Chapitre 425
Sur l’étoile du Dieu martial, Tuseong.
Le Dieu martial toisa Ashoka depuis les hauteurs.
[Comme tu l’as dit, j’ai autorisé ta participation à ce tournoi, mais… Ashoka. Puis-je te confier le soin d’achever le travail ?]
« Oui. Si je peux récupérer la main, je la récupérerai. Sinon, je la scellerai. »
[Bien. J’espère que tu ne contreviendras pas à l’interdiction.]
« Cela correspond aussi à mon objectif… Je m’en acquitterai fidèlement. »
Le Dieu martial baissa les yeux vers Ashoka, qui s’inclinait avec déférence, et se remémora le passé.
Il y avait bien longtemps, le sage de l’humanité, qui ne cessait de se mettre en travers de son chemin, était accompagné de Dongbangsak.
À cause de cet homme, il avait un jour tenté de brûler toute la Terre pour tout recommencer sur une autre planète.
Mais la situation avait changé lorsqu’Ashoka, qui avait le premier compris ses intentions, lui avait proposé une « régression infinie ».
Jusqu’ici, il m’a été d’une aide précieuse…
Si le Dieu martial avait pu réunir une puissance aussi immense sur Tuseong et viser le poste d’Administrateur, c’était en grande partie grâce à la régression infinie qu’Ashoka avait mise en place.
Autrefois, il avait été son pire ennemi.
Mais depuis qu’il s’était incliné devant lui et proclamé son disciple, il lui était devenu plus utile que quiconque.
Pourtant…
Nous avons régressé ensemble un nombre incalculable de fois, mais je ne parviens toujours pas à percer ses véritables intentions…
Par le passé, le Dieu martial avait mené à bien tous ses projets.
Il avait certes dû éviter Dongbangsak et fuir devant lui, car celui-ci possédait le Néant transcendant, et n’avait jamais pu l’affronter de front.
Il avait aussi dû sceller l’Arbre-Monde, ce qui limitait son champ d’action.
Ainsi, il y avait eu quelques imprévus, mais dans l’ensemble, tout était resté sous son contrôle.
Mais Ashoka…
Non.
[… C’était Siddhartha. Ton ancien nom.]
Quand Siddhartha s’était dressé contre lui, tous ses plans avaient été déjoués.
Si l’écart de puissance entre eux n’avait pas été écrasant…
Ou si Dongbangsak n’avait pas été lié à l’Arbre-Monde…
Siddhartha et Dongbangsak l’auraient tué depuis longtemps.
« J’ai oublié le nom de Siddhartha depuis longtemps. »
Ashoka prononça ce nom d’un ton neutre.
Les yeux du Dieu martial brillèrent.
Oui.
Cette expression indéchiffrable lui avait toujours pesé.
Le sage de l’humanité qui s’était joué de lui.
Il avait fini par devenir son disciple, sous toutes sortes d’interdictions, mais…
Même avec le temps, il ne lui faisait pas confiance.
Au contraire, il se demandait seulement quand cet homme allait le poignarder dans le dos.
La lueur rouge dans les yeux du Dieu martial s’intensifia.
[Je me souviens de notre promesse. En échange du report de la destruction de l’humanité, tu déplaces indéfiniment les chaînes du temps.]
« Tu as promis de sauver l’humanité lorsque tu deviendrais un Être transcendant. »
[Oui. Je tiendrai parole. Si je deviens Administrateur permanent, je sauverai l’humanité. J’éteindrai toutes les flammes sacrées.]
« …Merci pour ces paroles, du moins. »
[Alors, je compte sur toi pour ne pas agir à la légère. Si notre contrat est rompu, l’humanité sera anéantie.]
Le Dieu martial fit répéter sa promesse à Ashoka, encore et encore.
Ashoka était le disciple du Dieu martial le plus difficile à maîtriser.
Cette insistance trahissait la méfiance profonde qu’il éprouvait à son égard.
« J’obéirai à tes ordres. »
Et devant le Dieu martial, Ashoka s’agenouilla et baissa la tête.
Un sourire étrange aux lèvres.
* * *
[5 victoires et 0 défaite dans l’Arène des débutants ! L’équipe humaine triomphe, menée par Yoon Seah, qui joue le rôle de guerrière.]
[Cette année, est-ce le bon moment pour passer à la race intermédiaire ? On sait que les tournois de Seong Jihan accordent aussi des bonus d’évolution.]
[Ashoka, Constellation souveraine, termine tous ses matchs en 1 seconde.]
[Quel est le véritable nom d’Ashoka ? Les dieux de la mythologie indienne sont tous passés en revue.]
Ces derniers jours, l’Arène des débutants et le tournoi de Seong Jihan avaient fait couler le plus d’encre.
Au départ, l’Arène des débutants, qui pouvait accorder des bonus d’évolution à l’humanité, avait attiré davantage l’attention.
Mais après qu’Ashoka, Constellation souveraine, eut montré qu’il pouvait conclure chaque match en un éclair, la curiosité du public à son sujet avait grandi.
« Ah, c’est dommage que je n’aie pas pu aller voir le match de tonton aujourd’hui. Il fallait qu’il tombe en même temps que l’Arène des débutants. »
« Tu n’as qu’à finir vite et venir regarder. »
« Mais si le Roi sage qui fait tourner la roue termine tout en un éclair ? »
Yoon Seah ne désignait désormais plus Ashoka par son nom.
« Tu défends la théorie du Roi sage qui fait tourner la roue ? »
« Oui. Tonton a dit que ça semblait lié au bouddhisme. Mais Buddha… je ne le vois pas invoquer ce crâne. »
« Je vais lui demander carrément s’il est Buddha. »
« Ah bon ? Pourquoi ? »
« J’ai une intuition. »
« Oh, l’intuition de tonton est en train de s’activer ? »
Yoon Seah, qui avait pu constater à quel point l’intuition de Seong Jihan était fiable, ouvrit de grands yeux en l’entendant.
La personne qui faisait tourner cette terrifiante roue crânienne était Buddha ?
[Mais, Jihan. Tu as trouvé un moyen de contrer son truc avec le crâne ? Et si tu te fais prendre la main ?]
« C’est vrai. Maintenant que j’y pense, qu’il soit Buddha ou le Roi sage qui fait tourner la roue, ce n’est pas le plus important. Et si tonton se retrouvait transformé en bébé ? »
Le Retour temporel d’Ashoka renvoyait son adversaire à l’instant de sa naissance.
Il leur fallait trouver comment résister à ce pouvoir écrasant, qui avait jusqu’ici expédié tous les combats en une seconde.
« J’ai fait quelques recherches sur les moyens de le contrer dans la salle d’entraînement. »
« Oh, tonton a tout préparé, même en allant commenter les matchs. »
« Ouais. Je ne peux pas me faire prendre la main comme ça, hein ? »
Ashoka avait beau avoir participé au tournoi pour recevoir l’Annihilation totale, Seong Jihan ne lui faisait pas entièrement confiance et s’était préparé au pire.
Ce serait une catastrophe s’il entrait dans le match sans préparation et se faisait arracher la main par le Retour temporel.
Je pourrais résister au Retour temporel grâce au Retour de la lumière.
Secret du Dieu de l’Annihilation – Retour de la lumière, une technique qui restait incompréhensible et soulevait bien des questions.
Cependant, en voyant la puissance d’Ashoka, Seong Jihan avait compris que le Retour de la lumière pouvait lui permettre de la contrer.
Bien sûr…
Mais là encore, ce n’est qu’une intuition sans fondement.
Cette « intuition » avait toujours montré à Seong Jihan le chemin de la survie.
Cet instinct, sur lequel il s’était déjà appuyé à maintes reprises, lui soufflait une fois encore que le Retour de la lumière était la clé pour contrer la puissance d’Ashoka.
À cet instant…
Bzzz…
[Vous serez bientôt convoqué dans l’Arène spatiale.]
Une fenêtre de message apparut devant les yeux de Seong Jihan.
Ça commençait ?
« J’y vais. Seah, continue ta série de victoires. »
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HEL SCANS
[Traducteur – Asura]
[Relecteur – Gun]
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« D’accord, tonton~ Ne lui pose pas la question directement, mais essaie de le faire parler~ »
Autrement dit, découvrir l’identité de son adversaire en abordant le sujet indirectement.
Flash !
La fenêtre de message disparut et Seong Jihan fut convoqué dans l’Arène spatiale.
Au milieu de l’immense arène…
De l’autre côté, Ashoka, le vainqueur du tournoi, observait calmement Seong Jihan.
Même si je lui parle indirectement, il comprendra sûrement où je veux en venir.
Dès qu’il vit son adversaire, Seong Jihan s’en rendit compte.
« Ashoka, j’aimerais te poser une question. »
« Vas-y. »
« Ta véritable identité… Tu es Buddha ? »
Il lui posa directement la question.
* * *
-Non, là, c’est vraiment trop direct, lol.-Il part sur la théorie Ashoka = Buddha ?-Ah, ça ne colle pas…-Je vous dis que c’est un dieu hindou.
Les paroles de Seong Jihan firent exploser le chat de l’humanité.
Ashoka sourit légèrement et lui répondit :
« Non, ce n’est pas moi. »
« Vraiment ? »
« Je n’ai aucune raison de te mentir. »
-C’est vrai, pourquoi Buddha invoquerait un crâne, lol.-Bon, passons en revue les autres.-Un vote pour Shiva.-Un dieu, ça colle moyen. Ce devrait être un humain.-Partons sur Rama.
À la dénégation d’Ashoka, Seong Jihan fronça les sourcils.
À en juger par ses discours sur l’éveil, il était certain que tout cela avait un lien avec le bouddhisme…
« Alors, tu viens de la tradition hindoue ? Ou tu es le Roi sage qui fait tourner la roue ? »
« Ni l’un ni l’autre. Je ne suis pas quelqu’un qu’on vénère de cette façon. Oui. À vrai dire, en tant que roi Ashoka, j’étais probablement celui qu’on respectait le plus. »
« Mais tu étais déjà actif avant l’époque d’Ashoka, pas vrai ? »
« Tu veux savoir quel nom je portais à l’époque ? »
« Ouais, éclaire un peu ma lanterne. En ce moment, les sept milliards d’humains se demandent qui tu es. »
« C’est probablement toi qui les as chauffés à blanc. »
Eh bien, ce n’était pas faux.
Ashoka regarda Seong Jihan et lui adressa un sourire en coin.
« Si ce nom t’intrigue tant, je vais te le dire. »
« Ah bon ? »
« Oui. J’ai l’impression que tu ne veux pas utiliser l’Annihilation totale avant d’avoir satisfait ta curiosité. »
Ashoka prit alors la parole.
« Mais avant ça, laisse-moi te poser une question. Sais-tu quel était le nom de Buddha de son vivant ? »
« C’est… »
Avant même que Seong Jihan ait le temps de réfléchir, un nom se mit à défiler dans le chat.
-C’est Sariputta.-Sariputta, oui.-Mais il n’y a pas plusieurs Buddha ? Amitabha et Maitreya, par exemple.-Le fondateur du bouddhisme, c’est quand même Sariputta, non ?
Sariputta.
C’était le nom du fondateur du bouddhisme.
« … C’est Sariputta. »
En entendant ce nom, Ashoka sourit de toutes ses dents.
« Oui. Le vrai nom de Buddha, c’est Sariputta. Moi, Gautama Siddhartha, je n’ai rien à voir avec lui. »
« Gautama Siddhartha… C’est ton nom ? »
« Oui. Il n’est pas très connu. Le nom d’Ashoka, lui, est devenu beaucoup plus célèbre par la suite. »
Frouf.
Ashoka pointa alors le doigt vers le chat.
« Les gens ne le savent pas non plus, n’est-ce pas ? »
Comme il l’avait dit…
-Gautama Siddhartha ?-C’est qui ? J’ai cherché, mais je n’ai pas trouvé grand-chose.-Il y avait une raison pour laquelle il utilisait le nom d’Ashoka.-Ouais, lol. Il faut choisir un nom un peu plus connu.
Les spectateurs réagirent comme s’ils entendaient ce nom pour la première fois.
« Hmm. Ta puissance est si exceptionnelle que je m’attendais à un grand nom. »
À ces mots, Ashoka éclata d’un rire profond.
« Le nom de Siddhartha t’a déçu. Appelle-moi simplement Ashoka. »
« Ce n’est pas que je sois déçu, mais… D’accord. Je t’appellerai comme ça. »
« Alors, ta curiosité devrait être satisfaite. »
Frouf.
Ashoka pointa du doigt la main droite de Seong Jihan.
« À toi d’utiliser l’Annihilation totale contre moi. »
* * *
Près de la Tour dorée, sur Tuseong.
« Dongbangsak. Pourquoi as-tu l’air si tendu ? »
Pythia demanda, perplexe, en voyant le visage déformé de Dongbangsak.
« … Rien de particulier. »
« Quand un vieil homme fronce les sourcils, on ne voit que ses rides. Qu’est-ce que tu regardes pour faire cette tête ? Ah. Tu regardes Ashoka et Seong Jihan se battre. Moi aussi, je regardais. »
Frouf.
Pythia contempla l’écran que Dongbangsak avait fait apparaître et pencha la tête.
« Vu sa puissance, je pensais qu’il cachait forcément un grand nom. Mais c’est plus banal que je ne le croyais. Pas vrai ? Gautama Siddhartha. Je n’avais jamais entendu ce nom. »
« … Je vois. »
« Je pensais qu’il était en fait Sariputta. »
« Comme Seong Jihan l’a dit au début ? »
« Oui. Je pensais qu’il fallait au moins avoir la puissance de Buddha pour utiliser un pouvoir aussi absurde. »
À entendre Pythia bavarder, Dongbangsak garda son calme en apparence, mais…
Le fondateur du bouddhisme, Sariputta…
Au fond de lui, il s’efforçait de dissimuler ses sentiments mêlés.
L’honneur d’être le fondateur, dont le nom brillerait à jamais dans l’histoire humaine, était revenu à son disciple, pas à lui.
Siddhartha avait décrit Sariputta comme le plus sage de ses disciples.
Pourtant, Sariputta n’était rien de plus que le disciple de Siddhartha.
Et malgré tout, il était devenu le fondateur du bouddhisme.
Quant au nom de Gautama Siddhartha, il avait disparu de l’histoire sans laisser de trace.
Je ne savais pas que ton nom disparaîtrait lui aussi sans laisser de trace, quand tu as fait le vœu de ne pas atteindre l’éveil… J’en suis désolé pour toi.
Siddhartha avait déjoué tous les plans du serpent et l’avait poussé à se résoudre à employer sa dernière méthode.
Même si l’histoire ne pouvait pas consigner tous ses efforts, Dongbangsak avait pensé qu’elle graverait au moins le nom d’un homme aussi remarquable.
Mais c’était comme si ce nom n’avait jamais existé : personne ne se souvenait de lui.
Bien que très différent de la réalité, son nom, « Jiang Ziya », était resté dans les archives historiques.
Et pourtant, tu n’as pas l’air de t’en soucier le moins du monde.
Bien que son disciple lui eût ravi l’honneur d’être le fondateur et que personne ne connût son nom, Ashoka s’en moquait complètement. Il ne faisait que suivre des yeux la main de Seong Jihan, qui allait utiliser l’Annihilation totale.
Il accomplissait simplement la tâche qui lui avait été confiée, celle que lui seul pouvait mener à bien.
En le voyant, Dongbangsak se rappela le serment de sauver le monde qu’ils avaient échangé.
… Moi aussi, je tiendrai mon serment.
Dongbangsak leva les yeux vers le ciel de Tuseong.
Les armes des Constellations, disposées comme des étoiles, dégageaient une énergie sinistre.
C’étaient les dispositifs où le Dieu martial stockait sa puissance pendant ses régressions infinies.
Le regard de Dongbangsak s’assombrit.
Ce ciel… Je l’abattrai de mon épée, quoi qu’il en coûte.