Chapitre 146
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La veille, la « méthode » évoquée par Lim Gayeong à la Guilde Daegi s’était révélée être le déclenchement d’un scandale amoureux.
« Créons un scandale entre Mademoiselle et Seong Jihan. »
« Hé ! Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Seong Jihan, à ton avis, pourquoi la famille de Mademoiselle l’a-t-elle envoyée à la Guilde Daegi ? »
« Eh bien… »
« Ils voulaient te séduire avec Mademoiselle et te faire entrer dans la famille Lee. Mais maintenant, ton statut a tellement grimpé que… »
Le visage de Lim Gayeong se durcit.
« Mademoiselle, qui est devenue Maître de guilde, s’en sort trop bien. »
« Ce n’est pas une bonne chose, quand les membres d’une famille réussissent ? »
« La maîtresse de maison n’aime pas ça. »
Seong Jihan avait déjà une idée de ce que signifiait cette histoire de maîtresse de maison de la famille Lee.
Lee Hayeon est une enfant illégitime.
Le président Lee, qui suivait désormais un traitement pour une démence sévère et ne se montrait plus en public, avait la réputation, lorsqu’il était en bonne santé, d’aimer un peu trop les femmes. Il avait eu une fille hors mariage, Lee Hayeon, que la famille principale avait recueillie parce qu’elle était exceptionnelle.
On disait que la maîtresse de maison avait accueilli Lee Hayeon, cette enfant illégitime, à bras ouverts, mais…
La réalité devait être tout autre.
Vu qu’elle ne faisait que présenter à Hayeon des types bizarres, elle ne semblait pas l’aimer autant qu’elle le prétendait en public.
« Gayeong, tu peux vraiment dire ça ? Si tu t’opposes à Maman… »
« C’est grâce à vous que j’ai pu prendre mon indépendance, Mademoiselle. Ça ira. »
« Hein ? Grâce à moi ? »
« Vous avez gagné de l’argent, non ? »
« Ça… oui ? »
« Eh oui. »
« Pfff… Mais combien as-tu gagné, au juste ? » demanda Hayeon avec une pointe d’agacement.
« Grâce à Mademoiselle, j’ai pu investir dans toutes sortes de choses en toute confiance ! »
Libérée de sa dépendance à la Guilde Divergente, Lim Gayeong pouvait désormais parler librement.
« Si une rumeur de relation avec Seong Jihan se répand, même la famille Lee ne pourra pas vous forcer à épouser un autre homme. Vous pourrez donc rester Maître de guilde. Et… »
Lim Gayeong ajouta quelques arguments pour tenter de convaincre Seong Jihan, mais il l’interrompit, comme s’il n’avait pas besoin d’en entendre davantage.
« Ça me va. Répandons la rumeur. »
« Et… Euh, oui ? »
Avec Lee Hayeon, qui possédait un don de rang S, c’était aussi simple que ça.
« Répandons-la aujourd’hui. Quelle serait la meilleure façon de s’y prendre ? »
« Eh bien, dans ce cas… »
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Tard dans la nuit, au parc du fleuve Han.
« Gayeong unnie, augmente un peu la lumière ! Voilà, comme ça… ! Maintenant, vous deux, asseyez-vous côte à côte ! Rapprochez-vous ! »
Yoon Seah, qui avait endossé pour la journée le rôle de photographe afin de lancer une rumeur de relation, leur donnait toutes sortes de consignes.
« Tu peux prendre des photos comme ça, sans te compliquer la vie. »
« Oh, allez, tonton ! C’est ta première photo pour une rumeur de relation, il faut qu’elle soit réussie ! Et puis, c’est mieux si Hayeon unnie est jolie, non ? »
Des quatre personnes réunies, Yoon Seah était la plus enthousiaste. Elle leur indiquait la pose à prendre en gesticulant.
« Vous avez l’air trop distants, rapprochez-vous ! »
« D’accord. »
Seong Jihan s’approcha aussitôt. Hayeon le regarda d’un air désolé.
« Je… Je suis vraiment désolée. Mais ça ne te dérange pas, cette rumeur ? »
« Non. Je ne suis pas une célébrité. Si tu te sens coupable, reste longtemps Maître de guilde. »
« Je vais me consacrer entièrement à la Guilde ! »
« C’est la bonne attitude. »
Yoon Seah, qui avait suivi leur conversation, leur donna quelques conseils.
« Rapprochez-vous encore ! On dirait toujours que vous êtes des inconnus. »
« Il faut aussi qu’on se touche ? On est à l’époque Joseon, ou quoi ? »
« Tonton, passe un bras autour des épaules d’unnie. C’est une photo pour une rumeur de relation, il faut quelque chose de plus convaincant ! »
Clic ! Clic !
Yoon Seah les photographia sous différents angles, mais semblait un peu insatisfaite.
« Hmm… Les photos sont réussies, mais il manque quelque chose. Ce serait mieux avec davantage de contact physique. On essaie un faux baiser ? »
« Pourquoi on ferait semblant de s’embrasser pour une rumeur ? Ça suffit largement ! » Hayeon rougissait comme une tomate.
« Unnie, il faut que ce soit clair ! On peut faire semblant. Ou alors, vous vous embrassez vraiment ? »
En chemin, Yoon Seah avait découvert le point faible de Hayeon et s’en servait maintenant pour la pousser à bout.
« Argh… »
« On le fait une fois et après, c’est fini. Il suffit juste qu’on s’embrasse, non ? »
Seong Jihan posa la question d’un ton désinvolte et se pencha vers elle.
« Euh… »
Hayeon rougit et s’écarta vivement de lui.
« Quoi ? Comment tu peux faire ça ! »
« Mademoiselle n’a jamais fait une chose pareille de sa vie. C’est une étape trop difficile à franchir. »
À ces mots de Lim Gayeong, qui s’occupait de l’éclairage, Hayeon lui lança un regard par-dessus son épaule.
« C’est ta faute ! Tu surveillais sans arrêt mes fréquentations ! »
« Maintenant, vous pouvez sortir avec qui vous voulez. Grâce à vous, j’ai pris mon indépendance. Nous protégerons votre vie privée à la lettre~ » répondit Gayeong, une lueur malicieuse dans les yeux.
« Grande sœur, j’ai fait une bêtise. Contentez-vous de vous tenir la main, d’accord ? Je peux vous prendre en photo comme ça, non ? C’est mignon et tout ! »
Quand Yoon Seah prit soudain un ton doucereux, Hayeon gronda entre ses dents : « Oh, ça va, embrassons-nous ! »
« Unnie, ça va, tu n’es pas obligée de te forcer », dit Seah avec un petit sourire en coin.
« Ça me va aussi ! Allez, faisons-le ! »
Sur ces mots, Hayeon s’approcha de Seong Jihan et tendit les lèvres.
« Oh, allez, pas comme un canard… »
Elle les pinçait d’une manière si exagérée que c’en était presque comique.
« Détends-toi et rapproche tes lèvres. »
Seong Jihan passa aussitôt un bras autour des épaules de Hayeon et lui repoussa les cheveux.
Tout en tenant l’appareil photo, il se pencha vers elle. Leurs visages étaient tout proches.
« Mais… pourquoi est-il si doué ? »
Hayeon, prise au dépourvu, sentit leurs lèvres se rapprocher dangereusement.
Clic ! Clic !
« Bon, ça suffit ! »
Yoon Seah termina rapidement la séance, et Seong Jihan reprit sa place.
« Regardez ça. Elles sont réussies, non ? »
« Oui, elles sont bien. »
Hayeon, toujours rouge, regarda la photo.
On y voyait clairement Seong Jihan et Hayeon, leurs lèvres sur le point de se toucher.
« Euh… »
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Sur la photo, Seong Jihan se penchait avec désinvolture vers Hayeon, qui avait les yeux fermés très fort et rougissait de gêne.
« Tu as l’air plus nerveuse que moi. »
« Je vais l’envoyer à DAPatch. Hé hé. »
« V-vraiment ? Tu vas l’envoyer ? »
« Oui, ça va faire sensation, non ? Mais, unnie… Tu es vraiment d’accord ? Si la photo fuite, ta popularité risque de s’effondrer et tu peux faire une croix sur le mariage », demanda Seah à Hayeon.
Hayeon hésita un instant, puis se dit : … C’est toujours mieux que d’être avec ces gens-là.
Une fois sous les projecteurs, sa famille la pousserait à se marier à la va-vite, qu’elle le veuille ou non.
Plutôt que de vivre ainsi, mieux valait de loin provoquer un scandale amoureux.
« Patron, ça ne vous dérange vraiment pas ? » demanda Hayeon à Seong Jihan d’un air sérieux.
« Ça ne me dérange pas. Ce n’est qu’une rumeur de relation. Continue longtemps dans tes affaires. »
« D’accord, envoyons-la ! »
« Bien sûr, je m’en occupe ! »
Yoon Seah envoya la photo à un média d’investigation, en prétendant lui réserver une exclusivité.
Le lendemain, comme prévu, ce fut le chaos.
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« Hé hé… Alors, c’est toi qui as fait fuiter la photo. »
« Oui. On ne peut pas laisser les rumeurs s’éterniser. »
« Je me suis inquiété pour rien. »
Le directeur Noh Youngjun poussa intérieurement un soupir de soulagement en voyant que Seong Jihan semblait parfaitement maître de lui. Ce dernier était devenu le joueur clé de l’équipe coréenne et, s’il perdait ses moyens, le match contre la Chine, déjà difficile, deviendrait encore plus improbable.
« Directeur, j’ai une question. »
« Demande-moi ce que tu veux. »
« Si la joueuse Akari était naturalisée, pourrait-elle intégrer l’équipe nationale ? »
« Hmm… C’est possible, mais ce n’est pas une assassine ? »
« Si, c’est exact. »
« Les assassins appartiennent à la classe des archers, donc il n’y aura peut-être pas de place pour elle. Nous avons déjà trop d’archers. En principe, il faut être au-dessus du niveau 225. »
« Je vois. »
En Corée, le poste le plus disputé était celui d’archer. Avec son niveau 211, Akari ne remplissait pas les critères de base.
« Un assassin offre d’innombrables possibilités tactiques, mais il faut d’abord lui faire gagner des niveaux. »
Sur cette pensée, Seong Jihan quitta le bureau du directeur. Ha Yeonjoo, la capitaine de l’équipe des archers, vint alors à sa rencontre.
« Seong Jihan, ça va ? J’ai vu les nouvelles ce matin… »
« Je vais bien. C’est moi qui ai fait fuiter la photo. »
« Ah, je vois. Alors, vous sortez vraiment ensemble ? »
Elle avait d’abord semblé inquiète, mais dès qu’il lui apprit qu’il avait lui-même fait fuiter la photo, elle posa aussitôt sa question avec curiosité.
« Oui, c’est ça. »
« Je vois… Depuis ce matin, Yoori répète qu’elle est toujours fan de toi et que “son amour de fan ne faiblit pas”. »
« J’ai reçu des messages, moi aussi. »
« Qu’est-ce qu’ils disaient ? »
Seong Jihan manipula son téléphone et lui montra un texto.
[Jihan ! Laisse-moi rejoindre la guilde, moi aussi ! Je suis prête à faire équipe avec toi n’importe quand et à battre qui tu veux ! Je me dis que les liens se tissent mieux quand on est dans le même espace, héhé…]
« Oh ! Elle devrait arrêter de tourner autour de quelqu’un qui a déjà une petite amie. Dis-lui que c’est absolument hors de question. S’il te plaît », supplia Ha Yeonjoo.
« Hein ? D’accord… »
« Pfiou… »
Ha Yeonjoo poussa un soupir de soulagement. Les joueurs de l’équipe des guerriers revinrent alors vers eux. C’étaient les titulaires qui avaient réintégré l’équipe première sur décision de l’entraîneur.
« Hé, on est vraiment désolés. La dernière fois, on ne savait même pas que tu avais une petite amie et on a invité du monde. »
« C’est vrai. Jihan, on te présente sincèrement nos excuses. »
Kim Dongwoo et Lee Yoongi s’approchèrent. Ha Yeonjoo les regarda brièvement, puis se tourna vers Seong Jihan.
« Je vais rentrer. Ce sont des gens que je n’ai pas envie de voir. »
« D’accord, vas-y. »
Grâce aux efforts de persuasion de Coach Noh Youngjun, Ha Yeonjoo ne s’opposait plus autant qu’avant à leur retour dans l’équipe première. Mais elle ne supportait toujours pas de les voir, que ce soit la dernière fois ou aujourd’hui.
« Pff, elle est toujours comme ça… »
« On partait d’une bonne intention. C’est injuste, franchement. »
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Seong Jihan les fixa sans expression. Kim Dongwoo, qui s’était montré familier avec lui un peu plus tôt, se sentit nerveux. L’atmosphère rendait étrangement difficile de lui parler sur ce ton.
« Haha… Maintenant qu’on est de retour, il faut qu’on s’entende à nouveau. »
« Qu’on s’entende… »
Seong Jihan regarda les guerriers réintégrés dans l’équipe première, ceux qui avaient fait des histoires en organisant une fête avant le match. Il comprenait la décision de Coach Noh Youngjun, mais n’avait pas particulièrement envie de sympathiser avec eux.
« Vous avez regardé le match contre la Russie, pas vrai ? Pour celui contre la Chine, concentrez-vous sur mon jeu, comme la dernière fois. »
« Ah, oui. Alors, on utilisera la formation triangulaire… »
« Oui. Ensuite, débrouillez-vous », trancha Jihan.
« Ah, d’accord. » Lee Yoongi et Kim Dongwoo acquiescèrent.
« Bon, j’y vais. »
Seong Jihan s’éloigna, et Lee Yoongi poussa un profond soupir.
« Pff, il est bien plus revêche que la dernière fois. Je ne peux même plus l’appeler “hyung”. »
« Allez, ça suffit. Rien que d’être de retour dans l’équipe, c’est déjà énorme », dit Dongwoo d’un ton plutôt optimiste.
« Il faut lui laisser un peu d’espace, pour l’instant. »
« Ouais… Évitons d’inviter des filles. Si on veut s’amuser, on peut sortir. » Yoongi s’adressa à Dongwoo.
« Ouais, ouais. Grand frère Jihan, on utilise la formation triangulaire, c’est ça ? »
Kim Dongwoo hocha la tête, comme si tout s’arrangeait enfin.
« Ouais. De toute façon, on ne gagnera probablement pas contre la Chine. Avec la formation triangulaire, ce sera à lui de renverser la situation, pas vrai ? Ça pourrait même être mieux comme ça. »
Le capitaine des guerriers était déjà résigné. En vérité, il n’était pas le seul dans cet état d’esprit. Après l’entraînement, les joueurs de l’équipe nationale se réunirent dans la salle de stratégie pour analyser les vidéos des adversaires. Des soupirs retentirent de toutes parts.
« Pff… La Chine… »
« C’est vraiment une équipe de tout premier plan. »
« Comment on peut battre ça ? »
La Chine, deuxième meilleure équipe au monde, disposait d’une puissance redoutable.
« L’équipe chinoise n’a aucune faille. Ses mages et ses soutiens sont notamment parmi les meilleurs au monde. Si elle a un point faible, ce sont peut-être ses guerriers, relativement moins bons que les joueurs des autres classes. »
Face aux joueurs abattus, Coach Noh Youngjun s’efforça de garder bonne figure.
En réalité, il savait très bien qu’ils manquaient de puissance. Mais il croyait que céder au désespoir signerait leur arrêt de mort. Il préféra donc se concentrer sur les raisons d’espérer.
« Heureusement, les deux premiers matchs se joueront sur la même carte, Porte Sud, que lors du match contre la Russie. Au premier match, nous serons en attaque. »
« Mais à longue portée, on ne risque pas d’être désavantagés ? »
« Pourquoi jouer à longue portée alors qu’on a Seong Jihan ? S’il le faut, nous utiliserons sa Mort instantanée sans hésiter, mais nous devons gagner le premier match. »
Sur les cartes comportant des points précis à défendre, comme Porte Sud, Seong Jihan avait une précision inégalée. Pour le premier match, Coach Noh Youngjun comptait là-dessus — ou plutôt, il n’avait pas d’autre choix.
« Pour le match suivant… »
Coach Noh Youngjun présenta aux joueurs les stratégies prévues du deuxième au cinquième match. Au fil de ses explications, leurs expressions changèrent légèrement.
« Ça… C’est une stratégie centrée sur Seong Jihan ? »
« C’est presque la même stratégie qu’à l’époque du Roi de l’Épée. »
Pour le match contre la Chine, Seong Jihan serait la pièce maîtresse de chaque partie. Après son excellente performance contre la Russie, les tactiques de l’équipe nationale coréenne s’étaient peu à peu réorganisées autour de lui.
« S’il s’écroule, c’est fini. »
Sans Seong Jihan, les stratégies de l’équipe coréenne pour le match contre la Chine étaient pratiquement inexistantes.
« Sans Seong Jihan, on n’a aucune chance de gagner. »
« C’est peut-être mieux comme ça… »
« Concentrons-nous sur le soutien, comme à l’époque du Roi de l’Épée. »
L’équipe nationale coréenne prépara donc ses tactiques en plaçant Seong Jihan au centre.
Le temps passa rapidement. Le jour du match contre la Chine arriva.
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