Chapitre 320
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 320
Le passage souterrain sombre était imprégné d'une odeur de renfermé.
Il était plus large que prévu, et aucun passage latéral ne menait ailleurs.
Au moins, de cette façon, il n'y avait aucun risque de s'égarer en chemin.
Je détendis légèrement mon corps tout en avançant, puis je tirai mon épée du sous-espace.
Le passage secret n'était pas interminable.
Ce qui signifiait que, s'ils tentaient de s'enfuir, ils seraient inévitablement obligés de passer par ici.
La raison de ma venue était simple.
Si la chef des Veilleurs de la Lune était passée par là, elle les aurait probablement tués avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit.
Quant à moi, je ne courais aucun risque d'être exposé, et pour ce qui est des Veilleurs, cela n'avait aucune importance.
Mais je ne pouvais pas laisser le comté de Berner tout entier être entraîné dans un scandale.
En tant que frère aîné, je devais au moins préserver un semblant de dignité.
« Q-Qui va là ?! »
« Vous là ! Montrez-vous ! »
Parmi les soldats effrayés, des silhouettes vêtues de robes blanches apparurent.
Shiiing…
« Reculez calmement et partez. Si vous résistez, je ne serai pas responsable. »
Les coupables étaient le Marquis Veolas et son garde Kashiv, pas ces hommes.
À ma voix glaciale, les soldats tremblèrent et se jetèrent des regards inquiets.
Ne sachant pas s'ils devaient me croire, ils hochèrent légèrement la tête, puis levèrent à nouveau leurs armes vers moi.
« Déclinez votre identité ! Comment osez-vous bloquer ce chemin ! N'avez-vous pas peur d'un Marquis de l'Empire… »
« Trois. »
Mes mots soudains les firent tressaillir.
« Deux. Un. »
Slash !
Un éclair cramoisi, puis le soldat en tête, qui avait pointé sa lance vers moi, s'effondra dans une gerbe de sang.
« Si vous l'emportez maintenant, vous pouvez encore le sauver. Je le répète. Quittez cet endroit immédiatement. Trois. »
Alors que je comptais une fois de plus, leurs visages devinrent livides.
Instinctivement, ils comprirent qu'ils n'étaient pas face à un adversaire qu'ils pouvaient vaincre.
« U… Uwaaaahhh !!! »
En hurlant, ils se précipitèrent devant moi dans une frénésie totale.
Derrière eux, cependant, je sentis une autre présence.
Pas des soldats ordinaires, mais des chevaliers.
Et parmi eux, le Maître de l’Épée Kashiv et le Marquis Veolas, manifestement décidés à fuir.
J'ajustai le masque sur mon visage, fis tournoyer mon épée une fois, et la plantai violemment dans le sol.
BOOOOM !!
Une cicatrice massive fendit le sol, traçant une ligne de démarcation claire entre eux et moi.
« Hein ?! »
Les nouveaux venus s'arrêtèrent lorsqu'ils remarquèrent enfin ma présence.
« Vous là… qui êtes-vous ? »
À la tête des chevaliers se tenait un homme que j'avais déjà vu.
Le Maître de l’Épée de l'Empire, Kashiv.
Pour une raison quelconque, il suivait le Marquis Veolas.
Je fixai mon regard sur lui et demandai calmement :
« Étrange. Au lieu de bloquer l'arrière, vous êtes venu par ici ? Avez-vous senti quelque chose d'anormal dans l'atmosphère des Veilleurs de la Lune ? »
À mes mots, sa lame s'illumina d'aura.
« Cette voix… familière. Oui. Vous étiez l'un des Veilleurs de la Lune, n'est-ce pas ? »
Ah.
Ma modulation de voix devait être défaillante.
Claquant la langue, je retirai mon masque.
Les yeux du Marquis Veolas s'écarquillèrent.
« V-Vous… ?! »
« Ravi de vous rencontrer, Marquis Veolas. »
« Espèce d'insolent ! Que signifie ceci ! Étiez-vous membre des Veilleurs de la Lune ?! »
À son cri, je demandai doucement :
« Sur le chemin avec l'antidote, vous avez tué quelqu'un, n'est-ce pas ? »
Mon regard se posa sur Kashiv.
« … »
« À cause de cela, d'innombrables habitants de ce comté de Berner sont maintenant à l'article de la mort. Dites-moi… ressentez-vous la moindre once de culpabilité ? »
À cela, le Marquis Veolas ricana.
« Hmph. Tu as rampé jusqu'ici pour jacasser sur la morale ? Que fais-tu, Kashiv ! Abats-le ! C'est un traître à l'humanité de toute façon ! »
Un traître à l'humanité, hein.
Les Veilleurs de la Lune étaient des tueurs, certes, mais même eux ne s'abaisseraient pas à cela.
« Bien. Au moins, vous êtes cohérent. Ne vous inquiétez pas. Aucun de vous ne franchira cette ligne. »
À mes mots calmes, Kashiv s'avança.
« Je vous l'ai déjà dit, n'est-ce pas ? La fierté n'a d'importance que si vous avez la force de la soutenir. Pensez-vous vraiment être assez fort pour cela ? »
Je frôlai mon épée avec légèreté.
Les yeux de Kashiv s'agrandirent et il leva instinctivement sa lame.
BOOOOM !!
Il fut repoussé comme s'il avait été frappé par une force immense.
« Marquis Veolas. Maître de l’Épée Kashiv. En dehors de vous deux, partez. Si quelqu'un veut vivre, je le laisserai partir. Si vous faites preuve de loyauté, je vous accorderai un meilleur traitement. »
Mon regard froid tomba sur eux, pesant comme du plomb.
Les chevaliers et les soldats entourant Veolas pâlirent.
« Ne vous laissez pas tromper par ses absurdités ! Ce n'est qu'un homme ! Et un gamin, qui plus est ! Kashiv ! Décapite-le ! C'est un membre des Veilleurs de la Lune de toute façon ! »
Mais Kashiv, après ce seul échange, resta figé sur place.
* * *
Ses yeux tremblaient alors qu'il fixait son épée.
Le Maître de l’Épée Kashiv comprenait ce qui s'était passé, mais ne pouvait y croire.
S'il avait été une seconde plus lent à puiser dans sa force, sa tête roulerait déjà sur le sol.
Ce garçon avait frappé avec une intention de tuer absolue.
Et il avait le pouvoir de le faire.
Qui, dans ce monde, pouvait amener un Maître de l’Épée — une existence au-dessus de l'humanité — si près de la mort en un seul échange ?
Depuis qu'il avait atteint la transcendance, Kashiv n'avait jamais ressenti un tel instinct de survie primaire.
Et pourtant… son adversaire était un jeune homme à peine âgé d'une vingtaine d'années.
Il n'était pas étonnant que l'histoire n'ait jamais vu de Maîtres de l’Épée émerger si jeunes.
Même les génies les plus brillants échouaient à atteindre la transcendance dans la vingtaine.
Parce que devenir un Maître de l’Épée était tout simplement impossible.
Cela exigeait des décennies d'expérience, d'innombrables heures de discipline et une persévérance sans faille.
Mais ce jeune homme venait de montrer qu'il pouvait mettre fin à la vie d'un Maître de l’Épée.
‘Non… Ce doit être une erreur. Je l'ai sous-estimé. C'est tout.’
Il stabilisa son esprit ébranlé.
Puis, infusant lentement de l'aura dans sa lame à nouveau, il leva la tête.
Le garçon à la robe noire se tenait toujours là, attendant.
Malgré leur supériorité numérique, son camp hésitait, incapable de bouger.
Ce qui signifiait que c'était à lui de briser cette impasse.
Peu importait l'atout que le garçon cachait.
Après tout, Kashiv avait le sien.
Explosant de puissance, il libéra son aura à pleine force.
Les chevaliers, les soldats — même le Marquis Veolas — chancelèrent sous la pression, mais il ne s'en souciait plus.
Devant lui se dressait une menace.
C'était tout ce qui comptait.
« Cela se termine ici. Toutes les unités, préparez-vous au combat. »
« Q-Quoi ?! »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Les visages des soldats ne montraient que de la peur.
Pourtant, un ordre était un ordre.
Ils levèrent leurs armes et chargèrent vers Leon.
Les yeux de Leon devinrent froids.
« Comme prévu. »
Au moment où les soldats franchirent la ligne tracée sur le sol…
Slice !
Le premier à franchir la ligne eut la tête tranchée net, volant silencieusement dans les airs.
« Quoi… ? »
« Que vient-il de se passer… ? »
C'était comme si un fil invisible lui avait tranché la gorge.
Les soldats se figèrent d'horreur.
Un soldat retira instinctivement son pied, tremblant.
« Un piège… il a posé un piège ! »
Leur raisonnement était logique.
Il devait sûrement y avoir un mécanisme mortel au niveau de la ligne de démarcation.
« Levez les boucliers ! »
Formant un mur de boucliers, ils avancèrent.
Mais…
Slice !
Au moment où leurs boucliers franchirent la ligne, ils furent eux aussi tranchés comme du papier.
« Vous ne comprenez toujours pas ? »
La voix froide de Leon résonna alors que ses yeux brillaient d'un bleu azur.
« Si vous n'êtes pas impliqués, lâchez vos armes et partez. Je vous épargnerai. Accordez-vous plus de prix à la loyauté qu'à vos vies ? »
Un soldat haleta, paniqué.
Il lâcha son épée avec des mains tremblantes et franchit la ligne.
Cette fois, il ne fut pas blessé.
Ce n'était pas un piège.
« A-Alors… ! »
« Uwaaaaahhh !!! »
Réalisant qu'il était toujours en vie, le soldat s'enfuit en terreur.
Leon le laissa partir.
« Votre maître a accaparé l'antidote au poison de l'Hydre, puis l'a brisé, condamnant les habitants du comté de Berner avec vous. Nous pouvons encore résoudre cela, mais sans nous, vous auriez tous été jetés comme des moins que rien. »
Le silence tomba comme de la glace.
« Mensonges ! Absurdités ! »
« Vous n'avez jamais su comment produire en masse cet antidote, n'est-ce pas ? »
Personne ne le pouvait.
Parce que le poison requis comme base n'existait que chez une seule personne dans le monde entier.
« Par cupidité, votre maître a tenté de massacrer d'innombrables innocents. Si vous souhaitez défendre de telles bêtes, restez. Mais je ne préviens que deux fois. Ceux qui veulent vivre, jetez vos armes et fuyez. Restez près du comté de Berner pendant quelques jours. »
Un par un, les soldats lâchèrent leurs armes et s'enfuirent.
« U-Uwaaaaahhh !! »
« J-Je veux vivre ! »
« Poison ?! Je n'ai jamais entendu parler de ça ! »
Ils n'étaient pas devenus soldats par loyauté.
Et même si c'était le cas, l'instinct de survie passait avant tout.
Qui risquerait sa vie pour un maître qui les traitait comme de la chair à canon ?
Alors que la panique se propageait, certains chevaliers hésitèrent, jetant des regards vers Veolas.
« M-Marquis… que se passe-t-il… ? »
« Ne croyez pas un mot ! Ce gamin ne peut pas gérer notre force ! Kashiv, pourquoi restes-tu là à ne rien faire ! Abats-le immédiatement ! »
À son rugissement, Kashiv s'avança.
« À partir de maintenant, quiconque lâche son arme et s'enfuit, je l'abattrai moi-même… »
BOOOOM !!
Un coup de tonnerre soudain le frappa de plein fouet, le projetant au loin.
« Je vous l'ai déjà dit. La fierté vient de la force. Alors… que faites-vous maintenant ? »
Avec Kashiv écarté, le moral du groupe s'effondra complètement.
Soldats et chevaliers abandonnèrent leurs armes et s'enfuirent en hurlant.
Seuls le Marquis Veolas et Kashiv restèrent.
Leon s'étira légèrement, comme s'il était enfin débarrassé de toutes les nuisances.
« Comment oses-tu. Lever la main contre un Marquis de l'Empire et un Maître de l’Épée… penses-tu survivre ? L'Empire te traquera ! Ils anéantiront ton repaire, tes proches… tout ! »
« Est-ce pour cela que l'Empire n'a toujours pas attrapé les Veilleurs de la Lune ? »
Veolas se tut.
Sa mort seule ne provoquerait pas un tel bouleversement.
En fait, une fois la vérité révélée, le trône impérial enterrerait la Maison Veolas elle-même pour étouffer l'affaire.
« N-Ne soyons pas hâtifs. Nous pouvons négocier. L'humanité est une race de dialogue, n'est-ce pas ? »
Alors qu'il cherchait à tâtons des termes de négociation…
Kashiv tira une fiole de poudre fine de ses robes et la dispersa dans l'air.
Les particules se répandirent instantanément, s'infiltrant partout.
Leon étendit son mana pour les bloquer, mais la poudre traversa sa défense, s'imprégnant en lui.
« Kashiv ! C'est… ! »
« Nous ne pouvons pas gagner en l'affrontant de front ! Ce n'est pas le moment d'économiser des outils précieux ! »
Il cria à pleine voix :
« Lâche ton épée ! Résiste, et il n'y aura pas d'antidote ! »
« Quoi ? »
« Ce que tu viens d'absorber est le poison d'une créature ancienne. Assez puissant pour tuer même un Maître de l’Épée. Il ne rivalise peut-être pas avec le venin de l'Hydre, mais tu n'as sûrement pas d'antidote pour une telle toxine étrangère. »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]