Chapitre 57
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Ceaseless
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 57 : Plat principal
──────
« Héhé… »
« Pourquoi tu ris tout le temps d’une façon aussi flippante ? »
Citrouille demanda, l’air excédée par Premier.
Depuis un moment déjà, Premier se tenait au sommet du mur, gloussant bizarrement et reniflant bruyamment.
« C’est la tête qu’il fait quand il voit l’agent Galahad. »
Citrouille plissa les yeux et regarda dans la direction que fixait Premier.
Elle ne vit rien. Elle plissa davantage les yeux, mais ne vit toujours rien.
Alors, elle donna plusieurs petits coups à Premier. Comme il ne réagissait pas, elle lui asséna une légère tape derrière la tête.
Ce n’est qu’alors que Premier se retourna.
« Hum ? Un insecte s’est posé sur moi ? »
Elle l’avait frappé avec une certaine force, mais il croyait qu’un insecte l’avait touché. Un monstre restait un monstre.
Citrouille fit semblant de ne pas comprendre et demanda : « Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu ris comme ça ? »
« Ah, tu ne le vois pas. Héhé. »
« De quoi tu parles ? »
« Il a l’intention de me mettre à l’épreuve. Quel culot… »
Premier sourit en prononçant ces mots, tandis que Citrouille marmonnait une insulte à voix basse.
En voyant Premier agir comme s’il avait un grain, Citrouille comprit qu’il devait regarder Galahad. Mais qu’entendait-il par « mettre à l’épreuve » ?
« Ça doit être une épreuve sacrément difficile. »
Citrouille laissa légèrement rayonner son aura. Ce n’est qu’alors qu’elle aperçut quelque chose, tout petit, au loin.
C’était…
« …Des mages noirs ? »
Les mages noirs s’affairaient, comme s’ils s’apprêtaient à attaquer d’un instant à l’autre.
Une attaque de mages noirs ne posait pas vraiment problème.
La Société de magie noire avait déjà attaqué cet endroit par le passé.
Le problème, c’était l’homme qui se trouvait parmi eux.
« …Pourquoi Galahad est-il là-bas ? »
Le visage de Citrouille se décomposa à la vue de Galahad.
Si Galahad se trouvait parmi les ennemis, la situation changeait du tout au tout.
S’il fallait nommer la personne qu’elle souhaitait le moins avoir pour ennemi, ce serait naturellement Galahad.
Sa force au combat était une chose, mais Galahad se fichait des moyens employés.
Son calme et son obsession glaçante dépassaient la folie.
C’était la dernière personne avec laquelle elle voulait avoir affaire.
« Putain. Qu’est-ce que Galahad fout là-bas ? »
« Il veut me mettre à l’épreuve. »
« Je veux dire, quel genre d’épreuve ? »
« Comme je le pensais, tu ne comprends pas. »
Citrouille lâcha un « Putain ! » tandis que Premier affichait un large sourire.
Premier désigna Galahad du doigt.
« Ils sont trop loin pour attaquer, mais trop près pour cacher leur identité. Ça veut dire qu’ils n’ont pas l’intention de nous attaquer. S’ils l’avaient voulu, ils seraient déjà passés à l’action. Ce n’est pas le genre à attendre. »
Premier souffla bruyamment. Dégoûtée, Citrouille recula d’un pas.
« Alors pourquoi se tient-il à portée de ma vue ? Galahad doit savoir que j’ai une vue exceptionnelle. Il veut donc me faire comprendre quelque chose. »
Les muscles de Premier grincèrent comme s’ils respiraient.
Citrouille recula encore d’un pas.
« Parce que je suis le seul à pouvoir comprendre Galahad. »
« …Mon cul. »
Citrouille jura sans se retenir, mais Premier ne l’entendit pas.
« Si les mages noirs s’en prennent à cet endroit, c’est forcément à cause du Royaume démoniaque. Dans ce cas… »
Les lèvres de Premier s’étirèrent en un large sourire.
« Ah, je vois. Rival, je comprends tes intentions. »
Le visage de Premier se durcit. Il hocha lourdement la tête, son épais cou tendu.
« Mais qu’est-ce qu’il raconte, bordel ? »
Écœurée, Citrouille recula encore.
Puis Premier sauta légèrement du mur.
Boum.
Malgré la hauteur considérable du mur, le bruit fut faible.
Premier atterrit avec précision au milieu des soldats de garde.
« Hein ? Qu’est-ce que… »
Dès qu’un soldat tourna la tête, Premier eut un geste vif.
Crac.
La tête du soldat bascula légèrement sur le côté. Premier le rattrapa avant qu’il ne tombe, le cala contre lui, puis se remit aussitôt en mouvement.
Il ne lui fallut pas plus d’un souffle pour neutraliser quatre soldats.
Ils affichaient une expression paisible, comme s’ils n’avaient même pas senti la douleur.
« Il est devenu plus rapide. »
Citrouille ouvrit de grands yeux. Comme elle était restée avec Premier tout ce temps, elle le remarqua aussitôt.
Des questions lui brûlaient les lèvres, mais elle saisit son épée et sauta à son tour.
Premier avait beau avoir l’air d’avoir un grain, il ne foirait jamais une mission.
Quand elle atteignit le sol, Premier alimentait le feu de camp des soldats.
Citrouille ne prit pas la peine de lui demander ce qu’il faisait. Premier agissait sans s’expliquer.
Bientôt, il se dirigea vers la porte. Comme il sied au Nord, celle du Septième bataillon était gigantesque. Une odeur de rouille s’en dégageait, et sa surface était couverte de marques rugueuses laissées par les Monstres.
« Il y a une poulie de l’autre côté. Je vais passer par-dessus. »
« Pas besoin. »
Premier répondit brièvement et posa la main sur la porte.
Son dos était deux fois plus large que celui de n’importe qui.
Après avoir brièvement expiré, Premier se mit à pousser de toutes ses forces.
La neige sous ses pieds s’enfonça profondément.
Grincement.
Les muscles de son large dos gémirent.
L’aura déferla sur son dos.
Citrouille contempla, hébétée, cette scène absurde.
Alors…
Brrr.
Dans un grondement sourd, la porte se mit à bouger.
« C’est dingue. »
Il fallait deux bœufs pour ouvrir cette porte, et lui la faisait bouger à la seule force de ses bras.
Devant une telle absurdité, Citrouille poussa un souffle rauque, admiratif.
La porte finit par s’ouvrir complètement. Les deux bœufs endormis se réveillèrent en sursaut et poussèrent de petits mugissements en regardant Premier.
Premier s’épousseta les mains et sourit.
« Viens, rival. »
Au ton grave de Premier, Citrouille se massa les tempes.
« Il a oublié la mission ? »
Même Premier ne pouvait pas aller voir Galahad quand bon lui semblait.
S’il pouvait agir ainsi, c’était uniquement grâce à la mission.
Inquiète, Citrouille secoua la tête.
Premier n’oublierait jamais la mission.
* * *
« L-la porte s’est ouverte. »
Un mage noir annonça la nouvelle en bégayant.
Helcarton se tourna vers Galahad, stupéfait.
Les autres affichaient la même expression.
« Premier. »
Galahad porta une cigarette à ses lèvres tout en regardant la porte grande ouverte.
Sans même recevoir de lettre, Premier avait parfaitement compris ses intentions.
Comme prévu, il était utile.
« Le Chef de la Société… »
Cette fois, il devait capturer le Chef de la Société.
Un lien avec Aube, puis la prise de contrôle totale de la Société de magie noire…
Le Chef de la Société représentait un sacré paquet de récompenses.
Mais le Chef de la Société était assez rapide pour abandonner ses propres subordonnés et s’enfuir.
Cette fois, pourtant, il ne pourrait pas rester caché.
Son fidèle subordonné s’était rebellé alors que sa situation partait en vrille.
Un homme aussi prudent que lui viendrait certainement constater la situation de ses propres yeux.
« Il se cachera quelque part où il se sent en sécurité, évidemment. »
Galahad étendit son mana, mais ne trouva rien.
Le Chef de la Société était plus prudent que prévu.
Comment attraper quelqu’un comme ça ?
La réponse était simple.
Il lui fallait un appât auquel l’homme ne pourrait pas résister.
Cet appât, c’était le Royaume démoniaque, qu’ils appelaient le Sanctuaire.
Que penserait le Chef de la Société en voyant Helcarton traverser le Septième bataillon sans encombre, puis découvrir le Royaume démoniaque au-delà ?
« Il croira que la trahison était prévue depuis le début. »
Il était fort probable qu’il prenne pour mensonge le rapport annonçant la défaite du Septième bataillon.
Le Chef de la Société n’avait entendu que des rapports, bien à l’abri dans son fauteuil.
Et surtout, il ne pourrait pas nier la présence du Royaume démoniaque, visible de tous.
« Il va sortir de sa cachette. »
Galahad en était certain.
Et au centre de tout cela se trouvait…
« Helcarton. »
Galahad fixa Helcarton.
Le regard d’Helcarton était plus sinistre qu’auparavant. La stupeur s’y lisait.
« Ne vous avais-je pas dit de ne pas vous inquiéter pour le Septième bataillon ? Allons, préparez-vous tous ! Nous partons pour le Sanctuaire. Ah, avez-vous tous reçu la Sélection ? »
« Oui. Tous les membres du Conseil consultatif ont reçu la Sélection, et nous avons aussi des bâtons. »
Helcarton répondit d’un ton assuré.
Les mages noirs montrèrent leurs poignets. Les cercles magiques laissés par le Premier Mage y étaient gravés. Galahad hocha la tête.
« Alors, Chef de la Société, ouvrez la marche. »
À ces mots, Helcarton retroussa les lèvres.
Helcarton hocha profondément la tête et se retourna.
Sa silhouette, tandis qu’il se dirigeait vers la porte, avait presque quelque chose de noble. Galahad se fondit discrètement dans le groupe des mages noirs.
La porte était grande ouverte. Aucun soldat ne se trouvait aux alentours, comme s’ils étaient les bienvenus.
Helcarton secoua la tête, émerveillé, et accéléra le pas.
L’intérieur de la porte était tout aussi calme. Des bâtiments s’étaient effondrés çà et là, sans doute parce que les dégâts précédents n’avaient pas été réparés.
Helcarton ne quittait pas des yeux le Sanctuaire, au loin. L’obscurité qui ne perdait rien de sa présence, même en pleine nuit, ne pouvait être que le Sanctuaire.
Les mages noirs accélérèrent le pas. Leur excitation et leur impatience l’emportaient sur la peur.
Tout le reste mis à part…
« Hein ? »
Ils croisèrent alors le regard d’un soldat en patrouille. Le visage de celui-ci était plutôt sombre.
Helcarton et ses subordonnés agrippèrent aussitôt leurs bâtons, prêts au combat.
La tension monta d’un cran.
Alors…
« Celui que le Grand-Duc a reconnu ! »
Le soldat salua avec force. Son salut était si énergique qu’ils tressaillirent un instant.
Il s’adressait à un homme.
« Vous avez bien travaillé. »
L’homme accueillit le salut avec naturel.
« Ouvrir la porte ne suffisait pas, il faut maintenant qu’ils le saluent aussi ? »
Devant cette situation absurde, Helcarton ouvrit de grands yeux.
La Société de magie noire avait également rallié les commandants de compagnie du Septième bataillon.
C’était leur influence sur eux qui leur avait permis d’ouvrir le Royaume démoniaque à l’origine.
Ils y avaient consacré des sommes considérables et beaucoup d’efforts, mais n’avaient jamais obtenu une telle loyauté.
La loyauté des gens du Nord ne s’achetait pas avec une simple transaction.
Et pourtant, cette réaction…
« C’est bien Aube, après tout. »
Les yeux d’Helcarton brillèrent.
« Ne vous arrêtez pas. La nuit est courte. »
Au murmure de l’homme, Helcarton se remit en marche.
Ils arrivèrent bientôt devant le Sanctuaire.
« Le Sanctuaire… »
Impressionné par son apparence, Helcarton ouvrit la bouche, admiratif.
« Vous êtes déjà venu ici ? »
« Oui. »
Helcarton hocha la tête à la question de l’homme.
À la place du prudent Chef de la Société, Helcarton avait autrefois reçu une invitation d’Aube.
Là où il était arrivé en répondant à l’invitation d’Aube, il y avait un Sanctuaire semblable à celui-ci.
« …Même si celui-là était plus dense. Hein ? »
Helcarton fronça les sourcils en se rendant compte qu’il parlait.
« Eh bien, vous devez être fatigué. Entrons vite dans le Sanctuaire. »
L’homme tapota l’épaule d’Helcarton, qui acquiesça.
La porte qui menait au Sanctuaire était grande ouverte. À travers l’ouverture, il aperçut un chevalier massif à l’air suffisant et une beauté à couper le souffle.
Helcarton ne quittait pas le Sanctuaire des yeux.
« Allons, faites-vous plaisir autant que vous le voulez. »
Tous se dirigèrent vers le Sanctuaire, l’air hébété.
Tels des papillons attirés par la flamme.
Après s’être assuré que le dernier d’entre eux était entré, Galahad retroussa les lèvres.
« Fabriquer du mérite. Intéressant. »
Premier, qui s’était approché à un moment donné, marmonna d’une voix basse.
« Ah, ne leur faites pas de mal. Chacun d’eux est une main-d’œuvre précieuse. »
« De la main-d’œuvre ? Ces vermines ? »
Aux paroles moqueuses de Premier, Galahad fit tomber la cendre de sa cigarette et répondit.
« C’est si compliqué ? »
« Pas du tout. »
Le visage de Premier se durcit aussitôt.
Ses muscles grincèrent. Devant cette réponse claire et nette, Galahad retroussa les lèvres.
« Ah, le plat principal est pour moi. »
À ces mots, Premier releva un coin de la bouche.
« Je n’ai pas la mauvaise habitude de m’attribuer le mérite des autres. »
Premier rit de bon cœur et se glissa derrière les mages noirs.
Galahad fit tomber la cendre de sa cigarette en regardant vers l’arrière.
L’appât n’allait plus tarder à mordre.
* * *
« Hum. »
Le Chef de la Société, un vieil homme, observa au loin le Septième bataillon et réexamina la situation.
« Ils sont entrés sans combattre. »
La porte s’était ouverte d’elle-même, et Helcarton, à la tête du Conseil consultatif, était entré sans la moindre gêne.
La signification était évidente.
« En réalité, ça n’a jamais échoué. »
Les yeux du vieil homme brillèrent.
L’opération visant à ouvrir le Sanctuaire n’avait pas échoué.
Ils lui avaient manifestement transmis de fausses informations.
« C’était étrange, dès le départ, que le Sanctuaire soit resté ouvert. »
Si Adrianna était vraiment apparue et avait fait échouer l’opération, elle n’aurait jamais laissé le Sanctuaire intact.
Alors pourquoi avaient-ils annoncé qu’ils restauraient le Sanctuaire à présent ?
La réponse était évidente.
« Ils essaient de me faire sortir. »
Les rides du vieil homme se creusèrent.
Ils convoitaient clairement aussi le poste de Chef de la Société.
« Ils m’ont sous-estimé. »
L’air autour du vieil homme se refroidit d’un coup.
Les mages étaient toujours problématiques pour cette raison.
Ils ne pouvaient pas renoncer à leur avidité.
Mais il y avait une chose qu’ils n’avaient pas prise en compte.
Le vieil homme ne leur avait jamais fait confiance.
« Quelle absurdité. Vraiment, quelle absurdité… »
Le vieil homme réajusta sa prise sur son bâton.
Il était fait du bois d’un vieil arbre gigantesque.
Un objet rouge sombre était fixé à son extrémité. Au premier regard, il avait quelque chose d’extraordinaire.
Il brillait comme une pierre précieuse, mais ce n’était pas une Pierre magique.
C’était un œuf de Démonide de haut rang.
Aube lui avait donné le bâton.
Un œuf de Démonide de haut rang…
Qu’était donc un Démonide de haut rang ? Même les Démonides de rang inférieur les considéraient comme des êtres absolus.
À leurs yeux, les Démonides de haut rang n’étaient pas différents des dieux.
Au début, il n’y avait pas cru.
Il s’était dit qu’ils ne se sépareraient jamais d’un objet aussi précieux s’il s’agissait vraiment d’un œuf de Démonide de haut rang.
Ce doute s’était dissipé dès qu’il avait pris le bâton en main.
Le bâton dont il se servait auparavant était déjà d’une qualité exceptionnelle.
Pourtant, celui qu’Aube lui avait offert jouait dans une tout autre catégorie.
C’était un progrès. Une innovation.
Ce n’était pas de la magie, mais de l’autorité.
« Sa puissance augmente lorsqu’il absorbe du sang. »
La puissance qu’il avait révélée la première fois qu’il lui avait donné du sang l’avait frappé de stupeur.
L’œuf grossissait chaque fois qu’il absorbait du sang. Il était désormais aussi grand que le visage du vieil homme.
Il portait également le cercle magique originel laissé par le Premier Mage.
« Imbéciles. »
Le vieil homme examina la situation avec soin.
La porte était ouverte, et il ne voyait aucune troupe à l’intérieur.
Après s’en être assuré, il se mit en marche.
Ceux que la présence du vieil homme avait écrasés laissèrent enfin échapper leur souffle.
Leurs yeux étaient emplis de peur et d’admiration.
« Bande d’arrogants. »
Cette fois, je les remplacerai tous, jusqu’au dernier.
S’il donnait à l’œuf le sang de tous ces arrogants, il passerait certainement au stade supérieur.
Alors…
« Même Aube ne me fera plus peur. »
Les rides autour de la bouche du vieil homme se creusèrent encore.
Le château était si silencieux qu’on entendait même les respirations.
Le vieil homme avançait en réprimant avec peine l’envie qui montait en lui.
Il arriva devant le Sanctuaire, mais il n’y avait pas une seule troupe.
C’était exactement ce que prévoyait le plan initial.
Le plan consistait à prendre le contrôle total du Septième bataillon et à rassembler des troupes dans le Sanctuaire.
L’opération avait donc bel et bien réussi.
« Comment osent-ils me mentir… »
Une envie féroce s’éveilla en lui.
Le vieil homme fronça les sourcils et regarda sa main.
Les branches qui sortaient du bâton s’enfonçaient dans sa main, comme si le Chef de la Société et le bâton ne faisaient plus qu’un.
Des pulsions violentes déferlaient dans le bâton les unes après les autres, pareilles à des battements de cœur.
Un tintement résonna dans sa tête.
Sans même s’en rendre compte, le vieil homme se mit à courir vers le Sanctuaire.
Ses subordonnés le suivirent tant bien que mal.
« C’est chez moi. »
Ce ne fut qu’après être entré dans le Sanctuaire que le vieil homme reprit ses esprits.
L’œuf rouge sombre vibra doucement.
Une puissance écrasante parcourut le bâton.
« Voilà donc la puissance d’un Démonide de haut rang… »
Des racines jaillies du bâton remontèrent le long de sa main ridée et de son bras.
Alors…
« Tout le monde est entré. »
Une voix grave retentit derrière lui.
Un chevalier massif à l’air suffisant se tenait près de la porte.
Boum !
Comme s’il fermait la porte d’une pièce, le chevalier referma l’immense portail.
Les subordonnés du vieil homme reculèrent en titubant, stupéfaits par cette force colossale.
Le vieil homme fronça les sourcils.
Les premiers à être entrés étaient étendus tout autour du chevalier.
Ils venaient d’entrer, et pourtant, ils étaient déjà neutralisés.
« Pas mal. »
Le chevalier libéra alors son aura à pleine puissance. Des flammes y brûlaient comme si elles avaient été peintes, signe évident d’une magie de haut niveau.
Le vieil homme retroussa les lèvres en humant le parfum envoûtant.
Il ne pouvait résister à l’envie de dévorer le chevalier sur-le-champ.
« Vous avez bon œil. Mais le plat principal est déjà réservé. »
Le chevalier prononça ces étranges paroles et désigna un endroit.
« Qui ose donc… »
Le vieil homme tourna la tête, puis se figea.
Un homme se tenait derrière lui.
La cendre autour de cet homme était clairsemée, comme si elle l’évitait.
Ou peut-être le craignait-elle.
La braise de la cigarette qu’il tenait entre ses lèvres éclairait son visage.
C’était un homme à l’allure raffinée.
La façon dont il avait soigneusement rejeté ses cheveux en arrière semblait révéler sa personnalité.
L’homme fixait le vieil homme droit dans les yeux.
Son regard brillait d’une lueur glaciale.
Comme s’il contemplait un mets délicieux.
Son regard était si froid que le vieil homme en eut un mouvement de recul.
« Ridicule. »
Puis l’homme dégagea un parfum véritablement enivrant.
Le vieil homme ne pouvait résister à l’envie de le dévorer sur-le-champ.
Son corps trembla sous l’effet de cette pulsion violente.
Les racines enfoncées dans son bras se tordirent violemment.
La cendre tourbillonna derrière lui et prit forme.
De gigantesques ailes.
Tandis qu’il regardait le vieil homme libérer toute sa puissance, Galahad…
« Quel magnifique plat à base d’œuf. »
Il sourit, sincèrement satisfait.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>