WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Haruto
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le médecin de fantasy sombre pris pour un saint ◈
Chapitre 88 : Pris pour un criminel (3)
──────
* * *
Un mois s’était écoulé depuis que j’avais soumis mes articles au Symposium d’automne, l’Olympiade des arcanes.
… Tss. Ils les ont refusés ?
Je savais que lorsqu’un article était retenu, son auteur recevait une invitation à venir le présenter.
Bien sûr, mes articles avaient été classés respectivement dans les catégories « premier niveau » et « risque interdit » ; il était donc impossible de les présenter.
Mais même si je ne pouvais pas les présenter, je pensais qu’ils m’enverraient au moins un certificat de qualification de lanceur de sorts supérieur.
Le symposium devrait bientôt s’achever. Alors, qu’est-il arrivé aux miens… ?
Même après la fin de la période d’évaluation et la publication de la liste des intervenants, je ne reçus aucune invitation.
Par précaution, je consultai la liste des candidats retenus, mais mon nom n’y figurait nulle part.
Ce n’est qu’alors que je me résolus à accepter la réalité.
Tss. J’imagine qu’ils ont été refusés.
Je mentirais si je disais que je n’étais pas déçu.
J’avais consacré deux années entières à ces articles.
Et leur ampleur n’avait rien à voir avec celle des travaux des autres lanceurs de sorts.
L’étude s’appuyait sur un échantillon de douze mille personnes.
À notre époque, il était rare de trouver des études d’une telle ampleur.
Pourtant,
Il devait leur manquer quelque chose sur le plan universitaire.
L’ampleur d’une étude ne déterminait pas directement sa valeur scientifique.
Bien sûr, plus l’échantillon était vaste, plus l’étude avait de chances de produire des résultats scientifiques intéressants.
Mais, au bout du compte, la valeur d’une étude tenait à ses idées et à ses preuves, pas à son ampleur.
À cet égard, mon article sur la magie noire et celui sur l’eau de Javel n’avaient peut-être pas une grande valeur scientifique.
Slurp.
Je bus une gorgée de thé tiède et ruminai mon échec amer.
Ce n’était pas grave.
Un échec était aussi une leçon.
Je n’avais qu’à écrire un autre article.
Je vais me reposer aujourd’hui, puis j’essaierai d’écrire autre chose demain.
Quels autres sujets pourraient convenir à un professeur de défense contre la magie noire ?
C’était peut-être parce que, dans ma vie antérieure, j’avais regardé tant de séries policières sur la médecine légale.
Associer la magie noire à la médecine légale ouvrait quantité de possibilités.
Simuler un accident de la route avec de l’héparine et des somnifères.
Assassiner quelqu’un en provoquant un choc hypoglycémique à l’insuline.
Il y avait aussi la célèbre méthode consistant à combiner du poison de poisson-globe et de l’aconit pour se fabriquer un alibi.
Dès que je m’éloignais de la médecine préventive, les techniques de magie noire applicables à la médecine légale n’avaient plus de limites.
Je n’avais simplement pas choisi ces applications comme sujets d’article, car elles ne présentaient pas beaucoup d’intérêt scientifique.
C’est pour ça que je pensais que des mises en garde contre le saturnisme sur la Colline du Sanctuaire et les accidents liés au chlore auraient une grande valeur scientifique.
Était-ce parce que ce monde était différent ?
Les juges semblaient avoir un autre avis.
Mon maître faisait partie du jury.
Mon échec avait sans doute une explication rationnelle.
Je répertoriais les sujets possibles dans mon carnet.
Toc, toc.
Un lutin tirait de toutes ses forces sur la théière pour remplir ma tasse vide lorsqu’on frappa à la porte.
« Entrez. »
« Jeune maître. Une lettre scellée est arrivée du Bureau de l’administration magique. »
Une élégante enveloppe reposait sur le plateau d’argent que tenait Wilhelm, le majordome en chef.
Un motif circulaire représentant une constellation était imprimé dans la cire.
C’était le symbole des Douze Tours des Mages.
« Le Bureau de l’administration magique ? »
Je pris l’épaisse enveloppe et soulevai délicatement le sceau à l’aide d’un ouvre-lettre.
Elle contenait une lettre et une carte solide.
Je lus d’abord la lettre.
À l’illustre Lord Julian Nihirit,
Nous vous informons tout d’abord que l’évaluation finale du Symposium d’automne de l’an impérial 1049 est terminée, et vous prions de nous excuser pour le retard pris dans la communication de vos résultats.
La valeur scientifique considérable des deux articles que vous avez soumis a nécessité un examen interne approfondi, ce qui explique ce retard.
Nous avons le regret de vous annoncer que, compte tenu de la gravité des risques pour la sécurité, vos articles n’ont pas été retenus pour être présentés lors de ce symposium.
Nous tenons toutefois à vous informer que les deux articles soumis par Votre Seigneurie ont été approuvés à l’unanimité par le comité d’évaluation de l’Astrolabium, en reconnaissance de leur valeur scientifique.
En conséquence, nous avons l’honneur d’inscrire le nom de Votre Seigneurie au Panthéon des érudits et de vous accueillir en tant que membre honoraire de l’Astrolabium.
En outre, conformément à cette qualité de membre honoraire, l’Administration des praticiens de la magie a décidé d’accorder à Votre Seigneurie la qualification de lanceur de sorts supérieur.
Le certificat correspondant est joint à cette lettre scellée.
Oh.
En résumé, comme j’avais soumis deux articles à moi seul, l’évaluation avait pris un peu plus de temps.
D’où le retard des résultats.
Ah, si c’est pour ça, je comprends.
Je sortis la carte qui se trouvait sous la lettre.
Un certificat de qualification de lanceur de sorts supérieur.
En haut de la carte ivoire, d’une grande netteté, figurait le sceau du Bureau de l’administration magique, accompagné d’une signature familière.
Louis Edelhardt.
C’était la signature de mon maître.
Je restai un moment à contempler le certificat, songeur.
Au moins, je ne mourrai plus jamais de faim où que j’aille.
Cette qualification était nécessaire pour devenir professeur à la division universitaire de l’Académie, chercheur principal dans une Tour des Mages ou lanceur de sorts impérial.
Rien qu’en la possédant, on pouvait espérer que des maisons nobles essaieraient de vous recruter comme précepteur.
Schmitt, qui nous avait enseigné la magie à Freya et à moi, détenait d’ailleurs cette qualification.
Le majordome en chef, qui avait observé en silence le certificat que je tenais, écarquilla légèrement les yeux et murmura :
« Lanceur de sorts supérieur avant même d’avoir vingt ans… Toutes mes félicitations, jeune maître. »
« Merci, majordome en chef. Ah, je devrais aussi prévenir mes parents. »
« Mon seigneur en sera ravi. Toutefois, mieux vaudrait attendre un peu. »
« Pardon ? »
Pourquoi ?
Y avait-il une nouvelle raison de dissimuler mes capacités ?
Alors que cette idée commençait à me traverser l’esprit, le majordome s’écarta légèrement de l’embrasure de la porte.
« Un invité est venu vous voir, jeune maître. Veuillez vous entretenir avec lui avant d’aller retrouver mon seigneur. »
Une femme apparut derrière son épaule.
Nos regards se croisèrent, de part et d’autre de l’épaule du majordome en chef. Ses yeux bleus étaient dépourvus de la moindre expression.
Toc, toc.
La femme frappa légèrement à la porte ouverte et entra dans la pièce.
« Salutations, Lord Nihirit. »
Ce n’est qu’alors que je pus bien voir la silhouette jusque-là cachée derrière l’épaule du majordome en chef.
Son uniforme noir lui tombait sous les genoux et une cravate noire recouvrait la chemise grise qu’elle portait en dessous.
Des épaulettes ornaient ses épaules, tandis que des bretelles croisées en X partaient de celles-ci et se rejoignaient au milieu de sa poitrine.
… Le fait que ces bretelles lui serraient particulièrement la poitrine n’avait pas grande importance.
La femme ôta sa casquette militaire et salua.
Une chevelure blonde lui tombait sur les épaules.
« Je suis envoyée par l’armée. Je m’appelle Perisia Verbois. »
À première vue, elle semblait approcher de la trentaine.
Mais je sentais que son âge apparent ne révélait pas tout.
Ses oreilles pointues ne pouvaient être dissimulées, même par ses longs cheveux blonds.
C’était une elfe.
Je lui tendis la main.
« Je suis Julian, de la Maison Nihirit. C’est un honneur de vous rencontrer. »
« Je suis venue transmettre un message de l’armée à Lord Nihirit. »
Après une brève poignée de main, la femme se tourna vers le majordome en chef.
Wilhelm hocha légèrement la tête et quitta la pièce.
Clic.
Dès que la porte fut fermée, Miss Verbois tourna la clé dans la serrure.
Ses yeux bleus, cernés de noir, se tournèrent de nouveau vers moi.
« Excusez-moi. Comme il s’agit d’informations militaires confidentielles, on m’a chargée de vous les remettre en personne. »
La femme sortit une lettre de l’intérieur de son manteau.
Je recevais décidément beaucoup de belles lettres aujourd’hui.
Tout en me faisant cette réflexion, je soulevai le sceau avec mon ouvre-lettre.
À l’illustre Lord Julian Nihirit,
L’armée a officiellement confirmé que Votre Seigneurie avait publié deux articles en même temps lors du Symposium d’automne, l’Olympiade des arcanes de l’an impérial 1049, et vous adresse, au nom de l’armée, son plus profond respect pour cette réussite scientifique.
En particulier, la clairvoyance dont Votre Seigneurie a fait preuve dans le domaine de la défense contre la magie noire a, selon l’évaluation de sécurité menée par l’armée elle-même…
En résumé, cela donnait à peu près ceci :
Vous avez obtenu la qualification de lanceur de sorts supérieur au symposium ?
Alors acceptez le poste de professeur pour le cours de défense contre la magie noire dont nous parlons depuis des années.
L’Académie Eschenwald étant un établissement militaire, vous recevrez un grade équivalent dans l’armée. Probablement lieutenant ou capitaine.
Nous avons également examiné vos qualifications du point de vue de la noblesse. Vos compétences et votre constance ne posent aucun problème, mais votre potentiel d’évolution, si.
Si les élèves progressent sous votre direction, votre potentiel de développement dans le domaine de la magie noire sera automatiquement mis en évidence et reconnu comme une forme d’art arcanique. Alors, travaillez dur.
Si tout se passe bien, vous pourriez même recevoir un titre. De quoi vous motiver, non ? Bonne chance.
J’en avais résumé le contenu sur un ton plutôt désinvolte.
Mais la lettre était tellement ampoulée que je n’y pouvais rien.
J’avais mis un petit moment à la lire, le temps de traduire tout ça en langage ordinaire.
Ils me donneront même un titre si je travaille dur comme professeur…
Mais était-ce vraiment possible ?
À ma connaissance, j’avais déjà été canonisé.
Je me demandai brièvement si je devais le révéler, mais cette hésitation ne dura pas.
Je me rappelai une remarque que le père de Charlotte, mon beau-père, m’avait faite quelques jours plus tôt.
« Félicitations pour ta canonisation, mon beau-frère… non, mon gendre. Hum ? Tu te demandes si Charlotte doit renoncer à son titre à cause de toi ? N’aie aucune inquiétude. »
À l’origine, les nobles et les prêtres n’avaient pas le droit de se marier.
L’attribution simultanée de l’ordination et d’un titre de noblesse était déjà interdite. L’interdiction du mariage visait à empêcher les gens de se servir de cette union comme d’une échappatoire pour profiter des privilèges des deux statuts.
Ainsi, s’ils tenaient vraiment à se marier, l’un des deux devait renoncer à son titre ou à son ordination.
C’était pour cela que j’avais posé la question à mon beau-père.
Pourtant, pour une raison ou une autre, il s’était contenté de répondre que Charlotte n’avait pas besoin de renoncer à son titre.
« Ne me demande pas pourquoi. Il vaut parfois mieux ne pas savoir. Contente-toi de profiter de ce qu’on t’a accordé. »
Puisqu’il le disait, Charlotte n’avait pas à renoncer à son titre.
De même, je ne risquais sans doute rien si je recevais un titre tout en travaillant comme professeur.
Sans doute.
Après avoir remis de l’ordre dans mes idées, je repliai soigneusement la lettre et la glissai dans son enveloppe.
En levant les yeux, je croisai le regard impassible de l’elfe qui m’observait.
Elle me fixait exactement comme avant que je commence à lire la lettre.
« … Vous vouliez me dire quelque chose ? »
« Non. »
« Alors, pourquoi êtes-vous encore là… ? »
« Ah, j’ai tardé à vous en informer. À partir de maintenant, j’ai été officiellement affectée à votre protection rapprochée, Lord Julian Nihirit. »
« Vous n’étiez pas venue remettre la lettre ? »
« La remise de la lettre était une mission secondaire. Ma mission principale est d’assurer votre protection rapprochée. »
Tout en parlant, elle me tendit la main.
Pensant qu’elle voulait récupérer la lettre, je la lui tendis. Elle la reprit avec soin.
« La nomination de Votre Seigneurie au poste de professeur est une information confidentielle, réservée aux personnes concernées. Je vous remercie de votre compréhension. »
Elle glissa l’enveloppe dans une poche intérieure de son manteau, puis poursuivit :
« L’armée a estimé que les mages noirs pourraient prendre Votre Seigneurie pour cible lorsqu’ils apprendront que vous êtes le prochain professeur du cours de défense contre la magie noire. Je serai donc chargée de veiller sur votre quotidien. »
« En permanence ? »
« La distance réglementaire en protection rapprochée est de trois pas. Cela s’applique aux activités universitaires, à la pratique médicale et aux sorties privées. Je ne surveillerai pas les appartements de la famille ni votre chambre à coucher. On m’a également demandé de me tenir à l’écart si vous ne souhaitez pas ma présence. »
C’était déjà rassurant.
Comme les chevaliers sacrés, elle devait avoir reçu l’ordre de se retirer si je le lui demandais.
Dans ce cas, ma double vie de Julian et de Directeur Schun ne poserait pas de problème.
« Compris, Miss Verbois. »
« Perisia. »
« Pardon ? »
« Selon la hiérarchie militaire, Votre Seigneurie est ma supérieure. De plus, lors des missions de protection, nous sommes encouragés à utiliser nos prénoms afin de créer rapidement des liens. Veuillez m’appeler par mon prénom. »
« … Miss Perisia ? »
Elle hocha la tête sans changer d’expression.
Puis elle se tut de nouveau.
Un silence gênant s’installa entre nous.
J’avais l’impression de me retrouver dans la même situation que lorsque j’avais rencontré Otto pour la première fois.
À ceci près que,
« Puis-je vous demander quel est votre rang ? »
« Rang quatre. Je suis spécialisée en magie des esprits. Ma spécialité est la protection. »
« Merci de me l’avoir dit. »
Contrairement à Otto, lors de notre première rencontre, elle répondait quand je lui posais des questions.
Elle ne donnait pas l’impression de vouloir que nous restions étrangers l’un à l’autre.
Elle était simplement tellement militaire qu’il était un peu difficile de l’aborder.
« … »
« … »
Un nouveau silence gênant s’installa.
Je pris sur moi et tentai de faire un peu la conversation.
« Comment vous débrouillez-vous pour les repas, d’ordinaire ? »
« L’armée contactera le chef de la Maison Nihirit plus tard afin de m’attribuer une chambre. »
« Quand j’irai à l’Académie… »
« J’y ai une chambre réservée. »
« … »
« … »
Encore le silence.
Elle ne prenait jamais l’initiative de la conversation.
Au bout du compte, si je voulais parler, je n’avais pas d’autre choix que de lui adresser la parole en premier.
« Et pour les repas ? »
« Je m’occuperai moi-même de mes repas… »
« Ne faites pas ça. Mangez avec moi quand je cuisine. »
« Pardon ? »
« On ne vous a pas parlé de mon passe-temps ? »
« … On m’a dit que vous aimiez cuisiner. »
« Vous comprenez vite. Ce n’est pas difficile d’ajouter une assiette, alors mangez avec moi. »
Elle hocha la tête sans un mot.
Puis la conversation s’interrompit de nouveau.
« … Puis-je me lever, maintenant ? »
« Veuillez agir comme d’habitude et faire comme si je n’étais pas là. »
Et concrètement, comment étais-je censé faire ça ?
« Allons voir mes parents. »
« Je vous suis reconnaissante de me communiquer votre emploi du temps en entier, Votre Seigneurie, mais vous pouvez circuler à votre guise sans me prévenir, puisque vous êtes ma supérieure. »
« Oui… »
Je me levai de mon bureau et me dirigeai vers la porte.
Son regard se posa brièvement sur la tasse de thé, sur le bureau.
De petits lutins emportaient avec application la tasse à moitié pleine et la théière.
« … Des lutins ? »
Perisia marmonna, l’air perplexe.
À bien y penser, c’était une elfe. Elle devait être proche des fées.
« Ce sont des amis que j’ai rencontrés il y a quelque temps. »
J’avais engagé ces lutins pendant l’enlèvement de Freya.
Après que je les eus libérés de leur méchant maître, ils étaient venus me trouver en disant qu’ils n’avaient nulle part où aller.
Je les avais donc engagés.
Mais ce qui surprenait Perisia, ce n’était pas tant l’existence d’esprits domestiques.
« Des lutins… qui se montrent devant leur maître. »
« Ah, je me posais la question, moi aussi. Pourquoi font-ils ça ? »
Les lutins étaient normalement des esprits domestiques timides.
Ils s’occupaient des tâches ménagères quand les habitants dormaient ou s’absentaient.
Mais ceux que j’avais engagés se cachaient de tout le monde, y compris du majordome en chef.
En revanche, lorsque j’étais seul, ils se montraient sans se cacher et faisaient le ménage juste devant moi.
Je m’étais donc toujours demandé pourquoi.
« Vous savez pourquoi, Miss Perisia ? »
« Comme les elfes, les fées ne sont pas timides avec les personnes en qui elles ont confiance. Cela prouve qu’elles font autant confiance à Lord Nihirit. »
« Ils ont donc dû apprécier tous les cadeaux que je leur ai faits. Tant mieux. »
Cela signifiait que les fées me faisaient autant confiance qu’à leurs amies, les elfes.
Pour les remercier, je leur avais donné des bonbons au miel.
Comme s’ils comptaient d’abord travailler et manger ensuite, les lutins déposèrent les bonbons dans un coin et se remirent aussitôt à débarrasser la tasse.
Le coin de la bouche de Perisia se releva à peine tandis qu’elle les regardait.
Elle semblait ravie.
« Votre Seigneurie connaît bien les fées. C’est une bonne chose. »
« C’est un honneur d’être reconnu par une noble des forêts. »
Son sourire satisfait disparut aussitôt, remplacé par son habituelle expression impassible.
Malgré tout, j’avais l’impression que mes rapports avec Miss Perisia avaient progressé, même un tout petit peu.
Puis le regard de Perisia se posa naturellement sur le carnet ouvert sur mon bureau.
Avant l’arrivée de la lettre, j’y avais griffonné à la hâte une liste d’idées de sujets sur la magie noire.
Possibilité de simuler une chute mortelle dans une baignoire grâce à la magie noire du fantôme des eaux. Rejeté.
Endormir le pilote d’un aéronef à cause d’une fuite de gaz d’éther. À revoir, car ce n’est pas de la magie noire.
Possibilité d’empoisonner un patient souffrant d’eczéma par la plante des pieds…
Ce carnet ne me servait plus à rien.
Je venais d’obtenir la confirmation de ma qualification de lanceur de sorts supérieur.
Inutile de m’attarder sur ces sujets.
« Ah, ne vous faites pas d’idées. Ce sont des sujets d’articles, mais je n’en ai plus besoin. »
Je m’expliquai à Miss Perisia d’un ton un peu défensif.
Je refermai discrètement le carnet et la conduisis hors de la pièce.
« … Miss Perisia ? »
« … »
« Pourquoi gardez-vous vos distances ? »
« Ce n’est rien. »
« ? »
En chemin vers mes parents, Miss Perisia gardait inexplicablement ses distances.
Je supposai que ce n’était qu’une impression.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>