Chapitre 4
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 4 : Un manteau en cadeau
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« C’est pour ma fille, alors comprenez-moi ! Le truc de base chez un mage… vous savez, cette chose-là ! »
Daniel ouvrit grand la bouche. D’énormes crocs, pareils à des poignards, apparurent entre ses lèvres. Ses yeux injectés de sang et sa peau parcourue de veines n’avaient clairement rien d’humain.
« Vous parlez des qualités de base d’un mage ? Désolé, mais je n’ai qu’un cœur, alors je ne peux pas exactement vous le donner. »
« Vous n’êtes pas mage, peut-être ?! »
Galahad lui expliqua calmement pourquoi il refusait, mais Daniel ne semblait pas comprendre.
En claquant la langue, Galahad fit circuler son mana. Des étincelles jaillirent de ses doigts avec violence, s’embrasant l’une après l’autre entre eux.
Les petites étincelles grossirent rapidement en passant entre ses doigts. Galahad plaqua sa main, chargée de ces étincelles amplifiées, contre le ventre de Daniel.
« Kyaaaah ! »
Daniel hurla et se tordit sur place. Les quelques cheveux qui lui restaient sur le crâne se dressèrent. Une odeur de brûlé envahit l’air.
Cela ne dura qu’un instant. Comme si rien ne s’était passé, Daniel se rua de nouveau sur lui.
Le sort avait été lancé à la hâte et manquait de puissance, mais il n’aurait pas dû s’en tirer aussi indemne.
Galahad examina la blessure. Même un chevalier aurait gardé un joli tatouage de foudre après avoir été frappé de plein fouet, et pourtant Daniel était seulement noirci.
« Un Démonide ? »
Tout le monde savait plus ou moins que la magie ne fonctionnait pas correctement sur les Démonides. Après tout, ils étaient à l’origine de la magie.
« Vous aimiez ma fille, vous aussi ! Un homme devrait être prêt à donner son cœur pour l’amour ! »
« Quand ai-je dit que je l’aimais ? Je lui ai seulement enseigné la magie parce que j’avais pitié d’elle. Elle était idiote, mais elle faisait des efforts. Et franchement, je n’aime pas Emma parce qu’elle vous ressemble. »
« Quoi ?! Qui est-ce que vous traitez d’idiote ?! Ne mentez pas ! Je vous ai vu la reluquer ! »
Daniel cria, dévoilant ses longs crocs. Galahad resta bouche bée. Déjà, pour commencer…
« Emma est laide parce qu’elle vous ressemble ! C’est pour ça que je vous ai pris pour elle. »
« Comment osez-vous insulter ma fille ! Je ne peux pas tolérer ça ! Donnez-moi votre cœur en guise d’excuses ! »
« En quoi est-ce ma faute si Emma est laide ? C’est la vôtre. »
Galahad lui expliqua la chose calmement, mais ce Démonide stupide ne voulait rien entendre.
Il dispersa du mana dans l’air. Crac.
Les crocs de Daniel s’immobilisèrent en plein mouvement. Ses yeux injectés de sang roulèrent dans tous les sens. Il avait l’air répugnant.
« Je vais devenir le gendre du Grand-Duc. Vous feriez mieux de vous excuser tant que vous le pouvez encore. »
« Quel gendre ?! Le Grand-Duc déteste les mages ! Et même si vous parvenez jusqu’à lui, vous mourrez dans d’atroces souffrances. Alors, devenez tranquillement la nourriture de ma magnifique fille ! Ce serait bien plus utile ! »
Daniel hurla et remua la main. Il avait dû trouver une faille dans le sort, car ses ongles déchirèrent la magie. Ses longues griffes visèrent l’épaule de Galahad.
Il aurait pu bloquer l’attaque, mais il aurait alors été contraint de se défendre. Après avoir pesé le pour et le contre, Galahad se jeta en arrière et fit tournoyer son mana.
Une douleur aiguë lui transperça l’épaule. Son esprit vacilla un instant, mais le sort ne faiblit pas. Une longue langue de feu jaillit de sa main.
« Arghhh ! Vous lancez du feu sur les gens ! Espèce de mage taré ! »
« Vous m’avez d’abord planté vos griffes ! Ça fait mal, aussi ! »
« Aaah ! Putain ! »
En flammes, Daniel se mit à bondir dans tous les sens.
La douleur brouilla un instant la vision de Galahad, mais son sort frappa Daniel de plein fouet.
Une longue entaille lui barra la poitrine. Sa robe rose se déchira, révélant un torse épais et velu.
Les yeux révulsés, Daniel leva les deux mains. Ses ongles noirs s’allongèrent.
Galahad forma rapidement une coque solide autour de lui. Les griffes de Daniel la brisèrent sans effort. Du mana circulait-il dans ses ongles ? Intrigué, Galahad roula sur le côté.
Une douleur brûlante lui traversa la taille. Les griffes de Daniel l’avaient lacéré.
Les flammes jaillirent de nouveau de la main de Galahad. Daniel poussa un long hurlement. Une odeur écœurante de chair brûlée se répandit dans la pièce.
Galahad pensa soudain à Gilbert. Il lui avait dit de garder les lieux, mais celui-ci n’avait toujours pas montré le bout de son nez…
« Gilbert ! Ce seigneur complètement fou porte une jupe et essaie de me sauter dessus ! La chasteté du futur mari de votre maîtresse est en danger ! »
« Héhéhé… Vous appelez un chevalier à l’aide ? Trop tard pour lui. Je lui ai fait boire un vin très fort. »
Daniel répondit en se frottant le visage à moitié brûlé. Il se gratta avec ses ongles, et sa peau redevint normale.
« J’avais entendu dire qu’il se battait bien. Il s’est déjà fait avoir ? »
C’était le chevalier du Grand-Duc, alors Galahad en doutait, mais un chevalier comme un empereur pouvait mourir d’une épée plantée dans le cou.
Il ne pouvait pas en être sûr.
Dans tous les cas, Gilbert ne viendrait pas à son secours de sitôt. Galahad allait devoir régler le problème lui-même.
Garder des incapables dans les parages ne faisait que vous attirer des ennuis.
En claquant la langue, Galahad se mit à faire circuler son mana pour de bon. Celui-ci tournoya autour de ses doigts. Il avait mémorisé tous les coefficients et toutes les formules ; nul besoin d’incantation.
D’un geste, il fit surgir un long mur de flammes.
« La magie, c’est de la lâcheté ! Battons-nous à la loyale, mage ! »
Daniel avait une forte résistance au mana. Les flammes ne dureraient pas longtemps.
Mais cela suffirait.
Les yeux noirs de Galahad s’assombrirent. Son esprit s’emballa.
Tandis que son mana circulait, les résultats des formules lui venaient à l’esprit. Les sorts se calculaient les uns après les autres.
« Pour ma fille Emma, mage de génie ! »
Les flammes s’écartèrent et Daniel, rôti à point, en jaillit d’un bond.
« Je le répète, Emma n’a aucun talent. Elle est plutôt idiote, si vous voulez mon avis. »
Galahad lui expliqua calmement les choses tout en pointant un doigt vers sa cuisse.
Une Flèche de glace acérée se planta dans la cuisse de Daniel. Au même instant, Galahad fit exploser le mana comprimé.
La Flèche de glace fichée dans la cuisse de Daniel se mit à grossir rapidement. C’était un excellent sort en chaîne, qui aurait impressionné n’importe quel autre mage, mais il ne parvint pas à transpercer la peau de Daniel à cause de sa résistance au mana.
« C’est vous, l’idiot ! Vous êtes un mage qui va chez le Grand-Duc ! »
Daniel ricana et chargea, persuadé d’avoir gagné.
Quel idiot.
La Flèche de glace déséquilibra Daniel. Les griffes qui visaient Galahad passèrent à côté, en biais. Sa frange fut coupée et flotta dans les airs.
Des étincelles jaillirent de la paume de Galahad.
« Ça ne sert à rien ! De la vermine de Démonide comme… Gyaaaah ! »
Daniel poussa un grognement, mais ses yeux restèrent fixés sur Galahad. Comme il l’avait dit, cela ne l’arrêta qu’un instant.
Et c’était suffisant. Galahad posa sa main près du cœur de Daniel.
« Idiot… »
Daniel ne put finir sa phrase.
Ses yeux injectés de sang s’écarquillèrent. Sa bouche s’ouvrit et se referma, mais seuls des souffles informes en sortirent.
« Le mana des Démonides est vraiment leur sang. »
Galahad fit circuler son mana, admiratif. Celui-ci traversa la main qu’il avait posée sur le cœur de Daniel.
Il sentait parfaitement le mana de Daniel. Contrairement à celui des humains, il se répandait dans tout son corps.
Il était plus brut que le mana humain. Il paraissait moins raffiné, plus proche de l’origine du mana, tout en étant de nature semblable.
« Le mana circule des zones où sa concentration est faible vers celles où elle est forte. C’est la loi du mana. C’est pour ça que les Démonides mangent les Démonides plus faibles qu’eux ou les mages. »
C’était un pari risqué. Si la concentration de mana de Daniel avait été supérieure à la sienne, Galahad aurait été en danger.
Mais cette éventualité était mince.
Daniel était furieux que Galahad lui explique tout cela avec calme, mais il ne pouvait pas résister.
Le sang de Daniel réagissait aux gestes de Galahad, comme un chien obéissant…
Il ne comprenait pas. Un humain manipulait le mana d’un Démonide ? Les mages n’étaient que de la vermine et des serviteurs des Démonides. Comment osait-il…
Daniel leva la tête et se figea. Galahad le regardait d’un air calme.
C’était le même regard dénué d’émotion que Galahad avait eu en tenant la main d’Emma et en guidant son mana.
« Oh, alors ça bouge comme ça. »
Le sang de Daniel se déplaça dans un sens puis dans l’autre. La douleur était atroce, mais il ne pouvait même pas crier.
« Est-ce que je peux m’en servir ? Oh, ça marche. Mais la formule est complètement faussée. »
L’avant-bras de Daniel éclata et des étincelles jaillirent. Ce furent des étincelles, et non du sang, qui giclèrent. Galahad poussa une exclamation admirative, toujours aussi calme.
« Tenez encore un peu. Je crois que je vais comprendre après quelques essais de plus. S’il vous plaît. »
Le souffle de Daniel devint brûlant. Puis des flammes sortirent de sa bouche comme s’il vomissait.
« Ça fait mal ? Le mana est votre sang, alors pourquoi ça fait mal ? »
Galahad regarda Daniel et lui posa la question. Le poignet de Daniel avait explosé et il avait vomi du feu, mais Galahad lui demandait si ça faisait mal ? Quelle question stupide !
Puis de violentes étincelles jaillirent de l’autre épaule de Daniel. Une douleur cuisante, assez vive pour lui faire mal jusqu’aux os, le frappa.
« Attendez un peu. Tenez encore un instant. Vous pouvez le faire. Courage. »
Daniel voulait s’effondrer, mais la main de Galahad, agrippée à son épaule, l’en empêchait.
« Avez-vous donné à Emma le cœur d’autres mages ? Vous le lui donniez cru ? Ou rôti ? »
Ah…
La jambe gauche de Daniel se figea. Une étrange liane jaillit de sa jambe droite. Une petite flamme s’alluma dans ses yeux.
Il ne sentait plus la douleur.
« Bon, il est mort. »
Galahad claqua la langue en regardant le corps de Daniel, étendu au sol.
« Les Démonides… Ils sont vraiment intéressants. »
Il s’était laissé emporter par son enthousiasme et n’avait pas su se contrôler. Qu’un Démonide meure aussi facilement…
Ils étaient plus pitoyables que ne le prétendaient les rumeurs.
Pour dissiper sa déception, Galahad glissa une cigarette entre ses lèvres. Son frais parfum de citron chassa l’odeur de viande rôtie.
« Combien de cœurs lui avait-il donnés ? »
Galahad se remémora le mana d’Emma. Daniel avait probablement dû lui en donner au moins quatre, peut-être cinq.
« Il l’avait bien nourrie. »
Tout le monde ici semblait mourir d’envie de manger des mages.
Se souvenant enfin de Gilbert, Galahad marmonna un juron et se dirigea vers la porte.
« Ça va être embêtant s’il est mort. »
Si Gilbert était mort, qui allait le guider, maintenant ? En se dirigeant vers la porte, il aperçut un manteau familier posé à côté.
C’était le manteau à l’allure coûteuse que Daniel portait.
« On dirait que je n’aurai pas besoin d’en acheter un. »
Galahad jeta un coup d’œil à Daniel, puis enfila le manteau. Il tenait bien chaud. C’était déjà ça de pris.
« Merci pour le cadeau. J’en ferai bon usage. »
Galahad remercia Daniel et ouvrit la porte.
« Vous êtes debout de bonne heure. »
Gilbert astiquait calmement son épée, mais le couloir n’avait plus rien à voir avec ce qu’il était auparavant.
Par endroits, il était maculé de rouge et jonché de débris. On se serait cru en enfer.
Quelque chose s’écroula à côté de Gilbert. En regardant mieux, Galahad reconnut Emma.
« Ne vous avais-je pas dit que cet endroit était dangereux ? »
« Je ne pensais pas qu’il le serait à ce point… Le seigneur portait la jupe d’Emma. »
« Ah, ça lui allait bien ? »
« Elle lui allait mieux qu’à Emma. Le seigneur était un Démonide. Enfin, je ne pense pas que c’était un vrai Démonide. »
« Ah, c’était donc un mauvais bougre. »
Gilbert arborait un sourire ambigu. Il semblait essayer de cacher son expression, mais il n’y arrivait pas très bien.
« Il n’en était pas certain, il ne faisait que le soupçonner. »
Peut-être était-ce un endroit que le Grand-Duc surveillait.
Et si le château était de ce genre…
« Pas de chance. Aucune chance. »
Galahad grommela en resserrant son manteau. Au moins, il en avait récupéré un beau.
« Il doit y avoir beaucoup de Démonides dans le Nord, si l’un d’eux peut même devenir seigneur. »
« Vous croyez que seul le Nord en abrite ? »
Galahad eut un rire qui ressemblait à une toux.
À cet instant, il aperçut le soleil qui se levait à travers la fenêtre. Les arbres dénudés, pareils à des squelettes, et l’interminable terre brune ne portaient pas la moindre trace de vie.
Si le Nord était surnommé terre maudite, ce n’était pas pour rien.
Au-delà, des carrosses arborant un blason familier apparurent. C’était celui du Grand-Duc.
« Le Grand-Duc est venu en personne m’accueillir ? »
« Comme si. »
Des soldats sortirent en masse des carrosses. Parmi eux se tenait un bel homme qui avait l’air d’un noble.
L’homme s’inclina devant Gilbert, qui hocha légèrement la tête.
« J’ai fait le travail du Grand-Duc à sa place ? »
Avait-il marqué quelques points ?
Tandis que Galahad marmonnait pour lui-même, son regard croisa celui d’Emma. Elle avait encore les yeux ouverts, comme si elle avait quelque reproche à lui faire. Galahad claqua doucement la langue et lui ferma les paupières. Il ne le faisait pas pour Emma.
« Vous savez quelque chose ? »
« Que voulez-vous dire ? »
« Emma ne ressemble pas à Daniel. »
« … Quoi ? »
À cet instant, des soldats se précipitèrent dans le donjon.
« Ce n’est rien. Allons-y, la route est encore longue. »
Galahad éclata de rire devant l’air stupide de Gilbert.
* * *
Combien de jours avaient-ils passé dans le carrosse ?
Galahad ne pensait qu’aux Démonides.
« Son corps entier était fait de mana. Comme si le mana était leur sang. »
En se servant de son propre mana comme intermédiaire, Galahad avait pu lancer des sorts à l’aide du sang des Démonides.
« C’est nouveau. »
Il n’existait presque aucune recherche sur les Démonides, et il était difficile d’en trouver.
La loi impériale interdisait strictement d’étudier les Démonides, qui avaient failli détruire l’Empire autrefois.
Les mages d’aujourd’hui s’efforçaient également d’effacer toute trace de l’origine démonide de la magie. La Tour de magie interdisait elle aussi les recherches sur les Démonides.
Comme l’Église les surveillait de près, les mages tentaient de garder leurs distances avec les Démonides autant que possible.
Ni la Tour de magie ni l’Empire n’avaient d’autorité dans le Nord. Il y avait bien une Église, mais son influence était faible.
Il allait enfin pouvoir étudier à sa guise les Démonides qui l’avaient toujours intrigué.
Soudain, le carrosse tressauta violemment et s’arrêta.
« Nous sommes arrivés. »
La porte s’ouvrit brusquement. Une chose couverte de fourrure blanche passa soudain la tête à l’intérieur.
« Un yéti ? »
La fourrure bougea et des paquets de neige en tombèrent.
« Vous être Garahad ?! »
L’homme cria dans un impérial maladroit.
« C’est Galahad, pas Garahad. »
« Oui ! Garahad ! Sortez ! »
L’homme lui fit signe. Son bonnet de fourrure battait follement au vent. Galahad prit son sac et descendit du carrosse, mais le vent glacial traversa son manteau.
Le vent était si froid qu’il avait l’impression qu’on le poignardait avec une vraie lame. Dehors, tout était d’un blanc immaculé. Où qu’il regarde, il ne voyait que du blanc.
Galahad fit circuler son mana et resserra son manteau.
« Beau manteau ! »
« Pas vrai ? Un ami me l’a offert. »
« Quoi ?! »
« Un ami ! Me l’a donné ! En cadeau ! »
« Bon ami !! »
Le vent soufflait si fort qu’ils ne s’entendaient pas du tout s’ils parlaient normalement. Ce n’était pas pour rien que l’homme criait si fort.
« Félicitations, vous êtes arrivé au Mur du Nord ! »
L’homme cria, et Galahad se demanda ce qu’il voulait dire.
Il n’y avait rien ici. À quoi étaient-ils arrivés…
L’homme éclata de rire et désigna ce qui se trouvait derrière lui.
Une forme indistincte apparut à travers le blizzard déchaîné. Galahad plissa les yeux.
Ce qu’il avait pris pour une montagne couverte de neige était en réalité un mur immense. Il était si haut qu’il semblait toucher le ciel, d’où son erreur.
L’énorme mur s’étendait si loin qu’il ne pouvait en voir l’extrémité.
On aurait dit qu’il séparait le monde en deux.
« Voici le Mur du Nord. »
Gilbert, désormais vêtu d’un épais manteau, prit la parole.
Son sourire ambigu était un peu agaçant ; Galahad lui lança donc une plaisanterie sans y penser.
« Je vais enfin pouvoir voir ma femme. »
Le visage de Gilbert se figea aussitôt.
Il était vraiment amusant à taquiner.
« La plus belle femme du continent. »
Galahad était un homme, après tout. Il ne pouvait s’empêcher de s’en réjouir.
Notes :
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