Chapitre 113
Chapitre n°113 – Découvertes
Traducteur/Checker : SP76
L'opération de démontage se déroula comme prévu. Ves téléchargea une application populaire pour les récupérateurs, et y chargea le plan et les scans des Dortmund. Chaque fois que les robots scannaient une section du Dortmund, le plan passait du rouge au vert. Une couleur plus vive signifiait qu'il y avait plus de pièces disponibles.
De cette façon, Ves découvrit lentement si ses effort de reconstruction était réalisable.
À la fin de la journée, l'ensemble du plan était en vert.
« Il y a suffisamment de pièces en état de marche ! »
Celui qui avait saboté les Dortmunds avait bâclé sa tâche. Il avait manifestement été pressé, car chaque machine n'avait subi que quelques coups d'épée. Les robots avaient déjà marqué toutes les pièces vertes. En les démontant avec précaution, Ves pouvait les récupérer intactes.
Le seul problème était que le plan comportait quelques taches rouges criantes. Certaines correspondaient à des pièces sans importance, comme le boîtier extérieur, ou certains câbles insignifiants. D'autres posaient un problème plus important.
« Je vais devoir récupérer toutes les pièces cassées et trouver une solution. »
Après avoir marqué les pièces supplémentaires, Ves commença son démontage. Malgré son manque d'expérience, il compensait par sa patience et sa concentration. Ses récentes améliorations lui conféraient une prise plus stable, ce qui l'aidait à utiliser ses outils avec précision.
Une Dortmund était une imprimante monstrueuse. Si Ves n'avait ni plan ni manuel de réparation, il risquait de casser quelque chose. Les précieuses informations obtenues auprès de la Société lui permirent d'éviter de nombreux pièges et de manipuler les composants les plus importants avec soin.
Le travail avançait lentement, car Ves s'occupait lui-même de tout le travail. Aucun des nombreux robots du Barracuda ne pouvait l'aider, dans cette opération délicate. Le mieux qu'ils pouvaient faire était de ramener les pièces récupérées au vaisseau et de les stocker dans des conteneurs sécurisés spécialement fabriqués à cet effet.
L'opération dura près d'une semaine. Ves travaillait avec une extrême prudence, ce qui entraîna quelques retards. Son partenaire râla à quelques reprises, mais il patrouillait avec discipline la zone sans presque jamais s'arrêter. Tous deux étaient à bout de nerfs.
Lorsque Ves envoya le dernier lot de pièces, il se détendit un peu. « La partie la plus cruciale de l’opération est terminée. »
Le Barracuda était déjà rempli de pièces. Bien que sa soute fût suffisamment spacieuse pour les accueillir toutes, Ves fut contraint de les stocker ailleurs, afin de laisser suffisamment de place pour le Harrier. Il réaménagea les compartiments inutilisés des ponts intermédiaires et supérieurs en salles de stockage d'urgence.
Cela rendait son vaisseau un peu moins sûr, mais Ves pouvait s'en accommoder. Le Barracuda ne pouvait pas en contenir beaucoup plus sans se débarrasser de certaines provisions.
« Retournons au sous-sol et ouvrons les dernières cachettes. »
Dietrich, Lucky et Ves descendirent dans la cage d'ascenseur et atteignirent le quatrième sous-sol. Pendant que Dietrich montait la garde depuis le couloir à l'intérieur de son Mécha, Ves entra dans le local d'entretien, et se prépara à forcer un coffre-fort suspect.
Il commença par retirer les panneaux blindés du mur. Puis, il découpa les composites structurels qui constituaient la majeure partie des murs. Afin d'éviter toute perturbation, il utilisa un découpeur plasma plus sophistiqué, provenant de l'inventaire du Barracuda. Une fois arrivé près du coffre, il l'éteignit et découpa le reste du mur, à l'aide d'un outil spécialisé qui réduisait les vibrations au minimum.
Il finit par creuser un couloir jusqu'à l'objet caché. Il s'agissait en fait d'une simple boîte blindée, plutôt que d'un coffre-fort complet.
« Ça a été rajouté après construction. Celui qui a installé la boîte l'a probablement fabriquée avec les matériaux dont il disposait. »
« C'est une bonne chose, non ? » demanda Dietrich.
« Le coffre-fort a été fabriqué par un amateur, mais il dégage tout de même de la chaleur. Je ne peux pas être sûr de ce qu'il contient. Laisse-moi faire quelques scans. »
Bien que l'extérieur bloquant les capteurs ait entravé la plupart de ses efforts, la proximité permit au scanner d'obtenir plus facilement certaines mesures.
« Il y a un déclencheur fixé aux charnières. Toute utilisation de la force déclenchera un mécanisme qui enflammera un bloc de combustible inflammable à haute densité. »
« Et tu peux empêcher ça ? »
« Pas encore, mais j'y travaille. » répondit Ves, en réfléchissant à des solutions.
Son talent de bricolage s'appliquait principalement aux Méchas, mais elle s'avérait également utile pour de telles situations. Il savait quel type de combustible se trouvait à l'intérieur. S'il gelait la section proche du combustible, il pourrait empêcher sa mise à feu, même malgré le déclencheur. Cela ne permettrait peut-être pas d'empêcher autre chose, mais Ves espérait pouvoir récupérer le contenu.
Il ramassa un outil de congélation spécialisé au sol et se prépara à congeler le bloc de carburant inflammable. Il creusa d'abord un canal plus large, jusqu'au sommet de la boîte blindée. Il appuya la buse semi-flexible contre le sommet, et commença le processus de congélation.
La boîte se couvrit rapidement de givre, à mesure que le froid se propageait. Estimant avoir fait le nécessaire, il éteignit l'outil et le jeta sur le côté. Il ramassa rapidement un mini-coupeur plasma et commença à découper l'avant du coffre-fort.
C’était une course contre la montre. Il devait finir de découper et récupérer le contenu du coffre avant que le bloc de carburant ne dégèle. Ves maniait le cutter avec précaution, afin d'éviter que la chaleur localisée ne se propage trop loin.
La boîte cliqueta, lorsque Ves réussit à découper un trou à l'avant. Il éteignit le cutter et retira la pièce circulaire. Cette fois-ci, il couvrit ses mains d'une paire de gants épais qu'il avait également empruntés aux techniciens décédés. Avec une rapidité remarquable, il déterra une poignée d'objets qui s'avérèrent être un tas de puces de données.
Il termina le travail en jetant un explosif préparé à l'avance avant de courir dehors. L'explosion détruisit tout le mur. Ves avait délibérément renforcé l'explosion afin d'éviter toute autre surprise. Les scanners qu'il avait placés autour du placard ne détectèrent aucune activité. Il était presque certain que cela n'avait déclenché aucune alarme.
« Es-tu certain que personne ne sait que nous sommes ici ? » demanda à nouveau Dietrich.
« Les capteurs et les scanners dont je dispose sont à la pointe de la technologie. Je n'ai détecté aucun signal sortant. Je n'ai également trouvé aucun signe d'un nœud d'intrication quantique actif. »
Ces derniers étaient difficiles à arrêter, mais ils étaient volumineux, coûteux et gourmands en énergie. Ils devaient l'être, pour établir une communication instantanée avec le reste de la galaxie à un débit décent. Ves soupçonnait que les forces d'assaut avaient donné la priorité à leur destruction.
Avant de s'attaquer au plus important, Ves voulait jeter un œil au contenu des puces qu'il avait péniblement récupérées. Il prit un bloc-notes sécurisé, et y inséra l'une des puces.
Aucun virus ni piratage n'apparut, lorsque le bloc-notes électronique accéda à la puce. Sans surprise, il ne trouva que des fichiers cryptés.
Il avait une réponse à cela. « Barracuda, connecte-toi et décrypte ces fichiers. Désactive toutes les mesures de sécurité de la puce, pendant que tu y es. »
Son vaisseau disposait de capacités de guerre électronique de base. Par “de base”, cela sous-entendait que les systèmes étaient bien moins performants que ceux installés sur des navires de guerre. Mais comparé au niveau technologique lamentable d'un État de troisième rang, le Barracuda ne mit que 4,7 secondes pour décrypter tous les fichiers. C’était considéré comme assez lent, pour une corvette moderne.
Le bloc-notes révéla des tonnes de fichiers déverrouillés. Ves ouvrit un document, et tenta brièvement de le comprendre. Il hocha la tête et passa à un autre fichier, pour trouver quelque chose de similaire. Lorsqu'il retira la puce et en inséra une autre, il trouva le même type de données.
« Alors, qu'as-tu trouvé ? Des recherches top secrètes ? Des informations juteuses ? »
« Non. On dirait qu'on est tombés sur un registre financier. Il répertorie toutes les transactions externes, de l'importation à l'exportation. Les revenus générés par cette base sont stupéfiants. »
« On a raison, du coup ? »
« Je ne vois aucune autre raison qui explique pourquoi cette base est si colossale. Les profits générés par les ventes suffisent à faire perdre tout moral à n'importe quelle entreprise de taille moyenne. »
À partir des indices qu'ils avaient recueillis, ils en conclurent que cette installation faisait dans l’illégal. Ves avait également récupéré certains des journaux de bord des Dortmund pour étayer ce verdict.
Ves rassembla les puces de données et les plaça dans un conteneur sécurisé. « Cette installation a été mise en place pour produire en masse des Méchas sans licence. Il n'est pas difficile de se procurer quelques modèles excellents sans payer la licence. Le véritable défi, c’est de les produire à partir de modèles piratés sans se faire prendre par l’ACM. »
En tant que régulateur autoproclamé de l'industrie des Méchas, l’Association du Commerce de Méchas voyait d'un mauvais œil quiconque enfreignait les règles. La redoutable division Disciplinaire sévissait contre toute personne violant les droits des détenteurs de propriété intellectuelle. Pas de poursuites légales, ou de prison. La division passait toujours à l'action les armes à la main.
Toute entreprise qui continuait à produire des Méchas devait être très prudente. C'est la raison pour laquelle une telle base avait été construite au milieu de nulle part. Le Barracuda n'avait détecté sa présence qu'à cause de sa chute. Sinon, aucun scan n'aurait pu pénétrer son camouflage.
« Les fichiers utilisent des codes spécifiques pour dissimuler l'identité de cette organisation et de ses partenaires commerciaux. Il est très probable que le fabricant ait expédié ses Méchas à des pirates. Cette preuve suffit à elle seule pour faire condamner l'ensemble du conseil d'administration de la société. »
Tout le monde détestait les pirates. Ceux qui soutenaient ouvertement leurs activités ne méritaient aucune pitié. En raison de l'éloignement du secteur Komodo, le fléau de la galaxie représentait une menace moindre dans cette région. Néanmoins, leur simple présence mettait en danger les routes commerciales et freinait la croissance économique.
Dietrich se montra très intéressé par les puces. « C'est un excellent moyen de chantage. Je connais un analyste qui peut donner un sens à ces transactions. Il sera capable de déterminer quelle société a été impliquée. »
« Ça risque d’être dangereux, surtout à cette échelle. », répondit Ves avec prudence. « Même si tu découvres qui a fait fortune grâce à ça...»
« Détends-toi, je ne suis pas stupide. Mes gars et moi, on est peut-être pas très importants, mais je sais exactement où vendre ce genre d’infos. Si tu me passes les puces, on se fera gros. Ça sera pas autant que si on faisait le chantage nous-mêmes, mais vaut mieux augmenter l’anonymat. »
En raison du risque énorme, Ves et Dietrich modifièrent leur accord. Ils convinrent de se partager à parts égales les gains tirés de la vente de ces données.
Maintenant qu'ils s'étaient occupés de la petite cachette, ils se préparèrent à ouvrir la plus grande, située dans le département de recherche. Ves avait de grands espoirs, en raison de sa proximité avec les laboratoires.
Ses robots de transport avaient déjà retiré les débris qui bloquaient le mur. L'accès dégagé permit à Ves de déployer ses scanners plus près de la cachette présumée.
« Il y a un espace de la taille d'une salle de bain derrière ce mur. Il est encore mieux caché que la cachette précédente, car il ne contient aucun système actif. Il ne dégage aucun signal, ni aucune énergie. Cela ne signifie pas pour autant qu'il ne contient aucun piège. Je vais devoir m'approcher pour m'en assurer. »
Comme la dernière fois, Ves démolit méthodiquement le mur devant lui jusqu'à atteindre l'extérieur du compartiment caché bloquant les capteurs. Il enleva une grande quantité de matériaux, et déploya ses scanners presque à fleur de surface.
Ses efforts ne révélèrent rien qui suggérait la présence de systèmes. Cela ne disait toujours rien sur les pièges, mais la probabilité de déclencher quoi que ce soit diminuait.
« C'est un peu suspect, mais la seule façon de le savoir, c’est d'ouvrir cet endroit. Tu veux prendre le risque ? »
Malgré leur appréhension, les deux hommes étaient avides. Ils avaient déjà fait une bonne prise. S'ils devaient prendre la fuite, ils auraient tout de même réalisé un sacré profit.
Ves décida de l'ouvrir directement sans perdre trop de temps. Il prit un coupeur plasma robuste, et sépara la porte du coffre-fort du mur. Un grand sifflement d'air s'échappa de la chambre fermée, provoquant quelques étincelles sur son coupeur. Une fois qu'il eut créé une grande ouverture, il envoya prudemment un robot d'observation à l'intérieur.
Les deux hommes gardèrent les yeux rivés sur leurs écrans. Lorsque le robot éclaira l'intérieur, ils levèrent tous deux les yeux, surpris.
« Ce sont des cadavres. »
Outre une grande pile de boîtes, le compartiment contenait trois cadavres différents. Ils portaient tous des blouses blanches standard qui révélaient leur ancien statut de chercheurs. Le plus frappant dans leur état était qu'aucun d'entre eux ne portait de combinaison hermétique.
Dietrich comprit la situation en voyant l'état déplorable de leurs corps. « Ils ont suffoqué après avoir épuisé tout leur oxygène. Cette cachette n'est qu'un endroit où dissimuler des objets de valeur. Ce n'est pas une pièce sécurisée. »
Sans air, nourriture ou eau, les chercheurs n'avaient eu aucune chance de survivre. Même s'ils avaient voulu se rendre, ils n'auraient probablement pas pu sortir, en raison des débris bloquant la sortie. Ce blocage empêchait les charognards de découvrir leurs corps.
« C'est une mort horrible. Le moins que nous puissions faire est d'enterrer leurs corps avec respect. »
Ves chargea deux robots porteurs pour remonter soigneusement les corps à la surface. Il en chargea d'autres pour creuser deux tombes. Avant de laisser les robots emporter les corps, il fouilla leurs vêtements, et retira tous leurs appareils de communication, ou d’autres possessions.
En examinant leur dépouille, il comprit qu'il ne pourrait rien en tirer. Ces modèles avaient été fournis par le laboratoire lui-même, et étaient dotés d'une multitude de dispositifs de sécurité. En cas de décès du propriétaire, ils se formataient automatiquement et fondaient leur puces.
Les grandes boîtes contenaient les composants d'une arme démontée. Étonnamment, Dietrich fut le premier à reconnaître l'arme.
« C'est un fusil laser de la taille d'un Mécha, mais il a l'air un peu bizarre. Certaines pièces semblent plus grandes que d'autres. C'est pas une arme banale. »
Si les boîtes contenaient des pièces, elles devaient également contenir des plans. Ves fouilla un peu, et finit par trouver deux puces dans une boîte plus petite.
Le décryptage progressait lentement. Le laboratoire avait déployé beaucoup d'efforts, pour protéger leur contenu. Malgré ce contretemps, la méthode de cryptage était obsolète et ne faisait pas le poids face à la puissance du module de guerre électronique du Barracuda.
Lorsque Ves jeta un œil aux fichiers, il trouva quelques plans, ainsi que de nombreuses notes documentant les développements du laboratoire. Les journaux inclus dans la puce couvraient une période de trois mois.
Une fois que Ves ouvrit l’un des plans, il comprit enfin pourquoi ce laboratoire était autant caché.
« Ils développaient un fusil graser. Non, ils avaient déjà mis au point un modèle fonctionnel. D'après ce schéma, ils travaillaient sur leur troisième version. »
Dietrich frappa du poing contre son cockpit. Si l’ACM découvrait qu'ils avaient récupéré les schémas d'un graser fonctionnel, ils pourraient avoir de gros ennuis.
Graser était l'abréviation de “gamma ray laser” (laser à rayons gamma). Les grasers pouvaient être considérés comme la version hyperactive d'un laser classique. Les grasers sont peu efficaces, dans la plupart des conditions atmosphériques, en raison de leur tendance à transformer l'air en plasma.
Les grasers possèdent un certain nombre de caractéristiques particulières qui ont conduit l’ACM à voir d'un mauvais œil ce type d'arme.
Tout d'abord, la quantité d’énergie produite était ridicule. Un graser de qualité consommait une quantité considérable d'énergie afin d'être utilisable sur le champ de bataille. Les rayons gammas traversaient les obstacles ou les faisaient exploser, s'ils rencontraient quelque chose de dense.
L'utilisation la plus sournoise d'un graser consistait à tirer parti de ses propriétés pénétrantes. Un graser suffisamment puissant réussissait toujours à transmettre une partie de ses rayons à travers un obstacle. Les grasers étaient capables d'irradier les personnes qui se croyaient en sécurité dans le cockpit d'un Mécha.
Il suffisait d'une fraction de l'énergie émise par un graser pour condamner un être humain à mort. Quiconque recevait une dose mortelle de radiations avait peu de chances de survivre, à moins d'avoir accès à des services médicaux de qualité supérieure. Seuls les meilleurs hôpitaux étaient équipés pour traiter les intoxications par radiation.
Ves était certain que cette base développait et vendait des fusils graser aux pirates. À leur tour, les pirates utilisaient les fusils graser comme d’un moyen pratique d'irradier l'équipage d'un vaisseau. Cela tuait les personnes, mais laissait les marchandises intactes.
Bien sûr, les pirates devaient nettoyer les radiations résiduelles. Ce n'était pas un gros problème, car les rayons gamma n'étaient pas aussi nocifs que les rayons alpha ou bêta, à cet égard.
En bref, Ves ne pouvait pas utiliser ces recherches, et encore moins tenter de les vendre. Produire des Méchas piratés était une chose. Produire une arme illégale en était une autre.
« Détruisons le fusil démonté. » suggéra Ves, après un moment de réflexion. « Ce n'est pas une bonne idée de s'impliquer. Ne mentionnons même pas de ce tabou, lorsqu’on vendra les puces de chantage. »
Dietrich fit une pause dans son Harrier tandis qu'il pesait le pour et le contre dans sa tête. « Tu n’as pas dis ce que tu comptais faire des fichiers que tu as récupéré. Me dis pas que tu veux les garder ? »
« Si. Je sais que cela pourrait me condamner, mais je ne peux pas me séparer de ces recherches précieuses. » répondit Ves, avec une lueur d’avidité dans son regard. « Avant que tu n’appelles l’ACM, sache que je t’assure que je n'ai aucune intention d'enfreindre les tabous. Je peux utiliser ces données pour approfondir ma compréhension des armes laser normales. »
Ves jouait avec le feu, ils le savaient tous les deux. Peut-être que Dietrich s'en moquait, mais il ne s'y opposa que brièvement avant de passer à autre chose.
Le fait que Dietrich sache que Ves conservait les recherches donnait au pilote un certain pouvoir. À tout moment, il pouvait dénoncer Ves à l’ACM, ou même s'en servir comme moyen de chantage.
Ce que Dietrich ignorait, c’était que Ves avait l'intention de transférer tous les fichiers vers le Système. Grâce à sa récente mise à jour, le système avait désormais la capacité de camoufler son programme afin de ressembler à une application de modélisation inoffensive. Même l’ACM ne pouvait rien faire contre Ves, sans preuve irréfutable.
Pour l'instant, Ves ne s'attendait pas à ce que leur relation se détériore. Le voyage les avait rapprochés, et les gains de ce seul voyage suffisaient à satisfaire le pilote.
« Il est temps de rentrer à la maison. »