Chapitre 68
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 68 : À un cheveu
──────
Galahad découvrit quelque chose.
Quand Adrianna était dans les parages, le Grand-Duc se montrait un tout petit peu moins féroce.
S’il gardait Adrianna près de lui, Galahad n’aurait probablement pas à craindre que le Grand-Duc lui arrache le cou.
Galahad se détendit discrètement et regarda autour de lui.
Ils n’étaient que trois à table, alors qu’elle aurait pu accueillir vingt personnes.
Pourtant, le Grand-Duc était si imposant que la pièce ne paraissait pas vide.
La table était couverte de nourriture.
Le Grand-Duc déchira un morceau de viande à pleines mains. Elle semblait à peine cuite, et le sang gicla en un long arc. Le bruit brutal de la chair qu’on arrachait vrilla les oreilles de Galahad.
Ses manières à table tenaient davantage du chef barbare que du Grand-Duc.
« Goûtez ça. C’est bon. »
À cet instant, Adrianna lui servit encore de la nourriture. Le regard du Grand-Duc se durcit.
Tandis que le Grand-Duc le fusillait des yeux en déchiquetant sa viande, Galahad sentit sa gorge le picoter sans raison.
« Vous n’avez pas dit que vous alliez bien ? Mangez. »
« J’ai déjà mangé. »
Il avait beau avoir essayé plusieurs fois de l’arrêter, Adrianna continuait de remplir son assiette.
« C’est meilleur si vous mélangez ça avec ceci. »
On aurait dit qu’elle voulait lui apprendre à manger comme les gens du Nord.
C’était gentil de sa part, mais la cuisine du Nord était répugnante à la base.
Les herbes avaient beau embaumer, une viande qui dégoulinait de sang au lieu de jus ne pouvait pas avoir l’air appétissante.
Chaque fois qu’Adrianna prenait soin de Galahad, les lèvres du Grand-Duc se retroussaient un peu plus.
C’était étrange : plus il souriait, plus il avait l’air féroce.
Galahad se rappela le Démonide dont le Grand-Duc avait arraché le cou. Le sien le démangea.
« Goûtez aussi à ça. »
*…Elle se venge ?*
Galahad marmonna doucement en regardant Adrianna.
« Qu’y a-t-il ? »
« J’ai l’impression que je vais exploser. »
« Quoi ? Avec si peu ? »
Galahad fronça les sourcils à sa question.
Il avait déjà vidé son assiette cinq fois. Et elle appelait ça « si peu ». C’était absurde.
Le Grand-Duc posa alors un morceau de viande dont il ne restait que l’os.
« Tu as fait quelque chose d’amusant. »
Le Grand-Duc fixa Galahad de ses yeux féroces.
Galahad passa rapidement la situation en revue. Il avait volontairement misé la moitié de ses gains sur sa propre victoire.
Et son épuisement de mana était bien réel.
Son calcul était irréprochable, sans le moindre point faible.
*Il n’a rien à me reprocher.*
Galahad releva les yeux vers le Grand-Duc sans ciller.
« De quoi parlez-vous ? »
Le Grand-Duc eut un rire grave. La table trembla légèrement. Galahad resta stupéfait : son rire suffisait à faire vibrer une table aussi massive.
« D’un match nul. »
Le Grand-Duc en vint enfin au fait.
Adrianna répondit à sa place.
« Comme vous me l’avez ordonné, j’ai terminé l’enquête sur le match. Après analyse des circonstances et expertise magique, nous n’avons trouvé aucun motif de soupçon. »
Adrianna désigna la pile de documents posée à côté du Grand-Duc.
Vu son épaisseur, elle avait dû être très occupée.
Au lieu de consulter les documents, le Grand-Duc dévisageait Galahad. Son regard semblait le transpercer.
« Les mages ont confirmé qu’il était impossible de truquer un match nul. Nous avons également vérifié que le commandant Galahad avait misé une grosse somme sur sa propre victoire. »
Adrianna poursuivit d’un ton calme.
« Je vois. »
Le Grand-Duc hocha volontiers la tête. Pourtant, il continua de fixer Galahad.
*Comme prévu, il ne sait pas résister à Adrianna.*
Galahad marmonna pour lui-même.
Après un bref silence, le Grand-Duc prit la parole.
Ce qu’il annonça ensuite était tout à fait inattendu.
« Nous organiserons une cérémonie de fiançailles. »
Le morceau de viande qu’Adrianna lui tendait lui échappa soudain des doigts et tomba avec un bruit sourd.
Hum.
Avant que Galahad ait pu dire quoi que ce soit, Adrianna se leva d’un bond.
Ses sourcils étaient profondément froncés.
« Je refuse. »
Après ce refus lapidaire, Adrianna quitta la pièce.
Soudain seul avec le Grand-Duc, Galahad se racla discrètement la gorge.
Les lèvres du Grand-Duc étaient toujours retroussées.
*Il l’a fait exprès.*
Galahad fronça les sourcils.
Le Grand-Duc poursuivit d’une voix qui ressemblait au rugissement d’une bête.
« La cérémonie de fiançailles aura lieu dans trois mois. Si Adrianna refuse… »
Le Grand-Duc désigna un espace vide parmi les Monstres et les Démonides exposés.
« Nous organiserons des funérailles à la place. »
Galahad toussota devant ces paroles féroces.
Une cérémonie de fiançailles ou des funérailles.
Quelle plaisanterie de mauvais goût.
Mais le visage du Grand-Duc ne laissait transparaître la moindre trace d’amusement.
*Hum, ce n’était pas une plaisanterie.*
Galahad laissa échapper un grognement sourd.
Le Grand-Duc ne lui demanda pas son accord.
Galahad n’avait pas non plus l’intention de refuser.
Au contraire…
« Trois mois ? Ce n’est pas un peu tard ? »
Les lèvres du Grand-Duc se retroussèrent, féroces.
* * *
« Je suis désolée. J’ai été tellement surprise que… »
Après avoir quitté la chambre du Grand-Duc en s’assurant que son cou était toujours bien attaché, Galahad trouva Adrianna un peu plus loin.
En le voyant, Adrianna s’inclina profondément. Ses sourcils étaient froncés.
« Ce n’est rien. J’ai été surpris moi aussi. »
À ces mots, Adrianna poussa un petit soupir de soulagement.
« Ah. Vraiment ? L’annoncer comme ça, sans même vous prévenir… Je vais en parler à Son Altesse. »
Adrianna parlait étrangement vite.
Galahad hocha la tête.
« Dans trois mois ? Ce n’est même pas le mariage. Ce n’est pas un délai incroyablement généreux pour une cérémonie de fiançailles ? »
« …Quoi ? »
Les sourcils d’Adrianna montèrent et descendirent. Galahad ne comprenait pas.
« Pourquoi êtes-vous surprise ? »
« Je n’ai pas l’intention d’organiser une cérémonie de fiançailles… »
« Qui a parlé de mariage ? Nous nous marierons un jour, mais ce n’est qu’une cérémonie de fiançailles. »
« Ce n’est qu’une… cérémonie de fiançailles ? »
Les sourcils d’Adrianna s’abaissèrent. Elle commençait à le fusiller du regard.
« Nous sommes déjà officiellement fiancés. Qu’est-ce que ça changerait d’organiser une cérémonie ? »
Ses sourcils se dressèrent, et Adrianna le dévisagea.
« Ça change tout. »
« En quoi ? Donnez-moi une raison. »
« …Ça change tout. Je n’ai pas l’intention d’aller jusqu’à organiser une cérémonie de fiançailles. »
Galahad fronça les sourcils devant la fermeté d’Adrianna.
S’il n’y avait pas de cérémonie de fiançailles, ce seraient des funérailles. Adrianna pourrait peut-être arranger les choses s’il le lui disait.
Mais il n’en avait pas spécialement envie.
« Je lui parlerai comme il faut. Vous n’avez pas à vous inquiéter pour Son Altesse. »
Le Grand-Duc ne se laisserait pas convaincre par Adrianna, même si elle lui parlait.
Au contraire, il risquait de lui arracher le cou et la bouche en même temps parce qu’elle parlait trop librement.
Galahad hocha la tête.
« Très bien. Je vous fais confiance. »
« Oui. »
Galahad sourit avec amertume à sa réponse laconique.
« Nous pourrions aller nous promener ? Je me sens ballonné après ce repas. »
« Quoi ? »
« Je suis un patient. J’ai besoin qu’on me soutienne. »
Les sourcils d’Adrianna tremblèrent.
« Alors, je vais vous demander de m’aider. »
« Ah… »
« Pff, l’épuisement de mana… »
Galahad glissa tranquillement son bras sous le sien. Les sourcils d’Adrianna frémirent.
Adrianna ne retira pas son bras.
Le château du Grand-Duc n’était pas l’endroit idéal pour une promenade. Des soldats et des chevaliers se trouvaient partout, et des regards les suivaient de toutes parts.
Pour leur échapper, ils se dirigèrent vers un endroit désert. Adrianna avançait raide comme si elle était cassée.
« Vous marchez un peu bizarrement. »
« … »
Adrianna ne répondit pas.
Ils finirent par atteindre le sommet du château.
L’odeur métallique et sourde d’une immense cloche chatouilla les narines de Galahad.
Des vents mordants, qui le glaçaient jusqu’aux os, soufflaient de toutes parts.
« Ah… »
Adrianna soupira doucement. Ses longs cheveux d’or fouettaient l’air sous le vent.
Elle gardait son expression impassible habituelle, mais semblait pourtant plus vivante.
*Elle aime les hauteurs.*
Galahad s’en souvint.
« C’est beau, n’est-ce pas ? »
Adrianna avait posé la question d’un ton légèrement enthousiaste.
Il regarda autour de lui. Une étendue blanche à perte de vue s’offrait à eux.
Le paysage enneigé, dans toutes les directions, ressemblait à un tableau grandiose. C’était vraiment beau.
Pour Galahad, qui mesurait tout à sa valeur, ce n’était jusque-là qu’une terre désolée et glaciale…
Galahad hocha la tête.
« C’est beau. »
Les cheveux d’Adrianna claquaient dans le vent. À travers leurs mèches, elle lui adressa un faible sourire.
Son sourire était un peu maladroit, comme si elle n’avait pas l’habitude de sourire.
Il n’en restait pas moins beau.
« Ce que vous avez dit tout à l’heure… »
« Que vous êtes belle ? »
« Quoi ? Ah, non, pas ça… »
Adrianna remua les lèvres un instant. Une légère inquiétude se lisait sur son visage.
Galahad ne la pressa pas. Sa main, qui avait machinalement cherché une cigarette, retomba.
Ce ne fut qu’après le temps qu’il aurait fallu pour fumer deux cigarettes qu’Adrianna prit la parole.
« Je parle du moment où vous m’avez demandé si les Démonides avaient un roi… »
Les paroles prudentes d’Adrianna firent écarquiller les yeux de Galahad.
Le Roi démon.
Ces mots firent battre son cœur à tout rompre. Le sang lui monta si violemment à la tête que sa vision vacilla un instant.
Galahad cherchait le Roi démon depuis longtemps.
Il en avait parlé encore et encore aux gens pour les préparer, mais leurs réponses étaient toujours négatives.
Même lorsqu’il leur exposait ses arguments avec logique, tous secouaient la tête.
Même son subordonné, qui le vénérait, et Premier claquaient de la langue dès qu’il évoquait le Roi démon.
Ils lui reprochaient de poursuivre un objectif aussi absurde.
Une personne l’avait écouté, mais elle avait fini par emprunter une autre voie.
Et voilà qu’Adrianna en parlait la première.
« Vous êtes trop près. »
« Veuillez m’excuser. Vous êtes simplement trop belle. »
« Oui, mais vous êtes trop près. »
Galahad recula d’un pas.
Adrianna toussota doucement avant de reprendre.
« Puisque le commandant Galahad me l’a demandé, j’y ai réfléchi sérieusement. Certains Démonides se comportent comme des nobles ; il pourrait donc aussi exister des Démonides qu’on appelle des rois. »
« Exactement. S’il y a des nobles, il doit forcément y avoir un roi ! Vous comprenez ! Enfin ! »
L’enthousiasme de Galahad surprit légèrement Adrianna. D’ordinaire, il ne laissait paraître aucune émotion.
Puis Galahad se rapprocha à grands pas.
« Le Roi démon existe. Et un jour, il précipitera le continent dans le gouffre de la destruction. »
« Vous êtes trop près… »
« J’ai beau l’avoir expliqué à tous ces idiots, ils ne voulaient rien entendre. Vous savez à quel point c’était frustrant ? »
« Trop près… »
« Mais vous, vous comprenez ! Enfin, j’ai trouvé… »
« …Vous êtes en danger ! »
Adrianna le repoussa vivement.
Galahad tomba à la renverse. Sous ses cheveux en bataille, ses yeux étaient bien trop clairs.
« Ah, je suis désolée. »
Adrianna s’excusa à la hâte et descendit l’escalier.
Le vent froid ramena Galahad à lui.
Quand il releva la tête, Adrianna avait déjà disparu.
*Adrianna a parlé du Roi démon.*
Galahad fit rouler cette phrase dans sa bouche comme un bonbon.
*Enfin…*
Jusque-là, les réactions au sujet du Roi démon avaient toujours été de deux sortes.
Le dédain et les moqueries. Même quand il expliquait son raisonnement avec logique, le résultat était toujours le même.
C’était pour cela que Galahad avait cessé d’évoquer le Roi démon.
*C’était bien le cas, mais…*
Adrianna avait prononcé « Roi démon » la première.
Elle avait même réagi favorablement.
C’était la première fois qu’il voyait une telle réaction.
*Pourquoi Adrianna, elle seule ?*
Toute chose avait une cause et une raison.
Galahad repassa en revue les réactions qu’il avait reçues jusque-là.
Même s’ils ne comprenaient pas ce qu’était le Roi démon, les gens auraient au moins pu faire semblant de l’écouter. Au lieu de quoi, tous rejetaient l’idée d’emblée.
Comme s’ils avaient été hypnotisés.
*Hypnotisés ? Et Adrianna, alors ?*
Adrianna avait réagi favorablement.
La différence entre elle et les autres sautait aux yeux.
*La nature d’Adrianna, qui brûle le mana ! Ah, c’était donc ça.*
Sa nature avait dû faire effet.
Si sa capacité à brûler le mana l’avait protégée, alors ce à quoi elle avait résisté devait être du mana ou de l’autorité.
*La magie ne peut pas produire un tel effet. Puisque cela concerne le Roi démon, il doit s’agir de l’autorité des Démonides.*
Les pensées de Galahad s’emballèrent.
*Cela bloque les pensées liées au Roi démon ? Sur tout le continent ? Même un Démonide de haut rang pourrait faire ça ?*
C’était un pouvoir incompréhensible.
Ce n’était clairement pas l’œuvre d’un simple Démonide de haut rang.
Si c’était possible, alors il s’agissait forcément d’autorité.
Quoi qu’il en soit, l’important, c’était…
*Le Roi démon existe. Et…*
Galahad repoussa ses cheveux en bataille.
Ses yeux pétillaient de rire.
* * *
« Vous allez bien ? »
Tom regarda Gilbert avec inquiétude.
Gilbert avait parié deux fois de suite son salaire en suivant Galahad, et il avait remporté une somme considérable.
Après avoir goûté au jeu, Gilbert avait misé toute sa fortune.
Puis il avait tout perdu.
Tom le connaissait bien et s’inquiétait pour lui, mais Gilbert était étonnamment calme.
« Un chevalier n’a besoin que de son épée. »
Il était si calme que Tom s’inquiéta davantage encore.
« Mon épée est plus légère. Ce n’était pas l’armure qui ralentissait mon bras. »
Gilbert sourit de toutes ses dents et tapota son épée.
Il annonça qu’il allait lui montrer, puis dégaina son épée.
« Regardez bien. »
Gilbert se mit à manier son épée, l’air grave.
Tom trouvait Gilbert plutôt taciturne, mais son talent était indéniable.
Gilbert était un chevalier assez célèbre pour que même un simple soldat de bas rang comme Tom le connaisse.
Son épée décrivait des mouvements lourds. Même Tom, qui n’y connaissait pas grand-chose, trouvait son escrime élégante.
*On dirait vraiment qu’elle va plus vite…*
Quand Gilbert s’arrêta enfin, Tom applaudit avec enthousiasme.
« Votre épée va vraiment plus vite ! Elle est aussi plus acérée qu’avant ! Comme on pouvait s’y attendre de Sir Gilbert ! »
« J’avais oublié que l’épée d’un chevalier était tout pour lui. »
Puisque Gilbert l’affirmait, Tom n’avait pas grand-chose à ajouter.
« Je n’ai pas perdu d’argent. J’ai acheté une précieuse prise de conscience. »
Gilbert avait le visage extrêmement grave.
*Il ne l’a pas perdue ?*
Tom avait beau en douter, il hocha tout de même la tête.
Gwen revint alors.
Contrairement à Gilbert, elle affichait un grand sourire.
« Gwen, il s’est passé quelque chose de bien ? »
« Ah, hum ! »
Gwen agita la bourse qu’elle tenait à la main. Les pièces tintèrent bruyamment.
La bourse était étonnamment lourde pour quelqu’un qui envoyait son salaire aux enfants dont elle s’occupait.
« Ils pariaient là-bas, alors je me suis jointe à eux ! »
« Quoi ? Vous avez parié sur un match nul ? »
« Oui ! Ils ont dit que c’était le pari qui rapportait le plus ! »
« Quoi ? »
« Pour gagner le plus d’argent, il faut parier sur l’issue qui rapporte le plus ! C’est évident, non ? »
Tom hocha la tête d’un air embarrassé, comme si elle ne comprenait pas pourquoi il lui posait la question.
Le match nul rapportait le plus, donc, évidemment, c’était celui qui pouvait faire gagner le plus d’argent.
Mais les gros gains impliquaient aussi de gros risques.
*Elle a parié sur un match nul parce qu’elle ne comprend pas le principe des cotes…*
Tom admira l’instinct de joueuse de Gwen.
« Aïe… »
Un bruit d’étranglement retentit à côté de lui. Gilbert fixait Gwen, les yeux écarquillés.
Tom intervint à la hâte.
« Alors, vous êtes riche, maintenant ! »
« C’est vrai ! Les enfants n’auront plus faim ! Hé hé… »
Gwen sourit en caressant sa bourse. Tout le monde savait déjà qu’elle s’occupait d’orphelins.
Gilbert toussota doucement devant la joie pure de Gwen. Il semblait un peu gêné.
« Il est dangereux pour des enfants de garder autant d’argent. Je vais vous présenter quelqu’un de confiance. »
La proposition était fort suspecte, et Tom se tourna précipitamment vers Gilbert.
« Quoi ? Quelqu’un de confiance ? »
« C’est un soldat d’ici qui s’appelle Burtman. Si je lui explique la situation, il gardera l’argent en sûreté. Il aime les enfants, alors il ne vous fera probablement rien payer. »
« Waouh ! Génial ! »
Tom poussa un discret soupir de soulagement. Une question lui vint alors à l’esprit.
La bourse de Gwen était moins remplie qu’il ne l’aurait cru.
« C’est moins d’argent que je ne pensais. Pourtant, beaucoup de gens avaient parié dessus. »
« Son Altesse a aussi parié sur un match nul ! Une somme énorme ! »
Son Altesse avait parié sur un match nul. L’avait-il prévu ?
Tom murmura la question à voix haute.
Gwen tendit alors la bourse à Gilbert. Celui-ci la prit et se mordit un instant la lèvre.
Puis il prit la parole avec prudence.
« Hum. Au jeu, les gagnants donnent une petite part aux perdants. »
« Un chien ? Comme c’est mignon ! »
« Non, pas un vrai chien… Laissez tomber. »
Gilbert soupira doucement et secoua la tête.
Tom étouffa un rire.
Soudain, il sentit que quelque chose clochait.
Il regarda autour de lui et demanda précipitamment :
« Où est Damian ? »
Damian était introuvable.
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