Chapitre 818
S’allier à Pairixan pour tuer Pailanon et permettre ainsi au dieu sacré agressif de prendre le contrôle de l’ancienne cité de Samar ?
C’était absurde ! La Capitaine Byrd secoua aussitôt la tête. « Beau travail. Maintenant, retournez au transport rapide. »
« Nous allons tenir notre promesse, madame ? »
« Non », répondit aussitôt Byrd en pinçant les lèvres. « Nous allons simplement offrir un spectacle à Pairixan, mais il faudra tuer ce lézard gigantesque dès que les générateurs d’énergie seront prêts à exploser. Je ne lui fais pas plus confiance qu’à un Vésien. Au moins, nous en savons assez sur Pailanon pour qu’il nous ignore, tant que nous ne menaçons pas son pouvoir. »
La Capitaine Byrd ordonna à une compagnie de méchas d’avancer jusqu’à portée de vue des dieux sacrés, sans toutefois s’approcher davantage si possible. Quand les méchas s’arrêtèrent à portée de vue, mais bien hors de portée de voix, Pairixan et les autres dieux sacrés commencèrent à s’interroger.
Ce retard irrita le dieu et la terre se mit à trembler.
« Repliez-vous ! »
Les méchas firent aussitôt demi-tour, ce qui accentua les secousses autour d’eux ! Pairixan dépensa une quantité colossale d’énergie, dévastant complètement une vaste zone alentour. Le séisme ébranla même les méchas, mais comme ils étaient suffisamment éloignés de l’épicentre, ils parvinrent tous à s’échapper à temps.
Grâce à leurs propulseurs gravitationnels, ils se déplaçaient bien plus vite et avec davantage d’agilité que Pairixan ne l’avait prévu !
En réalité, aucun des dieux sacrés ne parvenait à comprendre comment les étrangers faisaient avancer leurs machines si vite. Pairixan contempla les méchas qui s’éloignaient, l’air avide et cupide.
Peut-être voulait-il découvrir comment les méchas se déplaçaient si vite !
Quand les méchas finirent par disparaître de leur vue, laissant les dieux sacrés seuls, Pairixan mobilisa de nouveau sa puissance considérable et aplanit le terrain devant lui. Une avenue droite, tracée au milieu du sol éventré, menait tout droit au camp.
Ils reprirent leur marche, beaucoup trop vite !
« Où en sont les générateurs d’énergie ?! »
« Le chef Dakkon signale qu’il lui faut encore quinze minutes pour les amener jusqu’à la soute du transport volant, madame ! Il en a préparé trois ! »
Faire exploser trois générateurs d’énergie en même temps devrait suffire à venir à bout de n’importe quel type de défense, à condition qu’ils détonent au même endroit et au même moment. Le seul problème, c’était que si les dieux sacrés s’approchaient davantage, le camp se retrouverait dans le rayon de destruction !
Les Vandales tentèrent quelques autres astuces. Par exemple, un transport rapide déposa une gigantesque barre de bonbons, fabriquée à partir de milliers de rations nutritives. Quand les dieux sacrés tombèrent sur ce cadeau empoisonné, ils le contemplèrent avec méfiance.
Malgré son odeur alléchante, les dieux sacrés ne suivaient pas leur instinct ! En fait, les chevaucheurs de bêtes montrèrent la barre et manifestèrent une grande méfiance à l’égard de cet étrange morceau de nourriture apparu de nulle part.
Pairixan semblait assez tenté pour y goûter, mais son chevaucheur le retenait toujours au dernier moment.
« Le chevaucheur de Pairixan a assez de jugeote pour comprendre que c’est un piège ! »
Observer les chevaucheurs et les dieux sacrés indiquait que les bêtes écoutaient leurs cavaliers. Pourtant, leurs instincts demeuraient puissants : toutes les bêtes montraient des signes de faiblesse face à leurs besoins les plus primaires.
Mais leurs partenaires humains jouaient un rôle essentiel en apportant un peu de jugeote à l’équation.
Sans les chevaucheurs, les Vandales auraient pu tromper les dieux sacrés !
« Ils contournent la barre. »
« Ça valait le coup d’essayer. Au moins, ça nous a fait gagner deux minutes. »
« Reprenez l’attaque ! Si nos astuces ne suffisent pas à les ralentir, nous pouvons toujours les bombarder jusqu’à ce qu’ils n’aient d’autre choix que de ralentir ! »
Les canons d’artillerie tonnèrent, tandis que des centaines de fusils laser déchaînaient leur fureur brûlante. Le bref répit que les Vandales avaient obtenu grâce à leurs astuces avait permis aux canons et aux lasers de refroidir, tout en leur laissant le temps de reconstituer une partie de leurs munitions et de leurs batteries.
Ça ne semblait pas très important, mais cette pause leur permit de tirer sans craindre d’endommager leurs armes ou de tomber à court de munitions !
Le bombardement intensif ralentit la progression des dieux sacrés, d’autant que certains obus tombèrent sur leur chemin. Sur les conseils d’un officier tactique, les canons lourds commencèrent à défoncer le terrain devant eux, obligeant Pairixan à gaspiller un temps et une énergie précieux pour l’aplanir et le renforcer contre les impacts répétés.
Tout cela ne ralentit les dieux sacrés que de peu, mais c’était déjà d’une grande aide !
« Les ingénieurs ont fini de charger les générateurs d’énergie dans le transport ! »
« Décollez immédiatement ! »
Les ingénieurs continuèrent de surveiller de près les générateurs d’énergie, qui devenaient de moins en moins stables dans le transport volant.
Si rien ne se produisait, ils finiraient par fondre ou exploser, engloutissant tout le camp dans une libération d’énergie instantanée !
Le transport prit donc immédiatement de l’altitude, sans hésiter. La forte gravité tentait de le plaquer au sol, mais il avait été modifié pour résister à ces contraintes accrues. C’était l’un des rares transports adaptés à la lourde attraction du sol ; il s’élevait toujours plus haut, non sans peine.
Le transport allait vite. Plus vite que n’importe quel transport à pattes ou mécha. Si les Épéistes flagrants avaient choisi des transports terrestres pour leurs troupes au sol, c’était uniquement parce que les transports volants ne pourraient plus fonctionner à partir d’une certaine distance du Starlight Megalodon.
Pour l’instant, toutefois, les Épéistes flagrants ne faisaient que commencer leur expédition. La flotte pouvait encore leur venir en aide.
Tous retinrent leur souffle tandis que le transport volant prenait lentement de l’altitude en direction des dieux sacrés. Il ralentit une fois à l’aplomb de ceux-ci.
Il volait assez haut pour que les dieux sacrés n’aient pas remarqué sa présence dans le ciel. La barrière spatiale projetée autour des exobêtes leur masquait également ce qui les surplombait.
Pour les indigènes comme pour les dieux sacrés, rien ne pouvait voler ! Leur vision du monde, limitée, n’incluait pas les objets volants. En fait, aucun oiseau ne faisait partie de l’écosystème artificiel de la planète.
« Le transport est prêt à larguer les générateurs d’énergie sur la trajectoire prévue des dieux sacrés, madame. Les ingénieurs à bord attendent vos ordres. »
La Capitaine Byrd devait prendre une décision difficile. En agissant ainsi, ils risquaient d’entraîner des conséquences imprévues. L’énergie libérée par l’explosion simultanée des trois générateurs ferait beaucoup de dégâts dans l’environnement.
De plus, la perte de ces trois générateurs empêcherait les forces au sol de produire autant d’énergie pour recharger leurs réserves. Cela creuserait encore leur déficit énergétique, qu’il leur serait très difficile de combler s’ils ne perçaient pas les secrets des cristaux divins utilisés par les indigènes pour invoquer une tornade d’énergie.
« Le camp est-il menacé à ce stade ? »
« Nous subirons des dégâts légers, madame, mais les canons lourds installés à l’avant du camp absorberont le plus gros de l’onde de choc et des émissions provoquées par les détonations simultanées. »
La Capitaine Byrd devait se décider vite. Si les dieux sacrés s’approchaient davantage, les détonations infligeraient des dégâts de plus en plus graves au camp !
Tous redoutaient la réaction du Starlight Megalodon, mais il était trop tard pour avoir des regrets.
« Larguez les générateurs dans une minute. Tous les méchas, repliez-vous et éloignez-vous autant que possible ! »
Les méchas armés de fusils cessèrent de tirer au laser et tournèrent aussitôt les talons pour fuir. Les méchas de mêlée, qui s’étaient préparés à affronter les dieux sacrés au corps à corps, firent de même !
Les Vandales qui tenaient les énormes canons d’artillerie à l’avant du camp évacuèrent eux aussi leurs armes et cherchèrent un abri plus sûr.
Un générateur d’énergie délibérément poussé à exploser à pleine puissance, ce n’était pas une plaisanterie ! Dans la grande majorité des cas, une panne de générateur ne détruisait qu’une seule chambre, laissant la plupart des réactifs inertes. Une simple explosion ne pouvait pas libérer l’énergie de ces réactifs stables.
En revanche, dans certaines conditions particulières, on pouvait provoquer la libération instantanée de la majeure partie de leur énergie.
C’était exactement ce qu’avaient fait les ingénieurs, et c’était pour cela que tous les méchas tentaient de déguerpir au plus vite pour sortir du rayon des détonations imminentes !
« Cinq, quatre, trois, deux, un… Les générateurs d’énergie sont largués ! »
Trois objets tombèrent de la soute à la suite. Les ingénieurs avaient enfermé chaque générateur dans une enveloppe aérodynamique de fortune afin de mieux orienter sa chute. Ils tombaient maintenant droit sur la trajectoire des dieux sacrés.
Les secondes s’écoulèrent tandis qu’ils poursuivaient leur chute. Ils avaient été largués d’assez haut pour laisser au transport volant le temps de quitter la zone.
« À terre, tout le monde ! »
BOOOUM !
Une explosion colossale, fruit de la fureur conjuguée des trois générateurs d’énergie, eut lieu en même temps, tout près de la barrière spatiale des dieux sacrés.
Tous les capteurs que les Vandales avaient braqués sur l’explosion devinrent momentanément aveugles ; un flot de lumière, de chaleur et d’autres émissions les éblouit. Le bunker entier trembla violemment, tandis que l’explosion secouait aussi le terrain alentour.
L’énergie libérée par l’explosion fut d’une violence inouïe et balaya sans aucun doute toute la zone !
Le camp ne fut pas épargné : la plupart des canons d’artillerie furent légèrement déformés et subirent d’autres dégâts. Leur construction économique se paya par leur vulnérabilité !
Les méchas Akkara s’en sortirent bien mieux : leurs alliages supérieurs résistèrent facilement aux effets de l’explosion. Le camp lui-même était composé de structures préfabriquées solides, conçues pour résister à un certain niveau de choc. Aucun bâtiment ne s’effondra, même si ceux qui faisaient face à l’explosion subirent quelques dégâts.
Quand le plus gros de la déflagration se dissipa lentement, la fumée, la chaleur et les débris qu’elle avait libérés formèrent un champignon atomique.
« Quel est l’état des cibles ?! »
« Impossible à déterminer ! Nos capteurs ne peuvent pas percer le nuage de chaleur et de fumée ! »
Ils durent attendre encore plusieurs minutes que les débris, la fumée et les flammes en suspension se dissipent enfin, permettant aux Vandales de constater le résultat de leur action téméraire.
« La barrière spatiale a disparu ! Les dieux sacrés présentent tous des blessures visibles ! »
« Pairixan et Qilanxo sont encore en vie et conscients ! »
« Tous les chevaucheurs ont disparu ! Ils ont probablement été brûlés ou vaporisés par l’explosion ! »
Les deux bêtes avaient l’air mal en point. Les trois dieux sacrés plus petits ne donnaient aucun signe de vie.
Les cinq bêtes avaient les écailles brûlées et brisées. Certaines blessures s’enfonçaient profondément dans leur chair, qu’elles avaient largement calcinée.
Mais surtout, aucune des bêtes ne déployait de défense ! Leurs cristaux divins avaient perdu leur éclat : protéger leur corps contre l’explosion, d’une puissance inouïe, avait eu raison des défenses formidables de la barrière spatiale de Qilanxo et de leurs boucliers individuels !
« Nous détectons une forte activité sismique ! »
« Pairixan dépense ses dernières réserves d’énergie ! »
« Ne le laissez pas lancer son ultime attaque ! Tous les méchas, retournez à portée et ouvrez le feu sur Pairixan ! »
Les méchas Akkara ouvrirent le feu les premiers. Leurs obus atteignirent Pairixan avec précision, guidés par les données de ciblage fournies par les capteurs voisins. Les méchas armés de fusils les plus proches firent demi-tour et criblèrent Pairixan de dizaines de tirs laser.
Cette fois, aucune barrière spatiale ni aucun champ d’énergie ne les protégeait, et leur absence changea tout !
« C’est comme d’abattre un dieu sauvage ! Sans leur énergie, ce ne sont que des exobêtes géantes pleines de viande ! »
La taille immense de Pairixan, ainsi que ses épaisses couches de muscles et de graisse anormalement résistants, lui permirent de tenir une minute. Mais le déluge de tirs dirigé contre lui finit inévitablement par avoir raison de lui. Au bout d’un moment, les Vandales furent certains que Pairixan était mort.
Ils avaient gagné !