Chapitre 315
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 315
Après le départ de Leon pour le territoire de Berner, Luna, restée à Cascadia pour s'entraîner avec Melissa, se figea soudainement.
Elle s'arrêta net, ne prêtant même plus attention à l'épée tranchante que Melissa lui assénait avec férocité, le regard perdu dans le vide.
« Quoi… quoi ?! »
Récemment, l'escrime de Melissa avait fait des progrès fulgurants et elle avait gagné en confiance.
En fait, lors de leurs duels, elle avait réussi à surprendre Luna ici et là grâce à ses techniques d'épée acérées.
Elle commençait à être fière d'elle, alors l'inattention actuelle de Luna lui parut extrêmement dangereuse.
Kaaang !!!
Cependant —
L'estocade mortelle de Melissa, pourtant renforcée par une aura d'épée, fut capturée et stoppée sans effort par la main nue de Luna, qui, quelques instants plus tôt, lui rendait coup pour coup.
« C… c'est fou. Elle a attrapé une épée enveloppée d'aura… à mains nues… »
« Je viens juste d'avoir… un frisson. »
« C'est toi qui me donnes des frissons ! Tu jouais avec moi depuis le début ? »
« Si je t'écrase trop, cela entrave ta progression. Leon et moi partageons cet avis. »
« Ah, oui. Vous êtes tous les deux insupportables. »
« Tu l'as dit à voix haute. »
« Je l'ai dit exprès. »
Au lieu de marmonner dans son coin, elle avait exprimé son mécontentement sur-le-champ.
Mais Luna l'ignora et reprit :
« Quelque chose ne va pas. »
« Quoi donc ? »
« Leon… j'ai l'impression qu'il est en train de séduire une femme en ce moment même. »
« Les Archanges peuvent ressentir ce genre de choses aussi ? »
« J'ai entendu dire que les femmes avaient ce qu'on appelle l'intuition. Je pense que c'est de cela qu'il s'agit. »
Le corps de Luna trembla.
« Il est pourtant plus fermé qu'un mur de pierre avec les femmes, tu sais. »
« On dirait que quelque chose s'est débloqué en lui depuis l'incident du pigeon voleur. »
« Impossible. Mon frère n'est pas du genre à être assez gentil pour voler le cœur d'une femme. »
« C'est juste parce que Melissa est de la famille. Tu crois que Lispa Elde a fini comme ça par coïncidence ? »
Melissa laissa échapper un rire amer.
« Pour moi, tu es juste paranoïaque. C'est inutile. En amour, soupçonner l'autre ne fait que tout gâcher. »
« Mm… »
En voyant Luna réfléchir sérieusement à la question, Melissa regretta d'avoir balancé son épée plus tôt.
Même pendant son jour de repos à l'académie, elle s'était entraînée dur… ce n'était pas pour assister à ce genre de scène.
Elle sentait que si elle continuait à insister, elle finirait peut-être par entrevoir une faille dans son armure.
« Non… mais sérieusement, arrêter une aura d'épée à mains nues, c'est trop. »
« Que veux-tu que j'y fasse si tu es faible ? »
À court de mots, Melissa s'étala de tout son long sur le terrain d'entraînement.
En la regardant, Grivy, Sur et Serqet se regroupèrent et commencèrent à agiter de petits bâtons en bois dans les airs.
Grivy en tenait un dans chaque main.
Sur et Serqet, sous leurs formes bestiales, serraient les leurs entre leurs crocs et les agitaient, l'air assez ridicule.
Mais —
Contrairement à Sur ou Serqet, le bâton que Grivy faisait tournoyer produisait un sifflement inquiétant.
Son mouvement, propulsé par une force écrasante, relevait déjà de l'escrime, déjà de la violence pure.
« Maintenant, même Grivy va me battre. »
« Tu pensais vraiment pouvoir gagner ? »
« Hé, j'étais l'espoir de Cascadia, et à l'Académie Impériale, je suis toujours la meilleure élève ! »
« Compare ce qui est comparable. »
Melissa resta sans voix face à cette remarque directe, son énergie totalement drainée !
C'est alors —
Piii ?!
Serqet, qui agitait négligemment le bâton dans sa gueule, fut soudainement enveloppée d'une lueur.
« Une invocation ? »
Au même moment, le corps de l'esprit du poison, Serqet, disparut instantanément.
« Leon a dû l'appeler. »
Melissa hocha la tête.
« Peut-être que la création de l'antidote ne se passe pas bien ? Enfin, Serqet est un esprit du poison. Elle pourrait être plus douée pour gérer ça qu'on ne le pense. »
« Je ne sais pas comment Leon a acquis ses connaissances en poison, mais il n'avait clairement pas prévu une chose pareille. »
« Une chose pareille ? »
« Devoir soigner quelqu'un d'autre. »
* * *
Le Marquis Veolas, qui séjournait dans le comté de Berner, aurait honnêtement voulu rentrer immédiatement.
Mais comme il s'agissait d'une mission venant d'en haut, il n'avait d'autre choix que de l'exécuter avec diligence.
Sa tâche était simple : enquêter sur ce qui se passait dans le comté de Berner.
Et, si possible, trouver à redire sur le fait que la Comtesse de Berner avait demandé le soutien impérial à la hâte, malgré le caractère trivial du trouble.
Si, par hasard, l'affaire était vraiment sérieuse…
Alors ils rejetteraient la faute sur elle pour avoir échoué à gérer la situation correctement.
En bref, son objectif était de semer le trouble juste assez pour ne laisser aucune trace durable par la suite.
Mais après être arrivé et avoir vu les choses de ses propres yeux, il n'y avait aucune épidémie dangereuse.
Tout au plus, une légère maladie semblable à un rhume circulait — et disparaissait naturellement en quelques jours.
Seule la vitesse de propagation semblait étrange, mais de tels cas étaient suffisamment documentés dans les textes médicaux qu'il avait lus.
Celui-ci serait simplement classé comme un exemple particulièrement contagieux.
Et pourtant, la Comtesse de Berner entraînait des étrangers dans cette histoire et racontait des absurdités à propos d'Hydres.
« Alors, qu'avez-vous découvert ? »
Demanda Veolas à l'homme armé qui venait d'entrer.
« Ils ne semblent pas faire grand-chose. »
« Évidemment. Qui qu'il soit, il n'est là que pour faire du spectacle. Les Hydres n'existent pas. »
« Oui, mon seigneur. »
Le Maître de l'Épée Kashiv, fidèle à Veolas, hocha la tête en signe d'accord.
Qui savait d'où venait ce type.
Il avait l'air d'un noble, mais il avait osé lever le poing contre le Marquis Veolas lui-même.
Un voyou.
« Dois-je prendre des précautions, juste au cas où ? »
« Inutile. Que pourrait faire un type comme lui ? »
« C'est vrai, mais… il semble étrangement confiant. Si ce n'est pas une simple maladie… »
« Ahem ! Je suis dans la médecine depuis 30 ans, 30 ans ! Qui a guéri la maladie de votre fille ? Qui a fait ce que même les prêtres ne pouvaient pas faire ?! »
« Je vous présente mes excuses. »
« Souvenez-vous de ceci. J'ai soigné votre fille parce que vous êtes précieux. Mais la plupart des gens là-dehors ne valent pas la peine. »
« … »
« Alors arrêtez de râler. Même si le comté de Berner avait un problème sérieux, il doit être traité comme s'il n'existait pas. C'est ça qui compte. »
Veolas gloussa.
« Bien que les résultats ne soient pas encore tombés, les examens en disent déjà assez. C'est une simple maladie insignifiante. Poison ? Hydre ? Ha ! Même un novice ne ferait pas un jugement aussi médiocre. Ils surestiment leurs capacités. »
Parfois, il n'était pas mauvais de rappeler aux autres que le monde suivait rarement le cours qu'on avait prévu.
C'est alors —
« Marquis, monsieur ! L'un des jeunes hommes admis à l'infirmerie vient de s'effondrer, il crache du sang ! »
« Pourquoi paniquer pour ça ? En dehors de la maladie légère, cet homme avait une pathologie grave. Quelque chose qu'aucun roturier ne pourrait payer pour se faire soigner en toute une vie. Laissez-le, et vérifiez plutôt les autres. Dès que quelqu'un montrera une amélioration grâce au médicament le plus simple, la famille Berner paiera le prix pour avoir trompé l'Empire. »
La conviction de Veolas était inébranlable.
À tel point qu'il ne prit même pas la peine d'enquêter davantage.
* * *
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Je n'ai jamais étudié la médecine.
Mais j'ai fait quelque chose de similaire : expérimenter sur mon propre corps.
[Vous avez autrefois ouvert votre propre estomac pour étudier l'anatomie humaine.]
« Tais-toi. »
Mais sans échantillon, comment devais-je procéder ?
Le problème était que mes connaissances se limitaient à mon propre corps.
Et les humains diffèrent tous par leur constitution.
Le même médicament fonctionne bien pour certains, et pas du tout pour d'autres.
Si cela ne fonctionnait que médiocrement, soit.
Mais avec un poison comme celui-ci, un seul faux pas pouvait tuer, je devais donc être prudent.
Pourtant, ce n'était pas comme si mes progrès étaient bloqués.
La méthode était simple.
Diviser les poisons que mon corps produisait en des dizaines de variantes, les extraire et les fusionner avec du sang.
Ensuite, les tester contre le sang des personnes infectées par le poison Parcola.
Si des problèmes survenaient, j'ajusterais.
Mais je n'étais pas encore habitué à contrôler le poison avec ce corps.
Ce n'était pas seulement que mon corps avait changé — le nouveau pouvoir blanc qui s'était installé en moi créait une faille.
Locataire.
Tu m'écoutes ?
Agacé, je poussai le pouvoir blanc, mais il était aussi irritable qu'un adolescent en pleine crise de puberté.
L'autorité mortelle de Thanatos, à laquelle je m'étais davantage habitué, le sondait petit à petit…
Mais un pouvoir du niveau d'une autorité était difficile à contrôler dès le départ.
« Cette chose ne peut pas être retirée, n'est-ce pas ? »
[Actuellement jugé impossible.]
Le plus gros problème : il interférait avec mon contrôle du poison.
Évidemment.
Rien à faire.
Je devais emprunter le pouvoir du nouveau venu.
« Serqet. »
À mon appel, la lumière scintilla dans l'air et l'esprit du poison Serqet apparut sous la forme d'une loutre.
Flic, flac !!
Elle agitait toujours un petit bâton dans l'air lorsqu'elle fut invoquée, et le laissa tomber avec un bruit sourd, me fixant d'un air vide.
« Bien. J'ai besoin de ton aide, Serqet. »
J'avais déjà préparé une liste de poisons à combiner en utilisant la glande de l'Hydre.
– Piii ?
« Si tu travailles bien, je te donnerai des friandises. Marché conclu ? »
– Piii !
Ses yeux brillèrent comme ceux d'un chat apercevant une friandise, ce qui me fit glousser.
Un esprit du poison.
Un esprit né des poisons de l'Hydre — un esprit bizarre dès le départ.
Serqet remodela docilement les poisons en gouttelettes pour moi, que je recueillis ensuite et canalisai dans un artefact, une pierre noire semblable à de l'obsidienne, reliée par des fils de mana.
Chaque fois qu'elle m'aidait, elle recevait une friandise.
Elle les accumulait et les mangeait quand elle le souhaitait.
Cela dura environ trois jours.
Pendant ce temps, j'avais réussi à adapter les poisons vicieux de l'Hydre à mon corps.
Cet autel était beaucoup plus difficile à exploiter que les autres.
Le catalyseur était du pétrole brut infusé de mana et compressé à l'extrême.
Inutile pour une détoxification directe, mais cela pouvait aider à produire des antidotes en masse.
Si un rejet se produisait… cela signifierait simplement un travail acharné sans fin.
Mais heureusement, les choses s'améliorèrent régulièrement, prouvant que mes inquiétudes n'étaient pas fondées.
Bien sûr, comme je devais extraire de grandes quantités d'échantillons, des rumeurs se répandirent dans le comté de Berner selon lesquelles j'étais un vampire buveur de sang.
Le rythme s'accéléra grâce aux matériaux fournis par Meryl.
Le premier essai clinique fut un succès.
Un chat qui dépérissait reprit vie après avoir reçu une dose de l'antidote — un antidote de nom, mais un poison de forme.
« C'est fait. »
Je levai la main pour un "high-five" avec Serqet.
Mais elle s'effondra simplement sur le sol, se grattant le ventre, et tendit paresseusement une patte.
Apporte à manger.
Elle ressemblait à un homme d'âge mûr.
Ce n'est qu'après lui avoir donné une friandise qu'elle répondit à mon "high-five".
« Des progrès ? »
« Et toi ? »
« J'ai trouvé des tunnels cachés pleins de traces d'Hydre. C'est comme un labyrinthe de voies navigables souterraines. Mais cela confirme presque qu'elle est là. »
« Bien. Alors. »
« Quoi ? »
« Tu veux vivre, n'est-ce pas ? Alors tu vas coopérer. »
Nous avions testé sur des animaux.
Maintenant, nous devions voir si cela fonctionnait sur les humains.
« Tu veux… que je le fasse ? »
« Ou tu meurs ! »
« Wow… tu es si déraisonnable ? »
L'air exaspéré, elle tendit la main.
« Donne ! »
Je lui tendis l'antidote, MK-1.
« Au fait, il peut y avoir des effets secondaires. La calvitie. »
« Q-quoi ? ! »
« Je plaisante. Juste un mal de tête. »
« Urgh !! Ma… ma tête ! »
« D'accord. Ce poison n'est pas bon. Serqet, le lot suivant. »
– Piii !!
J'ignorai le regard plein de ressentiment de Meryl.
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]