Chapitre 8
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Traductrice : Dawn
Éditrice : Dawn
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◈ Le Chevalier de Génie d’une race déchue
Chapitre 8
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Vivre en outsider
« Waouh… »
En observant la charge de la cavalerie des chevaliers, Shan comprit enfin la véritable nature de l’« Esprit » dont Roden lui avait parlé. Une force dévastatrice, écrasante, jaillissait de la pointe de leurs lances, avec une puissance et une vitesse inouïes. C’était impossible, en théorie.
Ce pouvoir relevait d’un domaine tout à fait différent de la technique dont Shan se servait pour maîtriser son corps. Lui utilisait efficacement ses muscles afin de pousser ses capacités physiques à leur limite, mais là, on dépassait cela. C’était presque comme si la réalité elle-même se déformait.
Le mur de boucliers que les chevaliers avaient brisé s’effondra bientôt complètement, tandis que l’infanterie se ruait dans la brèche. Voir quatre hommes à peine mettre en déroute des centaines de soldats avait quelque chose de majestueux. Frissonnant devant cette découverte, Shan promena vivement son regard sur le champ de bataille, déchiffrant le cours changeant des combats. Depuis leur position, il était facile d’en saisir les évolutions.
« Ils sont encerclés. »
« Quoi ? »
« Ces chevaliers sont en danger. »
Roden, qui scrutait nerveusement les innombrables lames, ne s’en rendit compte qu’un instant plus tard, après avoir entendu Shan. Les chevaliers qui avaient hardiment percé le mur de boucliers tentaient de rejoindre leurs lignes, mais une unité ennemie armée de longues lances leur barrait le passage. De l’autre côté, les chevaliers ennemis s’élancèrent, lances pointées vers eux.
Ils étaient cinq, un de plus que tout à l’heure. Les chevaliers qui avaient chargé les premiers portaient des panaches rouges sur leurs casques, tandis que ceux-ci arboraient des panaches bleus. En infériorité numérique, privés de leurs lances brisées lors de la première charge et de leur vitesse, les chevaliers rouges n’avaient aucune chance. Deux d’entre eux parvinrent à parer et à esquiver les coups avec leurs boucliers, mais l’un fut désarçonné et un autre transpercé à la poitrine par une lance ; il s’effondra.
L’un des chevaliers survivants lança d’une voix pressante :
« Dorian ! Solem ! »
« Il est trop tard ! Il faut battre en retraite tant qu’on le peut encore ! »
« Bon sang ! »
Les deux chevaliers rouges survivants se séparèrent, maniant épées et marteaux à la place de leurs lances brisées. Ils se frayèrent un chemin à travers les lignes ennemies et parvinrent à s’échapper. Alors que les chevaliers bleus se lançaient à leur poursuite, le chevalier désarçonné reprit connaissance. Mais il était déjà encerclé par l’infanterie.
« Rendez-vous ! »
« Vous osez… Bande de sales roturiers… ! »
Le dernier chevalier refusa de se laisser capturer et dégaina la longue épée à sa taille. Son talent était indéniablement digne de son titre. Chacun de ses coups abattait des soldats et tranchait leur armure ; il orientait sa cuirasse pour dévier les attaques et limiter les dégâts.
Seul, il semblait capable de vaincre des centaines d’hommes, voire des milliers. Mais cela ne dura qu’un instant. À mesure que la fatigue le gagnait, ses mouvements ralentirent nettement et plusieurs soldats proches lui jetèrent des filets. Il en trancha quelques-uns, mais l’un d’eux, qu’il n’avait pas vu, s’enroula autour de ses jambes et le fit tomber.
« Gah ! »
« On l’a ! Tirez ! »
Tandis que plusieurs couches de filets s’abattaient sur lui et qu’il se débattait, Roden, derrière Shan, lui tapota l’épaule.
« Fichons le camp. »
« Pourquoi ? »
« C’est presque fini. L’issue de cette bataille est décidée. Le comte Barlic a gagné. Si on reste et qu’on se fait repérer, ils trouveront un prétexte, comme prétendre qu’on est des espions du duc, pour nous maltraiter. Les armées victorieuses agissent toujours comme ça. »
À ces mots, Shan élargit de nouveau son champ de vision et comprit que l’armée du « comte Barlic » était celle des chevaliers aux panaches bleus. N’ayant pas réussi à rattraper les chevaliers rouges en fuite, ils firent demi-tour et attaquèrent l’infanterie qui s’était trop avancée, l’isolant du reste de l’armée. Sentant la défaite venir, les soldats se mirent à fuir, sans tenir compte des cris de leurs commandants.
Shan et Roden dévalèrent aussitôt la colline et prirent la direction de l’est. Heureusement, comme ils se trouvaient à bonne distance, ils évitèrent de tomber sur les troupes qui poursuivaient l’ennemi. Après avoir couru presque une heure, Roden s’arrêta enfin, à bout de souffle.
« Hah… On devrait être assez loin. Je pensais qu’on avait peut-être affaire à des monstres ou à des bandits, alors je suis allé aider… Je ne m’attendais pas à tomber sur une vraie guerre. »
« On ne peut pas se battre contre des ennemis armés de lames, Roden ! »
« Bah, je t’avais avec moi. Seul, j’aurais eu trop peur d’y aller. »
Shan ne comprenait pas pourquoi Roden avait risqué sa vie pour aider des gens attaqués par des bandits, mais il se contenta de pencher la tête et n’insista pas. Ce qui l’intéressait davantage, c’était ce qu’il venait de voir.
« Les chevaliers… Ils sont impressionnants, mais aussi un peu faibles. »
Au début, quand ils avaient brisé le mur de boucliers en chargeant, ils lui avaient semblé être les êtres les plus puissants du monde. L’« Esprit » qu’ils avaient déployé semblait assez puissant pour transpercer un dragon. Mais une fois encerclés, privés de leur vitesse et de leurs chevaux, ils n’étaient plus aussi forts qu’il l’avait cru. Shan avait même l’impression qu’il pourrait en vaincre un en combat singulier, là, tout de suite. Roden vit sa légère déception et sourit.
« Le monde est plus équilibré que tu ne le crois. Si les chevaliers pouvaient faucher des centaines de soldats ordinaires comme des brins de paille, personne ne prendrait la peine de lever des armées. Et les chevaliers n’auraient pas non plus à obéir aux rois et aux nobles. »
« Ah. »
« Et au bout du compte, ce sont les chevaliers qui ont décidé de l’issue de la bataille, non ? »
En effet, le comte Barlic avait remporté la victoire grâce à ses chevaliers, qui avaient attaqué l’infanterie ennemie par-derrière. Au final, la bataille s’était jouée sur la façon dont chaque camp avait employé ses chevaliers.
« De toute façon, comme je te l’ai déjà dit, le rôle d’un chevalier, c’est de combattre les monstres. C’est aussi ce qu’on fera à Pendia. »
« Chasser les monstres, c’est ça ? »
« Ouais. Contre les monstres, je peux vraiment me rendre utile. Si on parcourt ensemble les régions de l’est et qu’on les élimine, on se fera un nom. Et peut-être qu’un noble influent nous adoubera chevaliers. »
Roden hésita, puis ajouta :
« … Cela dit, je dois te prévenir : ce ne sera pas aussi facile que ça en a l’air. À Pendia, les Altos sont peut-être moins victimes de discrimination, mais on ne te traitera pas pour autant comme un Occidental ordinaire. Tu vois ce que je veux dire, pas vrai ? »
« Oui. »
« Mais tu peux y arriver. Ne perds pas confiance. »
Pour Shan, ce genre de discrimination ne voulait rien dire. Si quelqu’un cherchait la bagarre, il lui suffirait de lui couper un ou deux poignets pour le faire taire. Si Roden avait pu lire dans ses pensées, il aurait poussé un profond soupir.
Après une demi-journée de marche, ils finirent par trouver un village rural ordinaire. En apprenant l’arrivée d’hommes armés, des fermiers accoururent, mais baissèrent aussitôt la tête en voyant la carrure imposante de Roden.
« Si nous prenons cette route, nous arriverons à destination ? »
« Oui, Sir Chevalier. Si vous partez maintenant, vous devriez atteindre la ville avant le coucher du soleil. »
« Je vous ai dit que vous n’aviez pas besoin de m’appeler chevalier. Tenez. C’est pour le renseignement. »
Roden fit sauter une demi-pièce d’argent d’un coup de pouce, et le fermier s’empressa de la ramasser par terre.
Alors qu’ils s’éloignaient, Shan demanda :
« Tu tiens vraiment à préciser que tu n’es pas chevalier. »
« Ça m’éviterait des ennuis si je me retrouvais mêlé à une dispute. Se faire passer pour un chevalier est un crime grave. C’est contester l’autorité du roi et des nobles qui les nomment. »
En même temps, nier trop fermement aurait donné l’impression qu’il était de basse extraction. La stratégie de Roden consistait donc à se comporter comme un chevalier qui, pour une raison ou une autre, ne revendiquait pas ce titre. Comme le fermier le leur avait dit, la ville apparut bientôt à l’horizon. C’était la première fois que Shan voyait des remparts de pierre ; il laissa échapper un petit cri d’émerveillement.
« Ça t’impressionne à ce point ? »
« Beaucoup ! »
La ville où ils arrivèrent, Vito, était une cité fortifiée entourée de remparts d’environ quatre mètres de haut, soit la taille de deux ou trois adultes. Mais, pour une raison ou une autre, les portes étaient hermétiquement closes. À l’extérieur des murs se dressaient des tentes, des chariots et de rudimentaires constructions. On aurait dit qu’une foule de gens, venus jusqu’à la ville sans pouvoir y entrer, s’y était rassemblée.
« La porte est fermée. »
« Sans doute à cause de la guerre. Elle se déroule tout près d’ici… Si on n’a pas de chance, on devra peut-être dormir dehors, nous aussi. »
Roden semblait déçu, mais Shan fut secrètement soulagé. Si une bagarre éclatait à l’intérieur, il aurait du mal à s’enfuir. Tandis qu’il observait les environs avec curiosité, son regard se posa sur un homme étrange aux cheveux moitié noirs, moitié blonds.
« Approchez, approchez ! Venez voir ! Un spectacle exceptionnel, rien que pour aujourd’hui ! Un homme-crapaud qui crache du feu comme un dragon, un nain avec des arbres qui poussent sur le corps et une jeune fée qui vole ! Venez sous la tente rouge ! L’entrée ne coûte que deux pièces d’argent ! »
C’était une troupe itinérante. Elle gagnait sa vie en présentant d’étranges talents et des curiosités exotiques venues de contrées lointaines. Elle semblait s’adresser aux gens bloqués hors de la ville. À l’époque où Shan vivait au Village des Saules, ce genre de troupe passait tous les quelques mois ou toutes les quelques années. Bien sûr, il n’avait jamais pu entrer sous la tente, mais il se souvenait qu’il trouvait déjà fascinant de regarder le marionnettiste jouer avec ses poupées, tranquillement, à l’extérieur.
« Roden, on peut aller voir ? »
« Hum ? Je préférerais éviter… Ils ont souvent des numéros de lancer de couteaux. »
« Ah. »
« Enfin, tu t’en sortiras très bien tout seul. Tiens, prends cet argent et ne le perds pas. Je vais chercher un endroit où loger. Retrouvons-nous devant la porte quand tu auras fini. »
« D’accord ! »
Quelques pièces d’argent en poche, Shan se dirigea tout excité vers la tente rouge. Mais il s’arrêta en apercevant le grand portier qui se tenait devant.
« Euh… »
Le portier avait l’air d’un jeune homme tout à fait ordinaire, avec ses cheveux bruns en bataille et son visage banal. Pourtant, ce qui stupéfia Shan, c’était qu’à la place de ses oreilles, il avait des cornes couvertes de plumes.
Voyant Shan figé sur place, le portier lui adressa un grand sourire et lança d’un ton joyeux :
« Ne t’inquiète pas, jeune invité ! Tous les Altos ne sont pas des monstres qui dévorent les gens ! Tu es venu tout seul ? »
Ébranlé de rencontrer quelqu’un de son peuple pour la première fois, Shan se calma et tendit prudemment les pièces d’argent. Le portier semblait croire que Shan avait simplement été effrayé par l’apparence étrange d’un Alto. Heureusement, le haut de la tente rouge était largement ouvert ; nul besoin de s’inquiéter que ses yeux se mettent à luire.
Chaque fois qu’il frôlait quelqu’un, il ressentait l’envie de dégainer son épée, mais Shan tâcha de se calmer en prenant de profondes inspirations. Quelques minutes après qu’il eut rejoint la foule, le spectacle commença. L’homme qui faisait la réclame un peu plus tôt annonça le numéro d’une voix claire :
« Pour commencer, un cracheur de feu ! Cet homme peut souffler d’immenses flammes grâce à la magie alto ! »
« Waouh ! »
Certains poussèrent des cris d’étonnement, tandis que d’autres ricanaient, prétendant que n’importe qui pouvait cracher du feu avec de l’alcool fort. Bientôt, un Alto aux joues couvertes d’excroissances rouges semblables à des coquillages brandit une torche et inspira profondément. Ses joues enflèrent jusqu’à plusieurs fois leur taille, puis une haute gerbe de flammes jaillit de sa bouche lorsqu’il expira.
« Waouh ! »
« Je n’ai jamais vu des flammes monter aussi haut… »
« Et sans alcool ? »
« Peut-être que le prêtre avait raison ! Les Altos sont vraiment des monstres… »
Les numéros suivants furent tout aussi stupéfiants. Il y eut un nain plus petit que Shan, avec trois petits arbres qui poussaient dans son dos, et une femme aux ailes de papillon qui semblait voler en se déplaçant le long de cordes. Quand une femme aux dents acérées, semblables à celles d’une bête, rugit face au public, plusieurs enfants fondirent en larmes. Le spectacle s’acheva dans les exclamations de stupeur et les applaudissements ; le présentateur s’inclina avec emphase.
« Merci à tous d’être venus ! Nous donnerons une nouvelle représentation demain ; si les portes ouvrent, faites connaître notre Troupe des monstres altos ! »
Alors que le public se dispersait, Shan resta là, immobile, les yeux fixés sur la scène désormais vide. Le portier aux cornes emplumées entra pour ranger et le remarqua.
« Hé, jeune invité ? On doit ranger, maintenant… Attends, tu es… ? »
Ce n’est qu’alors que Shan comprit que la tente s’était assombrie avec le coucher du soleil. À cause de sa vision nocturne, il ne parvenait parfois pas à distinguer le jour de la nuit.
« Oui. »
« Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas rencontré un autre Alto que nous. Tes parents sont dans le coin ? »
« Non… mais il y a quelqu’un qui est un peu comme ça. »
« Je vois ! Tant mieux. Hé, oncle Roxy ! Tu savais que ce gamin était Alto, lui aussi ? »
L’oncle Roxy était l’homme aux cheveux bicolores qui faisait la réclame de la troupe et en était le présentateur.
Il observa Shan avec intérêt et répondit :
« Hum ? Pas du tout. »
« On dirait qu’il fait partie de ceux dont les yeux brillent dans le noir. Je ne l’avais pas remarqué tout à l’heure. »
« Certains ne présentent aucun signe visible. Comme moi. »
Shan le regarda, surpris. Hormis sa couleur de cheveux inhabituelle, Roxy avait tout l’air d’un Occidental ordinaire.
« Toi aussi, tu es Alto ? »
« Cette couleur de cheveux est naturelle. Quand je dois me faire passer pour un humain, je dis que je les ai teints. » Roxy sourit en passant une main dans ses cheveux.
Pendant ce temps, les autres membres de la troupe, intrigués par l’agitation, sortirent à leur tour. Avant même de s’en rendre compte, Shan se retrouva encerclé et bombardé de questions.
« Où est-ce que tu as trouvé cette épée ? Elle est vraiment belle. »
« Je l’ai juste… récupérée comme ça. »
« Qu’est-ce que tu fais ici ? Il y a une guerre pas loin. Ne me dis pas que tu es là pour ça ? Tu es trop jeune pour être mercenaire. »
« Waouh, tes yeux sont si beaux… Tu peux regarder par ici ? Oui, comme ça ! Waouh, on dirait vraiment des émeraudes. »
À chaque réponse, deux ou trois nouvelles questions s’ajoutaient, et Shan ne savait plus où donner de la tête. Pourtant, étrangement, cette attention ne lui déplaisait pas. À part Roden, il n’avait jamais parlé avec des gens qui le considéraient comme l’un des leurs ; cette chaleur lui faisait du bien.
Au fil de leur conversation, il apprit que les membres de la troupe formaient en quelque sorte une seule famille. Le portier Pen était le frère aîné de Debi, la jeune femme aux ailes de papillon. Leur père, le nain Boldot, était le frère aîné de Roxy, le chef de la troupe. Kete, la femme aux dents acérées, était leur mère, et Hose, le cracheur de feu, était son petit frère.
« Mais vous ne vous ressemblez pas beaucoup, pour une famille. »
« C’est normal. Les caractéristiques des Altos se transmettent rarement directement des parents aux enfants. Ça arrive, mais c’est rare. »
« Je vois… »
Pour la première fois, Shan comprit que ses yeux verts lumineux ne lui venaient peut-être pas de ses parents. Si c’était le cas, il lui serait sans doute impossible de les retrouver. Ce n’était pas comme s’il en avait particulièrement envie. Lorsque son objectif fut évoqué, tous ouvrirent de grands yeux, stupéfaits.
« Tu veux devenir chevalier ? »
« C’est pas vrai ! »
« Roden a dit que je pouvais. Que je pourrais le devenir à Pendia. »
« … Je ne suis jamais allé à Pendia, mais j’ai du mal à y croire », répondit prudemment Roxy, le chef de la troupe, en fronçant les sourcils. « Je ne veux pas dire de mal de ton tuteur, mais ça semble suspect. Soutenir à ce point un enfant alto alors que vous n’êtes même pas de la même famille… J’ai du mal à le croire. À ta place, je me demanderais s’il ne compte pas te vendre dans un pays lointain. Pourquoi ne pas voyager avec nous ? On gagne correctement notre vie et, comme on n’accueille pas d’humains ordinaires, on manque toujours de bras. »
La proposition de Roxy n’avait rien de désagréable. C’était la première communauté d’Altos que Shan rencontrait, et ses membres étaient gentils. Mais, après avoir rencontré Roden, Shan avait acquis autre chose : un rêve, une ambition. Et après avoir vu les chevaliers plus tôt dans la journée, son désir n’avait fait que grandir. Il était convaincu de pouvoir les surpasser. Quand Shan refusa, les autres hochèrent la tête, avec un peu de regret tout de même.
« On espère que tu réussiras. »
« Hé, quand tu seras seigneur, tu nous accueilleras chez toi ? »
« Ça ne devrait pas être difficile. »
Ils rirent comme s’ils plaisantaient, mais l’encouragèrent sincèrement à devenir le chevalier qu’il aspirait à être. Rien que cela lui réchauffa le cœur.