Chapitre 56
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 56 : Contre-attaque
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« Aube. »
Galahad murmura doucement.
À l’origine, il comptait rallier Helcarton à sa cause par une manipulation mentale.
Ça avait même fonctionné sur les Démonides. Rien ne disait que ça ne marcherait pas ici.
Mais la situation avait changé.
Et de façon très avantageuse…
« Des Pierres magiques ? Nous avons rempli notre quota. »
Helcarton plissa légèrement les yeux.
*Un quota. Donc ils en fournissent une certaine quantité.*
Galahad acquiesça d’un léger signe de tête.
« Vous avez peut-être rempli le quota précédent. Mais ces derniers temps, vous avez tout fait foirer à plusieurs reprises, non ? Évidemment, le quota doit augmenter. »
Galahad claqua ouvertement la langue.
Le visage d’Helcarton se crispa.
« Nous avons utilisé nos propres réserves. »
Helcarton répondit d’une voix contenue à grand-peine.
Galahad sourit devant cette résistance bien dosée.
« Je sais. Mais est-ce que tout ce que vous possédez vous appartient vraiment ? Et le Nord, affaibli par vos échecs, alors ? Vous ne manquez pas de culot. »
« C’est… »
« Vous allez me dire que ça n’a pas d’importance ? Surveillez vos paroles. »
Helcarton rougit. Il se mordit la lèvre si fort qu’une fossette se creusa à côté. Son regard s’enflamma.
L’atmosphère devint hostile, mais…
« Hum. Votre expression est étrange. Vous avez quelque chose à redire ? »
Pour l’instant, Galahad était Aube.
Helcarton, lui, était la Société de magie noire.
Le rapport de force entre eux était évident.
Les lèvres d’Helcarton tressaillirent un instant, puis il força un sourire gêné.
« Non. »
« C’est bien ce que je pensais. Ah, vous m’avez fait peur, un instant. J’ai cru que vous étiez un fils de pute sans vergogne ni conscience, après avoir mis le Nord dans cet état. »
« Fils de… Ha. Hahaha. »
« La plupart des gens sont plus beaux quand ils sourient, mais vous, vous devenez encore plus effrayant. Évitez de sourire. »
Galahad tapota l’épaule d’Helcarton.
« Tss. Vous croyez que je vous demanderais d’augmenter le quota sans raison ? »
Les yeux d’Helcarton brillèrent faiblement.
« Le Sanctuaire est toujours ouvert, non ? »
« …Mais le Septième bataillon y est stationné. »
« Vous n’avez pas à vous en soucier. »
L’expression d’Helcarton se compliqua. Galahad l’observa en silence.
Les mages avaient toujours été des gens étranges. C’était l’attrait de la magie qui les rendait ainsi. La magie était plus puissante que tout le reste.
Ils avaient cessé de se contenter d’être des mages et avaient rejoint la Société de magie noire.
Leurs ambitions ne pouvaient pas être modestes.
Galahad se pencha et murmura à l’oreille d’Helcarton :
« Je crains que le Chef de la Société ne soit plus à la hauteur. »
Les yeux d’Helcarton s’écarquillèrent à en sembler prêts à éclater.
« Plus… à la hauteur ? »
« N’est-ce pas le cas ? Après tant d’échecs, quelqu’un doit en assumer la responsabilité. Vous ne trouvez pas ? »
Une lueur d’ambition brilla dans les yeux troubles d’Helcarton. Galahad sourit et épousseta son épaule.
« Qu’en pensez-vous ? »
Helcarton garda le silence. Galahad attendit sans le presser.
Helcarton baissa profondément la tête, puis la releva.
« Je vois. À vrai dire, j’envisageais de purger la Société de magie noire. »
« …La purger ? »
Helcarton dévisagea Galahad, l’air perplexe, comme s’il lui demandait : « Vous êtes venu seul, non ? »
Galahad sourit et claqua des doigts.
La tête de l’homme bedonnant, qui se débattait désespérément au sol, enfla comme un ballon.
Les gens à proximité s’exclamèrent et reculèrent.
Poc !
La tête gonflée de l’homme éclata. Du sang rouge éclaboussa les visages des personnes autour de lui.
C’était grâce au cercle magique que Galahad avait tracé à l’avance, mais ces idiots ne comprenaient déjà rien aux cercles magiques.
À leurs yeux, il avait simplement claqué des doigts et fait exploser la tête de quelqu’un.
« Qu’est-ce que… ! »
Les mages pointèrent leurs bâtons sur Galahad.
Sans leur prêter attention, Galahad fixa Helcarton en silence.
« Je pensais qu’il n’y aurait personne d’assez qualifié pour remplacer le Chef de la Société, mais… »
Un des subordonnés d’Helcarton venait d’avoir la tête qui explosait.
Pourtant, dans les yeux d’Helcarton, il n’y avait ni peur ni colère.
Seulement de la joie et de l’impatience.
« Il y avait donc bien quelqu’un à la hauteur. »
Une lueur de confiance brilla dans les yeux d’Helcarton.
La capacité de Galahad à faire éclater une tête d’un claquement de doigts et à déchiffrer le cercle magique du Dresseur de monstres n’étaient que des raisons secondaires.
Cette confiance reposait avant tout sur les désirs d’Helcarton.
La manipulation mentale était d’autant plus efficace dans ce genre de situation. C’était le même principe que le feu magique, plus puissant en présence d’huile.
« N’est-ce pas ? »
Galahad tapota l’épaule d’Helcarton et lui insuffla du mana.
Les yeux d’Helcarton brillèrent plus fort encore.
Le peu de raison qui lui restait s’envola, mais il ne sembla même pas s’en apercevoir.
Son désir de devenir Chef de la Société l’aveuglait.
Le silence s’attarda un instant. Les yeux d’Helcarton s’agitaient.
Lorsqu’il reprit enfin la parole, Galahad laissa échapper un petit rire.
« Le Chef de la Société est prudent. Il se méfie même de moi, son confident. Il y a aussi beaucoup trop de mesures défensives. Aller dans la grande salle de conférence est extrêmement dangereux. Et s’il remarque le moindre détail suspect, il s’enfuira à coup sûr, tout seul. C’est ce qu’il a fait dans la capitale aussi… »
Helcarton parla entre ses dents serrées.
« Dans la capitale aussi ? »
« Oui. Quand une certaine organisation a ébranlé la Société de magie noire, il s’est enfui seul. Il a dû préparer une voie de sortie. »
Galahad savait bien que la Société de magie noire excellait dans l’art de fuir.
Si Helcarton disait vrai, s’en prendre au Chef de la Société n’était pas vraiment une bonne idée.
« Même maintenant, alors que la Société est en pleine tourmente, il m’a envoyé à sa place au lieu d’agir lui-même. »
*Il y a du ressentiment, là-dessous.*
Galahad claqua la langue devant l’amertume d’Helcarton.
« Alors, il va falloir le faire sortir de sa cachette. »
« Il ne sortira jamais. »
Helcarton répondit d’un ton catégorique.
Galahad sourit.
« Rien n’est jamais impossible. »
Helcarton fronça les sourcils, sans comprendre.
« Ah, vous avez un moyen de communiquer avec le Chef de la Société ? »
« Oui. »
Helcarton sortit un objet rond. C’était une petite pierre enfermée dans une sorte d’écrin.
À première vue, l’objet semblait assez grossier, mais Galahad connaissait sa valeur.
Non, il ne pouvait pas l’ignorer.
« Un orbe de communication. »
En voir un ici…
Galahad poussa un léger soupir.
Un orbe de communication était un objet magique extrêmement précieux. Les matériaux nécessaires à sa fabrication suffisaient à expliquer son prix.
Le fait qu’Helcarton en possède un signifiait que…
*Ils ont de l’argent.*
Cela dit, Corton avait lui aussi donné à Galahad des Pierres magiques et des pièces d’or.
La Société de magie noire ne devait pas faire exception.
Surtout qu’elle exploitait une Mine de pierres magiques.
Le Nord manquait de bien des choses, mais surtout d’argent.
Les ignorants du Nord méprisaient la magie et ne connaissaient donc pas la valeur des Pierres magiques. Pourtant, les Mines de pierres magiques étaient le plus grand atout du Nord.
Si on les exploitait et distribuait correctement, les Pierres magiques amélioreraient à coup sûr les finances du Nord de plusieurs crans.
Les membres de la Société de magie noire feraient d’excellents employés pour bâtir les fondations financières du Nord.
*Et ils feront ça gratuitement…*
Se léchant les lèvres, Galahad toucha l’orbe de communication.
« Pour s’en servir… »
« Ah, je sais. »
Helcarton fronça les sourcils à la réponse de Galahad.
Les orbes de communication étaient si chers et si difficiles à utiliser que peu de gens s’en servaient. Leur mode d’emploi variait aussi d’un orbe à l’autre.
Comment Galahad pouvait-il prétendre savoir s’en servir ?
L’orbe de communication dans la main de Galahad se mit alors à vibrer doucement. Ses vibrations suivaient même un rythme régulier.
Helcarton lui-même trouvait les orbes de communication difficiles à manier.
Et pourtant, Galahad s’en servait avec une telle aisance…
*Il vient vraiment d’Aube.*
La confiance d’Helcarton grandit encore un peu.
* * *
Dans la caverne sombre connue sous le nom de grande salle de conférence, le Chef de la Société était assis en silence.
Ses pensées étaient aussi embrouillées que les rides autour de son nez.
La faute à cette série d’échecs récents.
*Des idiots…*
Ils n’étaient même pas capables de mener à bien une tâche aussi facile. Les jurons lui venaient naturellement aux lèvres.
Aucun ne lui donnait satisfaction.
Pas un seul n’était utile.
Mais un problème encore plus grave se posait.
*Ils nous ont dit de nous faire discrets quelque temps.*
C’était un ordre d’Aube.
*…Comment osent-ils !*
Les rides du vieil homme s’accentuèrent encore.
La Société de magie noire avait autrefois prospéré dans la capitale.
Et voilà que des gens dont il ignorait jusqu’à l’existence, à l’époque, se permettaient maintenant de donner des ordres…
*Tout ça à cause de ces salauds de cette organisation !*
Le vieil homme toussa violemment. Du sang jaillit de sa bouche.
À cause de ces gens qui avaient persécuté sans relâche la Société de magie noire, tout s’était effondré. Ils avaient dû abandonner leur époque glorieuse et fuir vers le Nord aride.
Pourtant, les cieux ne l’avaient peut-être pas abandonné. Après avoir découvert des Mines de pierres magiques dans le Nord, la Société avait commencé à renaître.
Puis un homme d’Aube était apparu.
Le Chef de la Société avait fondé la Société de magie noire.
Il vénérait l’ascension et n’avait jamais rien refusé si cela pouvait le rendre plus puissant.
C’était pour cela qu’il avait confiance en sa force.
Jusqu’à sa rencontre avec cet homme d’Aube.
[C’est tout ce que tu as ?]
Cet homme était un monstre.
Non…
Un Démonide.
L’écart de puissance était écrasant, au-delà de tout ce que le Chef de la Société avait connu.
Les ordres unilatéraux d’Aube blessaient tellement son orgueil qu’il en crachait du sang, mais…
*Il n’y a rien à faire.*
Le cou déjà lourd du Chef de la Société s’alourdit encore.
L’orbe de communication le plus proche de lui clignota.
Il appartenait à Helcarton, le plus utile de ses confidents.
Helcarton avait été envoyé auprès du cercle magique du Dresseur de monstres.
Dans le Nord, où les Monstres rôdaient comme des bêtes sauvages, le cercle magique du Dresseur de monstres avait une grande valeur.
Il ne voulait pas s’en séparer, mais…
*Je devrais lui dire de revenir.*
Il ne pouvait pas désobéir aux ordres d’Aube alors que sa situation était déjà aussi précaire.
L’orbe de communication se mit à vibrer, comme si l’on tapotait dessus. Le mage assis à côté traduisit les vibrations.
« Hic ! »
Après l’avoir déchiffré un moment, le mage eut un hoquet sonore. Son visage avait pâli en transcrivant le message, comme s’il était terrifié.
Cette réaction était étrange. Le Chef de la Société fronça les sourcils.
« Qu’y a-t-il ? »
« C-c’est que… J’ai bien écrit ce qu’il fallait… »
Le Chef de la Société plissa les yeux et frappa le sol de son bâton.
Des larmes de sang coulèrent des yeux du mage balbutiant. Il s’effondra sans même pousser un cri.
Un autre mage, assis un peu plus loin, trembla tandis qu’on prenait la place du mage effondré. Après avoir lu le message sur le papier, il se figea.
« Apportez-moi ça. »
Le Chef de la Société claqua la langue. Le mage sursauta, puis lui tendit respectueusement le papier.
*Qu’est-ce que ça peut bien dire… ?*
Le Chef de la Société marmonna en le lisant, puis se figea.
Le contenu dépassait de loin tout ce qu’il avait imaginé.
[C’est Helcarton. Un Chef de la Société vieux et malade ne sert plus à rien. À partir d’aujourd’hui, moi, le jeune sang neuf, je suis le Chef de la Société. Pour le prouver, je reprendrai le Sanctuaire.]
Le Chef de la Société relut le papier encore et encore.
*Qu’est-ce que c’est que ça… ?*
L’orbe de communication vibra de nouveau.
Visiblement, un seul envoi n’avait pas suffi.
Le Chef de la Société agita la main.
L’orbe de communication vola légèrement jusqu’à sa main.
Il en analysa soigneusement les vibrations.
Un instant plus tard…
L’orbe de communication se brisa.
C’était un objet coûteux, mais le Chef de la Société n’avait pas l’esprit à regretter sa perte.
Le message suivant était encore pire.
« Ce salaud doit vouloir mourir. »
Ce n’était pas simplement une question de colère.
S’il semait le trouble ici, le Chef de la Société désobéirait aux ordres d’Aube. C’était une question de survie.
Pour la première fois depuis longtemps, le Chef de la Société se leva.
Tous levèrent les yeux vers lui, surpris.
« Nous partons pour le Sanctuaire. »
Le Chef de la Société resserra sa prise sur son bâton.
Ce n’était pas une Pierre magique qui était sertie dans le bâton du Chef de la Société, mais un énorme œuf rouge sombre.
* * *
*… ?*
Huit pencha la tête.
Huit estimait comprendre mieux que la plupart des gens.
Il était particulièrement doué pour lire les situations.
C’était ce qui lui avait permis de survivre à Galahad, contrairement aux membres de la branche.
Huit savait bien évaluer les situations et prendre rapidement des décisions.
Du moins, c’était le cas…
*… Pourquoi ?*
Pour l’instant, Huit n’y comprenait plus rien.
Galahad observait le Septième bataillon de l’extérieur, aux côtés de la Société de magie noire. Ils avaient même pris des précautions minutieuses, comme s’ils allaient attaquer à tout moment.
* ? *
Huit pencha la tête de l’autre côté.
Galahad avait bel et bien protégé le Septième bataillon. Il y avait même gagné de l’influence.
Et maintenant, Galahad se tenait aux côtés de la Société de magie noire et se préparait à attaquer le Septième bataillon.
Et il s’y prenait…
« Ce ne sont que des commandants de compagnie fraîchement nommés. Inutile de vous intéresser aux autres. Le seul problème, c’est le commandant du Septième bataillon. »
Avec le plus grand sérieux.
Il indiquait même aux mages noirs quelles étaient les forces du Septième bataillon.
*… Pourquoi ?*
Huit pencha de nouveau la tête.
« Merde ! Arrête de bouger ! Tu me déconcentres ! »
Corton lança soudain d’un ton agacé.
Huit fronça les sourcils devant cette voix bourrue.
Huit détestait les idiots.
Huit détestait aussi les avides.
Corton était idiot et avide.
Huit n’avait donc aucune raison de l’aimer.
Huit voulait lui enfoncer une pointe de glace en plein visage, mais se retint de toutes ses forces.
Huit n’était pas assez stupide pour tout gâcher par simple émotion.
« Mais écoute. »
Corton s’adressa nonchalamment à Huit. Comme celui-ci ne réagissait pas, Corton haussa la voix.
« Mais ! É! Cou! Te ! »
Un instant, Huit fut si furieux qu’un sort lui monta aux lèvres.
Après s’être retenu de justesse et s’être retourné, Huit vit le visage tendu de Corton. La main qui serrait son bâton tremblait.
« Quoi ? »
Corton jeta des regards prudents autour de lui.
Puis il demanda à voix basse : « Galahad vient vraiment d’Aube ? »
« Aïe ! »
Huit ne put plus se retenir et frappa Corton sur la tête.
Ne pas utiliser de magie, c’était le maximum de patience dont Huit était capable.
« Aïe ! »
* * *
Galahad se retourna au cri de Corton et claqua la langue.
Huit et Corton s’étaient agrippés l’un à l’autre et échangeaient des coups de poing.
*Ils s’entendent mieux que je ne le pensais.*
Après tout, ils avaient quelques points communs.
Tous deux étaient aveuglés par leurs désirs.
*Ça doit être un trait propre aux mages.*
Galahad gloussa et examina la situation.
Les membres de la Société de magie noire se préparaient chacun à leur manière. Certains récitaient des incantations, d’autres rajustaient leur bâton. Leurs visages étaient déterminés.
Au-delà, très loin, se dressait le Septième bataillon.
Ils n’avaient pas encore réparé toutes les traces du raid précédent : les lieux étaient toujours délabrés et criblés de trous.
À première vue, tout semblait précaire, mais il y avait quelqu’un à l’intérieur.
Pour attirer le Chef de la Société, il fallait que la mise en scène soit convaincante.
Bien sûr, ça ne voulait pas dire qu’il pouvait sacrifier ses précieux mineurs.
Les deux camps devaient jouer leur rôle comme il fallait, tout en restant prudents.
Il aurait fallu discuter d’un plan détaillé, mais…
Galahad n’avait pas pris la peine d’envoyer une lettre pour l’expliquer.
Au loin, Premier se tenait au sommet du mur et lui adressait un grand sourire.
*Il est ravi.*
Galahad claqua la langue.
Un faucon blanc familier survola alors les lieux. Ses plumes luisaient comme si elles étaient huilées, et son regard était profond. Il était assez beau pour qu’on le dise, malgré son allure de faucon.
*Adrianna ?*
Le faucon se posa tout naturellement sur l’épaule de Galahad.
Galahad caressa l’oiseau, qui frottait sa tête contre lui, puis détacha la lettre nouée à sa patte.
[Je suis Adrianna, commandante du Premier bataillon. Tout va bien au Premier bataillon. Je m’interroge sur l’avancement du Camp d’entraînement du Royaume démoniaque confié au commandant de l’unité des opérations spéciales Galahad, en qui j’ai confiance. Bien sûr, le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque est un lieu confié au commandant de l’unité des opérations spéciales Galahad par le Grand-Duc. En tant que commandante du Premier bataillon, je n’ai pas le droit d’intervenir. Ce n’est pas que je ne te fasse pas confiance. Je t’écris au cas où tu aurais besoin d’aide. Adrianna, commandante du Premier bataillon.]
Son écriture était nette et élégante, comme il seyait parfaitement à Adrianna.
« Ah, quelqu’un aurait du papier et une plume ? »
« Oui ! »
Galahad emprunta une plume à un mage noir qui passait.
Les yeux du mage noir s’illuminèrent en lui tendant le papier et la plume.
« C’est rouge, non ? »
« C’est parce que c’est du sang… »
« Vous n’avez pas d’encre ? »
À la question de Galahad, les mages noirs s’empressèrent de bouger.
Ils lui apportèrent bientôt de l’encre digne de ce nom.
Galahad trempa profondément sa plume dans l’encre et griffonna sur le papier.
[Je protège admirablement le Septième bataillon, alors ne t’inquiète pas du tout. Toi et mon beau-père savez tous les deux à quel point je suis capable. C’est un jour où tes mains chaudes me manquent. Ton fiancé fiable. P.-S. : Ton écriture est plutôt mignonne.]
Galahad écrivit la lettre sans s’arrêter une seule fois, puis l’attacha à la patte du faucon.
Le faucon survola les mages noirs et disparut.
« Allez, préparez-vous ! Ce soir, le Sanctuaire sera à nous ! »
Les mages noirs répondirent au cri de Galahad d’une seule voix retentissante.
Galahad sourit, satisfait.
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