Chapitre 157
Chapitre 157
Chapitre n°157 – Armure de Camouflage
Traducteur/Checker : SP76
Ves se mit sérieusement à créer son variant. Il commença par son rituel habituel, qui consistait à concentrer l'image souhaitée en une intention. Il n'avait en tête que l’Acharné, et son esprit exercé parvint donc facilement à l'état souhaité.
Comme à son habitude, Ves commença par l'arme. Le Tryops était équipé d'un excellent fusil laser qui avait déjà été intégré aux systèmes du modèle de base. Il disposait de deux modes par défaut, l'un destiné à la puissance et à la précision, l'autre au tir à courte et moyenne portée.
Si le fusil laser remplissait correctement ces deux rôles, le Mécha lui-même était moins performant dans ce dernier domaine. Ves devait se demander s'il souhaitait conserver ce mode de tir. Ce n'était pas parce que le Mécha était moins performant à courte portée que le mode de tir rapide était inutile.
Pourtant, lorsqu'il imaginait l’Acharné, il le voyait entièrement dédié à l'arbalète. Même si l'arme n'excellait que dans un seul domaine, il parvenait toujours à tirer son épingle du jeu en choisissant les bons combats.
« Les limites façonnent le comportement. Les Méchas fusiliers laissent toujours l'ennemi venir à eux. Ils peuvent choisir d'engager le combat ou de battre en retraite à leur guise. »
Ves garda à l'esprit son objectif de créer un Mécha d'entraînement lorsqu'il choisit de supprimer le mode de tir rapide. Bien que son absence puisse nuire à la popularité de son modèle, elle lui permettait néanmoins de mieux se concentrer. Les pilotes progressaient plus rapidement, s'ils se consacraient à un seul aspect plutôt que de passer d'un style à l'autre.
Il procéda ensuite à une refonte complète du fusil laser. Il voulait en quelque sorte le transformer en un canon laser compact. L'arme devait être extrêmement précise à moyenne et longue distance, et son rayon devait paralyser n'importe quel Mécha lorsqu'il touchait un point faible.
Il retira de nombreux composants redondants et obsolètes. À la place, il modélisa rapidement deux composants révisés, fabriqués à partir d'alliages différents, qui amélioraient la puissance maximale et l'émission de chaleur du fusil. Ves devait s'assurer que l'arme ne fondrait pas après avoir tiré quelques coups, même s'il estimait qu'elle ne pouvait tirer que 5 coups à la fois avant de refroidir d’urgence.
« 5 coups, ce n'est pas beaucoup pour un fusil normal. » pensa-t-il. Si quelqu'un d'autre avait entendu dire que Ves voulait redessiner un fusil qui ne pouvait tirer qu'autant de coups en une seule fois, il l'aurait traité de fou. « Une fois qu'ils l'auront vu en action, ils comprendront pourquoi cela n'a pas d'importance. »
En transformant le fusil en un canon laser compact à haute puissance, Ves transcendait complètement le domaine 2 Étoiles. Il s’était largement inspiré des connaissances tirées des notes de recherche du Dr Kawasaki. L'étude de ces documents interdits lui avait beaucoup appris, sur la manière de rendre les grasers fonctionnels, même s'il ne disposait pas des bases nécessaires pour concevoir un laser à partir de zéro.
De plus, il emprunta également certains éléments de modélisation aux canons laser de poignet du Auguste-César. Le système d'armement utilisait une configuration extrêmement compacte qui permettait au chevalier hybride de tirer une puissance de feu considérable, même si sa précision laissait beaucoup à désirer. Cet exemple pratique permit à Ves de réduire la taille de son fusil à une dimension raisonnable.
Comparé aux canons laser géants, sa propre version ressemblait encore à un fusil ordinaire. Elle ne pesait qu'un peu plus que le modèle de base. En sacrifiant le mode de tir rapide, Ves avait libéré suffisamment d'espace pour améliorer son mode de précision à un niveau ridicule.
Il ne lui fallut qu'un jour et demi pour terminer la refonte, mais Ves n'en avait pas fini. Il passa 4 jours supplémentaires à soumettre l'arme à une grande variété de tests.
Il découvrit un grand nombre de défauts. Sa mise en œuvre des connaissances empruntées avait été très approximative, ce qui indiquait qu'il ne maîtrisait pas encore parfaitement les théories sous-jacentes à ces éléments.
Ves s’y était attendu, alors il haussa les épaules et combla les lacunes chaque fois qu'il les rencontrait. Grâce à ce processus itératif constant de tests et de corrections, le fusil gagna en raffinement, mais son poids augmenta considérablement.
Il n'avait pas d'autre choix. Il avait sous-estimé la quantité d’ajouts nécessaires pour un fusil laser de grande puissance. De nombreuses simulations se soldaient par un échec, en raison d'une dispersion thermique minime et involontaire. Certains des composants les plus sensibles du fusil avaient tendance à fondre lorsque cela se produisait.
Les matériaux avec lesquels il devait travailler limitaient ses options. Alors que le Dr Kawasaki avait le luxe de travailler avec des matériaux modernes, Ves ne pouvait choisir que parmi une petite sélection de matériaux exotiques. Ce qu'il ne pouvait pas accomplir avec la qualité, il devait le remplacer par la quantité. D'où l'ajout de masse.
Le seul avantage qui en découlait était que le fusil pouvait désormais tirer 6 coups à la fois.
« Maintenant que j'ai terminé avec l'arme, passons au Mécha. »
Il avait déjà effectué une modification majeure. La phase suivante consistait à modifier le châssis afin de l'adapter au style de combat. Pour être efficace dès le départ, il devait éviter d'être détecté et poursuivi par l'ennemi.
« J’ai pas déjà une licence pour un générateur de particules ? »
Son Rôdeur des Brumes projetait un nuage de vapeur et de particules afin de masquer son environnement. Si le Rôdeur des Brumes utilisait ce nuage à des fins offensives, il pouvait également servir d'outil de fuite.
Il parcourut ses licences existantes, et constata qu'il possédait la licence virtuelle du module d'éjection de particules Relix Systems Valhalla 1ère édition.
« Ça fera l'affaire. »
Avant d'intégrer le générateur de particules, il dut d'abord remanier l'ensemble du châssis. Il suivit sa routine habituelle, consistant à mettre à jour et à optimiser la configuration interne du Mécha. Son expérience passée et ses connaissances étendues, quoique quelque peu superficielles, lui permirent d'apporter de nombreuses modifications mineures.
En tant que Mécha stationnaire utilisé strictement derrière une ligne défensive, le modèle de base souffrait d'un Facteur de Redondance et d'un Facteur d’Isolation extrêmement faibles. Tout ce qui pénétrait son armure relativement peu résistante pouvait facilement paralyser le Tryops.
Bien que Ves envisageât de ne rien faire, son attitude professionnelle l'obligea à lui donner au moins une chance de survie. Il passa beaucoup de temps à augmenter la redondance du Mécha, mais se concentra principalement sur l'augmentation de sa compartimentation interne.
Son variant n'était pas destinée à être un char, et il ne souhaitait pas compromettre les capacités offensives du Mécha. Cela l'obligea à faire de nombreux compromis afin de s'assurer que son modèle disposait de cellules énergétiques de haute capacité et de dissipateurs thermiques solides pour compléter son arme exigeante.
Au fil des jours, Ves continuait à peaufiner et à redessiner l'intérieur du Mécha jusqu'à ce qu'il soit satisfait du résultat. Sa capacité de survie n'allait jamais battre de records, mais il pouvait désormais au moins résister à quelques tirs supplémentaires.
Il ne restait plus que le blindage.
Si Ves voulait transformer son variant en un embusqué viable à longue portée, il devait le rendre beaucoup plus difficile à détecter. Même dans un environnement densément boisé, les Méchas pouvaient toujours détecter d'autres Méchas.
En y réfléchissant, les Méchas étaient d'énormes morceaux de métal qui généraient beaucoup d'énergie et de chaleur. Cela donnait des maux de tête à de nombreux créateurs, car une détection précoce pouvait facilement ruiner toute une mission.
« Le générateur de particules est inutile, dans ce cas. Il est difficile de rester caché si un nuage géant de particules bloquant les capteurs plane au-dessus de la cachette. C'est comme brandir une pancarte géante disant “JE SUIS ICI”. »
Ves dût se tourner vers le catalogue d'Iron Spirit afin de trouver une autre réponse. Il entra dans la section armure, et filtra tout ce qu'il ne voulait pas. Ni trop lourd, ni trop léger, ni trop voyant, il rejeta rapidement tout ce qui ne répondait pas à ses critères.
Au final, il ne retint que 2 options. Ves choisit simplement celle qui était la plus efficace pour atténuer les signaux et contenir la chaleur. Il s'agissait également du système d'armure le moins résistant, mais on ne pouvait pas tout avoir.
[ArnodSys Co. GS Formule 15] : 250 000 crédits brillants.
Elle coûtait une somme respectable, mais Ves pouvait se le permettre grâce à Carlos qui produisait régulièrement un Mark II chaque semaine. Il supervisait de temps en temps le travail de son employé. En plus de l'aider à se sortir de quelques situations délicates, Carlos faisait du bon travail, dans la fabrication de ses Méchas Label Argent.
La nouvelle société facturait environ 30 millions de crédits pour chaque Mécha Label Argent. Pour être honnête, c'était peut-être un peu cher, pour un Mécha Dernière Génération avec une armure non compressée.
Mais sans autre chaîne de production, il ne pouvait pas augmenter sa production. Tant que Marcella continuait à passer des commandes, Ves ne voyait pas d'inconvénient à exclure la majorité de son public par ses prix.
« Les bons moments ne dureront pas. » se rappela-t-il, avec un air sombre.
Les prix de nombreuses matières premières avaient déjà commencé à augmenter sur le marché libre. De nombreux fournisseurs devaient faire des efforts pour répondre à la demande croissante de leurs clients existants.
Si le coût total augmentait de 30%, Ves devrait cesser de vendre ses Méchas Label Argent. Même s'il pouvait encore réaliser des bénéfices avec ses Méchas Label Or, il serait contraint de baisser ses prix au fil du temps.
« Les Méchas Dernière Génération n'ont aucun avenir. Je vais devoir tirer le meilleur parti de la frénésie d'achat actuelle. »
Ves était essentiellement dans une course contre la montre. Il devait rassembler suffisamment de crédits et de mérites afin de reconstruire le Dortmund et d'acheter toutes les licences de production nécessaires pour concevoir un Mécha entièrement original.
Il estimait qu'il ne lui restait que 2 ans au maximum, même si la guerre pouvait facilement compromettre ses plans. Il espérait que les Vésiens auraient la décence de retarder leur invasion jusqu'à ce que Ves ait terminé sa création originale.
« Ha, ça n'arrivera jamais. » Il rit.
Il reprit son Mécha d'entraînement. Il retrouva facilement l'inspiration, et façonna son armure à l'aide de la GS Formule 15 qu'il venait d'acheter.
En tant que système d'armure centré sur la furtivité, il se concentrait essentiellement sur deux fronts. Tout d'abord, il empêchait le châssis de dégager de la chaleur. Ses couches internes absorbaient intelligemment l'excès de chaleur, et l'empêchaient de se propager vers l'extérieur. À l'époque de son invention, un tel système ne fonctionnait pas très bien dans les combats actifs.
« C'est suffisant si ça fonctionne sur un Mécha immobile. Le système d'armure doit seulement dissimuler mon Mécha avant qu'il ne tire. »
Deuxièmement, il remplissait sa fonction la plus basique, qui consistait à atténuer divers types de signaux. Il prenait naturellement une teinte brun foncé mate, et ne s'éclaircissait pratiquement pas lorsque quelqu'un le braquait avec une lumière.
Outre l'atténuation des signaux électromagnétiques, il limitait également l'efficacité d'autres types de systèmes tels que les sonars, les capteurs de mouvement, et les capteurs gravitationnels. Naturellement, il ne fonctionnait que dans une certaine mesure. Comme Ves avait conçu son projet pour combattre à distance, cela devait suffire à ses besoins.
Cela permit à Ves de construire un Mécha assez furtif. Le fusilier avait un design angulaire de couleur terre qui, franchement, n'était pas très joli. Il dégageait une attitude étrange mais intimidante, qui montrait clairement que ce Mécha ne plaisantait pas. Ves choisit de ne pas ajouter de fioritures afin de ne pas nuire à l'efficacité de son revêtement furtif.
« Maintenant, je vais devoir ajouter le générateur de particules. »
Ves s’inspira de son ancienne implémentation d'un module de sac à dos générateur de particules. Il ne recycla pas son ancien travail, mais repartit de zéro. Il réussit à l'alléger un peu, même en y ajoutant le célèbre générateur de fumée. Avec une coque extérieure en Formule 15, pratiquement aucun capteur ne devrait pouvoir le détecter.
Maintenant que Ves avait terminé de modéliser son variant, il le soumit à toute une série de tests. Il n'avait jamais travaillé avec une armure furtive auparavant, et les simulations révélèrent de nombreuses erreurs. Certaines façons dont il avait dessiné l'armure limitaient l'efficacité de l’absorption. Ves passa beaucoup de temps à réviser les sections défectueuses.
Il continua son travail jusqu'à ce que Marcella l’appelle.
« Salut Ves. Je t’appelle pour te dire que ton vaisseau est en route vers Cumulonimbia. »
« C'est une excellente nouvelle ! » Il s’en réjouit en interrompant la touche finale qu'il apportait à son modèle. « Je pensais que la réparation de mon vaisseau prendrait un peu plus de temps. »
« Moi aussi, mais le chantier naval a fait des heures supplémentaires. Le patron a décidé de s'impliquer personnellement. Il est pratiquement tombé amoureux de ta corvette. »
Ils gloussèrent tous les deux. Ves pouvait comprendre ce sentiment. Il aurait probablement bavé pendant des heures, si un Mécha de nouvelle génération à la pointe de la technologie avait fait son apparition dans son atelier.
« Et l'équipage ? »
« Ton vaisseau est équipé et prêt à partir, mais... » Marcella s'interrompit.
« Il y a un problème ? »
« Peut-être. »
‘Super.’ Ves se demanda ce que Marcella avait réussi à faire. Cela semblait assez grave, si une femme aussi habile avec les mots qu'elle avait du mal à s'exprimer.