Chapitre 43
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Ceaseless
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 43 : Le gobelet vide
──────
« Hah. »
Adrianna laissa échapper un souffle rauque.
Elle ne se souvenait plus depuis combien de temps elle maniait son épée.
Un Royaume démoniaque est apparu de nulle part…
Le Royaume démoniaque était pratiquement le bastion des Démonides. Là-bas, ils devenaient plus puissants, tandis que les humains s’affaiblissaient.
Elle ignorait pourquoi, mais le Royaume démoniaque était particulièrement éprouvant pour Adrianna, dont l’aura consumait le mana.
Se mordant la lèvre, Adrianna abattit son épée.
Une aura d’un blanc éclatant jaillit et trancha l’énorme tentacule. Le moignon se dispersa en cendres.
Ce n’était toutefois pas un coup fatal. Adrianna, qui se battait à l’épée, était mal adaptée à l’affrontement contre un Monstre aussi gigantesque.
Elle aurait eu plus de facilité contre un Démonide de rang suprême.
Malgré tout, Adrianna ne se plaignit pas.
Je dois l’arrêter ici.
Elle continua simplement d’avancer, en libérant encore plus d’aura.
À ce moment-là…
« Vous avez travaillé dur. »
Une voix familière retentit à côté d’elle.
Elle était calme et posée, comme s’il était simplement sorti se promener.
Galahad se tenait soudain aux côtés d’Adrianna.
« J’ai un peu tardé. Il fallait que je m’occupe des mages. »
Adrianna hocha la tête.
« Ah, vous pouvez parler. »
« Oui. Comment est la situation ? »
« Elle est bonne. Il ne reste que ça. »
Galahad désigna ce qui se trouvait devant eux. Quatre tentacules gigantesques se tordaient au-dessus du château.
Il ne reste que ça… ?
L’adversaire était bien trop imposant pour qu’on le balaie d’un revers de main. Pourtant, quand Galahad le dit avec tant de désinvolture, cela sembla soudain vrai.
« Bon, laissez-moi vous expliquer le plan. D’après ce que j’ai vu tout à l’heure, cette chose semble avoir une sorte de noyau en son centre. »
« Un noyau ? »
« Ah, euh… Disons que c’est comme sa tête. Je pense qu’il faut s’en prendre à cette partie. »
« Je comprends. »
Adrianna acquiesça et abattit son épée. Un tentacule qui fonçait vers eux fut tranché et se changea en cendres. Le tentacule raccourci se rétracta vers le haut.
« Plus un tentacule est éloigné du centre, moins sa concentration de mana est élevée. C’est sans doute pour ça que vous avez eu du mal. Vous devenez plus forte quand la concentration de mana de votre adversaire augmente. »
Galahad secoua sa gourde. Adrianna hocha la tête avec hésitation.
« Mais en tant que mage, je suis plus fort contre les adversaires dont la concentration de mana est faible. On fait une bonne équipe. »
Adrianna haussa légèrement un sourcil.
« Maintenant, je m’occupe de cette partie. Mettez-vous derrière moi. »
« … Pardon ? »
« Je vous dis de rester derrière moi. »
Galahad s’avança en ouvrant sa gourde.
« J-je vais passer devant. »
Adrianna était restée un instant bouche bée devant son dos, étonnamment large, puis s’empressa de prendre la parole.
« Hmm, je ne me suis pas assez bien expliqué ? »
Galahad plissa les yeux. Se souvenant à quel point il taquinait Sir Gilbert, Adrianna secoua vivement la tête.
« Je comprends. »
« Oui, vous n’êtes pas Sir Gilbert, après tout. »
Adrianna pinça les lèvres.
« Restez près de moi. Nous allons avancer vite. »
Galahad leva la main droite. Le motif rouge sang sur son avant-bras s’embrasa, comme des flammes remuant les cendres.
« Oui. »
Pour la première fois depuis bien longtemps, Adrianna suivit quelqu’un d’autre.
Un tentacule gigantesque s’abattit. Galahad, qui se tenait devant, paraissait dangereusement vulnérable.
Par réflexe, Adrianna empoigna son épée. Au moment où elle allait s’élancer…
« Feu infernal. »
Une minuscule flamme jaillit de la main de Galahad.
Comparée au tentacule gigantesque, elle n’était pas plus grosse qu’un ongle. Pourtant, Adrianna sentit un frisson étrange la parcourir.
La petite flamme dévora les cendres qui emplissaient les environs et grossit.
Le tentacule s’embrasa en un instant. Une odeur écœurante envahit l’air.
Le spectacle de cet énorme tentacule en flammes était saisissant.
« Vous voyez ça ? C’est la limite. »
Galahad désigna l’extrémité du tentacule. Le feu qui le dévorait s’arrêta soudain là, puis disparut.
« Je vais vous mener jusque-là. Ensuite, vous me protégerez. »
Galahad avait le regard inhabituellement sérieux en parlant.
« Oui. »
Adrianna hocha fermement la tête.
« Vous me le promettez ? »
Il était rare que Galahad insiste.
Un étrange malaise l’envahit, mais elle acquiesça.
« Oui. »
« Je ne ferai confiance qu’à vous. »
« … Oui. »
Sa voix lui chatouilla bizarrement les oreilles, et Adrianna détourna discrètement la tête.
Elle ne vit donc pas le coin de la bouche de Galahad se relever.
Galahad continua de boire à sa gourde tout en lançant des flammes et des éclairs.
Il avait l’air précaire, mais n’hésitait pas.
Après avoir avancé un bon moment…
« Je ne peux pas aller plus loin. »
Galahad le dit, puis se cacha aussitôt derrière elle, sans la moindre honte. Adrianna en oublia un instant la situation et laissa échapper un petit rire.
« Vous venez de rire ? »
« Non. »
« Ah bon ? »
Galahad haussa un sourcil. Adrianna toussota et réajusta sa prise sur son épée.
Cette brève occasion de reprendre son souffle lui avait fait beaucoup de bien.
Son aura blanche s’embrasa de nouveau avec violence.
« Vous êtes plus jolie quand vous souriez. »
Elle fit semblant de ne pas entendre ces mots, venus de derrière elle.
« Hmm, vous ne m’avez pas entendu ? Vous êtes plus jolie quand vous souriez. »
« … Je vous ai entendu ! »
« Vous vous êtes agacée ? »
Adrianna pinça fermement les lèvres.
Elle avait envie de tousser.
* * *
Hmm… C’est tout ce que je peux faire ?
Galahad secoua son bras droit et sourit.
Son bras droit le brûlait. Il y avait fait circuler trop de mana.
Le cercle magique laissé par le Premier Mage avait plusieurs fonctions.
L’une d’elles empêchait les Monstres de le repérer.
Cela semblait lié au cercle magique du Dresseur de monstres.
Mais même cette magie avait ses limites.
Quand Galahad s’approcha du noyau du Monstre, ses tentacules se mirent à l’attaquer lui aussi.
Ironiquement, le Royaume démoniaque, que les Démonides appelaient le Sanctuaire, l’aidait.
Avec l’Œuf de la Douleur et le cercle magique laissé par le Premier Mage, ajoutés à ses capacités de mage, le Royaume démoniaque lui était au contraire extrêmement favorable.
Non, « favorable » ne suffisait pas à décrire la situation.
Le Royaume démoniaque était de l’eau.
Galahad était un poisson.
Un Monstre de rang suprême…
Galahad marmonna en observant l’énorme tentacule devant lui.
Aussi élevé que soit son rang, il ne pouvait pas remplir entièrement son immense corps de mana à haute densité.
Après vérification, il découvrit que ses extrémités les plus éloignées ne contenaient pas plus de mana qu’un Démonide de rang inférieur. Plus on se rapprochait du centre, plus le mana était dense.
Adrianna trancha alors un tentacule près de sa racine. Ses cheveux dorés, éclatants comme le soleil, fouettèrent l’air en tous sens.
« Vous allez bien ? »
Boumm.
Son cœur battit violemment. L’Œuf de la Douleur semblait recommencer à s’agiter.
Je devrais lui reprendre la main.
L’Œuf de la Douleur frémit. Il semblait protester que ce n’était pas la raison. Quelle effronterie.
« Je ne crois pas que le Monstre puisse se concentrer sur ce côté. »
« Il ne peut pas se concentrer ? »
… !!
Les paroles d’Adrianna furent brièvement couvertes par les cris intermittents du Monstre.
« … Ces cris n’arrêtent pas de retentir. Il y a peut-être quelqu’un d’autre que nous. »
À ces mots sérieux d’Adrianna, Galahad se frotta la nuque, glacée.
Le Grand-Duc est déjà arrivé jusqu’ici ?
Galahad s’était délibérément placé du côté opposé au Grand-Duc.
Ils se trouvaient de part et d’autre du noyau du Monstre. Si Adrianna avait raison, le Grand-Duc avait déjà dû atteindre le noyau.
« Ce n’est ni Sir Gilbert ni Velogrime. Ça pourrait être un ennemi. Il est très puissant. »
Adrianna parlait avec gravité.
Très puissant… Galahad claqua doucement la langue.
« Ce n’est pas un ennemi. Je compte sur vous pour me protéger. »
« Pourquoi vous protégerais-je si ce n’est pas un ennemi ? »
« Il y a des situations comme ça. Vous me protégerez ? »
Adrianna fronça légèrement les sourcils.
« Oui. »
Galahad sourit, satisfait, devant sa réponse ferme.
« Je ne ferai confiance qu’à vous. »
Ils reprirent leur progression.
Ils avaient beau trancher et brûler les tentacules, impossible d’en arracher les racines.
Peut-être était-ce pour cette raison qu’ils semblaient toujours plus nombreux à mesure qu’ils approchaient.
Pourtant, plus son adversaire devenait fort, plus Adrianna gagnait en puissance.
Elle ne cessait de manier son épée. Son aura blanche brûlait comme si elle allait recouvrir le monde entier.
À mesure qu’ils approchaient, les tentacules se ruaient sur eux dans tous les sens.
Adrianna les repoussa tous.
Son dos inspirait vraiment confiance.
Elle semblait toutefois avoir atteint ses limites.
La main qui tenait son épée tremblait violemment.
C’était le Royaume démoniaque.
Le Royaume démoniaque avait rendu Galahad, un mage, et les Démonides incomparablement plus puissants, mais il semblait avoir l’effet inverse sur les chevaliers.
« C’est dangereux. »
Adrianna se tourna vers Galahad en parlant. Son visage, d’ordinaire impassible, était crispé. La sueur le couvrait. On aurait dit qu’elle retenait quelque chose sur le point d’exploser.
« Vous avez atteint votre limite ? »
« … Je n’arrive plus à la maîtriser. »
Adrianna répondit d’une voix tendue.
Elle n’arrive plus à la maîtriser ?
L’aura d’Adrianna brûlait plus vivement que jamais.
Était-ce vraiment sa limite ?
Non.
Elle était l’héroïne qui affronterait le Roi démon.
Un simple Monstre de rang suprême ne pouvait pas représenter sa limite.
Adrianna pouvait aller plus loin.
Il lui fallait seulement un déclencheur.
Un déclencheur…
Galahad murmura à voix basse.
Pas mal.
Il termina rapidement ses calculs.
« Vous en êtes capable. »
Galahad plaça une cigarette entre ses lèvres et sourit.
Adrianna ne comprenait pas pourquoi Galahad souriait dans une situation pareille.
Ce qu’il fit ensuite était encore plus…
… incompréhensible.
Galahad s’avança sans hésiter.
Adrianna peinait déjà à contenir son aura ; elle ne pouvait donc pas l’arrêter.
Galahad passa devant elle et se plaça face aux tentacules.
Puis il se tourna vers Adrianna…
« Sauvez-moi. »
Il écarta les bras.
Un tentacule gigantesque fonça sur Galahad.
Comme ils étaient proches du noyau, l’attaque du tentacule était rapide et violente.
Galahad sourit à Adrianna.
« Ah… »
À la vue de ce fou, Adrianna poussa un petit cri.
Une vague de peur instinctive la submergea et lui fit libérer l’aura qu’elle retenait de force.
Cette aura qu’elle croyait incapable de maîtriser était aussi la sienne.
Ah…
L’aura qui brûlait avec violence obéit à la volonté d’Adrianna.
L’aura qu’elle pensait ne pas pouvoir contrôler s’étira en un long flot.
Une ligne blanche fendit l’air.
Boum.
Le tentacule tranché se changea instantanément en cendres.
Ce ne fut qu’alors que Galahad se retourna.
Contrairement à tout à l’heure, où seule la partie blessée s’était changée en cendres, cette fois-ci le tentacule fut réduit en cendres jusqu’à sa racine.
« Oh, ça a marché. »
Oh, ça a marché ?
Les lèvres d’Adrianna remuèrent tandis que Galahad époussetait tranquillement son manteau en souriant.
Elle avait envie de l’insulter, mais ne connaissait aucune grossièreté.
« … Vous avez un problème dans la tête ? »
« Désolé, mais ma tête va parfaitement bien. Elle est même trop brillante, si vous voulez mon avis. C’est ça, le problème. »
« Alors pourquoi avoir… ? »
« Je vous ai simplement fait confiance. »
Adrianna fronça les sourcils devant son ton inébranlable.
« Qu’auriez-vous fait si j’avais échoué ? »
« Mais vous n’avez pas échoué. »
Il n’y avait rien à faire avec lui.
Pourquoi avait-il une telle confiance en elle, au point de risquer sa vie ?
Adrianna ne comprenait pas.
« Vous ne voulez pas devenir veuve, vous non plus, n’est-ce pas ? »
« Nous ne sommes pas encore mariés. »
« Ah, “encore”, c’est ça ? »
Plus elle lui parlait, plus elle s’enfonçait. Adrianna ferma fermement la bouche.
« Bon, maintenant, achevez-le en beauté. »
« C’était déjà mon intention. Pas parce que vous me l’avez demandé. »
« Votre voix s’est durcie. Vous boudez ? »
« … Je ne boude pas. »
Son aura brûlait encore plus fort qu’avant.
Elle ne voulait pas l’admettre, mais c’était grâce à Galahad.
Quel fou.
Elle ne le comprenait pas.
… !!
Le Monstre poussa alors un cri.
Contrairement aux précédents, celui-ci était chargé de douleur.
Ses tentacules perdirent bientôt leur force et s’effondrèrent lourdement.
Quoi… ?
Adrianna se retourna. Quelqu’un avait clairement vaincu le Monstre.
À ce moment-là…
Galahad s’effondra soudain.
« Mes jambes ont lâché. »
« … »
Adrianna inspecta ses gantelets. Ils étaient doublés de cuir à l’intérieur. Elle desserra autant que possible sa prise, au point d’en avoir du mal à respirer.
Après plusieurs vérifications, elle souleva très délicatement Galahad dans ses bras.
« C’est agréable d’avoir une chevalière pour épouse. »
Son sourire narquois était incroyablement agaçant.
À ce moment-là…
« Hmm. »
Le Grand-Duc apparut.
Il tenait dans une main couverte de sang rouge un gros morceau de chair. C’était probablement le noyau du Monstre.
Le Grand-Duc mâchait la chair en regardant Galahad.
Ce ne fut qu’alors que Galahad se rendit compte qu’il était dans les bras d’Adrianna et s’empressa de parler.
« Posez-moi, s’il vous plaît. »
Adrianna le serra encore plus fort au lieu de le lâcher.
« Adrianna ? »
Au murmure désespéré de Galahad, les lèvres d’Adrianna se relevèrent légèrement.
Après l’avoir gardé un instant dans ses bras, Adrianna le reposa et s’approcha du Grand-Duc.
« Votre Altesse, que faites-vous ici ? »
« Mon gendre autoproclamé m’a invité. Il a dit qu’un banquet de Démonides se tenait dans leur jardin. »
La voix d’Adrianna était plus aiguë que d’habitude. Le Grand-Duc fixa Galahad.
« Ha ha, je vous salue, Votre Altesse. »
Galahad le salua avec une politesse irréprochable.
Il est plus fort que je ne le pensais.
Le morceau de chair dans la main du Grand-Duc était clairement le noyau du Monstre de rang suprême.
Il l’avait arraché à mains nues. Son corps ne portait pas la moindre blessure. Galahad était incapable de concevoir l’étendue de sa puissance.
Mais surtout…
Le Grand-Duc se battait-il à la hache ?
Galahad ne savait pas exactement de qui il s’agissait, mais l’un des personnages clés qu’il avait notés dans son carnet utilisait lui aussi une hache.
« Pourquoi ne m’appelez-vous pas beau-père ? »
Le Grand-Duc demanda en découvrant des dents aussi acérées que celles d’un requin.
Si les regards pouvaient tuer, Galahad serait mort depuis longtemps.
Galahad se dissimula discrètement derrière Adrianna.
« Comment avez-vous pu quitter votre poste ? »
Adrianna le réprimanda encore. Le Grand-Duc tourna les yeux vers elle.
Derrière Adrianna, Galahad ne ressentait pas la moindre de cette pression meurtrière.
Comment je suis censé obtenir ça ?
Galahad pensait à autre chose.
Ce morceau de chair dans la main du Grand-Duc… Le sang qui en coulait était bien trop tentant.
L’Œuf de la Douleur battait lui aussi à plusieurs reprises. Il semblait le réclamer sur-le-champ.
Le problème, c’était que l’autre personne était le Grand-Duc.
À en juger par les marques de morsure profondément imprimées dans la chair, il semblait vraiment déchiqueter les Démonides et les dévorer.
Il mange les Démonides crus, sans même les faire rôtir. Quel barbare féroce.
Il y avait une raison pour laquelle il régnait sur le Nord. Galahad le contempla, horrifié.
« Écartez-vous. »
Le Grand-Duc fit un pas en avant.
Adrianna lui barra la route.
« Sans le capitaine Galahad, nous aurions subi des pertes énormes. Nous aurions pu perdre tout le Septième bataillon, et le Nord aurait été frappé par une catastrophe sans précédent : l’ouverture d’un Royaume démoniaque. »
Le Grand-Duc s’arrêta. Adrianna poursuivit :
« C’est un exploit incommensurable. Vous devriez d’abord le féliciter. »
À ces mots d’Adrianna, le visage du Grand-Duc tressaillit.
Galahad était surpris qu’un visage humain puisse avoir l’air aussi féroce.
Il se demandait comment Adrianna avait pu venir au monde avec un tel visage.
« Un exploit… »
« Ha ha, je n’ai fait que mon devoir. »
Le Grand-Duc releva un coin de la bouche en voyant l’homme qui ne détournait pas les yeux.
« J’accorde une coupe à Galahad, capitaine de l’Unité des opérations spéciales. »
Le Grand-Duc sortit de ses vêtements une coupe dorée toute rouillée. Elle était grossièrement fabriquée.
Recevoir une coupe signifiait obtenir la reconnaissance officielle du Grand-Duc.
La reconnaissance du Grand-Duc, maître du Nord, n’avait rien d’anodin.
Il n’avait même pas accordé la sienne à Adrianna.
Non, il ne la lui avait pas accordée.
Car la Coupe du Nord était remplie de sang de Démonide.
Le Grand-Duc pressa le morceau de chair au-dessus de la coupe. Du sang rouge s’en écoula, déborda du récipient et coula sur le sol.
Galahad tressaillit à cette vue.
« Voici la Coupe du Nord. »
Le Grand-Duc lui tendit la coupe remplie de sang de Démonide.
« Père… »
« Silence. »
Adrianna pinça les lèvres et recula.
Le Grand-Duc tendit la coupe à Galahad.
S’il tenait bon, il deviendrait le seul guerrier du Nord reconnu par le Grand-Duc.
S’il n’en était pas capable, ce ne serait que la limite de ses capacités.
Comme toujours, le Grand-Duc ne faisait qu’offrir une occasion.
Quatre-vingt-dix-neuf personnes sur cent en mourraient, mais telle avait toujours été la signification de la reconnaissance du Grand-Duc.
Un guerrier reconnu par le Grand-Duc…
Un sur cent.
Non, il n’y avait qu’une seule place de ce genre dans tout le Nord.
« Vous pouvez refuser si vous avez peur. »
Le Grand-Duc fixa Galahad en silence.
Certains s’étaient enfuis lorsqu’on leur avait présenté la coupe.
D’autres en avaient bu le contenu et avaient perdu la raison.
Qu’allez-vous faire ?
En réponse à la question muette du Grand-Duc…
Galahad…
« Merci. »
Il sourit de toutes ses dents et vida la coupe d’un seul trait.
Il continua d’avaler sans même reprendre son souffle.
Comme si cela ne suffisait pas…
« Il y en a encore, beau-père ? »
Galahad lui tendit la coupe vide et se lécha les lèvres.
« Fou. »
Le sourire féroce du Grand-Duc s’élargit.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>