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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin de dark fantasy pris pour un saint ◈
Chapitre 98 : Le dilemme de Dieu (1)
──────
* * *
« J’ai été un peu surpris quand tu m’as annoncé ton arrivée aussi soudainement. »
Dans la demeure des Nihirit, dans la capitale, j’étais assis en face de mon père et sirotais du thé.
« La maison t’a manqué au bout de moins d’une semaine ? »
« C’est un bon repas fait maison qui m’a manqué. »
« D’habitude, c’est toi qui cuisines dans cette maison, non ? »
« Ah. »
J’avais oublié.
Où que je sois, c’était là que se trouvait la cuisine maison.
« Je plaisantais. »
« Je vois. »
Slurp.
Mon père reposa sa tasse.
Une légère volute de vapeur s’attarda près de ses lèvres avant de se dissiper.
« Comment va l’Académie ? »
« Les étudiants sont plus vifs que je ne le pensais et suivent bien mes cours. »
À part le fait qu’ils semblaient avoir un peu peur de moi, personne ne paraissait me mépriser ni me prendre de haut.
Après l’affaire de la Maison Russell, ils semblaient reconnaître mes capacités.
« Haa… »
Mon père poussa un long soupir.
« Quand un ancien collègue de la magistrature m’a appris que tu avais bouleversé la maison d’un comte avec deux lettres, j’ai senti mon cœur se serrer. »
« Désolé de t’avoir inquiété. »
« Ne t’excuse pas. Un phénix, ça se garde dans une poche ? J’ai toujours suivi tes talents de près, alors tu n’as pas à t’excuser pour ce genre de choses. À vrai dire, je suis fier de toi, en tant que père. »
« Merci. »
« Malgré tout, préviens au moins un peu ta mère, la prochaine fois. Dès qu’elle a appris que tu étais devenu suspect, elle a fait tout un esclandre. »
« … Désolé. »
« Je t’ai dit de ne pas t’excuser pour ça. »
Slurp.
Quand mon père reposa sa tasse, son expression s’était un peu détendue.
« Alors. Puisque tu as laissé Perisia à l’Académie et que tu as fait tout ce chemin, j’imagine que tu as une affaire à régler en tant que Directeur Schun. Un patient urgent ? »
« Pas vraiment… »
En me grattant la joue, je lui expliquai tout.
La récompense que je recevrais pour cette affaire.
Le transfert des tombes de mes parents biologiques, qui ferait partie de cette récompense.
Et ma venue pour leur rendre hommage avant le déplacement.
J’ajoutai que notre maison devait également obtenir un rang nobiliaire supérieur.
« … Qu’est-ce que tu as dit à la fin ? J’ai dû mal entendre. Tu peux répéter ? »
« J’ai dit que la Maison Nihirit allait passer du rang de baronnie à celui de vicomté. »
Mon père se caressa lentement le menton et marmonna :
« Hum… C’est bien le chef d’une maison qui lui apporte les honneurs. Il est peut-être temps que je prenne ma retraite… »
« Je ne maîtrise pas encore la magie arcanique. Tu ne peux pas prendre ta retraite avant que Freya ne la maîtrise complètement. »
« Il y a aussi un moyen de régler ce problème… »
Mon père ne cessait de me jeter des coups d’œil.
Puis, alors qu’il semblait sur le point de dire quelque chose, il secoua la tête.
« Ce n’est pas important pour l’instant, nous en reparlerons une autre fois. Tu as dit que tu venais voir tes parents. »
« Oui. »
Mon regard se posa sur le masque de corbeau posé dans un coin du bureau.
Je fis glisser mon doigt le long de son bec.
« Je me suis dit qu’ils préféreraient que je leur rende visite ainsi. »
Je n’avais jamais oublié d’emporter ce masque quand j’allais sur la tombe de mes parents.
Julian était un expert en magie noire.
Le docteur Schun était le Saint Noir.
Mes parents avaient été guérisseurs et prêtres ; je pensais donc qu’ils seraient naturellement plus fiers de la seconde identité.
Depuis que j’avais décidé de séparer les identités de Directeur Schun et de Julian, je me rendais sur leur tombe en tant que Directeur Schun dès que possible.
Mon père adoptif respectait ce choix.
« Ils seraient heureux. Avant même ta naissance, ils étaient si enthousiastes à propos des rêves de conception et de l’éducation prénatale. Je me demande quelles têtes ils feraient s’ils apprenaient que leur enfant est devenu un saint. »
Mon père sourit avec nostalgie.
« Repose-toi un peu, puis va leur rendre hommage. Alors, Perisia remplace Julian à l’Académie, maintenant ? »
« Oui. De toute façon, ils ne quittent jamais leur laboratoire, sauf pour donner un cours. Ils ne risquent donc pas de se faire repérer. »
« C’est rassurant, mais… »
Mon père plissa les yeux.
« Il y a tout de même quelque chose que je ne comprends pas. »
« Quoi donc ? »
« Tu as séparé tes identités pour protéger notre famille de ceux qui s’en prenaient au Directeur Schun, n’est-ce pas ? »
« … Oui, c’est exact. »
« Alors, est-ce que ça a encore un sens, maintenant ? »
« … »
La question de mon père était simple.
Que je sois Julian ou le Directeur Schun, les mages noirs me haïssaient désormais avec la même ferveur.
Ne vaudrait-il pas mieux tout révéler au grand jour ?
Une partie de moi en avait envie.
Mais…
« Les circonstances ont changé. Je crois que la Famille impériale veut me conférer un titre nobiliaire. »
Ils ne cessaient de répéter qu’ils me donneraient un titre si je faisais du bon travail comme professeur.
On aurait dit qu’ils voulaient me conférer un titre dès que j’aurais assez de réalisations à mon actif, puis me mettre la bride au cou.
« En tant que saint ? »
« Oui. »
« Si c’est pour cette raison, il n’y a rien à faire. »
Je ne comprenais toujours pas les intentions de la Famille impériale.
En temps normal, elle aurait dû me demander de refuser la canonisation.
Qu’est-ce qu’elle pouvait bien prévoir en me laissant d’abord devenir un saint, puis en m’accordant un titre nobiliaire ?
« Bon sang. Tu n’as vraiment pas de chance. Maintenant, tu dois séparer tes identités non plus parce que tu crains les mages noirs, mais pour porter deux titres. C’était prévu, ça aussi ? »
Je réfléchis un instant à ma réponse.
Pour préserver mon image de génie, j’aurais pu lui adresser un sourire mystérieux et dire que tout se déroulait comme prévu.
Mais cela allait à l’encontre de mes convictions.
Ce jour-là, j’avais juré de ne pas traiter ma famille avec des mensonges et des malentendus.
Alors, je lui dis la vérité.
« Pas du tout. »
Qui pourrait bien prévoir une chose pareille ?
Je ne savais pas lire l’avenir.
Je me contentais d’agir quand une idée me venait, et de faire ce que je pouvais sur le moment.
Tout ne semblait s’emboîter parfaitement que grâce au bonus propre aux histoires de malentendus, j’imagine.
« J’ai simplement eu beaucoup de chance. Pourquoi as-tu pensé ça ? »
« Quand tu as réglé le cas de ce mage noir, puis l’affaire de la maison du comte. Je me suis demandé si tout ne se déroulait pas selon tes plans. »
« Ce n’est pas possible. Je suis toujours trop occupé à régler les problèmes qui se présentent à moi pour avoir le temps de voir loin. »
« Voilà qui est encore plus rassurant. »
Le sourire de mon père s’élargit.
« C’est beaucoup plus humain. »
« Je pense être suffisamment humain. »
« C’est vrai. »
Mon père eut un petit rire.
« Quoi qu’on en dise, tu es mon fils. »
* * *
Après ces brèves retrouvailles avec mon père, je pris la voiture d’Otto pour rejoindre les tombes de la famille.
« Nous sommes arrivés à la Nécropole. »
« Attendez ici, s’il vous plaît. »
« Bien compris. »
La Nécropole.
Une cité souterraine, sous la Colline du Sanctuaire, où reposaient les nobles morts et leurs serviteurs.
Bien sûr, ce n’était pas un endroit où erraient des morts-vivants.
Ce n’était qu’un cimetière, aussi vaste, étendu et complexe qu’une ville.
« Bonjour, monsieur. »
« Oh, ne serait-ce pas le saint ? »
À l’entrée de la Nécropole, un vieil homme à la barbe fournie, une pelle à la main, me salua.
« Vous voulez une carte ou un guide ? »
« Une carte, comme la dernière fois, s’il vous plaît. »
La Nécropole était un véritable labyrinthe.
Chaque année, plusieurs personnes s’y perdaient.
C’est pourquoi il existait un métier de guide chargé de conduire les visiteurs.
Bien sûr, les guides coûtaient un peu plus cher qu’une carte, mais ils étaient bien plus pratiques.
Malgré tout, je ne choisissais la carte que pour une seule raison.
*J’y suis venu tant de fois.*
Les valeurs confucéennes coulaient dans le sang de Julian Schnabel, et j’avais rendu visite à mes parents des dizaines de fois.
J’étais désormais certain de ne pas me perdre, même sans carte.
La carte ne servait que de précaution en cas d’imprévu.
« Une pièce d’argent. »
« Merci, monsieur. »
Je pris la carte et pénétrai seul dans la Nécropole.
Je n’avais emmené que Gregor, le chevalier sacré.
« … »
Comme j’avais dit être venu rendre hommage à des gens que je connaissais, Gregor garda le silence, comme s’il n’était pas là, pour respecter l’atmosphère.
*Mes parents sont au deuxième sous-sol.*
C’était là qu’étaient enterrés les serviteurs qui avaient été particulièrement proches des familles, comme les majordomes en chef et les nourrices.
Je n’avais qu’à y retrouver la tombe de mes parents, comme on chercherait une adresse dans un columbarium.
*La concession des Nihirit est… par ici.*
Je tenais d’une main du vin coûteux et, de l’autre, des fruits difficiles à trouver dans cette ville noyée sous le smog.
Alors que j’allais entrer dans la Nécropole, je croisai le regard d’un homme aux yeux étroits qui déambulait sur la voie publique du deuxième niveau.
C’était un géant de près de deux mètres, presque aussi grand que Gregor.
« … »
« … »
« Excusez-moi, pourriez-vous m’indiquer le chemin ? »
L’homme aux yeux étroits s’exprima avec prudence.
Il me tendit un morceau de tissu.
« Je cherche ces personnes. On m’a dit qu’elles étaient enterrées dans la concession de la Maison Nihirit, mais je ne les trouve nulle part. »
Dès que je le vis, je ne pus m’empêcher de prendre une inspiration brusque.
C’était un morceau de tissu sale, orné d’un emblème de corbeau.
L’emblème de la clinique autrefois tenue par le couple de guérisseurs Schnabel.
*Qui est cet homme… ?*
Pendant la guerre du Sud, mes parents auraient remis ces morceaux de tissu à des réfugiés.
Ils leur avaient dit de transmettre à d’autres la bonté qu’ils avaient reçue, avec les mouchoirs.
Une sorte de chaîne de bonnes actions à rebours.
Il y avait donc de bonnes chances que cet homme ait reçu, directement ou indirectement, la bonté de mes parents.
*Il est venu se recueillir sur leur tombe ?*
Au fil de mes nombreuses visites, j’avais parfois croisé des gens comme lui.
La plupart avaient cherché la tombe de mes parents dans la Nécropole de la Ville sainte avant d’apprendre qu’ils étaient enterrés dans la capitale.
*Impossible de savoir où reposait chaque noble.*
Ils erraient longtemps dans les environs, sans jamais imaginer que mes parents puissent reposer dans la concession de la Maison Nihirit, jusqu’à ce qu’ils me rencontrent.
Cet homme semblait être l’un d’eux.
« Ah, les temps sont dangereux, alors vous pourriez hésiter à répondre si je vous pose la question aussi brusquement. Je suis pèlerin. Voici également mon certificat de pèlerin. »
L’homme aux yeux étroits tira de sa robe usée la carte d’identité d’un prêtre.
[Prêtre-guérisseur de rang inférieur Simeon]
*Simeon ? Ce nom me dit quelque chose… Ah.*
Après un instant de réflexion, je m’en souvins.
C’était le nom que mon père avait marmonné le jour où il avait découvert les corps de mes parents.
« Je n’ai pas trouvé Simeon non plus. »
Mes parents avaient été prêtres de rang intermédiaire.
Et ils avaient eu pour disciple un prêtre de rang inférieur nommé Simeon.
Plus précisément, il avait été une sorte d’interne en médecine.
« Il pourrait encore être en vie ? »
« Je l’espère. Mais il tenait beaucoup à tes parents. Je crains qu’il ne soit resté à leurs côtés jusqu’au bout. »
À l’époque, mon père adoptif n’avait pas cherché le corps de Simeon.
Il était proche du couple Schnabel.
Il n’avait ni l’obligation ni la proximité nécessaires pour rechercher aussi leur interne.
Heureusement, la décision de mon père s’était révélée la bonne.
*Dire qu’il avait survécu.*
Je lui répondis aussitôt :
« Veuillez excuser mon impolitesse, prêtre Simeon. Je vais vous guider. »
Je voulais lui montrer à quel point j’étais heureux de le voir.
Mais c’était difficile avec un masque sur le visage.
À la place, je le conduisis tranquillement jusqu’à sa destination.
En chemin vers la concession des Nihirit, Simeon nous suivit, Gregor et moi, puis posa timidement une question.
« … N’êtes-vous pas le Saint Noir ? »
« C’est ainsi que les gens m’appellent, bien que je ne mérite pas ce nom. »
« Comment connaissez-vous ces personnes ? »
Comme si j’avais attendu cette question, je sortis un mouchoir de ma poitrine.
Le dernier cadeau que mes parents m’avaient laissé.
« Moi aussi, j’ai reçu beaucoup de bonté de ces personnes. Plus que je ne pourrais leur rendre en toute une vie. »
Je ne me souvenais pas de leurs visages.
Pourtant, il était difficile de rendre la bonté qu’ils m’avaient témoignée en me donnant la vie.
Simeon fixa le mouchoir en silence, puis prit la parole.
« … Étiez-vous dans le Sud, Saint ? »
« Savez-vous quel a été le premier médicament que j’ai mis au point ? Et pourquoi j’ai choisi de signer avec la Compagnie marchande Merkuer, soutenue par la Maison Nihirit ? Je crois que cela répond à votre question. »
« … Je vois. »
Le prêtre aux yeux étroits hocha la tête.
C’était l’histoire que l’Inspection avait préparée.
Le docteur Schnabel avait reçu beaucoup de bonté du couple Schnabel.
Touché par leur bonté, il avait mis au point la quinine.
Puis il avait appris que le chef de la Maison Nihirit avait découvert les corps du couple et les avait enterrés dans la concession familiale.
Alors, pour rendre à la Maison Nihirit ce qu’elle lui avait donné, il avait cédé le brevet de la quinine à la Compagnie marchande Merkuer, soutenue par la maison.
Telle était l’histoire fabriquée par l’Inspection.
Bien sûr, les altérations de mémoire étant une affaire délicate, seuls les initiés connaissaient cette histoire.
« Le nom de famille Schnabel serait-il aussi une façon de perpétuer leur volonté… ? »
« Non. C’est simplement une coïncidence. »
L’Inspection n’avait pas pris la peine de changer ce détail.
Le nom de famille Schnabel était étonnamment répandu chez les gens du peuple.
En Corée du Sud, il n’était pas aussi courant que Lee.
Plutôt comme Song, peut-être.
Il n’était pas aussi répandu que Johnson, mais on en rencontrait de temps à autre.
Ils avaient donc décidé de le laisser tel quel plutôt que de m’imposer un changement de nom.
Simeon sembla l’accepter sans nourrir davantage de soupçons.
« Suivez-moi. Je suis venu leur rendre visite, moi aussi. »
« Merci. »
Simeon serra son livre sacré contre sa poitrine et me suivit.
Nous arrivâmes bientôt devant la tombe du couple Schnabel.
[Elia Schnabel / Arian Schnabel]
*Je suis là, père, mère.*
Comme d’autres nous observaient, je leur adressai mes prières en silence.
Je déposai devant la tombe les fruits et le vin que j’avais apportés.
Ce n’était pas une coutume de ce monde, mais j’avais toujours visité les tombes ainsi, par habitude de ma vie antérieure.
« … Ces fruits… »
« J’ai appris du chef de la Maison Nihirit que c’étaient les fruits qu’ils aimaient tous les deux. »
« Ils aimaient beaucoup le raisin, en effet. »
« Vous les connaissiez ? »
« … Ce sont des personnes que j’admire profondément. »
Simeon répondit avec tristesse.
Mes parents avaient dû être des mentors très chers à leur interne.
Simeon déposa le Livre sacré de la Lune devant la tombe et prit la parole.
« À l’origine, j’étais mage, mais j’ai éveillé la divinité tard dans ma vie. Enivré par cette sensation, je me suis consacré à la foi sur le tard… et c’est ainsi que j’ai pu rencontrer des personnes aussi merveilleuses. »
Il semblait vouloir cacher qu’il avait été leur disciple.
Je fis donc comme si je ne le savais pas.
« Vous étiez sur le même champ de bataille qu’eux, on dirait. »
« Oui. C’était la période la plus difficile de ma vie… mais aussi la plus riche de sens. »
Après cette réponse, l’homme ne dit plus rien pendant un long moment.
Simeon s’agenouilla devant la tombe et pria.
Lorsqu’il eut terminé, il lissa sa robe de prêtre miteuse et se releva.
Puis il s’adressa à moi.
« Saint, il y a une question que je me pose depuis longtemps. J’aimerais connaître votre avis réfléchi. »
« Si mes connaissances limitées peuvent vous aider, je serai heureux de vous répondre. »
« Alors, permettez-moi de vous la poser. »
Il s’interrompit pour reprendre son souffle.
« Punir les méchants qui défient la volonté de Dieu, est-ce en soi la volonté de Dieu ? »
« Tout dépend de la façon dont on définit le mal, mais dans la plupart des cas, on peut appeler cela une bonne chose. »
« Alors, faire respecter la doctrine, est-ce aussi la volonté de Dieu ? »
« C’est plus difficile à dire. Cela pourrait l’être, à condition que les humains ne l’interprètent pas de travers. »
« Exactement. Il est difficile d’être certain que les humains respecteront correctement la doctrine. »
Une interprétation pouvait être déformée.
La parole de Dieu était peut-être parfaite, mais ceux qui l’interprétaient étaient des humains imparfaits.
C’était une question souvent débattue au sein de l’Église.
Simeon semblait d’accord.
« Alors, à l’inverse, peut-on être certain de savoir quels actes violent clairement la doctrine ? »
Paradoxalement, cela, on pouvait le savoir.
Une fois qu’on avait largement dépassé la limite, nul besoin de savoir exactement où elle se trouvait.
« Je crois qu’on peut en être certain. »
« Alors… »
La voix de Simeon trembla légèrement.
Comme s’il déversait des émotions qu’il avait longtemps gardées enfouies.
« Alors… si ces méchants, qui ont clairement défié la volonté de Dieu, étaient punis d’une manière qui défie clairement la volonté de Dieu, comment les dieux le verraient-ils ? Loueraient-ils d’abord le châtiment du mal, ou condamneraient-ils d’abord le blasphème ? »
« … »
« Répondez-moi, je vous en prie. Les dieux chérissent-ils le bien, ou protègent-ils leur propre autorité ? »
Ses yeux étroits s’écarquillèrent légèrement.
Ce n’est qu’alors que je le vis.
La colère qu’il avait dissimulée derrière son regard, dirigée contre le monde.
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