Chapitre 11
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 11 : Pierre et magie
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« Vous avez l’air un peu surpris ? »
« Pour être honnête, oui. Je ne m’attendais pas à ce que vous soyez une Démonide. »
La femme lui tira la langue d’un air moqueur. La concentration de mana augmentait de seconde en seconde, jusqu’à ce que Galahad en sente le poids poisseux sur sa peau.
« C’était une Démonide. Ça ne pouvait pas plus mal tomber. »
Galahad fit semblant de rester calme, mais son cœur battait à tout rompre. Le mana affluait en lui.
La seule bonne nouvelle, c’était que la femme avait baissé sa garde.
Sachant que Galahad était un mage, elle ne pouvait s’empêcher de relâcher sa vigilance.
Si les Démonides étaient considérés comme les ennemis naturels des mages, ce n’était pas pour rien. Leur sang était du mana à l’état pur.
Et sa concentration était incroyablement élevée.
La magie ordinaire ne pouvait pas blesser une Démonide. Il devait concentrer son mana davantage que celui du sang des Démonides. Il lui en faudrait assez pour fumer environ deux Cigarettes de mana…
« Pour être honnête, je pensais que vous étiez un infiltré de la Fédération. Ces salauds sont plutôt assidus, eux aussi. »
Le mana tourbillonnait de plus en plus vite. Il le comprimait en le faisant tourner.
Crrr…
La compression excessive produisit un grincement. C’était le signe d’une surcharge de mana. Le mana lourd du Nord l’envahissait de l’intérieur.
Galahad jeta un coup d’œil derrière lui.
L’homme à l’air stupide avait disparu. Il attendait probablement devant la porte.
Prêt à s’emparer de quiconque en sortirait vivant.
Tac.
Un petit bruit résonna près du cœur de Galahad. La Compression du mana avait atteint sa limite.
« Alors, vous allez me supplier de vous laisser la vie sauve ? »
« Vous m’épargneriez si je le faisais ? »
« J’y réfléchirai. »
« Dans ce cas, je ferais mieux de vous supplier. »
La femme ouvrit de grands yeux, visiblement étonnée qu’il la supplie vraiment. Puis son sourire s’élargit.
« Ahahaha ! Quel idiot ! Vous croyiez vraiment que je vous épargnerais ? Vous êtes mignon, vous savez ? »
Sa langue effleura le visage de Galahad. Les pointes acérées qui la recouvraient lui égratignèrent la joue.
Une douleur cuisante se répandit en lui, mais Galahad sourit.
La distance était assez courte. La femme riait bêtement et son mana était comprimé à l’extrême.
« Maintenant. »
Un vent sans forme jaillit de la main de Galahad.
« … Hein ? »
En une fraction de seconde, la femme se tordit de côté.
Une longue entaille apparut derrière elle, creusant profondément le mur de la planque.
« Merde. Je visais votre cou. »
Boum.
Le bras droit de la femme roula sur le sol.
C’était son atout, et il n’avait réussi qu’à lui prendre un bras. Quel gâchis.
Galahad soupira tout bas.
Elle avait esquivé à la dernière seconde. Les Démonides étaient peut-être sensibles au mana. Galahad retint l’information.
« Aaaah ! Comment osez-vous, vous… ! »
« C’est vous qui avez menti la première. Moi aussi, je suis en colère. »
« Crève ! »
La femme balança violemment sa main restante. Une force condensée et invisible en jaillit.
« Une masse de mana ? »
C’était une masse de mana pur.
Une masse de mana ! Les yeux de Galahad brillèrent. Réprimant son excitation, il écarta les doigts. Le mana s’embrasa entre eux et prit de l’ampleur. Il le comprima autant que possible.
Une barrière translucide se forma devant lui.
Boum !
Malgré sa densité considérable, la masse de mana brisa aisément la barrière et le frappa à l’épaule.
Galahad s’écrasa contre le mur. Une douleur aiguë lui transperça le dos.
« Argh… ! »
Un gémissement lui échappa.
« Elle m’a lancé du mana directement dessus. C’est ça, les Démonides ? »
Il avala la salive qui lui emplissait la bouche.
« Intéressant. »
Et ça, alors ?
« Ignition. »
Galahad murmura doucement et claqua des doigts.
Une explosion éclata près du visage de la femme. Elle était toute proche, mais ne fit que lui tourner légèrement la tête.
« La magie de base ne marche pas sur elle. »
Pour blesser une Démonide, il devait comprimer le mana à l’extrême, comme tout à l’heure.
Il lui faudrait fumer environ deux Cigarettes de mana, mais la femme n’avait pas l’air assez patiente pour attendre.
« Espèce de salaud fuyant ! Crève ! »
La femme balança plusieurs fois la main. Des attaques lourdes et invisibles fusèrent vers Galahad.
L’excitation qui lui montait à la tête accéléra ses pensées. Du mana non comprimé ne pouvait arrêter ces attaques qu’un instant.
« Il faut que je réduise la taille. »
Galahad tordit la main. Il comprima le mana autant que possible, puis réduisit la taille du sort lui-même.
C’était une astuce, mais elle produirait un effet similaire. Le problème, c’était que sa portée devenait beaucoup trop faible.
Pour s’en servir, il devait être aussi précis et adroit qu’un chevalier maniant son épée.
La minuscule barrière dévia la force, et Galahad se tordit en même temps.
Fouuush.
Le vent comprimé faillit lui faire éclater les tympans.
Le mur derrière lui trembla violemment. Une énorme balafre entailla la pierre robuste.
« La moindre erreur et je suis mort. »
Galahad s’efforça désespérément de garder son sang-froid. L’excitation était un poison pour un mage.
« Impossible d’attaquer comme ça. La portée est trop faible. »
Dès que la distance augmentait, sa capacité à maîtriser le mana diminuait, ce qui rendait toute attaque impossible.
Peut-être méfiante, la femme ne bougea pas de sa place. Elle maintint ses distances et continua de lui lancer des forces informes.
Même les dévier faisait vaciller son mana. Une sensation grisante se répandit au bout de ses doigts.
Une pierre tomba alors du plafond. La femme fronça les sourcils, agacée, quand elle la reçut sur la tête.
Elle pouvait repousser la magie, mais une simple pierre l’agaçait. Galahad trouvait absurde que la magie semble moins efficace que des cailloux.
« Je vois. Si la magie est moins efficace qu’une pierre, alors je n’ai qu’à utiliser une pierre. »
Galahad regarda autour de lui.
L’intérieur de la planque était remarquablement solide. Les forces informes n’avaient beau cesser de la frapper, elles ne faisaient que fissurer les murs.
Grâce à ça, le sol était jonché de pierres de la taille d’un poing.
« Ignition. »
Galahad visa à côté de la femme et claqua des doigts. Une explosion éclata sous ses pieds.
« Pauvre idiot… »
Croyant que le sort avait raté sa cible, la femme ricana.
Une pierre jaillit alors du sol et la frappa au visage. Sa tête pivota comme si elle venait de recevoir une gifle.
« Salaud… ! »
Le visage de la femme se remplit de haine.
Galahad claqua des doigts à plusieurs reprises. Les explosions se succédèrent.
En temps normal, ces sorts n’auraient pas pu la blesser.
Mais cette fois, c’était différent.
« Argh ! Espèce de mage débile ! »
Agacée, la femme reçut des pierres de toutes parts.
« Intéressant. »
Galahad était stupéfait par cette nouvelle façon d’utiliser la magie. C’était ça, son charme : ses applications étaient sans limites. Comment aurait-il pu ne pas l’aimer ?
« Ouh là, ne bougez pas ! Je règle ma visée ! »
Galahad roula sur le sol tout en claquant des doigts.
Lancer des sorts en roulant par terre. Les autres mages se seraient évanouis devant un tel spectacle, mais pour un agent de terrain comme Galahad, c’était le quotidien.
Cette fois, une pierre volante frappa la femme au nez. Elle s’immobilisa un instant.
Son nez proéminent s’écrasa et du sang se mit à couler. Son visage se déforma, prenant un air démoniaque.
Déjà laid, son visage le devint encore plus.
Galahad allait lui dire qu’elle allait finir par avoir des rides…
« Je vais te tuer ! Je vais te tuer ! »
La femme balança la main. Une force informe jaillit avec violence.
Sa puissance n’avait plus rien à voir avec celle de tout à l’heure.
« Bon sang… »
Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
La force informe explosa tout autour de lui. C’était une catastrophe invisible.
Le plafond trembla, le sol se fendit, d’épaisses entailles apparurent partout et tout vola en éclats.
Il suffisait qu’une seule attaque le touche pour que tout soit fini. Aucune barrière ne pouvait bloquer une telle puissance. Tous ses poils se dressèrent.
Il se concentra si intensément que des vaisseaux sanguins éclatèrent dans ses yeux.
La main de la femme s’immobilisa. Peut-être s’était-elle elle aussi épuisée, car elle respirait avec difficulté.
Les environs n’étaient plus que ruines. Toutes ces jolies pierres étaient réduites en poussière, sans laisser la moindre trace.
Elle avait détruit toutes les pierres. Une méthode rudimentaire, mais efficace.
« Qu’est-ce que tu peux faire, maintenant ? »
Ayant repris son calme, la femme sourit. Son visage débordait d’assurance.
Réprimant son désespoir, Galahad réfléchit :
« Qu’est-ce que je peux faire, maintenant ? »
Son esprit s’emballa. Il se rappela ce qui s’était passé avec ce seigneur pervers. Il se rappela aussi la main électrisante d’Adrianna.
Il ne savait toujours pas comment reproduire la méthode d’Adrianna.
Mais le seigneur pervers…
« Ah, j’ai ça. »
Le regard de Galahad se posa sur un endroit.
Une nouvelle méthode lui vint à l’esprit.
Ça avait l’air plutôt amusant.
* * *
« J’ai été blessée par de la magie. »
Karntula, une Démonide, se mordit les lèvres.
Si les autres Démonides apprenaient qu’elle avait perdu un bras à cause de la magie, elles se moqueraient d’elle toute sa vie.
« J’ai failli mourir. »
Sans ce pressentiment qui l’avait traversée à la dernière seconde, elle aurait eu la tête tranchée.
Pour un mage, il était extrêmement pénible. Lui couper le bras et l’attaquer en lançant des pierres à l’aide d’une magie étrange : rien de tout cela n’était prévisible.
Malgré tout, il était mage et elle, Démonide.
Il avait beau se débattre, l’issue était décidée depuis le début.
Karntula ne baissa pas sa garde. C’était lui qui lui avait tranché le bras.
En gardant ses distances, Karntula le roua méthodiquement de coups.
Bientôt, il chancela. Il avait l’air lamentable. Couvert de poussière et de boue, il était constellé de plaies et d’égratignures. C’était un miracle qu’il tienne encore debout.
« J’en ai assez. »
Elle n’avait eu du mal qu’à cause de ses méthodes étranges. La perte de son bras au début n’était qu’une conséquence de son imprudence.
Elle balança légèrement la main, mais il ne parvint pas à esquiver. Il s’effondra lourdement sur le dos.
L’homme tenta de se relever, mais, à court de forces, il retomba.
La douce odeur du sang donna le vertige à Karntula.
« Vous êtes plutôt impressionnant. Vous êtes un mage, et pourtant vous m’avez poussée jusque-là. Incroyable. »
Elle le pensait vraiment. Peu importaient ses méthodes bizarres, c’était impressionnant qu’un mage ait donné autant de fil à retordre à Karntula.
L’homme étendu au sol cracha du sang. Il semblait sur le point de mourir.
« C’est fini. »
Alors seulement, Karntula s’approcha lentement.
En observant l’homme qui tressaillait, Karntula se lécha les lèvres. Par quoi allait-elle commencer ? La tête ? Ou les jambes ?
« Non, comment pouvez-vous mourir pour si peu ? Tenez encore un peu. Vous êtes meilleur vivant. »
« Désolé, mais je suis plus difficile à tuer que j’en ai l’air. »
L’homme releva péniblement la tête. Karntula croisa son regard et ressentit un étrange décalage.
« Ces yeux… »
Il était clairement acculé, mais son regard restait calme.
Il leva la main. Une grosse pierre se trouvait dessous. D’une manière ou d’une autre, il l’avait aiguisée comme une lame.
« Il l’avait cachée… »
Mignon.
Karntula ricana et leva le bras devant son visage.
« Imbécile. Combien de fois vas-tu répéter la même astuce ? »
Boum !
Une explosion retentit. La chaleur chatouilla le corps de Karntula.
Ce n’était qu’une pierre. Elle ne pouvait pas transpercer son bras.
Tant que sa tête restait intacte, Karntula gagnerait.
Après avoir ricané un moment, Karntula sentit soudain que quelque chose clochait. Elle ne ressentait que de la chaleur, pas de douleur.
Elle s’était peut-être inquiétée pour rien à cause de son regard. Elle claqua la langue et baissa le bras.
Mais l’homme avait disparu. Il se trouvait juste à ses pieds. S’était-il enfui dans cet état ? Croyait-il pouvoir s’échapper ?
Elle entendit alors quelqu’un tousser derrière elle. Karntula se retourna, incrédule.
L’homme se tenait à l’endroit où Karntula était encore quelques instants plus tôt.
« Comment a-t-il pu se déplacer aussi vite dans cet état ? »
La réponse apparut bientôt. Les profondes brûlures qui balafraient son dos l’expliquaient.
« … Il a déclenché un sort dans son propre dos pour se propulser ? »
Il avait utilisé sur lui-même la méthode qui lui avait servi à lancer des pierres sur Karntula.
« Espèce de taré. »
Karntula lâcha un juron devant son incroyable ténacité.
L’homme tenait quelque chose dans sa main. C’était le bras de Karntula, celui qu’il lui avait tranché tout à l’heure.
« Ce n’est pas mon genre, mais… »
Il leva le bras coupé bien haut et le serra de toutes ses forces.
Du sang rouge coula de la plaie et le recouvrit entièrement.
Un mage qui buvait le sang d’une Démonide.
Pour la première fois, Karntula fut effrayée par cette vision grotesque. C’était incompréhensible.
L’homme couvert de sang fixa Karntula.
Une émotion apparut dans ses yeux, qui étaient restés calmes jusque-là.
C’était…
Une extase contenue.
Karntula recula d’un pas devant le désir manifeste dans son regard.
Ce ne fut qu’après coup qu’elle se rendit compte qu’elle avait reculé, et son visage se tordit.
Une Démonide comme elle avait eu peur d’un mage.
L’homme balança alors la main. Le sang qui la recouvrait fusa en une longue traînée.
Le monde se souleva soudain.
« … Hein ? »
Non, c’était le niveau de ses yeux qui avait baissé.
La douleur arriva un instant plus tard. En baissant les yeux, elle vit que ses pieds avaient été nettement tranchés au niveau des chevilles.
« … Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Karntula ne comprenait pas ce qui venait de se passer.
Pourquoi ?
Elle se tordit vivement et releva la tête.
« Ah, ça marche, finalement. C’est la méthode que j’ai utilisée tout à l’heure, mais votre sang est si concentré que c’est encore plus facile. »
La voix de l’homme, qui était restée calme jusque-là, monta et descendit avec vivacité. Une joie évidente s’y faisait entendre.
Il boitait vers elle. À chaque pas, il marmonnait et s’exclamait d’admiration. C’était grotesque.
Karntula balança désespérément la main.
L’homme claqua ses doigts couverts de sang.
Une douleur atroce jaillit de son bras gauche.
« Oh, quand la magie et le mana ont la même concentration, c’est la magie qui l’emporte. Incroyable. »
À un moment, l’homme s’était retrouvé juste devant elle et la regardait de haut.
Contrairement à tout à l’heure, ses yeux n’étaient plus calmes.
« N’abandonnez pas aussi vite que l’autre. Tenez bon jusqu’au bout, je vous en prie. Vous êtes une vraie Démonide, n’est-ce pas ? »
« N’est-ce pas ? »
La voix de l’homme était extrêmement polie.
Comme s’il lui demandait sincèrement un service.
« Qu’est-ce que… ? »
Karntula ne put achever sa phrase.
La main de l’homme lui couvrit la bouche.
« Chut. Je dois me concentrer, alors fermez la bouche, je vous prie. Vous parlez trop. »
* * *
« Boire le sang des Démonides augmente temporairement la concentration de mon mana. Il y a un contrecoup après, mais c’est gérable. Ces derniers temps, tout me réussit. »
Galahad marmonna pour lui-même à propos de ce qu’il venait d’apprendre en ouvrant la porte.
L’homme de tout à l’heure se tenait dehors, une épée à la main. Une aura bien distincte entourait la lame. Même si sa manière était assez rudimentaire, lui aussi travaillait pour le Bureau du renseignement.
Son visage était empreint de stupeur. Il n’avait clairement pas imaginé que Galahad puisse gagner.
C’était compréhensible. Un mage avait affronté une Démonide.
Ce mage se trouvait simplement être Galahad.
Le soleil commençait à se lever. Il avait le dos frais.
Non, froid.
Rafraîchissant.
« Vous allez vous en occuper ? »
L’homme prit un air partagé. La culpabilité se lisait sur son visage. Puis il secoua la tête.
« Non. Enfin, c’était ma faute. »
« Un type bien. Il ne vivra pas longtemps. »
Galahad marmonna d’un ton sec.
« Rose a été tuée par la Démonide qui a attaqué la planque. »
Galahad lui lança la tête de la Démonide qu’il avait gardée.
Boum ! La tête roula sur le sol.
L’homme ramassa, l’air amer, la tête de la Démonide qui s’était arrêtée devant lui.
« … Pourquoi m’aidez-vous ? »
« Tout le monde fait des erreurs. L’important, c’est de ne pas les répéter. »
Galahad toussa discrètement. Du sang jaillit de sa bouche. Il avait un peu la tête qui tournait. Avait-il perdu trop de sang ?
« Je n’oublierai pas ce que vous avez fait pour moi. »
L’homme le dit avec détermination.
Un service ? Quel idiot. Ce n’était qu’un calcul raisonnable.
« Je m’appelle Beau Gosse. »
« C’est un nom d’agent ? »
« … Oui. Comment l’avez-vous deviné ? »
« Ça se voyait. Je suis Galahad. »
Beau Gosse fronça les sourcils. Il était d’usage de révéler son propre nom d’agent quand l’autre dévoilait le sien. Comme des employés de bureau qui s’échangeaient leurs cartes de visite. Galahad évita délibérément son regard.
« Il se fait tard. Je vais y aller. Je me suis absenté un instant d’un dîner d’entreprise. »
Il salua Beau Gosse de la main et s’éloigna lentement.
Ce ne fut qu’une fois Beau Gosse hors de vue que Galahad dissipa le mana qu’il avait accumulé dans sa main.
Après avoir marché quelque temps, il arriva à la taverne. La porte était bien fermée.
Il semblait être arrivé trop tard.
Une silhouette familière se tenait devant la porte.
Damian.
Damian se tenait là, la bouche ouverte, à attraper des flocons de neige.
Galahad tituba jusqu’à lui et s’assit à ses côtés. Tout son corps lui faisait mal. Il n’y avait pas un endroit qui ne le lançait pas. Quand il s’adossa au mur, un petit cri lui échappa.
« Je t’avais dit que tu allais mourir. »
La voix de Damian était plate. Galahad rit comme s’il toussait.
« Je ne vais pas mourir pour si peu. Tu as mangé à ta faim ? »
« Oui. »
« Tant mieux. Qui a payé ? »
« Le monsieur aux yeux étroits. »
« Gilbert ? Ha, il va encore râler. »
« Il a dit : “Espèce de salaud, tu vas voir.” »
Galahad rit comme s’il toussait. Du sang rouge jaillit de sa bouche.
Le silence retomba.
Le gémissement de Galahad le rompit.
« Je devrais te tuer ? »
Damian posa la question d’une voix sans émotion.
Galahad savait que c’était la façon qu’avait Damian de se montrer gentil.
« Non. J’ai encore trop de choses à faire. »
« D’accord. Alors… »
Ils étaient assis là depuis combien de temps quand la porte s’ouvrit à la volée ?
« Aaaah ! Qu’est-ce que c’est que ça ?! »
Le Capitaine Crochet bondit en arrière en poussant un cri.
« Pourquoi avez-vous ouvert si tard ? Vous ne ferez jamais fortune comme ça. Apportez-moi un ragoût bien chaud. »
« Je veux de la viande. »
Le Capitaine Crochet réfléchit un instant, puis hocha la tête.
« Bienvenue ! »
Un large sourire illumina le visage du Capitaine Crochet.
Le garçon tendit la main au lieu de son épée.
Galahad rit comme s’il toussait et la saisit.
« Mangez juste un peu. Nous devons repartir aussitôt et nous enfoncer davantage dans le Nord. »
Pour la première fois, une émotion apparut sur le visage du garçon.
C’était de la tristesse.
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