Chapitre 52
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 52 : Otage (2)
──────
« Bouge pas ! Ou je le poignarde ! »
L’homme grand et soigné lança cette menace en plaquant une épée froide contre la gorge d’un petit enfant.
L’enfant était maigre à faire peine, comme s’il n’avait pas mangé à sa faim depuis longtemps, et vacillait dangereusement sous cette poigne brutale.
Tout le monde se figea face à ce brusque retournement de situation.
« … ? »
Harold, Gourmet de première classe, cligna des yeux.
Alors, il était…
« En train de les menacer en prenant son propre compagnon en otage ? »
Harold fronça les sourcils, comprenant enfin la situation.
La femme accrochée à la jambe de l’homme sanglotait avec un désespoir trop grand pour être feint. Les larmes ruisselaient sur son visage tandis qu’elle le suppliait. Impossible que ce soit faux.
Et puis il y avait ce sourire affable du salaud qui tenait son épée contre la gorge de l’enfant décharné.
Ça ne ressemblait pas à une simple comédie.
Une question se posait donc.
« Mais pourquoi menacer les autres avec son propre compagnon ? »
Harold claqua la langue devant cet idiot qui menaçait les autres en prenant son compagnon en otage.
« Arrête. »
Le Démonide donna un ordre d’une voix grave.
Son visage se crispa légèrement.
« Qu’est-ce que vous entendez par “arrête” ? »
demanda Harold en réajustant sa prise sur son épée.
« Oui, arrête ! À moins que tu veuilles voir un trou apparaître dans la gorge de ce gamin ! »
L’homme cria en secouant le garçon. Harold fronça les sourcils.
« La sécurité de l’enfant passe avant tout. »
Le Démonide fit réellement un pas en arrière. Tous les Démonides affichaient la même expression, comme s’ils ne formaient qu’un seul être.
« Bonne idée ! Je suis un homme sans pitié ! »
L’homme secoua encore le garçon, tout excité.
« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel… ? »
Harold plissa les yeux en voyant les rôles s’inverser.
« Voilà pourquoi les Démonides… »
Leurs calculs étaient limpides. Pas la moindre faille, pas la moindre hésitation ni la moindre place pour un compromis.
Certes, les Gourmets étaient venus à la demande des Démonides, mais ce n’était pas leur seul motif.
Leur cible, c’était l’homme nommé Galahad.
Depuis que Galahad était arrivé dans le Nord, la région était en plein bouleversement.
Nombreux étaient ceux qui voulaient se débarrasser de lui. Les Gourmets en faisaient partie.
Surtout…
« C’est une demande de l’Aube. »
Harold eut la bouche sèche. Avoir accepté plusieurs demandes lui posait problème.
Qui aurait cru que les Démonides reculeraient brusquement ?
« Si on continue… »
Harold observa les Démonides.
Ils avaient toujours l’air impassibles.
Les Démonides obtempérèrent et reculèrent.
Si leur priorité était ce garçon…
« Il va falloir aussi se battre contre les Démonides. »
Le piège était parfait, sans aucune issue.
Et pourtant, il l’avait fait échouer d’un seul geste.
« Quel salaud impressionnant. »
Harold ne put s’empêcher d’admirer l’homme qui souriait, son épée toujours contre la gorge du garçon.
Mais…
« Tu crois qu’il va vraiment le poignarder ? Les humains ne sont pas comme les Démonides. Il pourrait vraiment poignarder un jeune garçon qui est son propre compagnon ? »
Harold le désigna du doigt en parlant.
Les Démonides tournèrent la tête.
Sous leurs regards, l’homme retroussa les lèvres.
« À votre avis ? »
Il fit tournoyer son épée.
La lame traça une ligne gracieuse dans les airs.
En temps normal, il n’aurait jamais poignardé l’enfant à la gorge. Il était jeune, maigre et c’était son compagnon.
Mais…
« Ah ! Non ! Je vous en prie ! »
Il y avait la femme qui le suppliait à ses côtés, l’homme qui la retenait avec un air accablé et le chevalier qui avait détourné la tête, comme s’il ne supportait pas de regarder.
« … Pourquoi ai-je l’impression qu’il le ferait vraiment ? »
« La sécurité de l’enfant passe avant tout. Nous ne prendrons pas ce risque. »
Le Démonide parla fermement, toujours sans la moindre expression.
Harold se mordit un instant la lèvre, puis acquiesça.
Ça compliquerait les choses, mais…
« D’abord, débarrassons-nous des Démonides. »
Il n’avait aucune raison de s’en prendre aussi aux Démonides.
Harold fit un signe aux Gourmets. Leurs visages se remplirent d’irritation. Rien n’était plus humiliant que de battre en retraite alors qu’on avait de la viande juste sous le nez.
Alors…
« Oh ? Ils ont l’air sacrément sinistres ! On dirait qu’ils se disent : “Débarrassons-nous de ces Démonides gênants, attendons une bonne occasion et prenons-les par surprise !” On dirait aussi qu’ils se disent : “Puisque la mission a échoué, éliminons aussi le gamin !” »
L’homme se mit à débiter des inepties.
« Et les Gourmets ne lâchent jamais une proie qu’ils ont repérée. Pas vrai ? »
Il parlait comme s’il connaissait bien les Gourmets.
Harold déglutit en entendant cette voix détendue, qui ne collait pas du tout à la situation.
Les Démonides se tournèrent vers lui.
« … C’est faux. »
« Hmm, regardez-moi ces yeux qui tressaillent. Les yeux des humains tressaillent quand ils mentent. Vous mentez. »
À force de l’entendre insister, le Démonide moustachu dégaina son épée.
La lame du Démonide ne pointait pas vers lui, mais vers les Gourmets.
« Espèce de fils de pute. »
Harold cracha l’insulte.
Il n’était plus question de reculer.
Les Démonides et les Gourmets s’affrontèrent.
* * *
« … ? »
Tom avait du mal à suivre ce qui se passait.
Quand ils étaient sortis pour tendre leur embuscade, les Démonides les avaient encerclés. Puis ces gens étranges étaient apparus.
Alors qu’ils étaient au bord de la mort, Galahad avait soudain plaqué une épée contre la gorge de Damian…
Puis les gens qui les entouraient s’étaient mis à se battre entre eux.
« Cet homme manie plutôt bien l’épée. »
« Je vois. On dirait qu’il a appris auprès d’un chevalier prometteur de la capitale. »
Gilbert et Galahad commentaient tranquillement le combat.
« Damian ! Damian ! »
« Gwen, reprenez-vous. Vous êtes mage, à présent. Vous ne pouvez pas vous laisser aussi facilement influencer mentalement. »
« Hein ? Ah ?! »
Galahad claqua des doigts et Gwen cligna des yeux. Les larmes qui coulaient sur son visage s’arrêtèrent. Son expression douce ne tarda pas à revenir.
Quand Galahad avait récupéré Damian, il avait légèrement touché la tête de Gwen. Il avait dû faire quelque chose à ce moment-là.
Des cris et des hurlements retentissaient de toutes parts. Les gens qu’on appelait les Gourmets affrontaient les Démonides avec des armes variées.
« Ils se battent bien. »
Galahad commenta d’un ton détendu, comme si cela ne le concernait pas.
« De l’aura ? C’étaient des chevaliers ? »
Les gens qu’on appelait les Gourmets dégageaient chacun une aura différente. Gilbert les désigna du doigt en posant sa question.
« À vrai dire, ce sont des chevaliers ratés. »
« … Ratés ? »
« Dans la capitale, on produit des chevaliers en série. Le processus donne aussi des produits défectueux. Comme eux. »
La réponse désinvolte de Galahad fit froncer les sourcils à Gilbert. L’idée qu’on produise des chevaliers en série semblait l’offenser.
« On peut produire des chevaliers en série ? »
« Ce sont des chevaliers cultivés. Même les réussites sont plus faibles que les chevaliers nés naturellement, et ils ne peuvent pas progresser davantage. Ils restent quand même plus forts que de simples soldats. »
« Mais à quoi peuvent-ils bien servir ? »
« À tout. »
À cet instant, un long cri retentit. Il venait du Démonide moustachu.
Le Démonide moustachu se déchaînait comme un loup au milieu des moutons. Mais les Gourmets ne se laissaient pas faire.
Ils pressaient le Démonide moustachu de toutes parts, comme s’ils chassaient une bête sauvage. Attaques et contre-attaques s’enchaînaient à toute vitesse.
Le Démonide était plus fort, mais les Gourmets étaient plus nombreux. Le rapport de force était assez équilibré.
« Tout le monde, tenez-vous prêts. »
« Hein ? Prêts à quoi ? »
« Ils vont bientôt s’en rendre compte. »
« Se rendre compte de quoi ? »
« Que je ne suis pas si cruel, après tout. »
Galahad plissa les yeux.
Tom hocha la tête et se détendit. Gwen articula une incantation. Gilbert prit une longue inspiration et réajusta sa prise sur son épée.
Alors…
Fouu !
« Oh. »
Au son aigu, Galahad claqua des doigts.
Tchac ! Une flèche pointue qui visait Damian heurta quelque chose et tomba.
« Vous avez vu ça ? Quel genre d’otage a quelqu’un qui pare les flèches à sa place ?! »
L’un des Gourmets cria en brandissant une arbalète.
Le combat s’arrêta.
Tous les regards se tournèrent vers Galahad.
« Vous nous avez trompés. »
Le Démonide moustachu parla d’une voix indifférente.
« Oh, vous avez compris. Tiens, Gwen, rattrape-le. »
Galahad lança légèrement Damian en arrière. La gorge de Damian, jusque-là cachée par l’épée, était intacte. Pas même une égratignure.
« Une ruse pitoyable… »
Le Démonide moustachu fronça les sourcils et leva son épée.
« Ne m’en voulez pas. C’est vous qui êtes idiots d’avoir voulu négocier avec un preneur d’otages. »
Sans hésiter, Galahad claqua des doigts.
Quelque chose fila sans un bruit, et un Gourmet s’effondra.
« Cette magie… Vous… ! »
Le plus grand des Gourmets cria, stupéfait.
« Comment va ce Gourmet chauve ? Il ne doit plus rien pouvoir goûter maintenant qu’on lui a arraché la langue. »
Galahad glissa tranquillement une cigarette entre ses lèvres.
« Bon, coopérons tous et protégeons Damian. »
À ces mots calmes de Galahad…
« Boule de feu explosive ! »
Gwen cria plus fort que jamais.
Une boule de feu, plus grosse que d’habitude, fila vers l’avant. Un Gourmet maigre tenta de la trancher avec son épée chargée d’aura.
La boule de feu explosa avec violence. Des flammes furieuses engloutirent les environs en un instant.
« Aaaah ! »
Ce cri atroce donna le signal.
« J’en ai fait bon usage. C’est une excellente épée. »
Galahad sourit et tendit d’un geste fluide l’épée à Tom.
« Protégez Damian. »
Tom prit l’épée et hocha fermement la tête.
* * *
« Ils ont compris plus vite que prévu. »
Galahad claqua la langue en sortant une cigarette.
Leur nombre avait un peu diminué pendant qu’ils se battaient entre eux, mais pas autant qu’il l’avait espéré.
Galahad élabora un autre plan et refit ses calculs.
Une fois terminé, il hocha la tête.
« Sir Gilbert, capturez ce magnifique Démonide moustachu. Je vais vous faire gagner du temps. »
« Oui. »
À la réponse brève de Gilbert, Galahad eut un petit rire et claqua des doigts.
Un Pieu de glace fila vers l’avant.
Il faisait trop sombre pour bien voir, mais un Gourmet détourna son épée et le bloqua. Il était plutôt doué.
Crac ! Le Gourmet qui avait tranché le Pieu de glace retroussa les lèvres dans un rictus méprisant.
Galahad lui rendit son sourire.
Puis quelque chose se planta dans le cou du Gourmet.
« Ghh… »
Le Gourmet émit un gargouillement étranglé et tomba en arrière. C’était un Pieu de glace.
Comment… ?
La stupeur emplit les yeux du Gourmet.
« On a deux mains. »
Galahad sourit en agitant la main gauche.
Il tira une longue bouffée de sa cigarette et balaya les environs du regard.
Ceux qui s’étaient battus quelques instants plus tôt s’étaient apparemment réconciliés, puisqu’ils avançaient maintenant ensemble.
« Quels traîtres. »
Galahad claqua la langue et claqua de nouveau des doigts.
Un autre Pieu de glace fila vers l’avant.
Cette fois, l’adversaire le frappa brièvement avec une hache chargée d’aura. Il devait se méfier d’un second Pieu de glace. Il apprenait vite, c’était certain.
Comme prévu…
La hache chargée d’aura abattit le Pieu de glace. Mais comme le Gourmet s’était préparé à un deuxième projectile, il ne mit pas beaucoup de force dans son coup.
Malheureusement pour lui, cette fois, il n’y avait qu’un seul Pieu de glace.
Il était d’autant plus épais.
Et il frappait avec deux fois plus de force.
La hache fut repoussée et le visage du Gourmet se figea de stupeur. Le Pieu de glace, après avoir écarté la hache chargée d’aura, se planta dans son ventre.
« Ghh… »
Seul un faible gémissement échappa au Gourmet.
Un vent glacial ébouriffa les cheveux de Galahad.
L’Œuf de la douleur battit violemment.
Puis les Gourmets se mirent en formation. Un à l’avant, deux derrière le premier, puis trois autres derrière eux.
Celui de devant devait d’abord bloquer l’attaque, tandis que ceux de derrière se relayaient pour arrêter les sorts.
C’était une formation conçue à l’origine pour affronter des groupes de mages.
Ils avaient l’air d’avoir tenu compte de la vitesse à laquelle Galahad pouvait lancer ses sorts.
« Ils sont plutôt doués. »
Ce n’était pas pour rien qu’on les appelait des chasseurs de mages.
Un mage ordinaire aurait eu du mal contre eux.
Malheureusement…
Galahad n’était pas un mage ordinaire.
« Ça devrait être amusant. »
Galahad claqua des doigts.
Des étincelles jaillirent à répétition entre eux.
Crépite, crépite.
Dans ce crépitement vif, les étincelles grossirent en un instant.
En un battement de cils, une splendide fleur de foudre s’épanouit.
« Voyons si vous pouvez aussi trancher la foudre. »
Galahad murmura sa plaisanterie et claqua des doigts.
La splendide fleur de foudre s’épanouit au bout de ses doigts.
Des éclairs s’étirèrent dans la nuit noire, poussant comme les branches d’une fleur.
Même en voyant la fleur de foudre s’approcher, les Gourmets ne cessèrent pas d’avancer.
Le Gourmet en tête déploya son aura et brandit bravement son épée.
La foudre épanouie leur jaunissait le visage. Ils affichaient une confiance absolue.
Cette confiance venait de l’aura qui imprégnait leurs épées.
L’aura était faite pour trancher la magie.
Rien ne résistait à la conviction.
Mais il y avait un petit problème.
D’abord, ils étaient des chevaliers cultivés, et non des chevaliers nés naturellement. On leur avait inculqué leur conviction.
Une conviction inculquée ne pouvait pas s’enraciner profondément.
Ensuite, comme je l’ai déjà dit, Galahad n’était pas un mage ordinaire.
Boum !
« Ça va, calme-toi. »
Galahad claqua la langue en sentant l’Œuf de la douleur l’exhorter à agir.
Alors l’épée chargée d’aura trancha net la foudre. La joie se peignit sur le visage du Gourmet en tête.
C’était ridicule.
« Épanouis-toi. »
Galahad murmura doucement.
La foudre tranchée se dispersa en gerbes violentes.
Les branches de la fleur de foudre se ramifièrent en centaines de filaments qui jaillirent dans toutes les directions.
La foudre qui s’épanouissait avec éclat n’était que désespoir.
Le groupe de Gourmets qui fonçait en avant s’arrêta net. Les éclairs qui n’avaient pas été dépensés fouettaient furieusement derrière eux.
Des fragments de foudre jaillirent de leurs corps et illuminèrent les environs.
La stupeur se peignit sur les visages des Gourmets.
Dans le silence…
« Haa… Ça fait du bien. »
Galahad repoussa ses cheveux en arrière, satisfait.
Son regard suivit Gilbert.
Non, plus précisément…
« Le Démonide moustachu. »
Il observa le Démonide moustachu échanger des coups avec Gilbert.
* * *
« Quoi… ? »
Bell Urthang, le Démonide moustachu, fronça les sourcils.
Gilbert avait été l’un des proches chevaliers d’Adrianna. Urthang savait que c’était un chevalier remarquable.
C’était pour cette raison qu’Urthang avait préparé sept hommes.
Sept hommes devraient suffire à s’occuper de lui.
Mais les choses avaient étrangement tourné, et il ne lui restait plus que cinq hommes.
Cinq devraient encore suffire.
Si Urthang en avait préparé sept dès le départ, c’était à cause de Galahad.
Et pourtant…
« Pourquoi ça ne marche pas ? »
marmonna Bell Urthang en retirant son épée.
Même à présent, la force d’Urthang dépassait l’aura de Gilbert.
Alors pourquoi…
« Chevalier Gilbert ! »
Urthang ne comprenait pas pourquoi il était repoussé.
L’autorité de Bell Urthang était supérieure à l’aura de Gilbert. En plus, le style d’épée de Bell Urthang était orthodoxe.
Urthang aurait dû remporter ce combat.
Pourtant, Gilbert refusait de tomber.
La raison était…
« Son épée est plus rapide que la mienne. »
L’épée de Gilbert était légèrement plus rapide. Bell Urthang ne comprenait pas.
Comment l’épée de cet homme pouvait-elle être plus rapide que la sienne ?
Ils échangèrent des coups à toute allure.
Alors…
Le bras droit de Bell Urthang s’envola dans les airs. Son sang gicla en un long arc. Son épée roula sur le sol.
« Quelle déception. »
Gilbert pointa son épée vers le cou d’Urthang. Lui non plus n’était pas en bon état. Il s’était jeté dans la mêlée sans réfléchir, et son armure était entaillée en plusieurs endroits.
Mais ses yeux brûlaient toujours d’un vif éclat.
« Pourquoi votre épée est-elle plus rapide ? »
À la question d’Urthang, Gilbert inclina son épée.
« Vous êtes un chevalier intelligent. C’est pour ça que votre épée est lente. »
Intelligent, donc son épée était lente ?
Alors, si l’épée de Gilbert était rapide, c’était parce que…
« Vous voulez dire que votre épée est rapide parce que vous êtes stupide ? »
« Quoi ? Espèce de salaud ! »
Bell Urthang fronça les sourcils devant Gilbert, qui criait de colère.
N’était-ce pas exactement ce que Gilbert venait de dire ?
Une violente explosion retentit alors. Un souffle brûlant effleura la joue d’Urthang.
En tournant la tête, il vit les Gourmets battre en retraite. Galahad fonçait à travers eux, en piteux état. Ses cheveux soigneusement rejetés en arrière étaient complètement ébouriffés.
« Sir Gilbert, pourriez-vous me prêter ça un instant ? J’en ai besoin de toute urgence. »
Galahad parla en repoussant ses cheveux. Derrière lui, les Gourmets et les hommes d’Urthang accouraient vers eux. Leur nombre avait considérablement diminué, mais les hommes d’Urthang étaient toujours plus nombreux.
La victoire était du côté d’Urthang.
« Oui, le voilà. »
Gilbert lui remit Urthang. Ce dernier fronça les sourcils, vexé d’être traité comme un objet.
Galahad saisit alors brutalement Urthang à la gorge.
Sa poigne était si puissante qu’Urthang fut aussitôt coupé dans sa respiration.
« Qu’est-ce que… »
Galahad souleva Urthang dans les airs.
Alors…
« Bon, on a déjà fait ça une fois, alors je compte sur vous pour comprendre vite. Un seul geste et la tête de cet homme explose. »
Il proféra la même menace polie.
À la vue d’Urthang suspendu à la poigne de Galahad, ceux qui approchaient s’arrêtèrent net.
Plusieurs froncèrent les sourcils. D’autres réajustèrent leur prise sur leurs armes.
« Il nous a déjà fait le même coup ! Continuez d’avancer ! »
Quelqu’un cria sèchement.
« Ah, oui. »
Galahad murmura ces mots et saisit Urthang par l’épaule gauche.
Quand Galahad la tapota légèrement du doigt…
« Quoi… ? »
Des flammes jaillirent violemment de l’épaule gauche d’Urthang.
Elles étaient si féroces qu’elles repoussèrent toute l’obscurité alentour. Tout le monde s’immobilisa.
Dans le silence pesant…
« Ah, cette fois, c’est vrai. »
Galahad ajouta cela d’un ton désinvolte et claqua des doigts.
Le bras carbonisé d’Urthang roula sur le sol.
« Qu’est-ce que c’est que ça… ? »
Urthang fronça les sourcils.
Puis Galahad l’attira à lui.
Il le ramena juste devant lui, comme s’il l’examinait.
Les yeux assombris, il demanda :
« Alors ? Vous trouvez encore que c’est une blague ? »
Sa voix n’avait pas la moindre trace de rire.
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