Chapitre 67
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 67 : Soutien
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« Dites-nous la vérité ! »
« Aïe… Aïe… ! Pourquoi vous me faites ça ?! »
Au rugissement du chevalier, Fren, l’assistant de Bunch à la Tour de magie blanche, tressaillit et recula.
« Sir Gilbert, je m’en occupe. »
Une superbe blonde arrêta le chevalier. Gilbert recula.
« Je suis Adrianna, commandante du Premier bataillon. »
Fren hocha la tête. Il connaissait déjà son nom.
On pouvait oublier le nom de ses parents, mais comment oublier celui d’une beauté pareille ?
« J’ai quelques questions au sujet de ce duel. »
« Oui ! Je répondrai à tout ! »
Fren hocha vivement la tête.
Parler avec une femme aussi belle faisait du bien.
« D’abord, un duel de mages peut-il se terminer par une égalité ? »
« Oui ! C’est extrêmement rare, mais si les deux mages épuisent leur mana en même temps, le duel est déclaré nul. »
« … Qu’est-ce que l’épuisement du mana ? »
« C’est quand on utilise jusqu’à la dernière goutte de mana ! Le mana est nécessaire à la survie, même en dehors de la magie, et utiliser jusqu’à cette dernière réserve, c’est ça, l’épuisement du mana ! »
Fren répondit sans la moindre hésitation. Discuter avec une si belle femme lui plaisait.
« L’épuisement du mana est-il fréquent ? »
« Non ! C’est une douleur si atroce qu’on parle de condamnation à mort pour un mage ! La plupart des gens préféreraient mourir plutôt que de subir ça, alors tout le monde fait attention. Ça n’arrive presque jamais ! »
Adrianna fixa Fren un instant.
Le duel avait opposé le Grand-Duc à la princesse. Truquer le résultat aurait été l’équivalent de piétiner leur honneur à tous les deux.
C’était un crime grave.
Adrianna déglutit, puis poursuivit son interrogatoire.
« Auraient-ils pu vouloir obtenir une égalité ? »
« … Pardon ? Qu’entendez-vous par… Ah, c’est vrai, vous êtes dans le Nord. Vous n’y connaissez rien en magie. »
Adrianna acquiesça sans protester. Elle n’y connaissait rien en magie.
« Un duel nul, ça arrive peut-être une fois sur mille. Disons que ça n’arrive pratiquement jamais. »
L’assurance de Fren troubla Adrianna.
« Et si quelqu’un voulait provoquer une égalité ? »
« Pour obtenir une égalité, il faudrait connaître précisément la quantité de mana de son adversaire, non ? Il faudrait aussi savoir combien de mana consomme chaque sort et avoir une sensibilité au mana exceptionnelle pour lancer ses sorts en fonction de ces calculs. »
Fren laissa échapper un grognement. Adrianna attendit sans insister.
« Bien sûr, ce serait peut-être possible si l’adversaire était un mage de très bas niveau. Mais lord Bunch est un mage de haut rang de la Tour de magie blanche. »
« C’est impressionnant ? »
« Quoi ?! Vous êtes sérieuse ? La Tour de magie blanche est l’une des quatre grandes Tours de magie ! »
À la question de Fren, Adrianna comprit à quel point elle ignorait tout de la magie.
« C’est absolument impossible. »
Fren s’exprimait avec fermeté.
« Si quelqu’un parvenait à provoquer une égalité de cette façon, ce serait une défaite totale. Mais ça n’arrivera jamais. »
Une défaite totale…
Adrianna murmura ces mots à voix basse.
« Même si c’était possible, quel fou accepterait volontairement d’épuiser son mana ? Il n’existe pas un seul mage qui ignore ce que ça implique. C’est pire que la mort. »
Fren s’étendit longuement sur les horreurs de l’épuisement du mana.
En effet…
On avait découvert que Galahad avait misé une jolie somme sur sa propre victoire. Même Gilbert, son subordonné de confiance, avait parié toute sa fortune.
Et un mage en avait témoigné…
Après un instant de réflexion, Adrianna écrivit « Aucun motif de soupçon » sur le document.
« Au moins, c’est une bonne chose que le duel se soit terminé par une égalité. »
Fren poussa un long soupir en prononçant ces mots.
« Une bonne chose ? »
« Oui. Ça a sauvé l’honneur du Grand-Duc et celui de la princesse. N’est-ce pas le meilleur résultat possible pour un échange amical ? »
Le meilleur…
Adrianna se répéta cette expression qui lui déplaisait.
Comme si quelqu’un l’avait voulu, le résultat était le meilleur possible.
Fren fut ensuite emmené pour être interrogé plus en détail.
À proximité, Gilbert déglutit. Une phrase de Fren continuait de le tracasser.
[Quel fou accepterait volontairement d’épuiser son mana…]
Fou. Y avait-il un mot qui convenait mieux à Galahad ?
Gilbert tapota sa poche vide.
Il ne lui restait qu’une épée.
Mais ce n’était pas grave.
L’Unité des opérations spéciales payait bien. Il n’avait qu’à regagner ce qu’il avait perdu.
« Où est le commandant Galahad ? »
La question d’Adrianna tira Gilbert de ses pensées.
« La princesse l’a emmené. »
« Je vois. »
Une question lui vint soudain à l’esprit.
Galahad avait fait partie des enjeux de ce duel.
Si la princesse gagnait, elle emmenait Galahad. Si elle perdait, elle en payait le prix et se retirait.
Mais si le duel s’était terminé par une égalité…
« Qu’adviendra-t-il de notre commandant ? »
La question de Gilbert fut accueillie par un silence.
« Cela dépendra du commandant Galahad. »
La réponse d’Adrianna rendit Gilbert étrangement nerveux.
Galahad était un homme indéchiffrable. Il pouvait très bien décider de suivre la princesse et disparaître du jour au lendemain.
« … Si le commandant Galahad part avec elle, qu’adviendra-t-il de l’Unité des opérations spéciales ? »
« Elle disparaîtra. C’est lui qui l’a créée. »
« Ah… Non. »
Gilbert marmonna dans sa barbe.
« Vous ne devriez pas aller le chercher, et vite ? »
« Où ça ? »
« Votre fiancé est avec une autre femme… Enfin, avec la princesse. Vous ne devriez pas y aller ? »
« Hmm. »
« S’il part avec elle, ce sera une perte pour les forces armées du Nord. »
« Une perte pour nos forces armées… Vous marquez un point. »
Adrianna était d’ordinaire particulièrement têtue. Gilbert pencha la tête, surpris qu’elle cède aussi facilement.
Mais ce n’était pas le moment de s’en étonner.
« Allons voir le commandant. Trois fois… Non, allons-y, c’est tout. »
* * *
[Ke… Kyaaaak !]
Le garçon regarda sans réagir le serviteur cracher du sang et mourir.
Le bol qui était tombé de la main du serviteur pendant qu’il crachait du sang contenait le petit-déjeuner du garçon.
Le poison lui était donc destiné.
Pas étonnant que le serviteur se soit tant efforcé de ne pas y toucher…
Le garçon essuya le sang sur son visage et repassa dans sa tête ce qui avait mal tourné.
On aurait dit que le surprendre en train de lire un livre avait éveillé leurs soupçons.
Après tout, le poinçon qui perçait la poche ne pouvait qu’être martelé jusqu’au fond.
À leurs yeux, le garçon était un fichu rival, un mendiant qui convoitait leur écuelle.
Pourtant, il ne pouvait pas quitter la maison.
Il n’avait que cinq ans.
Devoir se méfier du poison dans sa nourriture à cinq ans…
Quel monde cruel.
Le garçon essuya de nouveau le sang sur sa joue et appela un autre serviteur.
Les serviteurs étaient nombreux.
Tout comme les frères et sœurs du garçon.
La porte s’ouvrit alors, et une petite fille entra.
C’était une fillette aux cheveux noirs, plus jeune que le garçon, dont le visage promettait qu’elle deviendrait une sacrée beauté.
Pourtant, ses traits lui semblaient étrangement familiers.
Elle s’appelait…
La fillette se précipita vers lui. La distance entre eux se réduisit en un instant ; le garçon adopta une posture défensive. C’était une habitude qu’il avait prise pour survivre.
La fillette se mit à le presser contre la poitrine, encore et encore.
Comme pour lui dire de se réveiller…
Toi…
Ce n’est qu’alors que Galahad comprit qui était la fillette.
C’était cet œuf à deux sous.
Pourquoi ressemblait-elle à Adrianna… ? Et pourquoi avait-elle les cheveux noirs… ?
Puis il sentit quelqu’un le toucher.
Quand il ouvrit les yeux, il vit la princesse.
Elle était si près que son souffle chaud lui chatouillait la peau.
« Vous êtes tout humide. Allez pleurer ailleurs. »
« Vous êtes réveillé. Dieu merci. »
« Quel bordel de merde. »
Galahad marmonna à voix basse et vérifia d’abord son état.
Une douleur cuisante le lançait, comme si on lui avait enfoncé des aiguilles dans les veines. Le vide qu’il ressentait en lui était lui aussi difficile à décrire.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas épuisé mon mana.
Il avait souvent épuisé son mana en apprenant la magie par essais et erreurs.
La douleur semblait nouvelle à chaque fois. C’était presque aussi pénible que de tenir la main d’Adrianna.
Pourtant, il était en meilleur état qu’il ne l’aurait cru.
En temps normal, l’épuisement du mana l’empêchait d’en utiliser pendant une semaine. Sa réputation n’était pas exagérée.
Mais la douleur était moins forte qu’avant, et il percevait faiblement le mana.
Presse. Presse. L’Œuf de Douleur faisait sentir sa présence avec enthousiasme. On aurait dit qu’il avait fait quelque chose.
Il y avait quelque chose de désagréable…
En fronçant les sourcils, Galahad repoussa le visage de la princesse d’une main. Elle ne bougea pas.
Ce ne fut que lorsqu’il la fusilla du regard que la princesse se recula légèrement.
« Vous n’aviez pas besoin d’aller aussi loin. »
« C’était la meilleure solution, puisque quelqu’un a semé le trouble. »
Galahad fronça les sourcils en voyant ses vêtements défaits, puis se leva du lit.
« Restez dormir ici avant de partir. Le lit est moelleux. »
« Non, merci. »
« Je ne vous toucherai pas. »
« Ça me rassure énormément. »
Galahad désigna sa chemise à moitié déboutonnée.
« Je l’ai ouverte uniquement pour utiliser une potion. »
Au mot « potion », Galahad fronça les sourcils.
Les potions étaient des remèdes extrêmement coûteux fabriqués par l’Église. Elles étaient assez efficaces pour ne laisser aucune cicatrice quand on les versait sur une blessure, mais elles coûtaient une fortune.
« Les potions n’ont aucun effet sur l’épuisement du mana. »
« Je sais. »
« Alors pourquoi en avoir utilisé une ? »
« C’est bon pour la peau. »
Galahad fronça les sourcils devant la réponse assurée de la princesse.
Les potions coûtaient plus cher que des bijoux. En utiliser une parce que c’était bon pour la peau, c’était tout à fait le genre de chose qu’on pouvait attendre de la royauté.
Une main sur la tempe, Galahad fit le point sur la situation.
La princesse avait perdu son duel contre Adrianna.
Cela dit, son adversaire était Adrianna, le plus jeune Maître épéiste, et la défaite de la princesse avait été prononcée par disqualification parce qu’elle avait utilisé son aura. On pourrait sûrement se montrer indulgent avec elle.
Même des chevaliers rompus aux duels se trompaient parfois et utilisaient leur aura. Dans la capitale, une défaite due à l’aura pouvait même donner lieu à un nouveau duel. C’était un détail qu’on pouvait arranger.
Le concours dans son ensemble s’était terminé par une égalité, ce qui pouvait aussi passer pour une sorte de réussite.
« Vous avez plutôt bien géré la situation. Vous ne devriez donc pas avoir de problèmes à votre retour. »
Après avoir examiné la situation, Galahad regarda la princesse.
Ses yeux se plissèrent en un charmant croissant.
« Vous n’avez pas l’intention de venir avec moi ? »
« J’ai du travail dans le Nord. »
« C’est à cause de cette fille ? »
« Ce n’est pas “cette fille”. Elle s’appelle Adrianna. »
La princesse eut un petit rire.
Galahad la fixa en silence. Elle passa sa langue sur ses lèvres rouges.
« Hmm, devrais-je épouser le Grand-Duc ? On dirait qu’il n’a pas de femme. Ce ne serait pas mal, non ? L’intérêt pour le Nord ne cesse de grandir, après tout. »
À la question amusée de la princesse, Galahad réfléchit de nouveau.
Épouser le Grand-Duc ne serait certainement pas une mauvaise chose. Non, ce serait avantageux.
Galahad pourrait lui aussi agir beaucoup plus librement…
Mais il y avait un problème.
« Le Grand-Duc refusera. »
Il n’y avait eu qu’une seule femme dans la vie du Grand-Duc.
Même si le Nord avait perdu sa gloire d’antan, le Grand-Duc restait le Grand-Duc. D’innombrables personnes avaient tenté de nouer des liens avec lui.
Le Bureau du renseignement en faisait partie.
Malheureusement, le Grand-Duc ne s’était jamais laissé influencer.
« C’est dommage. »
« Le prince du Royaume de Barten est le meilleur choix. »
« Oui, mais j’ai une condition. »
« Je refuse. »
« Vous ne l’avez même pas entendue. »
« Vous voulez encore que je devienne votre amant, non ? »
La princesse secoua la tête. Galahad fronça les sourcils et porta une cigarette à sa bouche.
Une forte odeur de citron se répandit. La princesse fronça les sourcils.
Après un instant, elle prit la parole avec une prudence inhabituelle.
« Une fois par mois, non… Même une fois par saison, venez dans la capitale pour que je puisse vous voir. Je me sens vraiment étouffer. »
Sa voix trembla légèrement.
C’était une confession sincère, de la part d’une femme qui avait toujours fait preuve d’audace.
Pour n’importe qui d’autre, cela aurait pu ressembler à une supplication désespérée, mais…
Le visage de Galahad se déforma.
Il avait essayé de tenir bon, mais il avait atteint ses limites.
« Arrêtez de raconter vos conneries. »
Les yeux de la princesse s’abaissèrent sous l’insulte brutale.
« Vous m’avez abandonné pour vous sauver, et maintenant vous faites comme si vous m’étiez dévouée ? »
« Je ne vous ai jamais abandonné. J’ai seulement essayé de vous sauver. »
Galahad fronça les sourcils à sa réponse.
« Vous m’avez livrée à la Garde impériale sous l’accusation de trahison pour me sauver ? »
Galahad déboutonna la chemise qu’il s’était mis à fermer. Sous le tissu, on distinguait nettement d’épaisses cicatrices boursouflées.
Un tiers d’entre elles portaient la signature de la Garde impériale.
« Vous avez survécu grâce à ça, non ? »
Galahad eut un petit rire à la réponse de la princesse.
« J’étais le seul à avoir survécu. »
« Oui, vous avez survécu. C’est tout ce qui compte. »
Galahad fronça les sourcils devant ces paroles éhontées. Il faillit claquer des doigts.
Les agents du Bureau du renseignement opéraient généralement par paires.
Leur nombre variait selon l’importance de la mission et le tempérament des agents, mais une mission impériale était une mission de tout premier plan.
Ils étaient six à avoir agi ensemble.
La première équipe que Galahad avait formée.
Et la dernière.
« Je l’ai fait pour vous, Votre Altesse. »
« Je vous ai dit que je vous ouvrirais la bouche en deux si vous me vouvoyiez encore une fois. »
« Ah. »
La princesse ouvrit grand la bouche. Ce n’est qu’alors que Galahad parvint à reprendre son calme.
C’était une folle. Ça ne servait à rien de discuter avec elle.
Puis la princesse, le visage de nouveau impassible, ajouta :
« Le Roi démon n’existe pas. Tout le monde le dit, alors arrêtez de vous entêter et… »
Galahad ne put se retenir et claqua des doigts.
Une pointe de glace acérée se dressa contre la gorge de la princesse.
Une goutte de sang coula le long de son cou blanc et gracile.
La princesse poussa un léger soupir.
Le coin de la bouche de Galahad se tordit.
« Le Roi démon existe. C’est vous, les imbéciles, qui ne le savez pas. »
Retenant sa colère, Galahad fit pivoter son doigt.
La pointe de glace traça une longue entaille dans le mur. Le tissu épais se déchira et retomba en flottant.
« Vous êtes incroyablement têtu. »
La princesse porta la main à son cou.
Du sang rouge fleurit sur ses doigts comme une fleur.
Galahad inspira profondément sa cigarette.
Le parfum frais du citron l’aidait à garder son sang-froid.
S’il lui brisait le cou, la Garde impériale se lancerait à ses trousses.
La Garde impériale restait un adversaire qu’il ne pouvait pas affronter.
La princesse était également une carte utile.
En pesant le pour et le contre, la garder en vie était clairement plus avantageux.
Je dois garder mon calme…
Il ne pouvait pas tout gâcher sous le coup de l’émotion.
Galahad tapota sa cigarette pour en faire tomber la cendre et recula.
« La prochaine fois, je viendrai dans la capitale. Pour que vous puissiez me voir, comme vous le souhaitez. »
La princesse hocha la tête, l’air contrarié.
Il ne parvenait même pas à comprendre à quel point elle était brisée.
« Oui, ça ira. »
On frappa alors à la porte.
Toc, toc.
« C’est Adrianna. Je suis venue prendre des nouvelles du commandant Galahad. »
En cliquant de la langue, Galahad repoussa sa frange en bataille.
Après avoir remis ses vêtements en ordre et ouvert la porte, il découvrit Adrianna en armure complète.
Ses yeux s’écarquillèrent.
« Vous allez bien ? »
« Comme vous le voyez. Je vais parfaitement bien. »
« Ah… »
Les yeux d’Adrianna tremblèrent légèrement. Le Galahad qui s’y reflétait paraissait un peu fatigué.
« Parfaitement bien ? Savez-vous à quel point il a fallu s’occuper de vous ? »
Une voix douce venait de derrière lui.
La princesse était étendue sur le lit.
Quel goût douteux.
Ses intentions étaient évidentes.
Mais son interlocutrice était Adrianna.
« En effet… On m’a dit que l’épuisement du mana était dangereux. Je vais vous soutenir. »
« Je n’ai pas besoin d’autant de soutien. »
« Ce n’est pas grave. Je vais vous soutenir. »
D’un air sérieux, Adrianna s’avança vers lui. Elle le soutint avec précaution, ses mains gantées de fer posées sur lui.
La distance entre eux se réduisit d’un coup. Le contact froid de son armure le chatouilla.
Adrianna voulait seulement le soutenir, mais leur différence de taille donnait l’impression qu’elle le tenait dans ses bras.
Les yeux de la princesse se plissèrent en un charmant croissant.
Adrianna regarda la princesse…
« Merci d’avoir pris soin de notre commandant Galahad. »
Elle s’inclina profondément.
« … Notre ? »
La princesse laissa échapper un petit rire.
Adrianna soutint Galahad pendant qu’ils quittaient la pièce.
Lorsque la porte se referma, un rire perçant retentit à l’intérieur.
« Vous avez l’air de bonne humeur. »
Au murmure d’Adrianna, Galahad claqua doucement de la langue.
« Vous la nourrissez plutôt bien. »
« … Pardon ? La nourrir de quoi ? »
Galahad secoua la tête.
« Laissez tomber. Arrêtez de me toucher autant. À ce rythme, je vais m’user. »
« Pardon ? Je vous soutiens. »
« Oh, je suis déjà un peu usé. »
« Usé ? Qu’est-ce que… »
Troublée, Adrianna le lâcha.
Galahad eut un petit rire et remit ses vêtements en ordre.
« Ah, Son Altesse le Grand-Duc m’a demandé de vous amener, commandant Galahad. Il vous interrogera probablement sur le duel… »
« J’ai la tête qui tourne. Ça doit être un effet secondaire de l’épuisement du mana. »
« Pardon ? Vous venez de dire que vous alliez parfaitement bien… »
« Oh, je vais perdre connaissance et m’effondrer. J’ai besoin de soutien. »
Galahad se rapprocha d’elle.
Il venait de dire qu’il allait bien…
C’était vraiment un homme impossible à comprendre.
Et puis…
« … Ce n’est pas plutôt vous qui me prenez par le bras ? »
« Tout dépend du point de vue. Soutenir quelqu’un ou lui prendre le bras, c’est dans les deux cas partager son poids. Je trouve ça plus confortable. »
Son explication était étonnamment plausible, et il l’avait formulée avec un aplomb absolu.
« Ça vous déplaît ? »
À cette question posée calmement, Adrianna secoua la tête.
« Non. Ça me va. »
« Alors c’est réglé. »
Pour la première fois, Adrianna prêta attention à sa façon de marcher.
Ses pas lui semblaient étranges, pour une raison ou une autre.
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