Chapitre 41
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 41 : Des paroles éloquentes
──────
Un Démonide de rang supérieur…
Ses paroles firent frémir la salle.
Deblian leva la main pour faire taire ceux qui l’entouraient.
« Un Démonide de rang supérieur ? J’ignore où vous avez entendu pareille histoire. »
« Ah, j’ai été trop vite ? Dans ce cas… Hum. Vous deviez m’attendre à cause de la lettre de Son Altesse le Grand-Duc. »
Lorsque l’homme glissa la main dans son manteau, les chevaliers de chaque côté dégainèrent leurs épées.
Chling… Un son aigu retentit, mais il resta parfaitement calme.
« C’est la lettre de Son Altesse le Grand-Duc. Vous êtes tous bien nerveux. »
L’homme claqua la langue en regardant les épées pointées sur sa gorge.
Il avait raison.
Ils l’avaient attendu pour vérifier l’ordre du Grand-Duc qu’il prétendait avoir reçu.
« C’est exact. Nous avons appris que vous aviez reçu un ordre du Grand-Duc… »
« Hum, Son Altesse le Grand-Duc. Comment osez-vous l’appeler simplement le Grand-Duc ? »
Deblian fronça les sourcils devant cette correction mesquine.
Le commandant d’unité fixa Deblian, comme pour lui demander s’il comptait laisser passer ça.
Deblian secoua la tête.
La salle de banquet était remplie de leurs hommes.
Les chevaliers et les mages choisis. Leurs préparatifs étaient parfaits.
Inutile de s’énerver parce qu’un homme sur le point de mourir faisait des siennes. Rien ne pressait non plus…
« Oui, Son Altesse le Grand-Duc. »
« Bien. Je passerai sur cette erreur pour cette fois. Faites plus attention à l’avenir. »
Deblian se mordit légèrement la lèvre. Cet homme savait remarquablement bien taper sur les nerfs.
« À présent, je vais vous transmettre l’ordre de Son Altesse le Grand-Duc ! Tout le monde, baissez la tête. Hum, personne ne s’incline. Enfin, je ne suis pas si à cheval sur le protocole. »
Hum. L’homme s’éclaircit la gorge.
« Bande de salauds maudits qui, au lieu d’arrêter les Démonides, vous êtes rangés de leur côté ! Ah, le mot “maudits” est souligné. »
Il plia et déplia l’index et le majeur.
L’atmosphère se glaça instantanément.
Il est vraiment cinglé.
Deblian était sincèrement impressionné.
« Si vous voulez être pardonnés, arrachez-vous la langue et mourez. »
« Espèce d’enfoiré ! »
« Pourquoi vous énerver contre moi ? Je ne fais que lire. »
Quand le commandant d’unité bondit sur ses pieds, l’homme leva les deux mains de façon théâtrale.
« Calmez-vous. Ce n’est qu’une provocation puérile de la part d’un homme sur le point de mourir. C’est une belle journée, non ? »
Aux paroles de Deblian, le commandant d’unité souffla bruyamment et se rassit.
« J’aimerais vous poser une question. »
Deblian regarda l’homme, qui fit tourner un doigt pour l’inviter à parler.
« J’ai entendu dire que vous aviez tué un Monstre avec de la magie. »
Deblian posa la question qui le taraudait.
Les autres mages inspirèrent brusquement.
Tuer un Monstre avec de la magie… Quelle insolence !
« Hum, de quel Monstre parlez-vous ? »
Deblian fronça les sourcils devant la réponse de l’homme.
Cela signifiait qu’il en avait tué plus d’un.
Tss… Il bluffe ?
« Les Monstres ne sont pas particulièrement difficiles à tuer. Le problème, ce sont les Démonides. Saviez-vous que leur sang contient du mana d’une concentration extrêmement élevée ? »
Les propos de l’homme étaient intéressants.
Deblian acquiesça. Les autres mages se penchèrent eux aussi légèrement en avant.
« Oui, leur sang est parcouru par du mana très concentré, alors la plupart des sorts sont inefficaces contre eux. Le mana se déplace des zones les moins concentrées vers celles où il l’est davantage. »
Tous les mages acquiescèrent.
Sa voix avait quelque chose d’étrangement captivant.
« Donc, pour utiliser la magie contre les Démonides, il faut comprimer son mana autant que possible. Les Démonides sont vraiment les ennemis naturels des mages. »
« Vous prétendez avoir vraiment tué des Démonides ? »
Un des mages posa la question, comme s’il n’arrivait pas à y croire. L’homme acquiesça.
« Tout est une question de concentration. Il faut recourir à la Compression du mana. »
« La Compression du mana ? »
« Vous ne savez donc même pas ce qu’est la Compression du mana ? »
Un bref silence suivit sa question.
« Oh, mon Dieu. »
Un mépris évident se peignit sur le visage de l’homme. Deblian plissa les yeux avant de répondre.
« Pourquoi comprimerions-nous le mana ? Nous avons des bâtons en Pierres magiques. »
Tous les mages acquiescèrent aux paroles de Deblian. L’homme poussa un profond soupir et secoua la tête.
« Eh bien, je comprends mieux pourquoi vous êtes dans le Nord. »
Les mages se renfrognèrent devant cette moquerie.
N’y tenant plus, Deblian se leva d’un bond.
« Vous vous croyez tout permis parce qu’on vous a laissé parler ! »
Deblian pointa son bâton sur l’homme.
Les autres mages empoignèrent leurs bâtons. Les chevaliers dégainèrent leurs épées.
La tension monta d’un coup, mais l’homme resta calme.
Il claqua la langue de plus belle.
« Vous faire passer pour des mages alors que vous ne connaissez même pas la Compression du mana, voilà ce que c’est, ne pas savoir rester à sa place. »
L’homme désigna les mages et leur fit la leçon.
« La Compression du mana est peut-être nécessaire pour un imbécile non élu comme vous. »
À cet instant, un mage près de lui retroussa sa manche.
Un cercle magique, preuve qu’il avait été choisi et laissé par le Premier Mage, était clairement gravé sur son avant-bras.
L’homme lui saisit le bras. Ses yeux brillèrent.
« C’est donc le cercle magique que le Premier Mage aurait laissé derrière lui. C’est vraiment intéressant. »
Il connaît le Premier Mage. Deblian comprit alors l’origine de son malaise et fronça les sourcils.
« Vous avez recruté Huit. »
« Quelque chose comme ça. Vous pourriez tourner un peu le bras ? Je ne vois pas bien. »
« Ça suffit ! Tout clochait depuis que vous êtes entré seul dans la salle de réunion. Vous n’êtes qu’un fou. »
« Hum, j’aimerais vous poser une question. »
L’homme leva la main dans cette atmosphère meurtrière.
Jusqu’au bout…
Non, je ne vais pas le laisser m’entraîner là-dedans.
S’énerver dans une situation pareille, ce serait tomber dans son piège.
Deblian ravala son irritation et hocha la tête.
« Qu’y a-t-il ? »
« Quand quelqu’un se présente seul et se montre aussi sûr de lui, vous ne devriez pas vous demander s’il a quelque chose en réserve ? »
Deblian eut un petit rire à sa question.
Quelque chose en réserve.
Vu son calme, il avait peut-être échafaudé un plan.
Mais quand même.
« Qu’est-ce que vous pourriez bien faire ? »
Deblian posa la question en balayant les lieux du regard.
Il y avait plus de dix chevaliers élus et huit mages armés de bâtons.
Que pouvait bien faire cet homme, ici ?
« Hum, avec des paroles aussi éloquentes… »
Des paroles éloquentes ?
Deblian fronça les sourcils devant cette réponse étrange.
Alors, son malaise prit enfin tout son sens.
« Je peux tous vous retenir ici. »
L’homme claqua des doigts.
Le vacarme qu’ils n’avaient pas entendu jusque-là éclata autour d’eux.
Des armes qui s’entrechoquaient, des cris, des hurlements de guerre.
À cet instant, quelqu’un défonça la porte.
« Chevalier Gilbert ! »
Le chevalier avait une mine épouvantable, mais son regard était clair. Il brandit son épée.
Les chevaliers qui pointaient leurs épées sur Galahad reculèrent précipitamment.
Au-delà de la porte défoncée, un couloir dévasté apparut. Soldats et chevaliers s’y affrontaient dans un chaos indescriptible.
Un garçon tenant son épée à l’envers fendit un soldat de la tête aux pieds. Un cri retentit tandis que le sang rouge jaillissait en une longue gerbe. Un autre soldat lança son épée sur le garçon.
Puis…
« Bande d’enfoirés. »
Un bâton fracassa le crâne du soldat. Un vieil homme entra en faisant tournoyer un bâton rouge.
C’était le commandant du Septième bataillon, qu’ils avaient emprisonné sous la Société de magie noire.
Comment avait-il… ?
« Deblian ! Tu ne m’avais pas dit que tu t’étais occupé du commandant ?! »
« Espèce de fils de pute. Tu t’es occupé de moi ? »
« Merde ! Ce n’est pas ce qu’on avait convenu ! »
Évitant le regard du vieil homme, le commandant d’unité cria.
En un instant, la salle devint un véritable capharnaüm.
Des gens se tenaient derrière l’homme.
Un garçon, une femme vêtue en servante, un vieil homme tenant un bâton, un chevalier coiffé d’un casque ridicule, un soldat muni d’un bouclier et un autre chevalier. Le groupe était si disparate que Deblian se demanda comment l’homme avait pu les rassembler.
Il est venu seul pour gagner du temps en parlant. Il a répandu du mana afin d’étouffer complètement tous les sons ? C’est seulement possible, ça ?
Deblian était sincèrement impressionné.
C’était plus que de l’audace.
L’homme était arrivé depuis moins d’une demi-journée.
Et pourtant, il avait déjà libéré le commandant du Septième bataillon, pénétré lui-même dans les lieux et gagné du temps. Il avait forcé la situation à prendre cette tournure.
C’était assez incroyable pour que Deblian se demande comment il avait fait.
« Arrêtez ! »
Tout le monde se figea au cri de Deblian.
La salle sombra dans le silence.
« Impressionnant. »
Deblian reconnut ses mérites.
« J’ai toujours été impressionnant. »
« C’est vrai. »
Mais…
« Vous croyiez que je faisais confiance à Huit ? »
Deblian afficha un large sourire.
« Merci d’avoir fait le travail à notre place. »
Deblian sourit en voyant le sang rouge qui maculait leurs corps.
Les chevaliers dégainèrent leurs épées. Une teinte grise s’étendit lentement sur eux. Une aura sinistre se répandit autour d’eux.
Ils étaient plus de dix chevaliers élus, et chacun surpassait un chevalier ordinaire.
En comptant Deblian, ils avaient deux dirigeants et huit mages chevronnés.
Ils avaient tous été élus.
L’écart de puissance était écrasant.
Soudain, un frisson le parcourut. La Marque de sélection gravée à son poignet réagit.
Une barrière translucide apparut devant Deblian. La pointe de glace qui s’y était fichée éclata en morceaux. Des éclats glacés lui effleurèrent la joue.
« Espèce de lâche… »
Deblian cria en plissant les yeux.
« Quel gâchis. »
Tandis que l’homme claquait la langue, Deblian frappa le sol de son bâton.
Kwaaaaaang !!
Le plafond s’effondra dans un fracas assourdissant.
Un tentacule gigantesque, qui l’avait traversé de part en part, s’abattit sur eux.
Le vieil homme le détourna avec son bâton imprégné d’aura. Le tentacule s’écrasa contre le mur derrière eux et le pulvérisa. Sans s’arrêter, il frappa de nouveau.
Alors que le chevalier au casque ridicule s’apprêtait à avancer, Gilbert fut plus rapide.
Là où ils se tenaient, le sol s’effondra sous la force du tentacule.
L’air froid de la nuit s’engouffra par l’ouverture dans les décombres et effleura le visage de Deblian.
« Un simple Démonide de rang supérieur suffira-t-il pour l’inauguration ? »
L’endroit où ils se trouvaient s’était écroulé.
Deblian se tenait au bord et regardait en contrebas.
Il avait hâte de voir l’expression de ce sale arrogant.
Le chevalier au casque ridicule retenait l’homme.
Il leva les yeux.
…Il sourit ?
Il souriait.
Ce sourire fit courir un étrange frisson dans le dos de Deblian.
* * *
« Ils ont préparé plus de choses que je ne le pensais. »
Galahad leva les yeux et claqua la langue.
Six tentacules gigantesques s’agitaient autour du château. Chacun était terrifiant par sa taille comme par sa puissance.
Le casque ridicule s’approcha. Derrière, deux yeux bleus semblaient vérifier que Galahad allait bien.
« Je vais bien. Vous pouvez me reposer ? »
Elle acquiesça.
Adrianna reposa doucement Galahad.
« Ça ressemble à ce que nous avons vu avant. On dirait qu’ils ont renforcé de force un Monstre qui était déjà de rang supérieur. »
Gilbert parla en fronçant les sourcils.
Il devait parler de l’Eau des Démonides qu’ils avaient vue avec Huit. La ressemblance était frappante.
« Ah, ils ne risquent pas de se mettre eux-mêmes en danger en libérant une créature pareille ? »
Galahad fronça les sourcils en entendant Gilbert marmonner.
La créature ne semblait pas maîtrisable. Pourtant, les tentacules ne visaient qu’eux, comme s’ils étaient incapables de voir leurs propres alliés.
Ah, ça doit être ce qu’ils appellent la sélection.
Cela semblait lié au cercle magique laissé par le Premier Mage.
À cet instant, des boules de feu grises filèrent vers eux de loin. À première vue, il y en avait plus de dix, et elles frappaient fort.
Ce n’étaient pas des sorts que pouvaient lancer des faux mages dépendant de leurs bâtons.
Ça, c’est…
Galahad fronça les sourcils et claqua des doigts. Une étincelle jaillit à toute vitesse.
Elle frappa le centre d’une boule de feu, mais s’évanouit aussitôt.
Le mana est très concentré ?
Galahad comprima son mana et claqua de nouveau des doigts.
Cette fois seulement, les boules de feu se dispersèrent, lentement toutefois. Il calcula leur concentration à partir de la vitesse à laquelle elles se dissipaient.
Leur mana est très concentré. Et ils lancent leurs sorts rapidement. Pourquoi ?
Tout en réfléchissant, Galahad claqua plusieurs fois des doigts. Contrairement à tout à l’heure, il devait comprimer son mana et manquait donc de temps.
« Boule de feu explosive !! »
La boule de feu de Gwen percuta de plein fouet la dernière. Son sort ne l’annihila pas, mais dévia sa trajectoire. La boule grise s’écrasa derrière eux.
La cendre se répandit partout tandis que le sol tremblait.
Pas bon.
Galahad ouvrit sa gourde.
« Ces salauds descendent ! »
Le vieil homme cria tandis que des chevaliers maculés de gris dévalaient les lieux à toute allure.
« Chevalier Gilbert ! »
Gilbert se présenta et s’avança. Le vieil homme le suivit en faisant tournoyer son bâton. Damian passa à l’action.
Ça ne va pas être facile.
Il y avait cette Eau des Démonides plus puissante que les Démonides de rang supérieur, des chevaliers démonides et des mages équipés de bâtons et des cercles magiques laissés par le Premier Mage.
Leurs forces étaient considérables.
Ils avaient de bonnes raisons d’être si détendus.
La situation était mal engagée.
Malgré tout…
Adrianna tapota son casque.
Nous avons Adrianna.
Galahad leva les yeux.
Les gigantesques tentacules se balançaient d’un air menaçant.
« Vous pouvez vous occuper de ça ? »
Elle acquiesça.
« Et si nous étions dans le Royaume démoniaque ? »
Adrianna garda le silence.
« Hum, il va nous falloir des renforts. »
Galahad marmonna en levant les yeux vers le ciel couvert de nuages sombres.
Ils auraient déjà dû arriver.
Le casque ridicule s’inclina.
Galahad passa ses souvenirs en revue en touchant son poignet.
* * *
Qu’est-ce que c’est que ce type ?
Deblian plissa profondément les yeux.
Ils utilisaient des bâtons sertis de Pierres magiques de grande qualité, ainsi que les cercles magiques laissés par le Premier Mage.
Il était persuadé qu’ils pouvaient vaincre n’importe quel mage.
Jusqu’à ce qu’il rencontre cet homme…
L’homme faisait voler leur magie en éclats d’un simple claquement de doigts.
Il ne l’aurait jamais cru s’il ne l’avait pas vu de ses propres yeux.
Le Chef de la Société ne se méfiait donc pas de lui sans raison.
Cela dit, peu importait.
« Déployez le Sanctuaire. »
Deblian fit signe derrière lui. Les membres de la Société s’activèrent.
Au-delà du mur brisé, un immense cercle magique avait été tracé. Son élaboration avait exigé un soin minutieux. Des Pierres magiques s’entassaient dessus comme une montagne.
C’étaient toutes les Pierres magiques que la Société de magie noire avait rassemblées jusque-là. Combien valaient-elles ? Leur valeur était inestimable.
Un bâton gigantesque fut planté au milieu du cercle magique. Celui-ci émit un son étrange et se mit à briller.
Puis…
« Urgh… Aaaah ! Je vous en prie, sauvez-moi ! »
Un homme qui se tenait près du cercle magique ne parvint pas à s’enfuir et fut aspiré.
Idiot.
Deblian grommela une insulte et recula.
Les Pierres magiques se changèrent en cendre. Une odeur âcre et nauséabonde envahit la salle avant de se répandre à toute vitesse.
C’était un héritage laissé par le Premier Mage. Réduites en poussière, les Pierres magiques se dispersèrent comme de la cendre.
La cendre étendit rapidement le domaine.
Deblian se couvrit la bouche et le nez.
La cendre qui se répandait absorbait le sang et devenait plus dense.
Bientôt, elle emplit tout l’espace.
C’était le Sanctuaire.
… !
Le Monstre poussa un rugissement sauvage, débordant de joie.
La puissance de cette voix fit trembler Deblian.
Même s’ils étaient du même côté, sa présence était si imposante qu’elle inspirait la peur.
Rien d’étonnant : c’était un Monstre de rang suprême. Que se passerait-il une fois un tel Monstre entré dans le Sanctuaire ?
C’était désormais un désastre impossible à arrêter.
Deblian examina précipitamment son avant-bras. Le cercle magique gravé dessus brûlait d’un éclat rouge.
Tout fonctionne comme prévu.
La teinte grise s’intensifia. Les chevaliers élus rugirent comme des Monstres.
Deblian oublia jusqu’à l’existence de l’ennemi.
Une fois le Sanctuaire activé, ces gens n’avaient aucune chance de gagner.
Même si Adrianna venait en personne…
« Une nouvelle ère commence. »
Ce n’était que le début.
Deblian promena autour de lui un regard brûlant. Les autres membres de la Société le regardaient, le visage plein d’émotion. Des larmes chaudes coulaient sur leurs joues.
Deblian acquiesça en les regardant un à un.
Puis il remarqua quelque chose d’étrange.
Le compte était exact.
…Il y en avait bien un qui avait été aspiré, tout à l’heure ?
Deblian vérifia une nouvelle fois.
Le compte était toujours le même.
Je me serais trompé ?
Tout au bout…
« Merde, vous m’avez eu. »
L’homme souriait à pleines dents.
Comme s’il venait de lui arriver quelque chose de merveilleux.
« Vous vous demandez comment je suis arrivé là. »
L’homme releva les coins de sa bouche et retroussa sa manche.
Là…
« J’en ai une, moi aussi. »
La Marque de sélection y était clairement gravée.
…Il en a une ?
Deblian ne parvint plus à penser.
* * *
… !!
Au hurlement épouvantable, Tom s’écroula sur place.
Les tentacules gigantesques se tordaient violemment, comme pour exprimer leur joie.
La brume épaisse lui coupa le souffle. Une peur incontrôlable jaillit du plus profond de lui.
Il n’avait même pas la force de bouger un doigt.
Et qu’est-ce que ça aurait changé s’il l’avait pu ?
Cet immense désespoir rugissait…
La cendre s’étendait en couche épaisse sur le sol, puis se dispersait, engloutie par cet immense désespoir.
Le château se disloqua. La terre se retourna. Le sol trembla avec violence.
Personne ne pouvait résister à une telle chose.
Puis…
Une lumière blanche jaillit.
Quelqu’un fendit la cendre épaisse et marcha vers cet immense désespoir.
C’était Adrianna, l’héroïne du Nord.
Ah…
Comment pouvait-elle avancer ainsi ?
Clang… Un bruit désagréable retentit à côté de lui.
Quelque chose qui avait été un chevalier et qui était devenu un Monstre s’approchait de Tom.
Une hostilité grise émanait de lui…
Tom le regarda fixement, hébété.
Il ne pouvait pas bouger un seul doigt.
Le Monstre ouvrit grand la gueule en le regardant…
Le visage d’un chevalier était visible entre ses mâchoires. Il salivait abondamment en fixant Tom.
Lorsqu’il fut juste devant lui…
« Une cour, hein. »
Une voix grave, semblable au rugissement d’une bête, résonna.
La créature qui approchait disparut soudain.
Crac. Ce fut le seul bruit.
Privé de ses forces, le Monstre s’effondra.
« Comme il l’a dit, ça va être un festin. »
Le Grand-Duc avançait en mâchant un tentacule qu’il avait arraché d’une manière ou d’une autre.
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