Chapitre 46
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 46 : Celui que le Grand-Duc a reconnu
──────
Huit resta prosterné en silence.
Galahad se tenait devant lui, une cigarette aux lèvres.
Huit ne prit pas la parole le premier et attendit sans un mot.
Enfin, comme s’il avait terminé de réfléchir, Galahad parla.
« Peux-tu contacter Aube ? »
« Aube prend toujours l’initiative. Nous ne pouvons pas les contacter les premiers. »
« Hum. »
Huit déglutit péniblement au son grave de sa voix.
« Et le Chef de la Société de magie noire ? »
« … Le Chef de la Société de magie noire a probablement des liens avec Aube. Mais il ne se montrera pas en personne. »
« Je vois. Va à la succursale du Cinquième bataillon. Donne mon nom à Corton, ça devrait suffire. »
« Oui. »
Huit acquiesça, puis une question lui vint soudain à l’esprit.
Comment sait-il qui est le directeur adjoint de la succursale du Cinquième bataillon ?
Non. À la façon dont il en parlait, ils n’étaient pas de simples connaissances. On aurait dit que Corton était à ses ordres.
Il n’était dans le Nord que depuis peu, et pourtant déjà… Huit ravala la question qui lui brûlait les lèvres.
« Voici un cercle magique de Dresseur de monstres que j’ai remanié. Il sera plus efficace que celui que tu utilises. »
Galahad lui tendit quelque chose. C’était un parchemin couvert d’un cercle magique détaillé, avec des annotations et des explications.
Non, comment connaît-il un cercle magique de Dresseur de monstres… ?
Une autre question surgit dans l’esprit de Huit, mais il la ravala encore. Mieux valait en dire le moins possible devant cet homme.
« Oui. »
« Montre ça aux supérieurs, et ils te contacteront. Le Chef de la Société de magie noire doit commencer à désespérer, lui aussi. Tu ne crois pas ? »
Huit hocha de nouveau la tête.
Il avait raison. La Société de magie noire avait énormément investi dans le Septième bataillon.
Non, elle y avait investi une fortune.
Et pourtant, leur opération avait été déjouée avec une facilité déconcertante. La Société de magie noire devait être sous le choc.
Ce ne serait pas suffisant pour la faire tomber, mais…
« Ils ne peuvent pas renoncer au Royaume démoniaque. »
Huit laissa échapper un léger soupir aux paroles de Galahad.
C’est pour ça qu’il a laissé le Royaume démoniaque intact.
Huit s’était demandé pourquoi Galahad avait délibérément laissé le Royaume démoniaque en place. Ce n’est que maintenant qu’il comprenait.
Refermer le Royaume démoniaque serait plus difficile que de l’ouvrir, mais Huit ne pensait pas que Galahad en serait incapable.
Il s’était demandé pourquoi Galahad ne l’avait pas refermé, mais…
C’était un appât pour le Chef de la Société de magie noire.
Si le Royaume démoniaque avait été complètement refermé, le Chef de la Société de magie noire se serait caché.
Un homme aussi prudent aurait disparu encore plus profondément dans l’ombre.
Le plan avait échoué, mais le Royaume démoniaque était toujours là. La moitié de l’opération avait réussi.
À présent, le Chef de la Société de magie noire allait contacter Aube et, d’une manière ou d’une autre…
Il visait Aube.
À bien y réfléchir, Galahad avait parlé d’Aube depuis le début.
Même tout ce remue-ménage qui avait mis le Grand-Duc et Adrianna en mouvement n’était qu’une étape pour cet homme…
Huit baissa encore davantage la tête.
« Préviens-moi dès qu’ils te contacteront. Si tu tardes ou si tu échoues encore à transmettre le message, je risque d’être vraiment déçu. »
« Oui. »
Huit répondit à la hâte. La voix de Galahad était toujours aussi calme et posée, ce qui la rendait d’autant plus effrayante.
« Tu as bien travaillé. Il serait temps que tu obtiennes une promotion. »
La remarque était tombée sans prévenir.
Les pensées de Huit s’emballèrent.
Il a pris le contrôle de la succursale du Cinquième bataillon, et pourtant il m’envoie là-bas. Il vise Aube… Pour approcher Aube, le Chef de la Société de magie noire… Mais une promotion ?
Ah.
Huit poussa un petit soupir.
Il compte prendre le contrôle de la Société de magie noire elle-même.
Même l’immense Société de magie noire n’était pas son véritable objectif. Ce n’était qu’un moyen d’atteindre Aube…
Galahad comptait faire de Huit le Chef de la Société de magie noire et se servir de lui pour mettre la main sur Aube.
Combien compte-t-il tirer d’un seul Royaume démoniaque ?
Huit se rappela alors les paroles de Galahad.
Une promotion…
Je vais donc devenir le Chef de la Société de magie noire… ?
Huit s’inclina encore plus bas.
« Merci ! »
Cette fois, il le pensait vraiment.
« Je vais y aller, alors. Je suis en retard à une réunion. »
Sa voix était si détendue qu’on aurait eu du mal à croire qu’il venait de parler de prendre le contrôle de la Société de magie noire.
Comme si, à ses yeux, ce n’était rien d’important…
Au travail !
Huit trembla de détermination.
* * *
Pourquoi suis-je entouré d’autant de personnalités importantes… ?
Hines, commandant de compagnie du Septième bataillon, laissa lentement échapper un profond soupir.
Il avait accédé à ce poste à la faveur d’une vacance. Sa nomination faisait suite au chaos de la nuit dernière.
Les autres commandants de compagnie avaient l’air tout aussi mal à l’aise.
Les noms réunis dans la salle de réunion pesaient lourd.
Sir Gilbert, Velogrime, et même Adrianna…
Ils étaient bien trop importants pour que Hines, qui commandait encore un peloton la veille, puisse s’asseoir à leurs côtés.
Pourtant, malgré cette assemblée, la réunion n’avait toujours pas commencé. Tous restaient assis en silence, comme s’ils attendaient quelqu’un.
Qui cela peut-il bien être ?
Il marmonna tout bas en regardant le siège vide au bout de la table.
La porte s’ouvrit alors sans bruit, et un homme à la tenue impeccable entra. Il avait plus l’air d’un aristocrate que d’un homme du Nord.
« Ah, tout le monde est là. »
L’homme parla d’un ton léger et prit naturellement place au bout de la table.
« … Comment se fait-il que celui qui a convoqué la réunion soit le dernier arrivé ? »
Sir Gilbert, debout derrière lui, le réprimanda à voix basse.
Cet homme commande l’Unité des opérations spéciales.
Hines le savait déjà, grâce aux rumeurs.
Celui que le Grand-Duc a reconnu.
Hines frissonna légèrement. La reconnaissance du Grand-Duc était une légende transmise dans tout le Nord.
Chaque héros du Nord avait un jour reçu une coupe du Grand-Duc.
Pourtant, aucun n’y avait bu.
Non, aucun n’avait survécu après en avoir bu.
Mais cet homme, lui, avait bu dans la coupe.
Le Grand-Duc l’avait reconnu.
Cela avait une immense signification.
Et puis…
L’homme reconnu par le Grand-Duc, qui allait épouser Adrianna !
Les yeux de Hines brillèrent.
Il valait vraiment la peine qu’on l’attende.
« Quelles sont les pertes du Septième bataillon ? »
« Tous les commandants de compagnie, sauf deux, ont été remplacés, et quatre-vingts pour cent des soldats sont encore en vie. »
Velogrime fit son rapport avec naturel.
« Je vois. Pouvez-vous maintenir les défenses de la ligne de front ? »
« Oui, mais la forteresse intérieure a subi de lourds dégâts. Il y aura donc des perturbations dans les livraisons de ravitaillement. »
« Ne vous en faites pas pour ça. J’ai déjà parlé au commandant du Cinquième bataillon. Le soutien arrivera bientôt. »
L’homme répondit comme si le Cinquième bataillon lui appartenait.
Hines trouva cela étrange, mais…
Celui que le Grand-Duc a reconnu !
Il lui parut encore plus impressionnant.
« Dans ce cas, la ligne de front pourra-t-elle être maintenue ? »
« Oui. Ce sera difficile, mais elle devrait tenir. Son Altesse le Grand-Duc a vu ce qui s’est passé. Des renforts arriveront donc bientôt. »
« Je vois. Passons donc au Camp d’entraînement du Royaume démoniaque… »
À ces mots, tout le monde déglutit péniblement.
Le sujet était déjà sur toutes les lèvres au Septième bataillon.
Une étrange cendre occupait maintenant l’emplacement de la forteresse intérieure.
Cet endroit infernal et répugnant s’appelait le Royaume démoniaque.
C’était là que vivaient les Démonides…
Et il comptait en faire un camp d’entraînement.
Il était vraiment d’une autre trempe. Les commandants de compagnie ne purent contenir leur admiration. Leurs yeux brillèrent.
« Les Monstres qui entreront dans le Royaume démoniaque sont prêts. Les défenses sont également presque achevées. »
Quand Celui que le Grand-Duc avait reconnu posa les yeux sur eux, tous acquiescèrent avec détermination.
« Je trouve remarquable que vous ayez survécu à un incident aussi grave, avec l’ouverture du Royaume démoniaque ici même. Cela montre à quel point le Septième bataillon s’est entraîné avec sérieux. »
Celui que le Grand-Duc avait reconnu se leva et applaudit.
Des applaudissements de Celui que le Grand-Duc avait reconnu !
Les yeux de Hines se remplirent de larmes.
« Je le pense vraiment. Contrairement au Premier bataillon, en première ligne, vous n’aviez jamais eu l’occasion d’affronter le Royaume démoniaque. Et pourtant, vous vous en êtes sortis de façon admirable. Je suis sincèrement impressionné. »
La reconnaissance de Celui que le Grand-Duc avait reconnu !
Hines se mordit la lèvre. Sinon, il aurait eu l’impression d’exploser de joie.
« J’ai vu le potentiel de chacun d’entre vous. C’est pour ça que j’ai soutenu la création du Camp d’entraînement du Royaume démoniaque. Il y a ici des guerriers qui ont survécu aux Monstres jusque dans le Royaume démoniaque ! Allons, applaudissez-les, Sir Gilbert. »
Gilbert se mit à applaudir avec un temps de retard. Clap, clap, clap.
Adrianna se joignit ensuite à lui.
Recevoir les applaudissements de Celui que le Grand-Duc avait reconnu était déjà bouleversant, mais en recevoir aussi d’Adrianna, l’héroïne du Nord…
Il était difficile de garder ses esprits devant une émotion aussi intense.
Bon sang…
… On est vraiment formidables, non ?
Hines s’en rendit bientôt compte.
Il était formidable…
« J’ai ouvert le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque parce que j’ai confiance en vous. Réfléchissez. Jusqu’ici, qu’avons-nous fait d’autre que défendre ? Contre les Monstres ! Contre les Démonides ! Nous avons toujours tenu la ligne, sans un mot ! »
« Oui ! »
Sans même s’en rendre compte, ils s’étaient levés. Tous répondirent d’une seule voix.
« Mais nous ne pouvons pas mettre fin à la guerre en nous contentant de défendre. Un jour, nous devrons franchir le mur et passer à l’attaque. Et le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque sera le début de notre contre-offensive. Je vous le garantis. »
Le début de notre contre-offensive ! Cette phrase grandiose fit déglutir Hines.
Lui, qui commandait encore un peloton la veille, pouvait-il vraiment entendre des paroles aussi ambitieuses ? Pouvait-il vraiment recevoir la reconnaissance de Celui que le Grand-Duc avait reconnu ?
« Des commandants de compagnie et de bataillon d’autres bataillons viendront s’entraîner sous vos ordres. Le Septième bataillon deviendra le cœur du Nord ! Pas une région périphérique, mais son cœur ! »
Le cœur ! Quel mot exaltant pour le Septième bataillon, qu’on avait toujours considéré comme une force isolée.
« Vous n’êtes plus de simples soldats. Vous êtes les héros qui mettront fin à cette guerre. »
Celui que le Grand-Duc avait reconnu balaya la pièce du regard. Comme on pouvait s’y attendre d’un homme de sa trempe, sa voix avait de l’autorité.
Tous retinrent leur souffle, dans l’attente de la suite.
« Alors ! Héros, êtes-vous prêts ? »
Héros…
C’était un mot étrangement grisant.
Celui que le Grand-Duc avait reconnu les appelait des héros…
Les commandants de compagnie bondirent sur leurs pieds.
« Oui !! »
« Alors, suivez-moi, héros ! »
Galahad réalisa une fois de plus que ces types du Nord étaient encore plus faciles à mener qu’il ne l’avait cru.
* * *
« … C’est vraiment une bonne idée de les envoyer dans le Royaume démoniaque comme ça ? »
Gilbert fronça les sourcils en regardant les soldats se précipiter dans le Royaume démoniaque en poussant des cris.
Il n’y avait pas de Monstres à l’intérieur, bien sûr, mais le Royaume démoniaque était dangereux en lui-même.
Il y était difficile de respirer et l’endroit éveillait une terreur instinctive. On n’y voyait pas à un pouce devant soi.
Les envoyer là-dedans avec pour seule arme une épée…
C’est comme l’entraînement des chevaliers.
Galahad fit tomber la cendre de sa cigarette d’une pichenette.
« Comment devient-on chevalier dans le Nord ? »
« Pardon ? On devient chevalier après avoir participé à de vrais combats et trouvé sa vocation. »
Une méthode d’une barbarie absolue. C’était sans doute pour ça que les chevaliers du Nord étaient d’une meilleure trempe que ceux des régions centrales…
« Ils s’en sortiront après quelques allers-retours. Ils sont tous courageux, non ? »
Galahad répondit en faisant tomber la cendre de sa cigarette.
Il ne restait rien de l’enthousiasme dont il avait fait preuve en encourageant les soldats devant le Royaume démoniaque.
« Les hommes du Nord sont très faciles à mener. »
« … Pas tous. »
Gilbert répliqua sèchement à la remarque de Galahad.
« Ah oui ? J’imagine que vous êtes l’exception. »
« Oui. »
« Ah, saviez-vous qu’on s’entraînait plus efficacement à l’épée dans le Royaume démoniaque ? La forte concentration de mana agit sur le corps. »
« Pourquoi me dites-vous ça maintenant ?! »
Gilbert dégaina son épée et courut vers le Royaume démoniaque.
« Là-dedans ! Allez, héros ! L’avenir du Nord repose sur vous, bande d’abrutis ! »
« Aaah !! »
Des cris de désespoir et des hurlements de guerre retentirent les uns après les autres.
Galahad n’avait pas besoin de lever le petit doigt. Il avait seulement préparé le terrain, et ils s’étaient mis à l’entraînement tout seuls.
Quel meilleur environnement d’entraînement pourrait-on espérer ?
La concentration de mana du Royaume démoniaque était si dense qu’on ne pouvait la comparer à celle d’aucun autre endroit.
Les faire entrer et sortir ne pouvait que produire des effets.
Ce serait assez douloureux, évidemment, mais les bons choix se trouvaient toujours sur la voie la plus difficile.
À bien y réfléchir, c’était la méthode qu’utilisait cet enfoiré.
Galahad fronça les sourcils en repensant à quelqu’un.
Il y avait un type étrange qui agaçait toujours Galahad dès qu’il le voyait.
À l’origine, cet homme était chevalier. Puis, en voyant Galahad, il avait soudain déclaré qu’il apprendrait la magie.
Et il avait vraiment appris la magie.
Il était loin d’égaler Galahad, mais il se révélait plus utile que les autres mages.
C’était ce qu’il répétait sans cesse.
S’entraîner dans une zone où la concentration de mana était élevée l’avait rendu plus fort, plus vite…
La méthode était rudimentaire, mais, à en juger par cet homme, elle fonctionnait bel et bien.
Mais…
Comment s’appelait déjà cet enfoiré ?
Ce n’était pas particulièrement important. Galahad fit donc tomber la cendre de sa cigarette d’une pichenette.
* * *
Dans la planque du Bureau du renseignement située au château du Grand-Duc, Handsome épousseta ses mains couvertes de poussière.
Il venait enfin de finir de nettoyer la nouvelle planque.
Les renforts devraient bientôt arriver…
Sur les conseils de Galahad, Handsome avait signalé que Rose avait été tuée par des Démonides.
Il l’avait fait en partie pour sauver sa propre peau, mais c’était aussi le seul moyen de préserver l’honneur de Rose.
Il ne l’avait jamais rencontrée, mais elle avait gardé la planque à la frontière de l’Empire, ici, dans le Nord.
Il espérait que son honneur serait préservé, après sa mort dans cette froide solitude.
La porte de la planque trembla violemment.
Handsome se leva, la main serrée sur la garde de son épée.
Il vérifia l’extérieur grâce au dispositif près de la porte. Un grand homme au visage louche s’y tenait avec une femme à l’air froid.
La porte s’ouvrit bientôt.
Cela signifiait qu’ils avaient été envoyés par le Bureau du renseignement. Pourtant, après ce qu’il avait vécu, Handsome ne lâcha pas la garde de son épée.
L’homme à l’air louche entra le premier. Ses sourcils jaunes ressemblaient à des chenilles.
« Oh, vous devez être Handsome. »
« Déclinez votre identité. »
L’épée de Handsome était déjà pointée sur la gorge de l’homme. Celui-ci baissa les yeux vers la lame. À cet instant…
Clang !
L’épée de Handsome fut violemment déviée. Une flamme vacilla dans la main de l’homme. C’était de la magie. Non…
« Je suis Premier. Je suis venu renforcer la planque. »
… Une aura ?
Handsome douta de ses propres yeux. Il avait clairement vu de la magie, et pourtant il avait aperçu une aura.
Ce n’est qu’alors qu’il comprit qui était cet homme.
« Premier, le Chevalier mage ! »
Les yeux de Handsome s’écarquillèrent à s’en fendre. Premier était un agent célèbre du Bureau du renseignement. On n’aurait jamais dû l’affecter à une planque du Nord comme celle-ci.
« Hum, oui. C’est bien moi, le Chevalier mage. »
« Cessez vos sottises, Premier. »
La femme à l’air froid, derrière lui, lui lança sèchement. Premier ricana et entra.
Handsome s’écarta en silence.
Premier s’assit naturellement. La chaise grinça sous son imposante carrure. Il se mit un gros cigare dans la bouche, puis fit apparaître une flamme au bout de son doigt et s’en servit pour l’allumer. Une odeur de bois humide se répandit dans la pièce.
Il ressemble étrangement à Galahad.
Handsome pensa à Galahad. Ils avaient certains comportements en commun.
Galahad avait l’air naturel. Cet homme, en revanche, semblait jouer un rôle.
Il imite Galahad ?
Quand Premier souffla un long nuage de fumée, la femme fronça les sourcils et se pinça le nez.
« Apportez-moi toutes les informations sur Galahad. »
Premier s’adressa à Handsome en le regardant. Celui-ci se mordit légèrement la lèvre.
Galahad ne lui avait jamais demandé de cacher des informations à son sujet. Malgré tout, Galahad était son bienfaiteur. Les informations concernant son bienfaiteur…
« Apportez-les. Vous ne m’entendez pas ? »
Premier fronça les sourcils. La tension emplit la pièce. Handsome posa la main sur la garde de son épée.
Et alors…
« Votre épaule est tendue. »
Un éclair jaillit.
Non, c’était une épée enveloppée d’éclairs.
« Hum, il s’est donné en spectacle. Du Galahad tout craché. »
Premier acquiesça en parcourant le rapport qu’il tenait à la main.
« Je m’en occupe ? »
Citrouille demanda cela en tenant son épée contre la gorge de Handsome.
« Au lieu de féliciter un chevalier loyal, tu proposes de t’occuper de lui ? Citrouille, voilà pourquoi tu n’es toujours pas mariée. »
« Je m’en occupe ? »
« Je plaisantais. »
Premier baissa les yeux vers le rapport qu’il tenait.
« C’est écrit là aussi. »
« Quoi donc ? »
« Que Galahad épouse la fille du Grand-Duc. »
Premier agita le rapport.
« Si les gens l’apprennent, ce sera la panique. La princesse, et elle aussi… »
« Elles penseront toutes la même chose que moi. Que c’est une mission, ou l’une de ces choses étranges qu’il fait de temps en temps. Et ce sera la vérité. »
Premier fit tomber la cendre de son cigare d’une pichenette et fronça les sourcils.
Les déplacements de Galahad étaient consignés plus bas. Premier connaissait Galahad mieux que quiconque.
En lisant, il pouvait comprendre ce que cet enfoiré avait en tête.
Galahad…
« Mon Dieu. »
Citrouille fronça les sourcils en entendant Premier marmonner. C’était comme ça qu’il se comportait avant de perdre la tête.
Le reste du temps, Premier était un supérieur et un homme vraiment bien.
Mais dès que Galahad entrait en jeu, il se comportait comme un homme à qui il manquait un bout de cerveau.
Comme maintenant.
« … Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Galahad ! Cet enfoiré compte épouser la fille du Grand-Duc ! »
Sa voix était sérieuse, contrairement à tout à l’heure. Ça y est… Citrouille soupira discrètement.
« Il peut tromper tout le monde, mais pas moi ! Galahad ! Il s’est planqué dans le Nord pour préparer son coup décisif ! »
« Putain, t’as vraiment un trou dans le crâne. »
Il pensait probablement qu’il perdrait si Galahad se mariait avant lui. C’était une logique absurde, mais dès que Galahad était dans l’histoire, il devenait comme ça.
« À ce rythme-là, je vais perdre ! C’est une urgence ! »
Le corps de Premier trembla.
Puis il regarda Citrouille et poussa un petit soupir.
Ce regard brûlant…
Citrouille redoutait la folie qui allait suivre.
Un bref silence s’installa.
« Citrouille, tu n’es pas mariée, n’est-ce pas ? »
« Putain ! Sérieusement ! »
Premier posa un genou à terre comme s’il faisait sa demande, et Citrouille finit par craquer et l’insulta.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>