Chapitre 13
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 13 : Ligne de front
──────
« Un Démonide est entré dans le Bureau du renseignement… »
Galahad fit rouler cette phrase amère dans sa bouche.
À première vue, cela signifiait seulement qu’un Démonide avait pénétré dans l’une des planques du Nord, mais…
« Ça ne peut pas être aussi simple. »
Toujours envisager le pire avant d’agir. C’était un adage que l’un des supérieurs de Galahad lui avait enseigné. Malheureusement, ce supérieur avait connu une fin misérable pour n’avoir pas suivi son propre conseil.
« Depuis quand les renseignements du Nord sont-ils compromis ? »
Les Démonides avaient peut-être fait quelque chose pour attiser le conflit entre le Grand-Duc et l’Empire.
Après tout, c’était le Bureau du renseignement qui fournissait à l’Empire les informations dont il disposait.
Pour remonter jusqu’à la source…
« Je vais devoir comparer les renseignements du Bureau sur le Nord à la situation réelle ici. »
Si quelqu’un avait manipulé les choses, il avait forcément laissé des traces.
Tap, tap. Galahad tambourina machinalement des doigts.
« Pourquoi êtes-vous assis sur le siège du cocher ? C’est étroit. »
« Je ne peux pas fumer à l’intérieur. »
« Pourquoi pas ? Vous avez bien fumé tout le trajet jusqu’ici. »
« Damian est là, maintenant. »
« Vous fumiez bien à la taverne, pourtant. »
« Une taverne, c’est pareil qu’un carrosse fermé ? »
Gilbert fronça les sourcils. Il entrouvrit les lèvres comme s’il voulait répondre, puis les referma.
En claquant la langue, Galahad fit tomber la cendre de sa cigarette.
À cet instant, une bourrasque glaciale lui effleura le visage.
« Putain, qu’est-ce qu’il fait froid. »
Ce n’était pas qu’un vent mordant. On aurait dit un vent fait de haches. Heureusement qu’il avait trouvé un manteau avant de partir. Sinon, il aurait dû dépenser tout son mana pour se tenir chaud.
« Bienvenue dans le Nord. »
Gilbert fit claquer les rênes. Les quatre chevaux renâclèrent bruyamment, leurs sabots soulevant l’épaisse couche de neige sous leurs pieds.
Tout autour d’eux était blanc et noir. Le blanc, c’était la neige ; le noir, le sol en dessous.
« Le sol est noir ? »
« Il noircit quand le sang des Démonides le touche. »
« Hmm. C’est lié au mana contenu dans leur sang ? »
« Qu’est-ce que vous racontez ? Parlez impérial. »
« Vous êtes vraiment inculte. Mais vous faites un excellent chevalier. »
Gilbert détourna brièvement la tête. Galahad se replongea dans ses pensées.
Les Démonides et le mana, et la capacité d’Adrianna à brûler le mana…
Tout cela était fascinant à en devenir fou.
« … Qu’est-ce que vous comptez faire ? »
La question de Gilbert interrompit le fil de ses pensées.
« Comment ça ? »
« Nous rencontrerons encore plus de résistance une fois arrivés en première ligne. »
« L’opposition, c’est le lot des génies. »
Gilbert fronça profondément les sourcils. Il avait l’air de croire à une plaisanterie. Galahad esquissa un sourire amer.
Une fois arrivés en première ligne, la première chose qu’il devrait faire serait de…
« Étudier Adrianna. »
Comparés à l’importance d’Adrianna, les Démonides ne comptaient pour rien.
C’était Adrianna qui comptait le plus, à présent.
Après avoir voyagé quelque temps, Galahad découvrit un spectacle inattendu.
« Vous n’avez pas dit qu’on allait en première ligne ? »
« Si, c’est bien la première ligne. Plus précisément, le quartier général. »
« En quoi ça ressemble à une ligne de front ? On dirait une ville. »
D’innombrables maisons se serraient les unes contre les autres. Des tours s’élevaient çà et là parmi elles.
L’endroit était plus vaste et plus peuplé que le château du Grand-Duc. Comment pouvait-on appeler ça la première ligne ?
« La plupart des troupes sont postées en première ligne, alors les gens se sont rassemblés autour d’elles. Et comme vous le voyez… »
Gilbert tira sur les rênes. Les chevaux renâclèrent de nouveau.
« L’endroit s’est développé. »
C’était beaucoup trop grand pour qu’on puisse balayer ça d’un simple : « Et voilà, l’endroit s’est développé. »
« Ce n’est pas dangereux d’habiter près de la ligne de front ? »
« Si cet endroit tombe, peu importe où vous vous trouvez dans le Nord. »
Hmm. Galahad hocha la tête. C’était vrai. Mais est-ce que ça pouvait réellement fonctionner ainsi, en pratique ?
Il aperçut alors un groupe de soldats. L’homme qui marchait en tête portait un manteau singulier. Le cuir était épais, mais il ne provenait ni d’un loup ni d’un ours.
« C’est un manteau en peau de Monstre. »
« Un Monstre ? »
« Oui. Les Monstres sont une sorte de Démonides. Ils ont l’apparence de bêtes et ne sont pas intelligents, mais leur peau est assez épaisse pour repousser même les attaques des Démonides. C’est pourquoi on en fait des manteaux et des armures pour la ligne de front. »
Une armure en peau de Monstre…
Pour un mage comme Galahad, l’idée n’avait rien de réjouissant.
Un soldat s’approcha. En voyant Gilbert, il le salua bruyamment. Le respect se lisait sur son visage.
« Et cette personne, c’est… ? »
Le soldat se tourna vers Galahad.
« Voici Galahad. Il va devenir le mari d’Adrianna. »
L’expression du soldat changea aussitôt. On aurait dit que Galahad venait d’insulter ses parents. Le soldat repartit en courant et cria quelque chose aux autres. L’ambiance n’était pas bonne.
« Pourquoi décontractez-vous vos doigts ? »
« J’ai appris qu’un éclair était plus efficace que cent mots. »
« … Surtout pas. »
Au moment où les doigts de Galahad commencèrent à le démanger, on laissa passer le carrosse.
Une fois entré dans la forteresse, Galahad fronça les sourcils.
C’était bruyant de partout. Des tavernes étaient éparpillées dans toute la ville, et des hommes se battaient à coups de poing devant elles. Les gens formaient des cercles autour d’eux, lançaient des pièces et pariaient. Ailleurs, quelqu’un criait qu’on lui avait volé sa bourse et poursuivait le voleur.
On aurait dit qu’il n’y avait aucune loi ici.
Ou alors, ils avaient tué la loi.
Soudain, un cheval renâcla bruyamment. De la salive jaillit de sa bouche et éclaboussa un homme sur le bord de la route.
« Quel enfoiré… ! »
Gilbert repoussa nonchalamment du pied l’homme qui fonçait sur lui.
L’homme roula sur la neige à moitié fondue. Il se releva un instant plus tard, épousseta ses vêtements et reprit son chemin.
« Bienvenue sur la ligne de front du Nord. »
Gilbert sourit en essuyant le sang de ses bottes.
* * *
Galahad et Gilbert installèrent Gwen, Damian et Tom chez Gilbert avant de se rendre au quartier général.
Il y avait plus de soldats et de carrosses qu’à l’accoutumée aux abords du quartier général. Les carrosses de tous les bataillons étaient également là.
La preuve que les commandants de chaque bataillon s’étaient réunis.
« On dirait qu’ils tiennent un grand conseil. »
« Un grand conseil ? »
« Une réunion des commandants. Ce n’est pas la période habituelle, il a donc dû se passer quelque chose. »
« Je suis en retard, alors. »
Gilbert renâcla à la plaisanterie de Galahad.
On arrêta Galahad à l’entrée.
« Le personnel non autorisé ne peut pas entrer. »
Un soldat au manteau de fourrure hirsute s’adressa à Galahad en le dévisageant. Il prétexta qu’ils n’avaient reçu aucune information à son sujet.
Il était impossible que le quartier général n’ait pas encore reçu le rapport. C’était une obstruction manifeste.
Ils se comportaient comme des gamins.
Gilbert fronça les sourcils.
Cela dit, leur obstruction était plutôt efficace.
Le problème, c’était qu’ils s’en prenaient à Galahad.
Comme prévu, Galahad ne montra aucun signe de vouloir céder. S’il intervenait, les choses risquaient de dégénérer. Gilbert prit donc les devants.
« Voici Galahad, commandant de l’Unité des opérations spéciales. Allez-vous assumer la responsabilité s’il ne peut pas assister à la réunion ? »
« Aucun Galahad ne figure sur la liste des invités. Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un de ce nom. »
La réponse du soldat était parfaitement raisonnable.
Après un moment d’hésitation, Gilbert saisit discrètement la poignée de son épée. Galahad l’arrêta.
« Ça suffit. Vous êtes un excellent chevalier. Contentez-vous d’utiliser votre épée. Moi, je vais me servir de ma tête. »
Galahad s’avança.
« Vous ne me connaissez pas ? Quand vous avez entendu mon nom, vous n’avez pas froncé les sourcils ? »
Le soldat pinça les lèvres et détourna le regard.
« Hmm. Vous avez reçu des ordres de vos supérieurs ? L’ordre de ne pas laisser entrer quelqu’un du nom de Galahad ? »
« Ça n’est jamais arrivé. »
« Vous n’avez aucun talent pour mentir. »
Galahad fit tomber la cendre de sa cigarette. La cendre, en tombant, fit légèrement fondre l’épaisse couche de neige.
« Venez ici ! »
Galahad cria et brandit quelque chose. C’était un document portant le sceau du Grand-Duc. Ses doigts dissimulaient habilement la partie où l’on pouvait lire « Avis de convocation ».
Alertés par son cri, les soldats accoururent en panique. Leurs visages blêmirent.
« Une réunion importante est en cours ! Baissez la voix ! »
« Voici un document de Son Altesse le Grand-Duc. Mettez-vous à genoux et écoutez. »
Galahad leur tendit fièrement le document. Les visages des soldats tressaillirent à la vue du sceau du Grand-Duc.
« Veuillez patienter un instant. Nous allons en informer nos supérieurs. »
Un soldat qui semblait être leur supérieur s’avança. À son expression, il était évident qu’il comptait seulement faire semblant de transmettre le message.
« Y a-t-il quelqu’un à l’intérieur dont le rang dépasse celui de Son Altesse le Grand-Duc ? »
« … Quoi ? »
« Puisque vous empêchez quelqu’un d’exécuter un ordre direct de Son Altesse, il doit bien y avoir quelqu’un de plus haut rang à l’intérieur ! Sa Majesté l’Empereur est-elle ici ? Ce n’est vraiment pas le moment ! »
À la mention de l’Empereur, le soldat sursauta et secoua la tête.
« N-Non ! Il n’est pas là ! »
« Je vois. Alors, qu’est-ce qui vous donne le culot d’arrêter quelqu’un qui agit sur ordre de Son Altesse ? »
Galahad parla à voix basse. Il avait toujours un ton calme et détendu, mais sa voix recelait une force étrange.
Les soldats échangèrent des regards pressés. Lorsque Galahad fit un pas en avant, ils s’écartèrent.
Comme si c’était tout naturel, Galahad passa entre eux d’un pas assuré.
« Ce n’était pas l’avis de convocation de l’Unité des opérations spéciales ? »
« C’est ce que je leur ai dit. Ils se sont écartés d’eux-mêmes. »
« Ah, je vois. »
C’était une excuse éhontée, mais Gilbert hocha la tête.
« Vous savez où se trouve la salle de réunion ? »
« Par là. »
Alors que Gilbert le guidait, il se rendit soudain compte que les commissures de ses lèvres s’étaient relevées.
Gilbert les rabaissa précipitamment.
* * *
« Récemment, un grand nombre de Monstres sont descendus près du mur de la ville. Quatre tours de guet sous la responsabilité du quatrième bataillon ont été occupées. En temps normal, les Monstres regagnent rapidement leur territoire, mais cette fois, ils ont pris position autour des tours de guet sans bouger. »
« … J’ai appris que Galahad était arrivé. »
Mark, commandant du cinquième bataillon, hocha la tête au rapport de Lumian.
Les autres commandants avaient eux aussi reçu des rapports. Seule Adrianna, la plus directement concernée, gardait le silence.
Ses subordonnés avaient dû l’arrêter. La loyauté excessive du premier bataillon envers Adrianna était de notoriété publique.
Adrianna ne s’était jamais intéressée aux détails insignifiants. Les seuls à susciter son intérêt étaient les Démonides.
« Alors pourquoi n’est-il pas venu dans la salle de réunion ? »
« Les soldats l’en ont empêché. »
« Ils l’en ont empêché ? Qu’est-ce que… »
À cet instant, Mark remarqua le sourire moqueur du commandant du sixième bataillon.
« Encore cet idiot… »
Une telle stupidité lui inspira du dégoût. Leur cible était quelqu’un envoyé par la Famille impériale. Ils avaient perdu la tête pour essayer de l’arrêter ?
Mark se gratta la joue avec irritation. Alors qu’il commençait à se lever, son adjudant, Lumian, le retint.
« Où allez-vous ? »
« Je dois le faire entrer. Il a été envoyé par la Famille impériale et va devenir le Consort d’Adrianna. »
« Vos relations avec les autres commandants sont déjà mauvaises. Vous comptez vous les mettre tous à dos ? »
Mark fronça les sourcils à la réprimande de Lumian.
« Alors vous me dites de rester là à les regarder refouler à la porte quelqu’un envoyé par la Famille impériale ? »
Mark repoussa la main de Lumian et se leva. Tous les commandants tournèrent les yeux vers lui.
Mark renâcla et se dirigea vers la porte. Au moment où il saisit la poignée, la porte de la salle de réunion s’ouvrit à la volée.
« Je ne l’ai pas ouverte si violemment. »
Son regard croisa alors celui de la personne qui se tenait de l’autre côté.
C’était un jeune homme à la chevelure soigneusement rejetée en arrière et à l’allure avenante. Son regard était bien trop profond pour son âge, ce qui lui donnait un air singulier. Il paraissait à la fois jeune et mûr.
Derrière lui se tenaient des soldats au visage blême.
Cette élégance, si déplacée dans le Nord, fit comprendre à Mark qu’il s’agissait de Galahad.
« Merci d’avoir ouvert la porte. Pourriez-vous vous écarter un instant ? »
À la demande polie de l’homme, Mark s’écarta, l’air abasourdi.
« Enchanté. Je suis Galahad, commandant de l’Unité des opérations spéciales. Désolé pour mon retard. La route était bloquée. »
L’homme entra par la porte ouverte et se présenta avec assurance.
Une pression tranchante envahit la pièce. Les expressions des commandants se crispèrent.
« Le grand conseil est en cours. »
Le commandant du sixième bataillon prit la parole d’un ton venimeux.
« Je sais. Je ne viens pas de m’excuser pour mon retard ? Ne soyez pas si dur. »
Galahad s’exprimait avec une aisance désinvolte. Son ton condescendant lui venait naturellement.
« Asseyez-vous. »
Alors que l’atmosphère commençait à se tendre, Adrianna prit la parole d’une voix neutre.
« Ça fait longtemps, épouse. »
Galahad s’assit naturellement à côté d’Adrianna. Elle se contenta d’incliner légèrement la tête.
« … Contrairement à ce que nous craignions, les Monstres ont regagné leur territoire. Deux tours de guet ont été détruites pendant l’opération et ne peuvent plus servir. C’est assez étrange, nous devons donc mener une enquête approfondie. »
Le commandant du quatrième bataillon poursuivit son rapport.
Galahad leva haut la main droite. Tous les regards se tournèrent de nouveau vers lui.
« Je suis arrivé en retard et j’ai manqué le début. Vous pourriez répéter ? »
Quelqu’un d’autre répondit.
« Plus de Monstres que d’habitude ont franchi le mur de la ville. Ils ne sont pas non plus retournés immédiatement sur leur territoire. »
Adrianna expliqua calmement. Le silence tomba aussitôt dans la salle de réunion.
La personne qui se tenait derrière Adrianna affichait une colère croissante. Sa main reposait sur la poignée de son épée.
« C’est étrange qu’ils soient restés avant de repartir. Ils ont peut-être installé quelque chose autour des tours de guet. »
« Les Monstres ne sont pas intelligents, c’est donc peu probable. Mais ça vaut quand même la peine de vérifier. »
La suggestion était plausible et les autres commandants hochèrent la tête.
« Le quatrième bataillon n’a pas de personnel à consacrer à l’enquête, puisqu’il doit remettre les tours de guet en état. Il nous faudrait de l’aide pour vérifier. »
Le commandant du quatrième bataillon s’exprima en fronçant les sourcils. On traitait les Monstres comme des prédateurs ou des bêtes sauvages. C’était une manière détournée de dire qu’ils n’avaient pas le temps de s’en occuper.
« Les autres bataillons ne manquent-ils pas aussi d’effectifs ? »
Le commandant du sixième bataillon parla d’un ton agaçant en fixant Galahad.
Demander à quelqu’un qui venait tout juste d’arriver sur la ligne de front d’enquêter sur les Monstres…
C’était une provocation flagrante. Les autres commandants claquèrent discrètement la langue.
Galahad, peut-être inconscient de l’intention derrière cette proposition, hocha la tête. Il avait même l’air ravi.
« Alors l’Unité des opérations spéciales s’en chargera. Mais nous ne savons pas encore très bien quelles sont nos fonctions, alors j’apprécierais que quelqu’un puisse nous aider… »
Au moment où Mark s’apprêtait à lever la main…
« Je vous accompagnerai. C’est sur le chemin du retour. »
Adrianna parla de sa voix neutre.
La salle de réunion, jusque-là bruyante, devint si silencieuse qu’on entendait respirer.
* * *
Flash !
« N-Non… »
Un éclair traversa de nouveau l’esprit de Gwen, qui ferma les yeux très fort.
Le balai qu’elle tenait lui échappa et heurta le seau d’eau.
L’eau se répandit sur le sol et le transforma aussitôt en un vrai désordre, mais Gwen ne s’en aperçut même pas.
Son esprit était concentré sur une seule chose.
[Châtiment divin.]
Le sort que Galahad lui avait montré refusait de quitter ses pensées.
Elle le voyait même les yeux fermés, et il revenait sans cesse la hanter jusque dans son sommeil.
En chemin, elle n’avait même pas réussi à adresser un mot d’encouragement ou une plaisanterie à Damian et Tom, ses cadets.
« Non. La magie est maudite. C’est cette malédiction qui a mené ma vie jusque-là… »
La magie l’avait poursuivie et tourmentée toute sa vie. Si Gwen en faisait usage, les enfants qui lui étaient chers se retrouveraient sûrement en danger.
Elle ne pouvait pas s’en servir.
Pour protéger ces enfants adorables qui comptaient sur elle.
Mais pourquoi…
« Pourquoi est-ce que je continue à le voir ?! »
Son cœur se mettait même à battre la chamade chaque fois qu’elle y pensait. Il battait si vite qu’elle craignait qu’il n’explose.
Elle essayait désespérément de détourner son esprit de cette idée, mais plus elle s’y efforçait, plus elle revenait la hanter.
Si cela devait arriver de toute façon…
« Et si je l’utilisais, juste pour en finir ? »
Gwen secoua la tête après cette pensée tentante.
Elle devait tenir bon.
Au moins pour ses enfants…
Elle pouvait tenir bon.
* * *
Tom monta appeler Gwen et s’immobilisa, figé.
Tom n’appelait Gwen « supérieure » que pour plaisanter. Galahad l’appelait aussi ainsi, sur le ton de la plaisanterie, et elle n’était même pas soldate. Ce n’était qu’une simple domestique.
Pourtant, elle avait un cœur si bon qu’elle en était presque naïve, et elle prenait soin de lui en l’appelant son cadet. Alors, il la suivait sans se plaindre.
Cette même Gwen balayait le sol, enveloppée d’éclairs.
C’était sans aucun doute la magie dont Galahad s’était servi.
Elle était entourée de ça pendant qu’elle nettoyait ? Pourquoi ? C’était une mage ?
Malgré sa confusion, Tom se redressa aussitôt.
« Ah, cadet Tom ! Je vais nettoyer l’étage ! Descends te reposer ! »
« … Oui ! Je vais obéir à vos ordres ! »
Tom se prosterna à la hâte.
En descendant l’escalier, Tom ferma les yeux très fort.
« Elle avait dit qu’elle était domestique… »
Une petite tueuse, une domestique mage, le chevalier Gilbert et même le commandant, le plus suspect de tous…
Tom se demanda sérieusement s’il était censé être là.
Malheureusement, Tom n’avait pas le choix.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>