Chapitre 181
Chapitre 181
Chapitre n°181 – Une Épaule contre qui s’Allonger
Traducteur/Checker : SP76
Le départ du docteur Jutland et de son gigantesque Kaius donna au peloton de chasse un peu de répit. Les techniciens et les ravitaillements continuaient d'affluer à un rythme soutenu. Une équipe de maintenance réapprovisionna certaines des cellules énergétiques épuisées des Méchas endommagés. Elle réapprovisionnait également les Empyréens en munitions, pour leurs railguns.
Quant aux Ajax Olympiens, ils avaient tous deux beaucoup souffert, lors du dernier combat. Un chevalier lourd gisait au sol, la jambe mutilée, tandis que l'autre se tenait debout, l'air désespéré, le corps brûlé. Les deux Méchas avaient besoin d'une révision complète, ce que Ves ne pouvait pas faire au milieu d'une jungle extraterrestre.
Afin de ramener les Méchas endommagés à la base, Ves accorda la priorité à la restauration d'une certaine mobilité au Mécha dont la jambe était paralysée. Le membre avait subi de lourds dégâts, mais les mesures fournies par le module de scan indiquaient qu'il y avait un moyen de sortir de cette situation.
« On dirait que les dents du Mécha chimère n'ont pas creusé très profondément » murmura le chef Ramirez, à côté de Ves. Il désigna le centre de la jambe en fil de fer. « Bien que la plupart des parties externes soient en désordre, la structure interne du membre est toujours intacte. »
Tous deux s'étaient inquiétés de cette possibilité. Comme il servait d'os de la jambe du membre, une structure interne cassée signifiait que le Mécha ne pouvait pas supporter son poids sur le membre, même s'ils réparaient certaines parties internes. Dans ce cas, l'Olympien ne pouvait tout simplement pas marcher dans cet état sans casser sa jambe maintenue à la hâte.
Heureusement, les scans révélèrent que la jambe souffrait de blessures étendues mais superficielles. Ves ajustait déjà ses plans de réparation préliminaires.
« Nous pouvons remettre cet Olympien sur pied si nous remplaçons les modules de contrôle cassés et réparons certaines des déchirures. » expliqua Ves, en montrant les composants les plus critiques à réparer. « Au minimum, nous devons réparer ces zones afin d'augmenter la capacité de charge de la jambe. C'est le véritable défi auquel nous sommes confrontés, pour le moment. Même avec quelques rustines et des réparations improvisées, le robot pourrait ne jamais être capable de marcher de ses propres pieds sans se blesser à nouveau à la jambe. »
Ramirez acquiesça, bien que sa combinaison de protection ne bougeât presque pas. « Foutue gravité. Je pense que nous ne pourrons pas remettre le Mécha dans un état lui permettant de marcher par ses propres moyens. Il faudra deux Volmars pour soutenir l'Olympien, pendant son retour. »
« Êtes-vous certain que les Volmars ne seront pas écrasés sous tout ce poids ? Dès que l'Olympien transférera plus de 20% de son poids sur un Volmar, ce dernier sera écrasé. »
« Faisons le calcul. Tu es doué en maths, n'est-ce pas ? Disons que nous réparons l'Olympien afin qu'il puisse se tenir debout et marcher avec de l'aide. À défaut d'autre solution, nous pouvons également utiliser l'autre Olympien comme support. Seul un Mécha lourd peut supporter le poids d'un autre Mécha lourd. »
« Je ne pense pas que la capitaine Kaine appréciera cette proposition... » répondit Ves, avec prudence. « Nous sommes dans une mauvaise passe en ce moment, et le docteur Jutland est peut-être en train de préparer une nouvelle attaque. Immobiliser notre dernier chevalier lourd prive le peloton de toute arme capable de faire face à cette chimère. »
Ils devaient tous deux garder à l'esprit qu'ils étaient confrontés à de nombreuses contraintes. Non seulement ils devaient effectuer des réparations sur le terrain sans disposer d'installations adéquates, mais ils devaient également tenir compte des menaces constantes liées à l'environnement.
« Je vais commencer à préparer la jambe et nettoyer toutes les pièces endommagées. Tu devrais rester ici et affiner le plan de réparation. »
Ils se séparèrent pour accomplir leurs tâches respectives. Avec un créateur de Méchas comme Ves à ses côtés, le chef Ramirez n'avait pas à effectuer de réparations approximatives qui pourraient fonctionner pendant quelques jours, mais qui tomberaient rapidement en panne par la suite. Alors que Ves modifiait les Olympiens pour qu'ils fonctionnent au-delà de leurs marges de sécurité, les chevaliers lourds devaient encore tenir au moins un mois.
Les techniciens commencèrent à utiliser leurs réserves limitées pour découper le blindage déformé et abîmé. Une fois la jambe ouverte, ils arrachèrent rapidement les composants internes qui semblaient douteux.
Au moment où l'équipe de réparation s'apprêtait à installer des pièces de rechange, Ves termina de tester un modèle rudimentaire. Il transmit un plan de réparation mis à jour à Ramirez, qui l’utilisa pour guider ses hommes dans la restauration prioritaire d'un petit nombre de sections critiques.
L'équipe de réparation restaura rapidement la fonctionnalité de la jambe. Après une demi-journée de réparations précipitées, l'Olympien réussit à se relever, avec l'aide de l'Olympien brûlé. Une fois debout, deux Volmars prirent le relais et laissèrent soigneusement le Mécha lourd à moitié estropié passer ses bras autour des épaules des Méchas moyens plus minces.
Un bruit horrible de métal frottant contre du métal retentit, mais les Volmars n'avaient pas encore cédé.
Une grande partie du poids reposait sur les épaules du pilote de l'Olympien endommagé. Il devait jongler entre l'équilibre du poids que son Mécha exerçait sur sa jambe endommagée et les épaules des Volmars qui soutenaient sa machine. Il devait mettre un peu de poids sur chacun de ses supports, mais pas trop pour ne pas en submerger un. Le peloton n'avait d'autre choix que d'y aller doucement.
Une fois qu'il fut clair que leurs réparations avaient porté leurs fruits, l'équipe de réparation commença à remballer et à remonter son équipement dans le transport.
D'Amato s'approcha de Ves, alors qu'il contemplait la forêt métallique. « Le commandant Tregis te félicite pour ton travail. Il faudra environ 2 jours pour retourner à la base, mais au moins, il pourra le faire par ses propres moyens. »
Il acquiesça aux paroles de l’officier, mais ne les prit pas au sérieux. Ves n'était là que pour faire son travail. Une fois sa mission accomplie, ils se sépareraient. Se forger une image favorable ne lui servait à rien pour le moment, surtout compte tenu de la position actuelle de la maison Kaine.
« Je retournerai au transport dans un instant. » répondit-il à D'Amato. « Laissez-moi admirer le paysage tant que je le peux. »
Une fois que l’officier indiscret se fut éloigné, Ves appuya sa combinaison de protection contre un tronc d'arbre métallique et fit signe de la main. « Lucky ! »
Le chat surgit de nulle part, et atterrit devant ses pieds. Lucky avait l'air assez épuisé à ce moment-là. Ves prit rapidement son animal de compagnie, et lui retira le communicateur qu'il avait glissé autour du cou.
« Beau travail, mon pote ! J'espère que tu as réussi quelques bons tirs. »
Depuis leur arrivée à cet endroit, il avait laissé Lucky en liberté, son communicateur attaché au collier de son chat gemme. Ves portait un communicateur de remplacement à son poignet qui pouvait envoyer des commandes simples à son communicateur principal.
Dès que le docteur Kaius était apparu, Ves avait discrètement transmis quelques ordres depuis son communicateur de remplacement. Il avait d'abord envoyé le code pour activer le camouflage sur son communicateur principal, ainsi que les capteurs d'enregistrement qui y étaient connectés. Il avait ensuite ordonné à Lucky de trouver un moyen de se faufiler dans l'un des nombreux trous du Kaius, afin d'enregistrer sa structure interne.
Ves avait également ordonné à Lucky de tenter sa chance en s'approchant du docteur Jutland, mais le générateur de bouclier avait empêché son animal de s'approcher. Si Lucky réussissait sa mission, Ves pourrait probablement espérer obtenir quelques minutes d'images précieuses sur la composition interne de la chimère.
Lucky continuait à miauler à son maître. Ves, exaspéré, fit une autre promesse.
« D'accord, d'accord, je me rattraperai ! Une fois que nous serons de retour, je commanderai un autre lot de minéraux de luxe pour que tu puisses te régaler. »
Après avoir apaisé son chat, Ves rejoignit enfin les autres. Il monta sur une plate-forme élévatrice qui le ramena jusqu'au transport en vol stationnaire au-dessus. Celui-ci avait subi quelques rayures supplémentaires, sur sa coque, après avoir essuyé des attaques sporadiques d'hexabats. Bien que le vaisseau disposait d'un blindage plus épais que les transports habituels, même les plus petites formes de vie indigènes de cette planète pouvaient finir par le déchirer au fil du temps.
Une fois qu'ils eurent fini de charger tout leur équipement et leurs hommes, le vaisseau de transport retourna à la base avec son escorte. Les Méchas de la Cavalerie de George et du Stanislaw adoptèrent une formation dispersée et dépassèrent le peloton de chasse lors de leur retour assez rapide à la base. À part quelques rencontres avec des hexapodes sauvages, ils profitèrent d'un voyage tranquille jusqu'à la sécurité des murs du camp de base.
Ves poussa un profond soupir. Tous les membres de l'équipe de réparation commencèrent à se détendre, lorsqu'ils réalisèrent qu'ils étaient séparés du monstrueux Kaius par deux murs très épais. Même si le terrifiant Docteur Jutland continuait de sévir dans la forêt, au moins les techniciens n'avaient plus à risquer leur vie sur le terrain.
D'Amato reçut un message sur son communicateur. Après avoir lu ses instructions, il se tourna vers Ves. « Le commandant Tregis veut me faire un débriefing dans son bureau. Pendant mon absence, commence à mettre en place un plan pour remettre les deux Ajax Olympiens en état de marche. Ce sont les seuls Méchas dont nous disposons qui peuvent résister à une charge frontale des rois hexapodes et du Kaius. »
« Je comprends. Je m'assurerai de travailler avec le chef pour mettre en place un plan détaillé. »
« De plus, ta présence sera requise dans 2 jours, lorsque le commandant Tregis convoquera une réunion sur la manière de traiter le docteur Jutland et son Kaius. Ton expertise sera d'une aide précieuse, dans ce domaine. Tu peux accéder au terminal sécurisé de l'atelier pour consulter les enregistrements et les relevés des capteurs que nous avons pris. »
« Je m'en occuperai. »
L'équipe de réparation s'installa dans le département de maintenance, et se mit immédiatement au travail. Ves n'avait pas passé le trajet de retour à la base à se tourner les pouces. Il avait déjà élaboré un plan de réparation complet qui permettait de gagner un maximum de temps.
Ves ne s'attendait pas à rencontrer beaucoup de difficultés dans cette affaire. Les techniciens expérimentés qui travaillaient sous les ordres de Ramirez pouvaient fabriquer et installer les pièces de rechange eux-mêmes.
Cependant, une réparation complète nécessitait au moins 2 semaines de travail constant. Avec les effectifs et les installations limités dont ils disposaient, ils perdraient beaucoup trop de temps, laissant les mercenaires sur le terrain sans soutien, lorsqu'ils rencontreraient un roi hexapode.
Afin d'accélérer les réparations, Ves et Ramirez se réunirent pour déterminer quelles pièces devaient être remplacées et lesquelles ne nécessitaient que quelques coups de marteau pour être remises en état de marche.
« Nous prenons beaucoup de raccourcis, ici. » remarqua Ramirez, en se calant dans son siège. Ils avaient travaillés tous 2 pendant des heures pour mettre au point un plan de réparation détaillé. « C'est du travail bâclé. Je ne serais pas surpris si quelques composants explosaient sous la pression. »
« Les Méchas lourds ont une redondance ridicule. Ils peuvent supporter quelques dysfonctionnements. »
Les réparations de l'Olympien à la jambe estropiée étaient assez simples. En comparaison, l'autre Olympien qui avait été brûlé par le souffle du Mécha chimère posait un problème plus épineux.
Si le chevalier lourd restait opérationnel, mis à part la nécessité de remplacer son bouclier, toute sa face avant avait été soumise à une chaleur intense. Cela avait non seulement dégradé l'intégrité de son armure extrêmement chère, mais également affecté ses composants à un certain stade. La plupart d'entre eux fonctionnaient correctement, pour l'instant, mais qui savait si l'Olympien pourrait maintenir son niveau de performance actuel ?
Ves fit une suggestion difficile. « Nous pouvons conserver la plupart des composants existants. Nous devons faire confiance à la qualité de l'Olympien. Tous ses composants internes sont déjà conçus pour résister à des niveaux de chaleur très élevés. Quant à son armure, nous pouvons nous en accommoder, pour l'instant, si nous nous contentons de remplacer sa couche supérieure. Il faudrait beaucoup trop de temps pour fabriquer des plaques de remplacement pour ses couches intermédiaires et inférieures. »
Le chef Ramirez secoua la tête. « Il faut plus de 2 jours pour fabriquer une seule plaque, avec nos installations. Le seul compresseur de blindage lourd de cette expédition se trouve sur l'Ark Horizon. Les fabricants devront travailler sans relâche, pour produire les plaques de remplacement les plus essentielles et les expédier à la surface lors des prochains ravitaillements. »
Cela signifiait qu'ils devaient choisir les sections les plus endommagées du blindage à remplacer. Ves n'avait pas hâte de prendre cette décision. S'il se trompait, l'Olympien risquait de ne plus se relever, lorsque son blindage ne résisterait pas à un coup violent.