Chapitre 159
Après les paroles de Leon, le Saurien de tête qui s'approchait d'eux s'effondra soudainement, mort, alors qu'un rayon de lumière dorée descendait du ciel telle une lance massive, transperçant le cœur de la bête.
Des éclats de lumière dorée apparurent haut dans les airs et, une seconde plus tard, d'autres rayons suivirent. Ils s'abattirent sur neuf autres Sauriens de la même manière, les clouant au sol.
Leon planta alors rapidement sa hallebarde dans le sol à ses côtés ; elle scintilla et se transforma en Uriel, qui tenait un grand arc fait d'or. Elle ne portait aucun bandeau et était vêtue d'une armure dorée semblable à celle de son porteur, bien que la sienne fût plus élégante et ajustée.
Un grand carquois doré rempli de flèches dorées pendait dans son dos. D'une main, elle ramena une mèche rebelle de ses cheveux argentés derrière son oreille, puis tendit le bras pour encocher une flèche sur la corde dorée, la tirant en un mouvement fluide pour viser.
Elle décocha alors son tir, et la flèche fendit l'air, se logeant droit dans le cœur d'un Saurien qui s'approchait. La bête recula avant de s'écrouler, faisant trébucher ceux qui se trouvaient derrière elle.
Au même moment, la manifestation scintillante de la grande femme dorée qui se dressait derrière Leon et Uriel lâcha l'épée dorée qu'elle tenait dans sa main droite. L'arme descendit lentement et, ce faisant, elle rétrécit jusqu'à se loger dans la poigne de Leon.
Leon raffermit sa prise et, dans un mouvement explosif, il se rua vers les Sauriens.
...Pendant ce temps, Cedric tendit la main, sortit un élixir de mana de son Inventaire et commença à l'avaler d'un trait.
Il est important de noter qu'à ce stade, le soleil avait déjà commencé à se coucher, ce qui signifiait que Cedric et son groupe se battaient depuis près d'une demi-journée.
Une fois l'élixir bu, il jeta la fiole vide au sol, puis appela : « Aika. »
Aika émergea de son ombre, vêtue seulement de son court kimono bleu qui oscillait légèrement dans le vent. Elle avait les mêmes yeux noirs que Cedric, et son expression habituelle, stoïque, était fermement gravée sur son visage.
Les flammes de décomposition enveloppèrent ses jambes nues et ses mains comme de sinistres gantelets d'ombre. Elle tendit une main vers le ciel, et une douzaine de cercles magiques noirs commencèrent à se former lentement dans les airs.
Pendant qu'elle faisait cela, Cedric se précipita vers la horde, son katana enflammé tenu bas. Lorsqu'il fut presque sur eux, Aika abaissa sa main, et des projectiles noirs, semblables à des lances d'obsidienne faites d'énergie sombre, s'abattirent sur les Sauriens.
À l'instant où les projectiles frappèrent, les Sauriens trébuchèrent et commencèrent à hurler, luttant pour éteindre les flammes qui avaient complètement englouti leurs corps. Beaucoup s'écrasèrent contre leurs semblables, permettant à la décomposition de se propager d'une bête à l'autre.
Cedric se faufila habilement à travers le chaos, abattant de sa lame ceux qui n'avaient pas été atteints par les flammes. Comme précédemment, il lui suffisait d'infliger assez de dégâts pour que la décomposition se propage avant de bondir sur la cible suivante.
Loin derrière lui, Aika leva la main et se prépara pour son prochain barrage de flammes noires. Cette fois, dix grands orbes de flammes compressées apparurent, flottant en cercle au-dessus d'elle comme un halo de lunes noires.
Puis, un par un, les orbes de flammes furent projetés, déchirant l'air et provoquant de violentes explosions à l'impact. Les flammes vertes et noires incinérèrent les Sauriens qui furent pris dedans, flétrissant leur chair jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une fumée verte et noire.
Aika ne prépara pas d'autre barrage après cela afin de préserver le mana de Cedric et, à la place, elle se rua en avant pour le rejoindre dans la mêlée.
Les minutes intenses s'écoulèrent, se transformant en heures...
Mais peu importe le nombre de Sauriens que le groupe tuait, d'autres semblaient approcher depuis le lointain. Les dominants pouvaient entendre de plus en plus de cris aigus, et la terre continuait de vibrer à mesure que d'autres Sauriens apparaissaient, la rage brillant dans leurs yeux rouges.
La nuit était désormais bien avancée, et la seule source de lumière était la grande lune au-dessus, qui projetait une lueur froide et argentée sur le champ de chasse baigné de sang.
Cedric observa la mer de Sauriens qui approchait, puis, à travers la vision des corbeaux planant dans le ciel, il inspecta les membres de son groupe dispersés sur le terrain. Ils semblaient tous complètement épuisés.
Evelyn se battait seule, n'ayant plus assez de mana pour maintenir ses créatures de sang actives. Son corps entier était trempé du sang et des entrailles des Sauriens en raison de son style de combat viscéral. Elle semblait épuisée, mais cela n'effaçait pas l'expression affamée sur son visage.
Le corbeau que contrôlait Cedric tourna la tête vers une autre partie du champ. Dans les airs, au loin, Audrey mangeait désormais plus qu'elle ne tirait avec son arc, une expression de grande fatigue sur son visage pâle. Elle continuait de s'empiffrer de viande, mâchant frénétiquement pour reprendre des forces.
La vision de Cedric bascula vers un autre corbeau et zooma sur le centre de la mêlée. Dans un petit cratère, Celeste venait de finir d'écraser un Saurien au sol. Elle se releva en chancelant légèrement, respirant difficilement. Elle n'avait plus de mana, et même certaines de ses blessures ne se refermaient plus.
...Cedric se tourna alors vers Dion.
Bien qu'il parût vraiment épuisé, il semblait brûler toute son énergie comme s'il essayait de suivre le rythme de Leon, même si cela était impossible.
Leon, en revanche, semblait assez en forme pour continuer. Tandis qu'il massacrait les Sauriens avec une longue épée dorée, son Lien, qui utilisait désormais une lance, décimait les bêtes restantes à ses côtés.
« Je crois qu'il est temps de battre en retraite », conclut Cedric en détournant le regard de Leon et de son Lien.
« Corbeaux ! »
Instantanément, les deux corbeaux planant dans le ciel se mirent à croasser bruyamment en descendant vers le groupe. Chaque fois qu'ils survolaient un membre de l'équipe, ils criaient : « Camp ! Camp ! »