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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin des ténèbres pris pour un saint ◈
Chapitre 96 : Pris pour un professeur suspect (3)
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* * *
Dans ma vie précédente, je rêvais de devenir professeur.
Non pas que j’aie nourri une grande ambition d’enseigner aux étudiants.
Une fois entrés dans le milieu universitaire, les chirurgiens n’avaient plus grand-chose à faire ; je m’étais donc simplement fixé pour objectif de devenir professeur.
Puis, en guise de compensation pour toutes les épreuves que j’avais traversées pour y parvenir, je m’étais mis à tenir un peu trop à ce titre.
Dire que j’y suis arrivé dans ma prochaine vie.
Bien sûr, le poste de professeur que je convoitais n’était pas en médecine légale ni en médecine du travail et de l’environnement.
Mais un professeur restait un professeur.
Je trinquerais bien à ça.
Assez divagué.
« Je suis sincèrement heureux qu’aucun d’entre vous n’ait choisi de partir. En échange, je ferai tout mon possible pour que vous ne regrettiez pas le temps que vous consacrerez à ce cours. »
Je promenai mon regard sur les étudiants.
À quelques exceptions près, ils avaient tous l’air tendus.
Seuls Charlotte, les autres étudiants boursiers et quelques étudiants des Tours des Mages semblaient sereins.
C’était sans doute à cause des accords qu’ils avaient signés plus tôt.
Comme prévu.
Je m’y attendais.
Depuis que mon maître avait détruit la Tour des Mages du Treizième Mois, la magie noire était restée taboue.
Avec le temps, ceux qui ne connaissaient pas bien l’histoire avaient fini par considérer la magie noire comme une drogue qu’il ne fallait ni étudier ni approcher.
Mais…
Ce n’est pas acceptable pour de futurs héros.
La lutte contre les mages noirs ferait partie des devoirs des héros.
Il était évident qu’on ne pouvait pas combattre un ennemi qu’on ne comprenait pas.
Je devais donc d’abord corriger leur rejet instinctif de la magie noire.
« Savez-vous pourquoi la magie noire est interdite ? »
Personne ne répondit.
Je m’y attendais, évidemment.
Je poursuivis malgré tout.
Clac !
Un dessin apparut au tableau.
Il s’agissait de sorts élémentaires utilisés par les lanceurs de sorts.
La magie de transcription et la magie de projection.
La première permettait de consigner ses pensées sous forme de notes ou de dessins ; la seconde projetait ailleurs les images que l’on possédait.
Avec ces seuls sorts, fabriquer des livres ou des feuilles de papier n’avait rien de particulièrement difficile.
Naturellement, ils facilitaient aussi grandement l’enseignement.
« Ceux qui sont ici devraient savoir ce qui a conduit à l’interdiction de la magie noire. Je vais tout de même vous en donner un bref aperçu avant de poursuivre. »
Impossible de parler de la naissance de la magie sans évoquer mon maître.
Il y a environ mille ans, l’étude de la magie n’existait pas dans ce monde.
Avant cela, des sorcelleries informes étaient dispersées partout dans le chaos, à une époque où personne ne savait distinguer quoi que ce soit.
Mon maître avait mis fin à cette époque.
« Il y a mille ans, le Grand Sage Louis Edelhardt a classé les centaines de sorcelleries qui se mêlaient à travers le monde en treize catégories, puis a établi les règles applicables à chaque type de magie. »
Les symboles, les catalyseurs, les incantations, les formules de sorts, le pouvoir magique.
Ces concepts, qui formaient le fondement de la magie, n’avaient pas changé depuis mille ans.
« À l’époque, la treizième catégorie, la magie noire, s’appelait magie de la vie. »
La magie de la vie ne semblait pas avoir eu un statut très différent de celui des douze autres écoles de magie.
Ce n’était qu’un moyen parmi d’autres de protéger les gens des bêtes magiques.
Mais, au fil des siècles, les progrès de la magie firent apparaître un problème.
« Avec le temps, on a inventé d’innombrables symboles, catalyseurs, incantations et formules de sorts, ainsi que des méthodes pour remplacer ou restaurer le pouvoir magique. Mais, dans ce processus, la magie de la vie a franchi une limite. »
Pour allumer un feu, il fallait des symboles et des catalyseurs qui s’enflammaient facilement.
C’est pourquoi la magie liée au feu s’était concentrée sur la recherche des conditions qui facilitaient son embrasement.
Le problème, c’est que la magie de la vie avait franchi cette limite d’une manière inimaginable.
« À l’époque, la Tour des Mages du Treizième Mois développait sa magie en utilisant comme catalyseurs des innocents venus d’innombrables territoires. »
Pour lancer un sort sur un être vivant, le catalyseur et le symbole les plus efficaces étaient naturellement un autre être vivant.
La Tour des Mages du Treizième Mois enlevait donc secrètement des quantités innombrables de personnes pour développer sa magie.
Elle sacrifiait des gens pour maudire leurs semblables.
Elle retirait des cerveaux humains pour soumettre les gens à un lavage de cerveau.
Elle découpait des corps humains pour transformer des gens en chimères.
Et même ces exemples étaient relativement modérés.
Après avoir entendu mon maître raconter leurs atrocités, je compris pourquoi il avait décidé de détruire la Tour des Mages du Treizième Mois.
« Pour finir, ils ont eu l’idée dangereuse d’implanter le pouvoir des bêtes magiques dans des humains. C’est ainsi que les démonides sont apparus. »
Comment laisser de telles personnes agir à leur guise ?
Les bêtes magiques étaient déjà un problème en soi, et voilà qu’ils avaient encore ajouté des démonides pour pimenter les choses.
Mon maître avait été tellement horrifié qu’il avait précipité une météorite directement sur la Tour des Mages. Après cela, la magie de la vie avait été rebaptisée magie noire.
« Plusieurs interdits concernant la magie noire ont ensuite été instaurés. »
J’inscrivis les interdits au tableau.
1. Il est interdit d’offrir des humains en sacrifice dans le cadre de recherches sur la magie noire.
2. Il est interdit de nuire à des humains au moyen de la magie noire.
3. Il est interdit d’enfreindre les doctrines de l’Église du Soleil au moyen de la magie noire.
4. Toute recherche en magie noire doit être déclarée à l’avance, et tous les résultats ainsi que le contenu des recherches doivent être communiqués à l’administration magique.
5. Tout acte ou rassemblement visant à faire renaître la Tour des Mages du Treizième Mois est interdit.
C’étaient les principaux.
« Une idée reçue concerne souvent l’étude et l’utilisation de la magie noire. »
En soi, étudier et utiliser la magie noire n’était pas interdit.
Après tout, mon maître, qui avait détruit cette Tour des Mages, et moi avions fait de la recherche en magie noire notre premier projet commun.
Si cela avait été interdit, mon maître m’aurait fait tomber une météorite sur la tête.
« Même si vous étudiez ou utilisez la magie noire, vous ne transgresserez aucun interdit tant que vous ne nuisez à personne. »
D’une certaine manière, c’était évident.
Rendre quelqu’un malade et le tuer était interdit, mais brûler quelqu’un vif sans raison l’était tout autant.
Ce n’était pas interdit simplement parce qu’il s’agissait de magie noire.
Sans connaissances médicales, la magie noire pouvait tuer quelqu’un en un instant.
Le seul petit problème, c’est que personne, jusqu’ici, n’avait utilisé de catalyseurs inoffensifs pour l’employer à des fins bénéfiques, comme je l’avais fait.
C’est pourquoi il était rare d’utiliser la magie noire sans enfreindre le premier, le deuxième ou le troisième interdit.
Mais le simple fait de la lancer n’était pas interdit.
« Le quatrième interdit est celui que beaucoup de lanceurs de sorts enfreignent par erreur, et vous risquez vous aussi de le transgresser dans le cadre de ce cours. »
Le quatrième interdit.
Un grand nombre de lanceurs de sorts commettaient des erreurs à ce sujet.
Ils avaient tendance à ne pas révéler leurs recherches et à cacher leurs découvertes.
Plus un sort était connu, plus les moyens de le contrer se répandaient. Pourquoi le révéler, alors ?
Le problème, c’est qu’à force d’agir ainsi, ils enfreignaient souvent le quatrième interdit sans même s’en rendre compte.
Des lanceurs de sorts emmenés parce qu’ils avaient mené des recherches sans les déclarer au préalable.
D’autres emmenés parce qu’ils n’avaient pas rendu compte de l’avancée de leurs travaux.
D’autres encore emmenés parce qu’ils n’avaient pas communiqué leurs résultats.
À force d’entendre ce genre de nouvelles, les gens mal informés avaient fini par croire que quiconque étudiait la magie noire se ferait emmener.
Et puis il y avait le cinquième interdit.
« Vous pouvez considérer que le cinquième interdit porte davantage sur la Tour des Mages du Treizième Mois que sur la magie noire elle-même. »
C’était, en gros, l’équivalent de la loi antinazie de ce monde.
Ne vous faites pas tatouer les symboles de la Tour des Mages du Treizième Mois.
Ne regrettez pas la Tour des Mages du Treizième Mois.
Ne justifiez pas la Tour des Mages du Treizième Mois.
Ce genre de choses.
« Cela dit, tout ce qui sera fait dans le cadre de ce cours a déjà reçu l’approbation de la Famille impériale. Vous n’avez donc pas à craindre d’enfreindre le moindre interdit. »
J’avais déjà déposé les demandes avant le début du cours.
Quelques leçons avaient été rejetées d’emblée.
La plupart avaient été approuvées.
« Voilà qui conclut ce bref aperçu de l’histoire de la magie noire. Maintenant, concentrez-vous sur le cours sans vous inquiéter. »
* * *
La brève introduction était terminée.
Il était temps de passer au véritable cours.
« Vous devez apprendre à repérer les traces discrètes laissées par les mages noirs, à les poursuivre, et même à aller plus loin en devenant les premiers capables de les neutraliser. Pour commencer, nous allons donc mettre votre sens de l’observation à l’épreuve. »
Je fis un signe de tête à Perisia.
Elle sortit un bol rempli à ras bord d’une poudre médicinale et le posa devant moi.
« Trempez le doigt dans cette poudre, goûtez-la et essayez de deviner de quoi il s’agit. »
Toc.
Je trempai le doigt dans la poudre et le portai à ma langue.
Je fronçai légèrement les sourcils pour laisser entendre aux étudiants que le goût n’était pas fameux.
« À vous de voir. »
Le bol passa devant les innombrables étudiants, impatients.
Comme moi, ils trempèrent le doigt dans la poudre, la goûtèrent et proposèrent leur réponse.
De la farine, de l’armoise en poudre, du thé vert en poudre, de la quinine.
Quelqu’un suggéra même qu’il pouvait s’agir de Viagra.
Mais personne ne donna la réponse que j’attendais.
Charlotte passa en dernier.
Toc.
« Hum… Je ne sais pas, professeur. »
« Très bien. »
Quand le bol me revint, je fis semblant de tremper de nouveau mon doigt dans la poudre.
Puis je m’adressai aux étudiants.
« Ceux d’entre vous qui sont observateurs ont déjà compris pourquoi je vous ai posé cette question. N’est-ce pas, étudiante Charlotte ? »
Des murmures s’élevèrent.
« Ceux qui m’ont observé attentivement ont peut-être remarqué que j’ai trempé mon majeur dans la poudre, mais porté mon index à ma langue. »
J’avais volontairement orienté ma main de façon à rendre le geste difficile à voir.
« Je n’ai pas fait cela pour vous insulter. Ce n’était pas non plus une farce. C’est tout simplement la nature de la magie noire. »
Au fond, la magie noire était une tromperie.
Cette magie, qui s’était développée pour tromper les autres aussi complètement que possible, se spécialisait dans les dégâts mortels provoqués par le moindre relâchement de vigilance.
« Les mages noirs peuvent aussi recourir à cette méthode pour se faire passer pour des victimes et ainsi disparaître de la liste des suspects. »
Imaginez qu’une foule de gens mangent un plat empoisonné lors d’une fête et meurent ou frôlent la mort.
Un mage noir prétendrait en avoir mangé lui aussi, tout comme je viens de le faire.
Puis il quitterait les lieux tranquillement.
Comme avec mon tour de passe-passe des doigts.
« Bien sûr, on ne peut pas soupçonner toutes les victimes. Je vais donc vous apprendre à repérer ceux qui changent de doigt pour tromper les autres. »
Un titre apparut au tableau.
<Histoire des teintures et des poisons>
« De nombreux médicaments et poisons sont mélangés aux teintures actuellement en vente. L’humanité n’a pas encore pris conscience des dangers qu’elles représentent. »
Ces derniers temps, j’avais consacré une grande partie de mon temps à examiner les teintures vendues sur le marché.
Peut-être parce que l’histoire de ce monde avait divergé de celle de mon monde d’origine, chaque teinture portait un nom différent.
Il en restait beaucoup dont je n’arrivais pas à déterminer la nature, ni à savoir si elles avaient été des poisons ou des médicaments dans ma vie précédente.
Tss.
Le premier antibiotique au monde faisait même partie de ces teintures.
Je savais seulement qu’il s’agissait d’une teinture rouge. Je n’avais toujours pas établi si elle avait été créée dans ce monde.
« Le premier poison que nous allons étudier aujourd’hui est le favori des mages noirs. »
Un poison inodore, parfois confondu avec le mercure selon les époques.
Le poison le plus utilisé à travers l’histoire.
C’est ainsi qu’il avait hérité du nom de « poudre d’héritage ».
Dans ce monde, les gens le sous-estimaient encore, persuadés qu’il suffisait de ne pas en manger.
« Elle est de la même couleur que la poudre que vous venez de goûter. On la trouve sur le marché sous le nom de teinture verte Rompelt. »
Plusieurs étudiants nobles pâlirent à ces mots.
Elle était célèbre.
C’était l’un des poisons les plus employés dans les luttes de pouvoir entre nobles.
« Les mages noirs préfèrent ce poison à tous les autres comme catalyseur. C’est un excellent sujet pour notre première leçon. »
J’inscrivis le nom de la substance au tableau.
Arsenic.
« Aujourd’hui, nous parlerons de l’arsenic et des poisons contenus dans les teintures vendues sur le marché que les mages noirs affectionnent. »
À peine eus-je terminé que plusieurs étudiants se mirent les doigts au fond de la gorge.
… Non, je n’ai pas dit que la poudre verte était de l’arsenic.
* * *
Par la suite, les cours de Julian ne cessèrent de réserver des surprises aux étudiants.
Ils savaient seulement que l’arsenic était mortel quand on l’avalait. Ils ignoraient qu’il pouvait se répandre dans l’air.
« Utiliser de l’arsenic pour teindre des rideaux ou des meubles est encore plus dangereux. »
Les lieux où ils vivaient acquéraient alors une résonance symbolique propice au lancement de sorts de magie noire.
Ironiquement, les maisons qu’ils jugeaient les plus sûres devenaient celles qui étaient le plus vulnérables à la magie noire.
« Le plus dangereux avec l’arsenic, c’est qu’une exposition prolongée peut provoquer des maladies que la magie divine ne peut pas soigner, même si personne n’a reçu d’un seul coup une dose mortelle. »
L’arsenic était un carcinogène notoire.
Et, dans ce monde, le cancer était classé parmi les maladies démoniaques.
C’est pourquoi ses effets à long terme étaient encore méconnus.
Le cancer ayant été rangé dans la catégorie des maladies démoniaques, personne n’avait découvert que l’arsenic pouvait en provoquer.
Bien sûr, Julian n’entra pas dans les détails.
Il n’avait pas encore achevé son travail de classification des maladies démoniaques, et il n’était pas nécessaire d’ajouter à la confusion.
« Les mages noirs ne transportent pas eux-mêmes leur arsenic. Ils se rendent dans vos domaines, repèrent les teintures qui s’y trouvent et les utilisent simplement comme catalyseurs pour lancer des malédictions. »
Les cibles préparaient elles-mêmes le terrain.
Le mage noir n’avait plus qu’à préparer la formule du sort.
Julian commença par démanteler ce mécanisme.
« Je vais maintenant vous expliquer les symptômes des victimes lorsque ces teintures servent de catalyseurs, ainsi que la manière de remonter jusqu’aux mages noirs en suivant les réseaux de distribution de ces teintures. »
Les lignes de Mees.
Elles étaient un signe courant d’intoxication chronique à l’arsenic.
Une bande blanche apparaissait sur la partie de l’ongle en pleine croissance, ce qui permettait de soupçonner une intoxication à l’arsenic.
Le cours présenta quantité d’autres teintures.
Du plomb mélangé aux cosmétiques.
Du mercure utilisé dans les rouges à lèvres et les tampons de sceau.
Du chrome employé dans les bougies et les textiles.
De l’antimoine, souvent utilisé dans les teintures noires.
Les étudiants pâlissaient un peu plus à chaque nouvelle teinture présentée.
Certains se démaquillèrent même à leur pupitre.
Alors que ce cours riche en événements touchait à sa fin, Julian interpella soudain un étudiant.
« Jeune seigneur Russell. »
Sans se soucier des regards des autres étudiants, Julian s’adressa au jeune seigneur.
« Vous semblez très intéressé par mon cours. »
« Ah… oui… En vous écoutant, je me suis demandé si mon père n’avait pas lui aussi été récemment victime d’un mage noir… »
« Je crois pouvoir vous aider. Pourrions-nous nous entretenir en privé après le cours ? »
Le troisième fils de la maison Russell sembla mal à l’aise, mais finit par acquiescer.
Jenny, qui avait observé la scène depuis le premier rang, chuchota à Charlotte :
« Tu crois qu’il veut s’excuser parce que tu as été impolie avec lui la semaine dernière ? »
« … Qui sait. »
Charlotte se leva comme si la question ne l’intéressait pas.
Puis elle marmonna :
« J’ai l’impression qu’une nouvelle affaire va bientôt éclater. »
« Quoi ? »
Quoi qu’il en soit, Charlotte quitta la salle de classe avec Jenny.
Quelques jours plus tard, une nouvelle ébranla l’Académie.
[Dernière minute ! Les fils aîné et cadet de la maison Russell arrêtés d’urgence ! Ils auraient conspiré avec un mage noir pour empoisonner le chef de leur maison.]
On se demandait ce qui avait bien pu se passer dans la maison du comte.
Mais les portes de la maison Russell restèrent hermétiquement closes et personne ne fournit d’explication.
Les étudiants étaient tout aussi curieux.
Quelques jours plus tard, le jeune seigneur Russell quitta brièvement l’Académie pour se rendre dans sa maison.
À son retour, les étudiants apprirent les détails directement du dernier héritier de la maison Russell.
« Que s’est-il passé, jeune seigneur Russell ? »
« Euh… Eh bien, le professeur… »
Selon le troisième fils, les événements s’étaient déroulés comme suit.
Pendant le cours de défense contre la magie noire, Julian avait remarqué que le troisième fils avait un nombre inhabituellement élevé de lignes de Mees sur les doigts.
Il les avait vues lorsque le jeune seigneur avait goûté la poudre.
Julian se souvint également que le jeune seigneur avait autrefois été humilié par sa fiancée.
Il invita donc le jeune seigneur Russell à dîner.
« Votre famille est peut-être en danger, étudiant. Je vais vous écrire une lettre ; veuillez la transmettre à votre famille. »
Après le dîner, le troisième fils suivit le conseil de son professeur et se contenta d’envoyer à sa famille une lettre sur les dangers de l’arsenic.
Quelques jours plus tard, les fils aîné et cadet s’empoisonnèrent mutuellement.
Il n’y avait qu’une seule raison à cela.
« Si je ne le tue pas le premier, il me tuera. »
Les deux frères utilisaient déjà l’arsenic comme catalyseur pour maudire leur père. Dès qu’ils reçurent les lettres, chacun se mit à soupçonner l’autre de vouloir l’empoisonner.
Ils lancèrent donc l’un contre l’autre la malédiction dont ils s’étaient servis contre leur père et périrent ensemble.
Quant au chef de la maison, il survécut grâce à une lettre séparée de Julian, qui lui expliquait comment neutraliser la malédiction.
« L-Le professeur a dit… que tout serait réglé si chacun des trois recevait une lettre différente… »
Deux lettres, rien de plus.
Elles avaient semé le poison du soupçon dans l’esprit des frères. Les deux hommes étaient morts et le chef de la maison avait été sauvé.
Ainsi, le troisième fils, qui n’avait jamais été censé hériter, était devenu le dernier héritier de la maison Russell par un coup de chance.
« Je… Je n’avais pas compris que c’était ce que le professeur voulait dire en affirmant que ma famille était en danger… »
Le jeune seigneur Russell n’en voulait pas à Julian.
Ces hommes, aveuglés par leur titre, avaient voulu empoisonner leur père, leur famille, et même lui.
Qu’ils soient morts de la main l’un de l’autre, c’était la juste rétribution.
Ce qui faisait peur, c’était que Julian avait bouleversé la succession d’une maison de comte avec deux lettres, assis à son bureau.
« Ces lettres… ce n’était quand même pas de la magie noire ? »
« … »
Le jeune seigneur Russell et ses amis savaient bien que c’était impossible.
Si c’était le cas, les autorités auraient arrêté Julian.
Mais peut-être Julian en était-il capable.
Peut-être qu’un professeur qui leur avait enseigné ce genre de choses dès le premier jour aurait pu le faire sans se faire prendre.
Quelques jours plus tard, de sinistres rumeurs sur le professeur Julian commencèrent à se répandre dans toute l’Académie.
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