Chapitre 23
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 23 : L’échec compétent
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Impressionnant.
Autrefois, la sécurité de la Société de magie noire laissait à désirer. Les informations circulaient si librement entre les branches qu’il n’était même pas nécessaire de le préciser.
Mais désormais, leur sécurité était solide, avec plusieurs niveaux de protection.
Même Galahad eut un peu de mal à franchir la dernière porte.
Trois Pierres magiques y étaient encastrées. À première vue, chacune était au moins de qualité moyenne. Même la porte du Maître de la Tour de magie n’avait rien de tel. Seul le Nord, où les mines de pierres magiques abondaient, pouvait se permettre une telle extravagance.
Le dessin du cercle magique qui reliait les Pierres magiques lui parut étrangement familier.
Le travail de l’ancien.
L’ancien avait fait tout un cinéma à propos de sa retraite, mais il semblait incapable de se défaire de ses vieilles habitudes.
L’ancien est-il dans le Nord ?
Impossible à savoir. Si Galahad était venu seul, la situation aurait pu devenir très compliquée.
Si l’ancien avait conçu cette porte, même Galahad n’aurait pas pu la franchir facilement.
Les honoraires de l’ancien avaient dû coûter une fortune, sans compter les trois Pierres magiques de qualité moyenne. Galahad n’imaginait même pas combien ils avaient dépensé pour leur sécurité.
Je les ai frappés si fort que ça ?
Galahad claqua la langue.
Ils avaient pourtant négligé un détail.
Même avec une sécurité parfaite, les problèmes venaient toujours des gens.
Les gens ne pouvaient pas être parfaits. Encore moins quelqu’un qui avait mis quatre ans à décrocher son diplôme de l’Académie.
« Ah, je garderai votre nom secret pour l’instant. »
Il gardait même le nom de Galahad secret.
La lueur avide dans les yeux de Corton laissait penser qu’il avait une autre idée en tête.
Galahad n’avait aucune raison de refuser, alors il hocha la tête.
« Entrez. »
Corton ouvrit la porte avec assurance.
Malgré la sécurité élaborée, l’intérieur était étonnamment ordinaire.
Tout était gris, comme si personne n’avait pris la peine de décorer. La seule différence entre cet endroit et une prison souterraine, c’était l’absence de barreaux. Le sens esthétique des mages ne méritait guère qu’on en parle.
Des livres traînaient partout, tandis que des silhouettes lugubres en capuche déambulaient. Malgré son nom, la Société de magie noire ressemblait beaucoup à une Tour de magie ordinaire.
Ce qui attira vraiment l’attention de Galahad, ce furent les Pierres magiques éparpillées comme de vulgaires cailloux et les appareils magiques manifestement coûteux.
« Votre matériel est impressionnant. »
« Je vous l’avais bien dit, non ? Nous sommes au sommet de notre prospérité dans le Nord. Nous avons découvert tant de mines de pierres magiques que nous en avons perdu le compte. Et ces imbéciles de Nordiens prennent les Pierres magiques pour des cailloux porte-malheur, alors inutile d’en dire plus. »
Il avait suffi de le titiller un peu pour que son cher camarade de promotion, Corton, lui explique tout. Quel homme serviable.
Alors, ils prospèrent, au contraire.
Galahad s’était donné tant de mal pour les traquer, et voilà qu’ils prospéraient dans le Nord. C’était absurde.
Cette fois, il va falloir que je m’y prenne autrement.
À l’origine, il comptait rassembler suffisamment de preuves, les persuader un par un, puis leur soutirer des informations sur les autres branches. La méthode aurait été plus propre.
Mais la situation ne correspondait pas à ce qu’il avait prévu.
Leur sécurité est trop stricte.
Même Corton, qui semblait occuper un poste plutôt élevé, ignorait où se trouvaient les autres branches. Galahad pouvait bien ouvrir tous les crânes du coin, il n’y trouverait rien d’utile.
Huit lui rapporterait des informations, mais il ne pouvait pas se contenter d’attendre.
Un agent devait toujours creuser deux trous.
« Il nous faut beaucoup de mages pour extraire les Pierres magiques. Nous leur offrons les meilleures conditions. Leur salaire dépasse même ce qu’ils pourraient toucher dans la capitale. »
« Ce sont les mages qui extraient eux-mêmes les Pierres magiques ? »
« Ah, vous ne le saviez pas. Hum. »
Galahad connaissait parfaitement les propriétés et les usages des Pierres magiques, mais ignorait comment on les extrayait.
Non. À vrai dire, il ne s’en était jamais soucié.
Pour Galahad, les Pierres magiques n’étaient que des jouets. Ou des outils d’appoint.
« C’est plus efficace de laisser les mages les extraire. Quand des gens ordinaires s’en chargent, la qualité baisse souvent. C’est pour ça que Mark ne peut pas se passer de moi. »
Galahad hocha la tête en remerciement pour cette explication fort utile.
Voilà pourquoi Mark est resté neutre.
Il fallait des mages pour exploiter les mines de pierres magiques. Même si Corton paraissait suspect, Mark ne pouvait pas se permettre de le laisser partir.
Il ne manque pas de culot.
Dans le Nord, où les mages étaient mal considérés, un commandant de bataillon avait accepté d’en accueillir et était même entré en affaires avec eux. Il fallait plus que du culot pour ça.
Trois mines de pierres magiques valaient bien tout ça.
Galahad soupesa chacun des éléments : la sécurité renforcée, les liens entre Corton et Mark, du cinquième bataillon, et l’exploitation des mines de pierres magiques.
Éliminer purement et simplement la branche entraînerait trop de complications. La conserver, en revanche, présentait d’énormes avantages.
Ils prenaient leur sécurité si au sérieux que Corton ignorait jusqu’à l’emplacement des autres branches.
Cela signifiait que les branches étaient coupées les unes des autres. S’il avalait celle-ci tout entière et la maintenait en activité, les supérieurs auraient du mal à s’en apercevoir.
Mieux vaut garder cette branche intacte.
Galahad hocha la tête.
En maintenant cette branche en activité, il pourrait obtenir des renseignements sur les autres. Il aurait aussi un moyen de pression sur Mark, du cinquième bataillon.
Les mines de pierres magiques lui rapporteraient également une belle somme.
Les frais de bouche de Damian étaient considérables.
Parfait.
Le regard de Galahad s’assombrit.
Une lame n’est jamais mauvaise.
Seuls ses propriétaires peuvent l’être.
Il suffit de savoir en tirer parti.
Les lèvres de Galahad se retroussèrent.
Une voix sèche retentit alors.
« Directeur adjoint Corton, où allez-vous ? »
L’homme avait le visage couvert de taches de rousseur et le regard méfiant.
Une grosse Pierre magique était enchâssée dans le bâton qu’il tenait.
Dans la capitale, un bâton serti d’une Pierre magique était le signe d’un mage qui avait réussi. Ici, pourtant, il ressemblait davantage à un bâton de randonnée.
« Ah, Bart. Je suis occupé, alors écarte-toi. »
« Je n’ai pas été informé qu’un visiteur était attendu aujourd’hui. La Société interdit formellement l’entrée aux étrangers. Si l’information remonte jusqu’aux supérieurs, toute la branche en subira certainement les conséquences. »
Bart dévisagea Galahad de la tête aux pieds en parlant.
Son objection était parfaitement raisonnable. C’était bien là le problème.
Galahad attendit de voir comment Corton allait s’en sortir.
« La ferme, Bart ! Va extraire des Pierres magiques ! Comment oses-tu hausser le ton devant moi, le directeur adjoint ? »
Corton éleva brusquement la voix.
Voilà qui était une solution véritablement révolutionnaire.
« … Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Laisser entrer des étrangers est une affaire délicate. »
« Ce que je dis ne compte donc pas ? Qu’est-ce qu’un petit minable de ton rang peut bien savoir ? »
« Avez-vous consulté vos supérieurs ? »
« Le chef de branche est absent, alors c’est moi, le supérieur ! Je devrais vous rendre des comptes, peut-être ? Vous êtes quelqu’un d’important ? »
« Ce n’est pas ce que je voulais dire… »
« Très bien, alors prends ma place de directeur adjoint ! Je te rendrai des comptes à toi ! »
« … Non. »
Le visage de Bart vira au rouge sous l’effet de l’abus d’autorité éhonté de Corton.
Impressionnant.
Galahad était sincèrement impressionné.
Malgré tout, Bart ne se laissa pas faire si facilement.
« Les étrangers restent dangereux, quoi qu’il arrive. Nous devons nous préparer à toute menace possible… »
« Celui-là n’a même pas de bâton. Quelle menace pourrait-il bien représenter ? »
Galahad écarta son manteau. Il n’avait ni épée ni bâton, seulement une chemise et un pantalon impeccables.
Voilà pourquoi il m’a pris de haut.
Galahad comprit enfin pourquoi Corton l’avait cru facile à maîtriser.
Chez les mages, posséder un bâton serti d’une Pierre magique faisait une grande différence.
Si les mages dépensaient toute leur fortune en bâtons, ce n’était pas pour rien.
Quand ils constatèrent que Galahad n’avait pas de bâton, la méfiance disparut de leurs yeux. Ils semblaient encore plus dépendants des bâtons que les mages de la capitale.
Bart refusa tout de même de céder.
« Il pourrait avoir une grande réserve de mana. Il faut la mesurer. »
« Ha, tu es vraiment pénible. C’est pour ça que tu ne dépasseras jamais le rang le plus bas. »
« Mais nous ne pouvons pas en être certains. »
« Ha, bon. On peut le tester avec un appareil magique ? C’est le même que celui utilisé à l’Académie. »
Galahad hocha la tête.
Le principe de l’appareil de mesure du mana était identique à la méthode qu’employait Galahad lorsqu’il serrait la main de quelqu’un et y envoyait du mana.
L’appareil injectait du mana très concentré, puis évaluait à la louche la quantité totale de mana d’une personne en mesurant ce qu’elle en absorbait dans l’instant.
« Bart, tu ferais mieux de te préparer si tu nous as dérangés pour rien. »
Corton lança un regard mauvais à Bart en ricanant.
Bart fit semblant de ne pas l’entendre et tendit l’appareil de mesure du mana à Galahad.
« Pour l’utiliser, il faut… »
« Je sais. »
Galahad le prit et l’attacha autour de son avant-bras.
Il se remémora la quantité de mana qu’il possédait à l’époque de l’Académie.
Un peu moins que ça, ce serait mieux.
Les appareils de mesure du mana n’avaient jamais été particulièrement fiables.
Même le Bureau du renseignement ne prenait leurs résultats que comme de simples indications.
Pourtant, ces gens semblaient leur faire aveuglément confiance. Entre les bâtons que chaque mage portait et leur dépendance aux appareils de mesure du mana, ils comptaient encore plus sur les outils magiques que Galahad ne l’avait imaginé.
Avec des Pierres magiques en abondance, c’était inévitable.
Même après un an d’entraînement, la magie était moins efficace que le simple fait d’emporter une Pierre magique de plus.
Les gens ne pouvaient pas s’empêcher de choisir la facilité.
Malheureusement, la bonne voie était toujours la plus difficile.
Un mage qui dépend de ses outils.
Galahad refoula son dégoût et ajusta la concentration de son mana.
Vérifier le mana était une seconde nature pour Galahad. Le manipuler en sens inverse afin d’en contrôler la quantité ne lui posait aucune difficulté.
L’appareil de mesure du mana émit une lueur rouge sombre.
Moins il détectait de mana, plus il noircissait. Plus il en détectait, plus il rougissait. Le résultat indiquait un mage ordinaire.
Un mage ordinaire dépourvu de bâton ne semblait pas du tout les menacer.
Corton afficha un rictus. Il était particulièrement doué pour ricaner.
Bart eut l’air un peu soulagé. C’était un subordonné d’une loyauté sincère.
Mais leur cher Corton n’avait aucun flair pour reconnaître la loyauté.
« Je ne vous l’avais pas dit ? Il est là pour une affaire importante ! Et toi, petit minable de ton rang, tu as osé douter de moi ? »
« Non, ce n’est pas… »
« Quoi ? Espèce d’abruti ! Va extraire des Pierres magiques ! Aujourd’hui, ton quota double ! »
Le visage de Bart se crispa sous les cris de Corton.
Il s’éloigna comme s’il fuyait.
Une fin classique pour un subordonné loyal.
Bart.
Galahad répéta son nom à voix basse.
« Ce minable insignifiant se croit tout permis. Ha, puisque le chef de branche est absent, allons d’abord voir les résultats des recherches. Vous aimiez la recherche, non ? »
Corton sourit d’un air satisfait.
Avoir réussi le test de mana semblait l’avoir complètement rassuré.
Il avait manifestement l’intention de garder Galahad bien sous son contrôle, lui aussi.
Et il comptait même lui montrer leurs recherches.
Quel talent.
C’était vraiment un échec compétent.
« Merci. »
Galahad le remercia encore, avec sincérité.
« À quoi servent les camarades de promotion, sinon ? »
Corton lui adressa un grand sourire.
Quel camarade de promotion serviable.
* * *
« J’ai entendu dire que le directeur adjoint avait fait entrer un étranger. »
« Mon Dieu, vraiment ? »
Shern n’en crut pas ses oreilles.
Le directeur adjoint était incompétent, mais sa soif de réussite était immense. Il n’hésitait pas à s’attribuer les mérites de ses subordonnés.
Il était pourtant difficile de le juger totalement inutile.
Corton avait une ambition démesurée et obtenait parfois des résultats aberrants.
C’était lui qui avait négocié avec le commandant du cinquième bataillon. C’est ainsi qu’il était devenu directeur adjoint.
Mais faire entrer un étranger relevait d’une tout autre folie.
« Aussi incompétent soit-il, le directeur adjoint ne ferait pas entrer un étranger sans réfléchir. Il n’a pas son pareil pour se protéger. Ça veut dire que cette personne est assez importante pour justifier qu’on fasse fi de la sécurité. »
À ces mots, tout le monde hocha la tête.
La conversation se tourna vers la personne qu’avait fait entrer le directeur adjoint.
Qui pouvait bien être assez important pour que le directeur adjoint prenne une mesure aussi radicale ?
« Qu’est-ce que vous faites tous là ? »
Un cri familier retentit derrière eux. Le directeur adjoint se tenait là, les épaules rejetées en arrière.
Leur attention se porta naturellement sur la personne à ses côtés.
C’était un bel homme aux cheveux soigneusement tirés en arrière. Il semblait être à mi-chemin entre l’adolescent et l’adulte, mais la fatigue se lisait clairement autour de ses yeux.
Il avait les bras et les jambes longs et fins, mais son allure dégageait une certaine solidité.
Bref, il ressemblait à un noble élégant et séduisant de la capitale.
Mais quelque chose clochait dans son regard. Il était troublant de calme. Comme si…
Shern croisa son regard, puis détourna aussitôt les yeux.
« Shern, montre à cet ami quelques-uns de nos résultats de recherche. »
« … Quoi ? Les recherches ? »
C’était un ordre absurde. Shern était responsable des recherches sur les Démonides, et on lui demandait de les montrer à un étranger.
« Vous allez travailler ensemble, de toute façon. »
« … Oui. »
Le chef de branche était absent, alors personne ne pouvait arrêter Corton. Si Shern hésitait, il n’y aurait que des cris en réponse.
« Fais-lui visiter les lieux un moment. Je vais faire mon rapport et je reviens. »
Shern fut discrètement horrifié que Corton traite les recherches sur les Démonides comme un spectacle.
Shern se dirigea vers le laboratoire avec l’homme dont l’identité restait inconnue.
« C’est un peu en désordre, n’est-ce pas ? Nous n’attendions pas de visite. »
« Ce n’est rien. Le laboratoire d’un mage ressemble à celui d’un autre. »
La façon désuète dont l’homme s’exprimait convainquit Shern qu’il était noble.
« Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est, Shern ? »
Parntal, qui se trouvait dans le laboratoire, plissa les yeux et demanda d’un ton irrité. Son regard perçant se posa sur l’homme.
Parntal ne se gênait même pas pour tenir tête au chef de branche dès qu’il s’agissait de recherche. Shern s’empressa d’expliquer la situation.
« Le directeur adjoint m’a demandé de lui montrer les résultats de nos recherches. »
« À qui ? Ne me dites pas que… »
« Enchanté. C’est bien moi. »
L’homme agita nonchalamment la main et les sourcils de Parntal se froncèrent.
« Il est devenu fou ? Est-ce qu’il sait seulement ce que c’est, la recherche… »
« Continuez ce que vous faisiez. Je vais lui montrer. »
Le froncement de sourcils de Parntal ne s’atténua pas à ces mots.
Ce ne fut qu’après que Shern eut murmuré : « De toute façon, il n’y comprendra rien, même s’il regarde », que Parntal s’écarta.
Quoi qu’il en soit, les recherches de Shern n’étaient pas compréhensibles au premier coup d’œil.
« Mes recherches portent sur le sang des Monstres. »
« Le sang des Monstres ? »
Les lèvres de Shern se retroussèrent à la question de l’homme.
C’était la réaction habituelle quand quelqu’un apprenait que Shern étudiait les Monstres.
Dans l’Empire, les recherches sur les Démonides étaient strictement interdites.
Étudier les Démonides revenait presque à se rebeller. Naturellement, les gens en avaient peur.
Il a souri ?
Les yeux de Shern s’écarquillèrent en voyant les lèvres de l’homme se soulever légèrement.
Mais, en regardant de plus près, son expression n’avait pas changé.
Shern avait dû se tromper.
« C’est le cinquième bataillon qui vous en fournit ? »
« … Ah, oui. Ils utilisent les peaux des Monstres, mais pas leur sang. »
« Comment avez-vous mené vos recherches ? Un appareil de mesure du mana ne pourrait pas analyser le sang des Démonides. »
« Oui, c’est pourquoi nous avons dû créer un appareil de mesure du mana spécialement conçu pour les Monstres… »
L’homme savait que le sang des Démonides contenait du mana et que sa concentration était élevée. Il avait manifestement déjà étudié les Démonides.
« Un appareil de mesure du mana des Monstres ? Vous utilisez des Pierres magiques, mais la concentration est trop faible, donc ça ne pourrait pas marcher, non ? Ah, vous mesurez la vitesse à laquelle le mana s’échappe. Il ne sert qu’une fois ? »
Shern acquiesça à contrecœur aux questions de l’homme.
Shern avait à peine commencé ses explications que l’homme avait déjà déduit le principe de leur appareil de mesure du mana des Monstres. Shern se sentit mal à l’aise, comme s’il avait révélé des informations confidentielles.
« Ça ne consomme pas trop de Pierres magiques ? »
« Ha ! Quelle remarque évidente. Ça consomme trop de Pierres magiques ? Alors, proposez une autre solution ! »
Parntal répliqua sèchement. On lui reprochait sans cesse de consommer trop de Pierres magiques, alors le sujet était sensible.
Mais il n’existait aucune autre méthode que les Pierres magiques. La concentration de mana des Démonides était tout simplement trop élevée.
L’homme fronça les sourcils à la question de Parntal.
Comme s’il ne comprenait pas.
Shern s’apprêtait à ajouter quelque chose quand l’homme demanda :
« Pourquoi ne pas le boire ? »
Sa voix était calme, comme s’il n’avait rien dit d’extraordinaire.
Shern repassa les paroles de l’homme dans sa tête, puis tressaillit de stupeur.
« Vous voulez dire boire le sang des Démonides ?! »
« Pourquoi êtes-vous surpris ? Ce serait plus efficace, non ? Cela réduirait la consommation de Pierres magiques et aurait aussi un effet bénéfique sur le mana. »
L’argument de l’homme était purement théorique.
Mais…
« Boire le sang des Démonides, c’est tellement barbare… »
Boire directement le sang des Démonides était une méthode grossière et barbare.
« Hmm. Il vous faut au moins des Pierres magiques de qualité moyenne pour étudier le sang des Monstres. Vous appelez ça bon marché ? Et le boire ne serait-il pas plus précis et plus efficace ? »
D’une voix calme, l’homme expliqua pourquoi ils devraient boire le sang des Monstres.
« Ha ! Boire le sang des Démonides ? Vous pouvez dire ça parce que vous ignorez à quel point leur mana est concentré ! Combien de mages sont morts ou ont perdu la raison après avoir bu du sang de Démonide ? »
Parntal le réfuta sèchement. Shern hocha aussi la tête.
Combien de personnes étaient mortes pour avoir bu du sang de Démonide ?
L’homme secoua alors la tête.
Comme si cette réponse était fausse.
« Ils ne sont pas morts parce qu’ils ont bu du sang de Démonide. »
L’homme parla de son habituelle voix calme.
Ils sont morts après avoir bu du sang de Démonide, mais pas parce qu’ils en ont bu ?
Shern fronça profondément les sourcils.
Qu’est-ce qu’il racontait ?
« Ils sont morts parce qu’ils n’ont pas supporté le sang des Démonides. »
L’homme l’affirma sans hésiter.
Un lourd silence s’abattit.
Shern se demanda sérieusement s’il avait bien entendu.
Ils sont donc morts après avoir bu du sang de Démonide parce qu’ils n’ont pas supporté ce sang ?
C’était comme prétendre qu’une personne noyée n’était pas morte à cause de l’eau, mais parce qu’elle n’avait pas réussi à en sortir.
Pourtant, la voix calme de l’homme était empreinte d’une conviction inébranlable.
« Le sang des Monstres est moins concentré en mana que celui des Démonides, alors on peut le boire. Tenez, essayez. Il suffit de garder les idées claires. Allez, buvez. »
Comme s’il offrait un verre, l’homme tendit un bol rempli de sang de Monstre.
Le ton sérieux de l’homme fit écarquiller les yeux de Shern, qui faillit les lui faire sortir de la tête.
Dire que le sang des Monstres pouvait se boire parce qu’il était moins concentré en mana que celui des Démonides signifiait que…
Il a bu les deux !!
Shern et Parntal pâlirent.
Corton ! Espèce de taré ! Tu as vraiment fait entrer un mage noir ?!
Shern retint de toutes ses forces le cri qui menaçait de lui échapper.
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