Chapitre 8
Traductrice : Moonkissed
Tang Mo n’avait pas le temps de faire son deuil ou d’avoir peur.
L’illuminé et Xiao Zhao avaient complètement disparu, ne laissant ni habits ni affaires derrière eux. Il n’avait ainsi rien besoin de nettoyer. Tang Mo ferma la porte de la bibliothèque.
Il y avait sept ou huit personnes autour de la tour noire. Certains étaient assis au sol, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Pourquoi est-ce que leurs camarades qui marchaient et criaient avec eux s’étaient volatilisés en même pas une minute ?
En plus de ces personnes, il y avait aussi deux hommes d’âge moyen appartenant à l’élite à côté du mur blanc. Le plastique blanc qui entourait la tour noire avait été posé trois jours auparavant par la police armée. Ce mur empêchait les citoyens ordinaires de s’en approcher. Mais maintenant cette police et les scientifiques travaillant de l’autre côté du mur n’étaient plus là. Les deux hommes avaient fait un gros trou dans le mur et s’étaient approchés de la tour noire.
Tang Mo ne les suivit pas. Il observa de loin avant de s’éloigner. Beaucoup de scientifiques avaient étudié la tour pendant six mois. Tang Mo ne pensait pas être capable de comprendre ce qu’elle était réellement.
Le premier problème que rencontra Tang Mo était qu’il n’avait pas de voiture.
Il était 8h15. A 8 heures pile, l’illuminé et Xiao Zhao avaient disparu. Comme eux, la plupart des personnes de la ville n’étaient plus là. Sans conducteur, les bus et métros ne pouvaient plus se déplacer. De plus, beaucoup de personnes étaient au volant quand ils s’étaient volatilisés. Il y avait maintenant beaucoup de voitures encastrées les unes sur les autres, bloquant la route.
Tang Mo marcha un demi kilomètre avant de trouver une vélo jaune. Il sortit son téléphone et scanna le code QR.
« C’est inutile… »
Il fronça les sourcils avant de s’agenouiller afin d’analyser la structure du vélo. Après deux minutes, il ramassa un caillou et l’utilisa pour frapper le cadenas. Le choc des coups lui causa une petite douleur dans son poignet, mais sa force était bien supérieur par rapport à avant. Le cadenas robuste fut détruit en deux coups.
Tang Mo regarda pensivement le cadenas qu’il avait juste cassé, puis monta la bicyclette afin de rentrer chez lui.
40 minutes plus tard, il entra dans son complexe de logements et parqua le vélo en bas des escaliers. La zone était silencieuse, il n’y avait personne. Tang Mo arriva dans son appartement et mit quelques habits dans un sac. Il était fils unique et ses grands-parents étaient décédés quand il était encore jeune. Suite à la mort de ses parents, il avait perdu contact avec le reste de sa famille. Il avait quelques amis proches qui n’étaient pas restés à Suzhou après la fin de leurs études. Un était allé à Pékin tandis que l’autre était parti à Shanghai. La fille de l’illuminé était également à Shanghai, alors il pouvait s’y diriger afin de trouver son ami en même temps.
Tang Mo était resté coincé dans la bibliothèque depuis hier au matin. Il mangea quelque chose et remplit au maximum son sac d’affaires utiles. Il avait pris tout ce dont il avait besoin mais avait un problème majeur.
Il n’avait pas de voiture.
De Suzhou jusqu’à Shanghai, ça prenait une demi-heure via le train à grande vitesse et une heure en voiture. Le train à grande vitesse n’était plus fonctionnel et les chemins de fer étaient probablement en mauvais état. Si c’était comme sur les routes où de nombreux conducteurs avaient disparu, il y avait certainement beaucoup d’accidents.
Les trains sans conducteurs étaient sûrement entrés dans d’autres trains.
Il avait besoin d’une voiture.
Tang Mo monta les escaliers et toqua à la porte de son propriétaire. Après trois minutes, il n’y avait toujours pas de réaction. Il souleva la barre en fer qu’il avait récupéré chez lui et força la porte.
Il était à peine entré qu’une forte odeur de gaz lui emplit les narines.
Tang Mo se précipita à la cuisine pour couper le feu et ouvrit la fenêtre afin d’aérer.
Il y avait des légumes à peine coupés sur le plan de travail. Le propriétaire était en train de cuisiner un délicieux petit-déjeuner avant de disparaître. Tang Mo avait fini ses études il y a un an et louait un appartement ici. Les propriétaires étaient un très gentil vieux couple qui habitait à l’étage. Les vieux époux étaient à la retraite et n’avaient rien à faire. Des fois, ils invitaient Tang Mo chez eux pour manger ensemble.
Tang Mo n’avait pas de voiture alors il avait l’habitude d’emprunter la leur.
Il prit la clef se trouvant dans le meuble en-dessous de la télévision et regarda autour de lui. Il n’y avait vraiment personne dans l’appartement, alors il partit.
Shanghai était proche de Suzhou alors il n’avait pas besoin de beaucoup d’essence. Mais la voiture était à sec ; la pointeur était presque sur la ligne rouge. Il y avait juste assez pour faire la moitié du trajet.
Il devait faire le plein d’abord.
Tang Mo mit la clef dans la voiture et la tourna vers la droite. Dès que la voiture démarra, il ressentit une forte douleur dans son cœur. C’était comme si une grosse main écrasait son cœur. Tang Mo pâlit instantanément et son cœur lui faisait mal, rendant le flux sanguin très rapide.
Sa température s’envola à une vitesse inimaginable. 40 degrés Celsius en une minute !
Cependant, cette température trop haute de 40 degrés ne lui brûla pas le cerveau. Il était toujours conscient et pouvait clairement sentir un couteau très aiguisé lui couper le cœur. Sa température corporelle continuait à grimper et la douleur dans son cœur augmentait.
Tang Mo frappa l’avant du siège passager avec son poing mais ça ne soulagea pas la douleur. Elle était tellement intense qu’il perdit connaissance.
10 heures plus tard, il se réveilla alors qu’il faisait déjà nuit noire. Ses habits étaient trempés de sueur. Il passait constamment d’un état de conscience à celui d’inconscience. Il ne savait pas combien de fois cela s’était répété avant que son rythme cardiaque avait à nouveau une vitesse normale et que la douleur s’était atténuée.
Son expression gardait des traces de sa douleur, mais ses yeux étaient désormais perçants.
Il toucha son torse et découvrit que son cœur était retourné à la normale. Il vérifia le reste de son corps et ne trouva rien d’anormal.
Puis il leva sa main et attrapa un livre tombant du ciel.
Il avait sorti un livre de nul part mais il ne semblait pas surpris. Ce livre ressemblait plus à un calpin de notes. La couverture était brun-jaune et l’intérieur était vide. Il fixa la première page attentivement. Sous ses yeux, du texte apparut sur le papier blanc.
[Capacité : Ne donne pas d’argent pour le repas]
[Propriétaire : Tang Mo]
[Type : Spécial]
[Fonction : Collectionne les capacités]
[Note : Tout le monde a un rêve dans son cœur. Ne pas donner d’argent pour manger ! Ne considérez pas Tang Mo comme un modèle. Au fond de son cœur, il a toujours voulu faire ce genre de chose. À l’âge de 7 ans, Tang Mo a volé du chocolat au fils de ses voisins sans donner d’argent. À l’âge de 10 ans, il a recopié le devoir d’un autre élève sans donner d’argent. À l’âge de 15 ans, il a piqué une tablette d’herbe médicinale (calcium) sans donner d’argent !
Vous voyez, il veut juste tout utiliser sans donner d’argent !]
Tang Mo, « … »
C’était de la folie ! Tang Mo claqua presque le livre contre un mur. Mais heureusement il résista. C’était sa capacité.
Une fois que Tang Mo s’était réveillé, il savait qu’il avait une capacité. La sienne n’était pas de contrôler le vent ou l’électricité, ni c’était un pouvoir inné. C’était un livre qui rendait les gens fous.
Tang Mo continua à feuilleter le livre, mais il n’y avait pas d’autre mots autres que ceux de la première page. Il l’examina pendant une demi-heure mais ne trouva pas d’autres indices. Puis après un long moment, une autre ligne de texte apparut dans le livre.
[Note : Pensez-vous toujours que Tang Mo va donner de l’argent ? Mon cher ami, il pense aller à la station d’essence. Va-t-il donner de l’argent pour l’essence ?]
Tang Mo, « … »
Bang !
Un livre fut jeté à travers la fenêtre.
Une minute plus tard, un bel homme sortit de la voiture et le ramassa, le visage sans expression.
Le livre fut mis sur le siège passager et Tang Mo ne le regarda plus. Il conduisit la voiture jusqu’à la station-service la plus proche. Il n’y avait personne. Certaines pompes à essence étaient tombées au sol, dispersant de l’essence partout. On pouvait supposer que les employés avaient disparu tout en remplissant les voitures.
Tang Mo s’arrêta avant de sortir, puis prit son porte-monnaie du siège arrière.
Il n’y avait clairement personne à la station essence, mais il cria quand même « Y a-t-il quelqu’un ? »
Ne recevant aucune réponse, Tang Mo se dirigea directement aux pompes. Il y avait déjà une carte d’employé insérée dans le lecteur. Chaque membre du staff avait une carte contenant un quota très élevé. Ils utilisaient directement cette carte pour remplir la voiture des clients.
Tang Mo ne possédait pas de voiture et n’avait donc pas de carte privée. Il ne pouvait qu’utiliser celles des employés.
Dans la silencieuse station-service, un grand un fin jeune homme aux cheveux foncés remplissait rapidement sa voiture d’essence. La nuit noire avait toujours rendu les gens anxieux. C’était normalement une zone de Suzhou où beaucoup de personnes passaient, mais à présent il n’y avait personne. Il n’y avait que Tang Mo sous la lumière qui remplissait sa voiture.
Les ténèbres semblaient cacher quelque chose et un vent puissant sifflait.
Tang Mo remit la pompe à sa place. Il se préparait à partir quand il pensa à quelque chose et son expression changea. Il sortit un billet de 200 yuans et le plaça sous une pierre de la station essence.
Il était en train de relever quand quelque chose de froid se pressa contre le bas de son dos. Tang Mo resta dans sa position et ne bougea plus.
« Ne bouge pas ! Dépêche-toi et sors ton porte-monnaie. ! »