Chapitre 717
[Traducteur — Asura]
[Relecteur — Gun]
Histoire annexe 46
Il fallut bien plus longtemps que prévu à Seong Jihan pour transmettre tout ce qu’il savait aux Âmes perdues de Taiji, ses autres lui-même.
Et, au cours de ce processus…
[C’est… vraiment tout ce que tu sais ?]
[Toi. On dirait que tu as trop longtemps fermé les yeux sur la Lumière blanche.]
[C’était pour éviter d’être emporté par Transcendent ?]
Seong Jihan se rendit compte qu’il ne savait pas grand-chose de la Lumière blanche.
Il avait pourtant mené des recherches très minutieuses dans Ark,
était-ce parce qu’il s’était trop retenu, de peur d’être emporté par Transcendent s’il se plongeait dans ce pouvoir ?
« Faisons des recherches ensemble. Nous devons bien apprendre à utiliser ce pouvoir pour sauver vos mondes, non ? »
[C’est vrai…]
[Analysons le pouvoir de la lumière en le divisant entre nous.]
Il leur fallut en tout cent ans pour analyser en profondeur le pouvoir de la lumière et apprendre à l’utiliser.
[À ce rythme…]
[On dirait que nous l’avons en partie analysé.]
Avec mille Seong Jihan qui s’y consacraient comme si c’était leur propre tâche, l’efficacité fut remarquable.
Cependant…
[Nous ne sommes pas nombreux pour l’instant, donc ce n’est pas un problème, mais…]
[Le risque de se laisser influencer par la Lumière blanche existe toujours.]
[Même si le pouvoir de Transcendent s’est affaibli, la probabilité d’être emportés par lui reste élevée.]
[Devrait-on utiliser le Bleu ?]
[Comme prévu, la Lumière blanche n’est pas facile à maîtriser…]
L’analyse de la Lumière blanche était terminée, mais ses dangers n’avaient pas encore été complètement écartés.
Ils avaient beau analyser et apprendre tout ce qu’ils pouvaient sur le pouvoir de la lumière,
s’ils l’utilisaient délibérément, ils risquaient d’être corrompus, comme Mitra le souhaitait.
« Même à mille, ce n’est pas une mince affaire. »
Décidant d’interrompre là l’analyse de la Lumière blanche,
Seong Jihan passa à l’étape suivante.
« Nous devrions tenter l’Infini. »
[Tu vas recréer les Neuf Palais, Huit trigrammes ?]
« Oui. Cette fois, chacun de vous devra se trouver à l’intérieur. »
Remue. Remue.
[Tout comme Jiang Shang avait atteint l’Infini au terme du désespoir…]
[Tu veux que nous ressentions sans cesse cette terreur éprouvée face à l’Épée du Taiji…]
[…D’accord.]
Ayant compris le plan de Seong Jihan grâce à leurs sens partagés,
ils commencèrent à recréer chacun leur monde au sein des Neuf Palais, Huit trigrammes, au moment de sa destruction.
— C’est…
— Quelle stupidité. Comment as-tu pu perdre tout ton argent alors que tu possèdes l’Œil du Vagabond ?
— Voilà ce qui arrive quand on mise tout, tss, tss.
Depuis le Seong Jihan mort misérablement après avoir été pris dans l’Épée du Taiji alors qu’il ne faisait que jouer,
Vziiing…
jusqu’au monde où Seong Jihan et Lee Hayeon étaient mariés, dans les Neuf Palais, Huit trigrammes,
« Chéri ? Tu sais qu’on doit s’y mettre aujourd’hui, pas vrai ? »
et même celui où Lee Hayeon voulait passer à l’acte, puisqu’ils avaient décidé de concevoir leur deuxième enfant ce jour-là.
Les Âmes perdues de Taiji entrèrent chacune dans leur monde.
— Tu vas le faire ?
— Tu vas vraiment le faire ? Avec neuf cent quatre-vingt-dix-neuf d’entre nous qui te regardent ?
— Eh bien… Peut-être que ça nous attachera davantage au monde actuel ?
— Ce désespoir pourrait nous aider plus que tout à comprendre l’Infini.
— Bon, alors, on regarde ?
Et le monde de Lee Hayeon, qui intéressait le plus les Âmes perdues de Taiji.
« Ah ! La ferme ! Je ne le ferai pas ! »
« …Chéri ? Tu me dis ça, à moi ? »
« Euh, ce n’est pas ce que je voulais dire… »
« Non. Comment peux-tu me faire ça… ? Tu sais comme ça a été dur pour moi, ces derniers temps ? J’attends ce jour depuis si longtemps, je me suis dégagé du temps… »
« Ce n’est vraiment pas ça !!! »
« Alors, fais-le ! Enlève ça, tout de suite ! »
— C’est le chaos…
— Dongbangsak devrait bientôt apparaître, non ?
— Nous avons créé ce monde pour comprendre l’Infini. Évitons de continuer à tout mélanger.
— Nous ne nous entraînons que depuis cent ans. Il nous faut bien quelques petits plaisirs.
— Malgré tout, les mondes où l’on a des choses précieuses ont bien plus de vitalité… Le précédent était si lugubre.
Et Seong Jihan, qui recréait sans cesse la destruction de son monde.
Pris au piège, impuissant, par Taiji.
Son corps était entièrement déchiqueté à l’intérieur, alors qu’il s’y était parfaitement habitué.
[Une piste…]
[Je crois commencer à y voir un peu plus clair.]
Comme pour la Lumière blanche, une centaine d’années plus tard,
Seong Jihan parvint à maîtriser l’Infini,
dépassant l’Unité.
Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent avant qu’il n’obtienne l’Infini et ne s’éveille à la Lumière blanche.
S’il avait autant progressé, c’était grâce aux mille Seong Jihan, qui l’avaient aidé de toutes les manières possibles.
Seul, il ne serait jamais allé aussi loin.
Et…
[L’Infini et la Lumière blanche…]
[D’une certaine manière, ce ne sont pas des forces opposées ?]
[Pourrions-nous… les entrelacer ?]
Seong Jihan, qui s’était éveillé à ces deux pouvoirs,
passa à l’étape suivante.
* * *
L’Infini, qui ramenait tout au néant.
La Lumière blanche, qui étendait le pouvoir de la lumière jusqu’à la création.
La création et la destruction.
Les deux forces pointaient dans des directions complètement opposées.
[Si nous neutralisons la direction de ces deux pouvoirs…]
[Nous pourrions peut-être maîtriser les deux.]
Cela aurait peut-être été impossible auparavant,
mais, à présent qu’ils comprenaient clairement ces deux pouvoirs, la tentative était envisageable.
« En tout cas, les chances d’y parvenir sont bien plus élevées que si nous essayions de créer quelque chose de complètement inédit, qui dépasserait à la fois l’Infini et la Lumière blanche. »
Réprimer la Lumière blanche avec l’Infini.
Maîtriser l’Infini avec la Lumière blanche.
S’il parvenait à faire en sorte que ces deux pouvoirs se contrôlent mutuellement,
il atteindrait enfin l’objectif qu’il poursuivait depuis le début de son entraînement en isolement.
« Allons-y. »
[Oui.]
[On dirait que c’est la solution.]
Ainsi commença leur entraînement final.
Seong Jihan, accompagné de mille autres versions de lui-même,
mit à profit tout ce qu’ils savaient.
Ils firent en sorte que l’Infini et la Lumière blanche se contiennent mutuellement,
tout en restant capables d’utiliser les deux pouvoirs.
[Nous devons maintenir l’équilibre entre zéro et l’infini.]
[Utilisons le monde souillé et mélangé d’Ashoka. Son illumination nous empêchera de vaciller.]
[Nous devons nous maîtriser mutuellement, tout en restant capables d’utiliser le pouvoir…]
[Quelle tâche difficile.]
[Mais ne devrions-nous pas bientôt sortir ?]
Utiliser l’Infini et la Lumière blanche l’un contre l’autre pour les maîtriser était bien plus difficile que tout ce qu’ils avaient tenté jusque-là,
mais, maintenant qu’ils savaient où aller, ils n’avaient plus besoin d’errer.
Aussi loin que soit la destination,
il suffit de continuer à avancer pour finir par l’atteindre.
Seong Jihan poursuivit ses tentatives avec ses mille doubles et…
[Est-ce que… ça a marché ?]
ils parvinrent à un résultat.
Fouich…
Ce que Seong Jihan tenait dans sa main était une épée unique.
Sur les bords de sa lame transparente,
une pure lumière blanche circulait en scintillant intensément.
L’Infini était contenu à l’intérieur ;
la Lumière blanche à la surface semblait sur le point d’être aspirée, mais les deux pouvoirs suivaient un mouvement circulaire.
Contemplant l’épée, transparente à l’intérieur et étincelante à l’extérieur, Seong Jihan
regarda les Âmes perdues de Taiji qui l’entouraient.
« Vous savez comment nous l’avons créée, n’est-ce pas ? »
[Oui.]
[C’est une épée que nous avons tous forgée ensemble…]
« Alors, retournez dans les Neuf Palais, Huit trigrammes. Vainquez Dongbangsak avec cette épée. »
La surface de l’épée scintilla,
Vziiing… !
et le motif des Neuf Palais, Huit trigrammes apparut instantanément.
Les Âmes perdues de Taiji entrèrent chacune à l’intérieur,
et firent de nouveau face à leur « fin ».
« Chéri. Aujourd’hui… »
« Attends. Je reviens dès que j’ai réglé une affaire urgente. »
Se libérant de l’étreinte de Lee Hayeon, l’Âme perdue de Taiji sortit du bâtiment.
Comme Seong Jihan l’avait créé,
elle produisit un Infini contenant de la lumière et se tint devant Dongbangsak.
Puis…
Fwoosh… !
Taiji se brisa.
La silhouette de Dongbangsak fut aussitôt engloutie par la lumière et disparut.
« Ha. Si facilement… »
L’Âme perdue de Taiji poussa un soupir accablé. Cet être qui l’avait tourmentée d’innombrables fois et lui avait inspiré tant de désespoir avait disparu dès qu’elle avait dégainé son épée. Pourtant…
« Non. C’est une bonne chose… »
Rassemblant de nouveau ses pensées,
[Traducteur — Asura]
[Relecteur — Gun]
« Hé, bande de salauds ! Je vais faire mon deuxième enfant aujourd’hui, alors ne regardez pas ! Je vous préviens ! »
Il cria dans le vide.
[Même si tu nous disais de regarder, nous ne le ferions pas…]
[Pourquoi ne regardes-tu pas derrière toi ?]
« Pourquoi ? »
À ces mots, l’Âme perdue de Taiji se retourna.
Le grand bâtiment dont elle venait de sortir n’était pas le seul à disparaître d’un coup :
le monde entier s’effaçait.
[Après tout, ce monde a été créé à la hâte.]
[Si tu veux vraiment avoir un deuxième enfant, Seong Jihan doit sortir et mettre fin à tout ça.]
[Après, faites autant de deuxième ou troisième enfants que vous voulez.]
« Ha… »
Bien sûr.
Cette scène n’était qu’un terrain d’essai pour vérifier si l’Infini contenant de la lumière pouvait vaincre Dongbangsak, dont ils avaient gardé un traumatisme.
L’Âme perdue de Taiji baissa son épée, l’air abattu.
Mille Âmes perdues traversèrent des situations similaires.
[Nous avons vaincu Dongbangsak…]
[Mais est-ce vraiment suffisant ?]
[Dans le monde que nous avons créé, nous ne faisons peut-être que nous réconforter…]
[Peut-on vraiment le vaincre aussi facilement ?]
Même après avoir vaincu Dongbangsak,
les Âmes perdues de Taiji craignaient que cela ne fonctionne pas.
Voilà à quel point « Dongbangsak » les avait profondément traumatisées.
« J’imagine qu’il faut le prouver pour de bon, à l’extérieur. »
Fouich.
Seong Jihan se leva après avoir entendu leurs paroles.
« Au fond, vous voulez savoir si ça marche vraiment, c’est ça ? »
[Oui…]
[Même si nous avons gagné dans les Neuf Palais, Huit trigrammes que nous avons créés, nous n’avons pas l’impression d’avoir vraiment triomphé.]
« D’accord. Sortons. »
Fwoosh… !
Seong Jihan dégaina son épée et la planta dans le vide.
Grrr… !
Les souterrains de l’Abîme.
Cet espace où il avait passé plus de cinq cents ans avec les Âmes perdues de Taiji
commença à s’effondrer en un instant.
« Venez. En moi. »
Fouich… !
Les Âmes perdues de Taiji furent alors toutes absorbées d’un coup par Seong Jihan.
Une fois tous les fragments réintégrés en lui,
Seong Jihan fit de nouveau pivoter son épée.
Le monde fut alors entièrement aspiré dans la lame.
Quand le monde des Neuf Palais, Huit trigrammes s’effondra,
« Ah… »
Seong Jihan
retourna là où se trouvaient Dongbangsak et Yoon Seah.
* * *
Fouich.
Dongbangsak caressa sa barbe en observant l’épée que tenait Seong Jihan.
« Un Infini contenant de la lumière… C’est ta réponse ? »
« Oui. »
« Maîtriser la lumière avec l’Infini. Maîtriser l’Infini avec la lumière… Et au cœur de tout cela se trouve ton autorité. »
Dongbangsak hocha plusieurs fois la tête en regardant l’épée de Seong Jihan.
« Seul Seong Jihan pouvait créer cette épée. Seul toi, qui as maîtrisé la lumière et le Bleu et atteint le sommet des arts martiaux, peux manier un tel pouvoir. »
« Mais il me reste encore quelque chose à surmonter. »
« Hoho… Moi ? »
Seong Jihan hocha la tête.
Dongbangsak sourit à pleines dents.
« J’en suis honoré. »
Fouich…
Sur ces mots, Dongbangsak fit apparaître une épée.
Contrairement à celle de Seong Jihan, c’était l’Infini originel, sans lumière blanche.
« Cette épée ne représente pas pleinement le véritable Infini. »
Fouich.
Dongbangsak contempla sa propre épée.
« Puisque même Transcendent n’a pas pu analyser l’Infini dans son intégralité… elle est infiniment inférieure à l’épée de Jiang Shang. »
« Pourtant, l’Unité ne pouvait pas la briser. »
« C’est vrai. Si tu as créé l’Infini… tu devrais pouvoir briser cette épée. »
Fouit !
À peine l’épée de Dongbangsak bougea-t-elle
que la Lumière blanche jaillit de celle de Seong Jihan.
Les deux épées s’entrechoquèrent en un instant.
Et…
Fwoosh… !
L’épée de Dongbangsak
disparut après un seul choc.
« Tu l’as vraiment maîtrisé… »
En voyant son épée se briser en un seul échange,
Dongbangsak sourit radieusement.
Il affichait un sourire libéré, comme s’il avait déposé tous les fardeaux qu’il portait sur ses épaules.
« Mon rôle s’achève ici. J’ai vraiment pris plaisir à être auprès de toi… »
Alors que le corps de Dongbangsak devenait peu à peu transparent,
« Où comptez-vous aller ? »
Fouich.
Seong Jihan fit pivoter son épée.
Une pure lumière blanche éclata.
Quand elle toucha Dongbangsak,
« Hmm… ? »
son corps, qui devenait transparent,
redevint aussitôt normal.
Le pouvoir de création que Seong Jihan avait tant peiné à maîtriser
s’était manifesté sur Dongbangsak.
« Toi… Pourquoi… »
« Permettez-moi d’abord de m’incliner devant vous. »
« T’incliner ? »
« Oui. N’êtes-vous pas mon maître ? »
« Ton maître… ? »
Dongbangsak ouvrit de grands yeux, stupéfait.
Sans la moindre hésitation, Seong Jihan s’agenouilla devant lui.
[Maître… ?]
[Qu’est-ce que tu racontes ?]
[Cet homme est notre ennemi… !]
[Tu as oublié tout ce que nous avons enduré dans les Neuf Palais, Huit trigrammes ?]
Les Âmes perdues de Taiji, à l’intérieur de Seong Jihan,
s’agitèrent vivement en le voyant agir ainsi. Mais…
« Il est peut-être votre ennemi… mais, pour moi, c’est un maître. »
Seong Jihan ignora leurs paroles et s’inclina profondément.
Pour Seong Jihan, Dongbangsak était son plus grand bienfaiteur, plus que quiconque.
Non seulement il avait pu aller aussi loin grâce à son enseignement,
mais Dongbangsak lui avait aussi donné l’occasion de s’entraîner en réunissant les Âmes perdues de Taiji dans les Neuf Palais, Huit trigrammes.
Seong Jihan avait reçu d’innombrables choses de Dongbangsak.
À ses yeux,
il voulait au moins lui témoigner le respect qui lui était dû.
Et…
« Le maître du meilleur au monde… Toute ma vie, je n’ai aspiré qu’à être le meilleur au monde. »
Dongbangsak caressa sa barbe en regardant Seong Jihan.
« Ce n’est pas mal non plus. »
Il sourit plus profondément que jamais.
[Traducteur — Asura]
[Relecteur — Gun]