impeccable.
Ding !
Une clochette joyeuse annonça leur arrivée.
Le bar était décoré de noir et de gris. Des Démonides étaient assis seuls à chaque table, dans toute la salle.
Un Démonide vêtu avec soin s’inclina alors devant Galahad. Son regard balaya un instant l’Unité des opérations spéciales.
Après les avoir examinés, le Démonide demanda : « Vous comptez les manger tout de suite ? »
Tom retint de justesse un cri et resserra sa prise sur son bouclier. Gwen eut un petit hoquet. Gilbert avança d’un demi-pas et saisit la poignée de son épée. Le casque d’Adrianna trembla.
Galahad prit alors la parole.
En voyant son air imperturbable, Tom se sentit soulagé.
Non, le commandant Galahad est de notre côté. Tout ira bien…
Il marmonna ces mots pour se rassurer.
Puis Galahad lança :
« Ah, vous les saignez sur place, vous aussi ? »
… ?
Tom trembla en entendant la question tranquille de Galahad.
« Oui. Nous prélevons un peu de sang en échange. »
« Combien ? »
« Deux parts sur dix. »
« Vous en prenez une bonne quantité. »
Tom paniqua en voyant Galahad bavarder tranquillement avec le Démonide.
Il s’attendait à ce que Galahad le désigne et lance : « Allez, tout le monde, applaudissez Tom pour son travail acharné. Il va nous désaltérer une dernière fois… »
Heureusement, ce que Tom redoutait n’arriva pas.
« Hélas, ils ont une autre utilité. »
« Ah, je vois. Je vais vous conduire à votre table. »
Le Démonide traitait Galahad avec politesse, comme un noble.
Ils le suivirent dans le bar.
La salle était pleine d’hommes séduisants et de belles femmes.
À première vue, l’endroit avait tout d’un établissement élégant. Mais en y regardant de plus près, Tom sentit un frisson le parcourir.
Personne ne souriait. Le bar était si silencieux qu’on entendait les respirations, et les verres posés sur chaque table étaient remplis d’un liquide rouge.
Des bouteilles pleines de ce liquide rouge s’alignaient le long des murs.
Tom était certain que c’était un bar atroce.
« Il voyage avec quatre d’entre eux. »
« Cette femme a l’air fraîche. »
Des évaluations étranges fusaient de tous côtés.
Leur table était une épaisse dalle ronde en pierre grise, entourée de chaises dures. Elle se trouvait en plein milieu du bar.
Tous les regards de la salle étaient rivés sur eux. Galahad, lui, restait détendu comme toujours.
Une fois assis, Galahad balaya la salle du regard.
Il fit même un signe de la main.
« Qu’aimeriez-vous commander ? »
« Qu’est-ce que vous avez ? »
« Nous avons des crus de dix à trente ans. Nous en avons aussi de plus jeunes, si vous le souhaitez, mais ils sont assez chers. »
Dix ans ? Trente ans ?
Tom ne comprenait pas de quoi ils parlaient, mais cela semblait sinistre. Il déglutit péniblement.
« Hmm. »
« Nous avons aussi un mâle de six ans. Il coûte cher, mais il est réputé pour sa saveur. »
Le Démonide parlait doucement, comme s’il décrivait un mets raffiné.
Gilbert grimaça et serra les dents.
Le Démonide tourna son regard vers eux. Gilbert avait posé la main sur la poignée de son épée. On aurait dit qu’il faisait tout son possible pour se contenir.
Le Démonide jeta un coup d’œil à Gilbert et hocha légèrement la tête.
« Vous avez même un chevalier avec vous. Impressionnant. Le sang des chevaliers est exquis, lui aussi. Il est laid, alors il vaudra un peu moins. »
Galahad fit un petit signe de la main.
Gilbert se tut en serrant les lèvres. Son visage était si rouge qu’on aurait dit qu’il allait exploser.
Le bar se tut.
Tous les regards étaient braqués sur eux.
On aurait dit que leur identité allait être découverte.
La tension atteignit son comble.
Puis…
Galahad leva les yeux vers le Démonide et prit la parole.
« Vous n’avez pas de sang de Démonide ? »
Le Démonide se raidit légèrement. Puis il secoua la tête.
« … Nous n’en vendons pas. »
Galahad fronça les sourcils.
« Vous n’en avez pas ? »
« Non. Nous privilégions la haute cuisine. »
« La haute cuisine… »
Le coin des lèvres de Galahad se releva.
Le Démonide recula d’un pas. Galahad se pencha vers lui.
« Vous pouvez aussi saigner un Démonide sur place ? »
« Si vous le souhaitez. »
« Parfait. »
Le Démonide acquiesça d’un air étrange.
Sous les regards poisseux des Démonides alentour, Tom baissa désespérément les yeux.
Pourquoi a-t-il fallu que ce soit un bar…
Les bars étaient des endroits où les bagarres éclataient souvent. Même dans les bars ordinaires, les gens cherchaient la querelle pour un rien. Et eux venaient d’entrer dans un bar de Démonides.
Les ennuis étaient presque inévitables.
Bien sûr, le commandant devait avoir un autre plan…
Mais ce bar regorgeait de motifs de dispute.
Quelqu’un pouvait se battre pour la moindre broutille…
« Tes yeux ne me plaisent pas. Combien de verres as-tu déjà bus ? »
Tom trembla en entendant la voix toute proche.
Comme il l’avait craint, une bagarre venait d’éclater. Tom resserra rapidement sa prise sur son bouclier.
Alors qu’il se préparait au combat, il comprit que quelque chose clochait.
Cette voix, c’était celle du commandant.
Tom tourna la tête et entrouvrit la bouche.
Comme prévu, une confrontation avait éclaté.
Le problème, c’était que…
Personne n’avait provoqué Galahad.
« Tu cherches la bagarre ? »
C’était Galahad qui la cherchait.
* * *
Comme prévu, ils s’en fichent.
Galahad jeta un coup d’œil autour de lui.
Bien qu’il eût ouvertement cherché la bagarre, personne ne réagit.
Même l’employé démonide ne manifesta aucun intérêt. Il agissait comme si cela ne le concernait pas.
C’était de l’indifférence pure et simple.
Ils appellent ça une couvée, non ?
Galahad se rappela ce qu’Adrianna lui avait dit.
Les Démonides ordinaires ne voyageaient pas en groupe. À partir des Démonides de rang supérieur, ils vivaient en couvées.
Ils ne se soucient donc de rien, à moins que l’autre fasse partie de leur couvée ?
Il devait vérifier cette hypothèse.
Galahad observa le bar.
Il y avait douze Démonides en tout.
Avec Adrianna à leurs côtés, ils avaient assez de force pour maîtriser la situation si quelque chose tournait mal.
Tap, tap.
Galahad fit claquer doucement ses doigts.
Il baissa les yeux vers le Démonide devant lui. Celui-ci le regarda en silence.
Les Démonides savent-ils distinguer la magie de l’autorité ?
C’était le dernier obstacle pour se faire passer pour un Démonide.
Les Démonides le prenaient pour l’un des leurs, mais la vraie question était de savoir s’ils continueraient à le voir ainsi s’il utilisait la magie.
Comme les Démonides qu’il avait tués l’avaient appelé l’un des leurs dans leurs derniers instants, il y avait de bonnes chances qu’ils ne sachent pas distinguer l’autorité de la magie.
Mais mieux vaut vérifier.
Galahad n’avait pas cherché la bagarre sans raison.
Il prenait ce risque pour mettre ses suppositions à l’épreuve.
Galahad jeta un coup d’œil à Adrianna. L’idiot de casque trembla.
Il lui adressa un signe de tête discret. Tom tapota Gilbert et Adrianna.
« Vous allez partager un peu de votre sang ? »
Le Démonide se leva en parlant. Sa table était couverte de verres vides.
« Qui voulez-vous ? »
« Je veux celui-là… »
Galahad fit claquer doucement ses doigts.
Un pic de glace se planta dans la mâchoire du Démonide. Il n’eut pas le temps de réagir.
Le Démonide gargouilla.
Galahad fit de nouveau claquer ses doigts.
Un autre pic de glace le transperça. Le Démonide s’effondra au sol.
Galahad l’attrapa par la nuque et regarda autour de lui.
Leurs regards restaient parfaitement inexpressifs.
Les Démonides sont des individualistes.
Le coin des lèvres de Galahad se tordit.
« Souhaitez-vous qu’on le saigne ? »
Une voix douce s’éleva à côté de lui. C’était l’employé démonide.
Parfait.
Après avoir confirmé sa théorie, Galahad acquiesça.
« Je vous en prie. »
« Bien. »
Le Démonide agita la main. On sentit un flot de mana brut.
Le Démonide à terre se mit à trembler violemment, puis s’aplatit comme si quelqu’un lui avait marché dessus.
Une autorité.
Le sang se mit à couler.
Galahad prit un verre sur la table. Il en vida le sang qu’il contenait déjà, puis le fit passer dans l’air d’un geste.
Il se remplit rapidement.
Galahad regarda les Démonides alentour et le vida d’un trait.
Ce n’est qu’alors que leurs regards se dispersèrent. Des claquements de langue s’élevèrent de tous les coins du bar.
« Quel goût vulgaire. »
« Boire une chose aussi répugnante… »
Leur réaction était amusante.
Le prélèvement fut vite terminé. Celui qui avait été un Démonide se trouvait maintenant dans une grande bouteille en verre.
« Ah, gardez-le-moi. »
« Je vous prie de m’excuser, mais nous ne prenons pas en charge les marchandises bon marché. »
« Ah bon ? Hmm, dans ce cas, je vais devoir en choisir un autre. »
Galahad désigna du doigt chaque Démonide assis.
« Co-ca-Co-la… »
« Nous allons le conserver pour vous, juste cette fois. »
Le Démonide acquiesça et agita la main. La bouteille pleine s’envola jusqu’à une place libre sur l’étagère.
On la posa dans le coin le plus éloigné.
« Ah, pourriez-vous me parler un peu de la Maison Proxel ? »
Galahad posa son verre en parlant.
Le Démonide avec lequel il avait eu une conversation si agréable se raidit.
Les autres Démonides détournèrent eux aussi le regard à la hâte.
C’était comme si…
On dirait que j’ai parlé d’un grand noble.
L’influence de la Maison Proxel semblait plus importante qu’il ne l’avait cru.
Le Démonide posa alors sa question avec bien plus de précautions qu’auparavant.
« … Puis-je vous demander quelle relation vous entretenez avec la Maison Proxel ? »
Galahad releva le coin des lèvres.
« C’est la famille de naissance de mon enfant. »
Il répondit sans ciller.
* * *
Qu’est-ce qui se passe…
Adrianna marmonna en touchant son casque étouffant.
Des Démonides la fixaient de toutes parts.
À présent, Adrianna était encerclée par des dizaines de Démonides.
Comment en est-on arrivés là…
Même après avoir tout vu, elle ne comprenait pas comment la situation avait pu dégénérer ainsi.
La cause, comme prévu…
« Il y a vraiment beaucoup de Démonides ici. J’ai écrit au Grand-Duc pour lui dire que cet endroit était une cour pleine de Démonides, mais je dois rectifier. Ce n’est pas une cour. C’est la chambre à coucher. »
Galahad parlait calmement.
Adrianna tapota son casque étouffant. Un son sourd retentit.
« Ah, vous pouvez parler maintenant. J’ai lancé un sort autour de nous. »
« C’est dangereux. Même à présent… »
« Vous voulez fuir ? »
« C’est vous qui devriez fuir. Je m’occupe de tout. »
Adrianna parla, le regard déterminé.
Elle n’avait pas dégainé son épée pour ne pas mettre les autres en danger.
Sinon, elle l’aurait tirée depuis longtemps.
Le nombre de Démonides importait peu.
Adrianna était une épée ardente, faite pour brûler les Démonides.
« Désolé, mais nous n’avons pas encore retrouvé Damian. Et je ne peux pas abandonner une femme pendant un rendez-vous. »
« … Ce n’est pas le moment de plaisanter. »
« Une plaisanterie ? Je suis toujours sincère. Je vous le garantis. »
Le sérieux soudain de Galahad décontenança quelque peu Adrianna.
Sincère… ?
Ils étaient encerclés par des Démonides.
Le moindre faux pas pouvait leur coûter la vie, et lui appelait ça un rendez-vous ?
« … Nous sommes en danger. »
« Un rendez-vous est censé faire battre le cœur. Les gens prennent l’accélération du rythme cardiaque causée par la tension pour de l’amour. »
« Quoi ? »
« Ça arrive. Ah, le voilà. »
Galahad désigna une direction.
Là où il pointait se dressait un bâtiment plusieurs fois plus grand que les autres.
C’était un manoir gris, d’apparence somptueuse, comme s’il imitait le château d’un noble. Le Domaine Proxel, dont les Démonides avaient parlé.
Une vaste terrasse couronnait le domaine.
Des Démonides vêtus comme des nobles se tenaient sur la terrasse. Parmi eux se trouvait un visage familier.
C’était Damian, de l’Unité des opérations spéciales.
Il avait pourtant bien changé.
Quand il était avec l’Unité des opérations spéciales, c’était un garçon crasseux. À présent, il portait un costume coûteux et avait les cheveux soigneusement coiffés en arrière.
Il avait l’air noble, comme l’enfant d’une grande maison.
Une longue table devant lui croulait sous les plats appétissants : de la viande, du pain luisant et toutes sortes de mets qui semblaient chers au premier regard.
Le garçon se goinfrait.
Les Démonides autour de lui semblaient être à son service.
« Damian a vraiment gravi les échelons. »
Adrianna acquiesça aux paroles de Galahad.
Des Démonides s’occupaient de lui, la table était couverte de nourriture et le visage du garçon, autrefois décharné, luisait de graisse.
« Mais les biens matériels ne remplacent pas les joies de l’Unité des opérations spéciales. Damian, je viendrai bientôt te sauver. Encore un peu de patience. »
Adrianna pencha la tête.
Il a l’air d’aller mieux qu’avant…
« Je te sauverai même s’il faut réduire cette ville en ruines, alors ne t’inquiète pas ! »
Les mots suivants de Galahad glacèrent étrangement Adrianna.
Sa voix débordait de sincérité.
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