Chapitre 69
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 69 : Gwen à fleur de peau
──────
« Damian a disparu. »
À l’annonce urgente de Gilbert, Galahad passa les doigts sur le couteau dans sa poche.
« Il n’est pas encore allé bien loin. »
« … Comment ça ? »
« Tu croyais que je n’avais pris aucune précaution alors que ces salopards de Démonides qui se donnent des airs de nobles en avaient après Damian ? »
Le soulagement se peignit sur le visage de Gilbert.
Galahad serra le couteau et fit circuler son mana. Malgré l’épuisement qu’il avait subi, celui-ci répondit docilement.
Boum ! Boum !
L’Œuf de Douleur s’en attribua le mérite.
La Magie de pistage était une compétence de base pour un agent. Pour l’utiliser, il fallait toutefois préparer à l’avance deux objets liés, gravés de cercles magiques.
L’un appartenait à la cible, l’autre au lanceur de sort.
L’objet de la cible devait être quelque chose dont elle ne se séparerait pas facilement. Comme la fourchette de Damian.
Il s’est un peu éloigné. Il bouge ?
Galahad tapota le couteau.
Il y avait de fortes chances que ces salopards de Démonides de la Maison Proxel soient derrière tout ça.
Il s’était attendu à ce qu’ils passent à l’action, mais pas à ce qu’ils osent semer le trouble dans le château du Grand-Duc.
Ça pourrait servir.
Il pourrait faire payer le Grand-Duc très cher.
Mais pour l’instant, Damian comptait davantage.
« Depuis quand a-t-il disparu ? »
« On m’a dit qu’il s’était volatilisé pendant que Gwen s’était absentée un instant. »
« Tu as vérifié qu’il avait bien mangé ? »
« Oui, on lui a bien donné à manger. Damian… »
« Calme-toi. Damian n’est pas en danger. »
Ces salopards de Proxel tenaient à Damian. Galahad ignorait ce qu’ils mijotaient, mais Damian ne courait pas de danger immédiat.
Galahad comptait les laisser l’entraîner un peu plus loin.
Pour attraper des insectes, il fallait trouver leur nid.
Ils avaient tout de même pris assez de précautions pour se déplacer avec les Gourmets.
Il ignorait quels pièges ils avaient pu préparer. Il lui fallait donc un moyen fiable de s’occuper d’eux.
« On a un problème. »
« Quoi ? »
Galahad sourit à la question inquiète de Gilbert.
« On va avoir besoin de la nouvelle. »
Gilbert fronça profondément les sourcils.
« Cette gamine est revenue ? »
Galahad acquiesça et dévisagea Gilbert.
Gilbert était un chevalier du Nord typique. Ses convictions étaient aussi solides que lui était simple d’esprit. C’était un homme pareil à une épée bâtarde grossière.
Si Gilbert était aussi excellent chevalier…
Galahad réprima de force son excitation.
« Que penses-tu du Roi démon ? »
Le visage de Gilbert se déforma aussitôt.
« Quoi ? C’est quoi ces conneries ? Depuis quand les Démonides ont un roi ? »
Sa voix était empreinte d’une irritation étrange.
« Je vois. »
Galahad hocha la tête et mit une cigarette dans sa bouche.
Rien n’avait changé.
« Mais qu’est-ce qu’elle fiche, cette gamine ? Ça n’en finit pas. La nouvelle ne se croit pas un peu trop à l’aise ? »
L’expression de Gilbert changea encore.
« Exact. Veille à remettre de l’ordre dans ses idées. »
« Compte sur moi. »
« Oui, je te fais confiance. »
Galahad eut un petit rire.
* * *
Ah… J’ai fait une erreur.
Adrianna laissa échapper un souffle discret.
Surprise par la proximité de Galahad, elle l’avait repoussé.
[Aaaah ! Maudite garce !]
Le cri résonna dans son esprit.
C’était vrai.
La disposition d’Adrianna était une malédiction.
Une terrible malédiction qui infligeait une douleur insupportable à quiconque la touchait, au point de le conduire à la mort.
La seule chose qu’elle pouvait faire, c’était diriger cette malédiction contre les Démonides.
C’était tout ce qu’elle était censée faire.
Pourquoi cet homme… ?
Adrianna plissa les yeux.
Galahad était différent de tous ceux qu’elle avait rencontrés jusque-là.
Même en hurlant, il ne l’avait pas lâchée.
Il l’avait même serrée plus fort.
C’était un homme incompréhensible.
Adrianna était troublée.
Elle savait qu’il ne faisait pas grand cas de l’espace personnel, mais cette fois, il était allé trop loin.
Beaucoup trop près.
Surprise, elle avait fait usage de sa force.
Quand la chaleur gênante s’était dissipée et qu’elle y avait repensé, Adrianna s’était rendu compte qu’elle avait réagi de façon excessive.
Je devrais m’excuser.
Adrianna marmonna à voix basse.
Elle regarda dans le panier à côté d’elle. Il contenait six gourdes remplies de sang de Démonide.
Je lui donnerai ça et je m’excuserai.
Adrianna expira de nouveau.
Rien que l’idée de présenter ses excuses à Galahad lui donnait le tournis.
Elle repensa à ses paroles : il voulait organiser une cérémonie de fiançailles dans trois mois.
Galahad prenait cela pour acquis, mais pour Adrianna, une cérémonie de fiançailles n’avait rien d’anodin. Non, cela ne lui convenait pas.
C’était sur la ligne de front qu’Adrianna avait sa place.
Les seuls êtres qu’elle pouvait toucher étaient les Démonides…
Je ne peux pas me laisser entraîner là-dedans encore une fois.
Le regard d’Adrianna s’assombrit.
Établissons un plan.
Pour éviter de se laisser mener par le bout du nez par Galahad, capable de partir dans n’importe quelle direction, elle devait élaborer un plan solide.
Le commandant Galahad loge au château extérieur. J’irai là-bas… je lui donnerai les gourdes et je lui rappellerai qu’il doit garder ses distances.
Adrianna conçut un plan sérieux pour présenter ses excuses. Elle le vérifia plusieurs fois.
Parfait.
C’était un plan d’excuses parfait, qui ne risquait pas de la faire entraîner dans quoi que ce soit.
Adrianna rassembla les gourdes et se dirigea vers la porte.
Lui donner les gourdes, s’excuser, échanger quelques mots, puis tourner les talons et partir…
Après avoir repassé son plan en tête, Adrianna ouvrit la porte.
Puis elle se figea sur place.
« Ah, tu tombes bien. Tiens, enfile ça tout de suite. On est pressés. »
La possibilité que Galahad se tienne juste devant sa porte, une armure grossière à la main, ne figurait pas dans son plan.
« … Quoi ? »
Une autre réponse idiote lui échappa.
« Un membre de notre unité a été enlevé, et je pense que les coupables sont des Démonides. Ils viennent de la Maison Proxel, ces salauds qui se font passer pour des nobles. J’ai besoin de ton aide. Enfile ça, vite. »
« Non… »
« Ah, tu te demandes pourquoi on ne demande pas de renforts au Grand-Duc ? Je l’ai déjà fait. Il m’a dit de t’emmener avec moi. »
« Quand as-tu… ? »
« Tout à l’heure, pendant le repas, j’ai demandé l’autorisation de te déployer. La justification, c’était la cérémonie de fiançailles dans trois mois. »
« Alors, pourquoi cette armure… ? »
« Ah, je l’ai récupérée au dépôt de fournitures. Tu te demandes pourquoi tu dois jouer les nouvelles ? Tout le monde te connaît trop bien. Si tu nous accompagnes au grand jour, ils vont tous s’enfuir. Alors, il reste des problèmes ? »
Les lèvres d’Adrianna remuèrent.
À son grand agacement, elle ne trouva rien à redire.
« Allez, enfile ça. Voilà une épée. Elle est un peu plus lourde que la tienne, mais de la même taille. »
Boum.
… ?
Adrianna regarda tour à tour la porte refermée et le casque à l’air idiot, ainsi que l’armure, qui s’étaient mystérieusement retrouvés dans ses mains.
Elle s’était encore fait avoir…
* * *
« Le commandant a dit que Damian allait bien. Hmm… »
Tom se sentit un peu soulagé en entendant Gilbert marmonner.
Quand Damian avait soudain disparu, son cœur lui était tombé dans les talons.
Gwen était partie en courant, en pleurs, et Gilbert était lui aussi allé voir Galahad.
Tom était resté pour rassembler leurs affaires. C’était tout ce qu’il pouvait faire.
Son inquiétude n’avait pas disparu, mais Galahad avait dit que tout irait bien, et Tom était parvenu à se calmer un peu.
Il vérifia le chargement du carrosse. Celui qu’on venait de leur fournir était bien plus propre et spacieux que l’ancien. Même les chevaux attelés étaient en excellent état.
Il était clair que l’Unité des opérations spéciales avait gagné en reconnaissance.
Tom vérifia une dernière fois les provisions, puis donna à manger aux chevaux.
Gwen revint un peu plus tard, les yeux pleins de larmes. C’était assez habituel chez elle. Gwen pleurait facilement.
Le problème, c’était…
Pourquoi a-t-elle du feu sur le corps… ? Non, de la glace aussi ?
Du feu brûlait sur l’épaule gauche de Gwen, tandis que de la glace s’effritait sur la droite. Le mot « spectaculaire » était loin de suffire.
La question était de savoir pourquoi elle pleurait avec cette apparence.
Elle avait semblé plus calme ces derniers temps, mais la disparition de Damian semblait l’avoir bouleversée.
Gwen aime particulièrement les enfants.
Tom détourna discrètement la tête.
Quand Galahad revint peu après, une silhouette familière se tenait à ses côtés.
… Lady Adrianna ?
Son casque et son armure étaient différents d’avant, mais l’impression générale, massive et imposante, était la même. Elle avait un air étrangement maladroit, presque niais.
Malgré tout, même l’armure ne pouvait dissimuler sa noblesse.
Non…
Tom regarda Gilbert avec urgence. Gilbert se leva d’un bond.
Tom hurla intérieurement, mais, hélas, Gilbert ne l’entendit pas.
« La nouvelle ! Qu’est-ce que tu foutais pour mettre aussi longtemps ? T’es lente à ce point ? C’est désespérant. »
Gilbert fit aussitôt quelque chose d’horrible.
C’était sa façon bourrue d’accueillir quelqu’un, mais la personne à qui il s’adressait était Adrianna, l’héroïne du Nord.
À quoi pensait-il pour lui dire une chose pareille… ?
« Tout est prêt ? »
Galahad demanda à Tom.
Il avait l’air étrangement satisfait.
« Oui, nous pouvons partir tout de suite. »
« Bien. Comme on pouvait s’y attendre de Tom. Partons sans attendre. »
« Da… Damian… ! »
Gwen les interrompit. Galahad poussa un petit cri d’admiration en voyant ses épaules flamboyantes.
« Oh, Gwen. Excellent. »
« Damian a disparu ! C’est ma faute ! Je me suis laissé distraire par un pari ! »
« Oui, c’est ta faute. »
Galahad hocha légèrement la tête.
Des larmes coulèrent des yeux de Gwen. Les flammes s’intensifièrent. La glace se mit à tomber. Les lèvres de Galahad se retroussèrent légèrement.
« Tout le monde fait des erreurs. »
Galahad effleura nonchalamment les épaules de Gwen. Les flammes et la glace disparurent au contact de sa main.
Gwen leva les yeux vers lui. Comme elle était petite et Galahad grand, elle dut renverser la tête presque douloureusement.
Galahad la regarda et parla d’un ton sérieux.
« Ce qui compte, c’est de corriger son erreur et de ne pas la répéter. »
Sa voix était parfaitement sérieuse.
« … On peut retrouver Damian ? »
« Bien sûr. Mais j’aurai besoin d’un peu d’aide de ta part. »
« Je le ferai ! »
« Bien. Alors, en route. »
Sur l’ordre de Galahad, Tom se hâta vers le carrosse.
Enfin, il essaya.
Galahad l’empêcha d’y monter.
« Seule Gwen monte dans le carrosse. »
Galahad monta dans le carrosse avec Gwen, et personne d’autre.
Tom se retrouva assis entre Gilbert et Adrianna. Assis à côté d’Adrianna…
Il peinait à respirer.
« La nouvelle, qu’est-ce que tu fabriquais, au juste ? Pourquoi as-tu mis autant de temps ? Et si tu partais quelque part, tu aurais au moins pu venir me dire au revoir… »
Chaque fois que Gilbert parlait, Tom avait l’impression de perdre quelques années de vie.
Puis une partie de la paroi du carrosse se fendit dans un petit craquement. Tom poussa un cri de surprise.
Le couteau qui servait pendant les repas avait traversé la paroi.
Il était légèrement tordu.
Comme s’il indiquait une direction…
« C’est par là ? »
« C’est Sir Gilbert qui a dû poser cette question. »
« Tu aurais pu simplement dire oui… »
Gilbert grommela doucement.
* * *
« Gwen, tu as une grande réserve de mana. Vraiment énorme. Je ne m’étais pas trompé en te prenant pour une mage lors de notre première rencontre. »
« Hein ? »
Les yeux de Gwen s’écarquillèrent devant le compliment inattendu de Galahad.
« Tu as le don d’imiter la magie sans même la comprendre. Ça tient davantage d’un pouvoir que d’un talent. Enfin, fais comme si tu n’avais pas entendu cette dernière partie. »
Galahad claqua des doigts.
« Ce duel l’a confirmé. Tu ne résistes pas à la magie spectaculaire. Dès que tu vois une belle magie, tu la copies, peu importe son rang. Bien sûr, la lancer consciemment te demandera beaucoup d’efforts… »
Galahad observa Gwen, qui avait les larmes aux yeux.
Un instant plus tôt, elle portait sur ses épaules la magie de Galahad et celle de Bunch.
C’étaient deux sorts de haut rang. Gwen n’était normalement pas capable d’en utiliser deux à la fois.
Galahad réfléchit à la raison.
Damian.
La disparition de Damian avait clairement affecté Gwen.
Gwen copiait la magie parce qu’elle était captivée par sa beauté.
Dans les deux cas, ses actes étaient dictés par l’émotion.
Gwen se laisse influencer par ses émotions.
Les mages étaient censés garder leurs distances avec les émotions.
Si l’on disait qu’un mage devait garder la tête froide, ce n’était pas pour rien.
Et pourtant, voilà qu’il avait devant lui une mage qui utilisait la magie par l’émotion…
Intéressant.
Si les émotions influençaient la magie, il lui suffisait de provoquer ces émotions.
Galahad tapota légèrement le couteau.
« J’ai lancé la Magie de pistage sur la fourchette de Damian. Tant qu’il ne sort pas de sa portée, on peut savoir plus ou moins dans quelle direction il se trouve. »
« Vraiment ?! Oh, quel soulagement ! »
« Mais mon mana est instable depuis son épuisement. »
« Quoi ? »
« Sa portée est plus courte que d’habitude. Et ces salauds vont plus vite que prévu… Hmm, ça se complique. »
Ce n’était pas un mensonge. Ceux d’en face se déplaçaient assez vite. Ils voyageaient clairement à cheval plutôt qu’en carrosse.
La situation était délicate. L’efficacité de la Magie de pistage dépendait non pas de la concentration du mana, mais de sa quantité.
Gwen était mieux placée que Galahad pour le faire. Voilà pourquoi il avait envoyé les autres prendre place sur le siège du conducteur.
« Q-Qu’est-ce qu’on fait ?! »
« Tu dois lancer ce sort. Ta réserve de mana est énorme, alors tu peux le faire. »
« Mais je ne le vois pas ! »
Elle avait raison.
La Magie de pistage était un sort extrêmement pratique. Elle était discrète et n’avait aucune forme. C’était logique. Si la Magie de pistage était spectaculaire, serait-ce vraiment de la Magie de pistage ?
C’était un sort que Gwen ne pourrait jamais trouver beau.
Alors, je vais le rendre spectaculaire.
Cela rendrait le sort nettement plus complexe, mais Gwen était Gwen.
Galahad ferma doucement les yeux et étudia le sort.
Il déconstruisit la Magie de pistage, en tira le principe fondamental, puis y ajouta des formules extravagantes.
Comme la Magie de pistage était une compétence de base pour les agents, cela ne lui prit pas longtemps.
« Regarde attentivement. »
Galahad plaça son index devant les yeux de Gwen. Son regard se croisa tandis qu’elle fixait son long doigt.
Une étincelle jaillit du bout de son doigt, bondit d’un doigt à l’autre et grossit.
Bientôt, une petite mais splendide fleur d’éclairs s’épanouit. Elle parcourut le couteau et disparut au-dehors.
« Ah ! Ça pique ! »
Gwen s’exclama, émerveillée.
« À toi. »
Le regard dans le vague, Gwen leva la main sans réfléchir. Des étincelles jaillirent de sa paume. C’était plus brouillon que la magie de Galahad, mais une fleur d’éclairs s’y épanouit.
C’était assez impressionnant.
Le problème, c’était…
Elle n’avait pas réussi à la faire passer dans le couteau.
Elle avait raté la partie la plus importante : libérer le sort.
Il lui fallait un peu plus de motivation.
Galahad plissa les yeux en regardant Gwen.
« Avec la magie que je viens de te montrer, on peut poursuivre Damian. Hmm, ma main commence à faiblir. »
Il réduisit discrètement son débit de mana, et les étincelles autour du couteau faiblirent à vue d’œil.
Le désespoir envahit le visage de Gwen.
« Non ! »
« Je ne peux pas aller plus loin. À toi de jouer. Prends le couteau. »
Galahad tendit le couteau à Gwen.
Elle le saisit maladroitement.
« J-Je n’y arriverai pas ! Tu ne me l’as montré qu’une fois ! »
Galahad empoigna fermement la tête ronde de Gwen. Elle était si petite qu’il pouvait la tenir d’une seule main.
« Tu peux le faire. Tu viens de réussir, non ? Il suffit de recommencer. »
« Mais… »
Galahad appuya sur la tête de Gwen. Sa bouche se referma d’un coup.
« Tu peux le faire. Si tu échoues, Damian… Hmm, il ne pourra plus manger cette viande qu’il aime tant. »
Gwen renifla bruyamment. Galahad se pencha près de son oreille et lui murmura combien Damian était à plaindre. De l’autre main, il continua de suivre sa trace.
Au bout d’un moment, Gwen se mordit violemment la lèvre et serra le couteau de toutes ses forces.
Le mana qui se déversait d’elle n’avait rien d’anodin.
Les émotions jouent vraiment un rôle.
Galahad commençait à comprendre comment se servir de Gwen.
* * *
« Non, je suis censé aller où ? »
Gilbert fronça les sourcils en regardant le couteau.
C’était déjà assez étrange de guider un carrosse en suivant un couteau des yeux, mais voilà qu’il s’était arrêté tout à coup.
« On va où ? À ce rythme, ils vont nous semer ! »
Gilbert cria en frappant contre le carrosse.
Le couteau bougea légèrement. Gilbert s’empara vite des rênes.
Après avoir roulé un moment, il vérifia de nouveau le couteau. Cette fois, il tremblait violemment.
Je suis censé aller où ?
Des étincelles dorées se mirent alors à tournoyer autour du couteau.
D’abord petites, elles grossirent, puis fusèrent dans tous les sens.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Gilbert fronça les sourcils et releva légèrement son manteau. Il était fait de cuir de monstre.
Peu après…
Les étincelles devenues plus épaisses jaillirent du couteau.
On aurait dit des éclairs.
Des éclairs qui fusaient du sol vers le ciel…
Tom poussa un cri devant les traînées dorées qui jaillissaient du couteau. Gilbert claqua la langue et le tira vers lui.
« Damian nous attend ! »
Le cri étrange de Galahad retentit alors.
Les éclairs qui se propageaient s’atténuèrent lentement. Bientôt, ils se changèrent en un épais trait.
Une ligne dorée s’étendait longuement devant eux, comme si l’éclair avait été aplati.
Comme s’il indiquait une direction…
« Qu’est-ce que c’est ? »
Personne ne répondit au marmonnement de Gilbert.
« La nouvelle ! Tiens correctement les rênes ! »
Tom revint à lui en entendant Gilbert réprimander Adrianna.
Il sortit précipitamment une carte.
S’ils suivaient cette direction…
C’est Hellove ?
Le nombre de bataillons avait diminué au fil de la longue guerre contre les Démonides, mais il y en avait autrefois davantage dans le Nord.
Hellove était la ville autrefois placée sous la responsabilité du quinzième bataillon, aujourd’hui disparu.
Elle avait jadis été la plus grande ville du Nord, avant d’être détruite lors d’une attaque des Démonides.
Cela s’était passé il y a très longtemps.
À présent, Hellove n’était plus qu’une légende macabre. Pourquoi se dirigeaient-ils là-bas… ?
Mais il y avait ailleurs une véritable histoire de fantôme.
« La nouvelle, je m’ennuie. Chante-nous une chanson. »
Tom trouvait cela bien plus effrayant que n’importe quelle histoire de fantômes.
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