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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin de fantasy sombre pris pour un saint ◈
Chapitre 61 : À toi, sans nom (1)
──────
* * *
Sur le chemin du retour, après la fête de la Fondation.
Dans le carrosse.
Quand je levai la tête, je vis Eri endormie sur la banquette en face de moi.
Elle dormait à poings fermés, les pieds sur mes genoux et la tête posée sur l’épaule de Freya.
« Mmm. Hé hé. »
Le ventre un peu rebondi après s’être régalée, Eri se le frottait d’une main et bavait sur la robe de Freya.
En temps normal, Freya l’aurait réprimandée pour son manque de savoir-vivre.
Mais peut-être était-elle fatiguée, ou peut-être était-ce parce que cette journée était particulière.
Sans la réveiller, Freya prêta silencieusement son épaule à Eri.
Juste à côté de moi, Charlotte, qui avait retiré tous ses accessoires inconfortables, marmonna :
« Tu as vraiment une escorte impolie. »
« On dit que les génies se moquent de ce que pensent les autres. »
« C’est vrai. Une personne aussi douée que mademoiselle Eri a sans doute peu d’égales. Rien ne l’oblige à se plier aux conventions. »
Sans doute parce qu’elle était elle-même un génie,
Charlotte ne semblait pas particulièrement gênée par l’impolitesse d’Eri.
Cela dit, Charlotte était elle-même du genre à ignorer les conventions sans façon quand la situation l’exigeait.
« Au fait, Jeune maître Nihirit… Non, Julian. »
« Oui ? »
« La promesse que nous nous sommes faite au banquet tient toujours, n’est-ce pas ? »
Une promesse ?
Ah, oui.
Charlotte et moi nous étions fait une promesse.
Elle m’aiderait à diagnostiquer la princesse consort et, en échange, je lui expliquerais ma démarche diagnostique.
Elle avait dit que la structure logique de mon raisonnement l’aiderait à développer son esprit de déduction.
« Bien sûr. Nous avons encore un peu de temps avant d’arriver, alors je vais te l’expliquer étape par étape. »
Je lui expliquai aussitôt comment j’étais parvenu à diagnostiquer la princesse consort.
D’abord, j’avais appris son histoire médicale par des rumeurs. Ensuite, je l’avais examinée des pieds à la tête. Enfin, avec l’aide de Charlotte, j’avais observé le bout de ses doigts.
Après avoir rassemblé tous ces indices, j’avais conclu que la princesse consort souffrait d’un syndrome des antiphospholipides.
En m’écoutant, Charlotte s’intéressa au phénomène de Raynaud.
« Qu’est-ce que le phénomène de Raynaud, exactement ? »
« Chez les patientes comme Son Altesse, les vaisseaux sanguins deviennent vulnérables aux stimuli extérieurs parce que l’organisme les attaque de l’intérieur. Résultat : le moindre froid provoque une constriction anormale des vaisseaux. Le sang ne circule plus correctement et le bout des doigts pâlit. »
« C’est donc pour cela que les doigts de Son Altesse sont devenus blancs quand je lui ai tendu la coupe froide. »
« Vous avez l’œil, mademoiselle Charlotte. »
Charlotte hocha lentement la tête.
Puis, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose, elle sortit un carnet de sa poche.
Après en avoir feuilleté les pages, elle claqua des doigts.
« Je me disais que ce principe m’était familier. C’est semblable aux lividités dont tu m’as parlé. »
« Exactement. Les lividités comme le phénomène de Raynaud nécessitent tous deux de comprendre le fonctionnement des vaisseaux sanguins. »
Les lividités.
C’était la première notion de médecine légale que j’avais enseignée à Charlotte.
On pouvait dire sans exagérer que les lividités représentaient plus de la moitié de la médecine légale.
Après la mort, le sang s’accumulait dans les parties basses du corps sous l’effet de la gravité, colorant la peau : c’était ce qu’on appelait les lividités cadavériques.
Elles permettaient aux médecins légistes de tirer de nombreuses conclusions.
Des lividités violettes s’étaient formées dans le dos ? La victime était morte après s’être effondrée sur le dos.
Elles blanchissaient quand on appuyait dessus avec un doigt ? La mort était récente.
Elles étaient roses ou vertes ? La victime avait été empoisonnée.
J’avais transmis tout ce savoir à Charlotte.
C’était pour lui faire croire que j’avais toujours une longueur d’avance sur elle.
Et maintenant,
elle faisait le lien entre le phénomène de Raynaud et les lividités.
C’était une déduction remarquable.
Car j’allais justement lui parler d’une découverte liée à ce sujet.
« Il existe un signe particulier qui permet de faire le lien entre le phénomène de Raynaud et les lividités. »
« Vraiment ? »
Il existait un type de lividité dont le mécanisme ressemblait à celui du phénomène de Raynaud.
Les yeux de Charlotte s’illuminèrent.
« Lequel ? »
« On appelle ça les taches de Wischnewsky. »
« Les taches de Wischnewsky… ? »
« Ce sont des taches particulières qu’on ne trouve que chez les personnes mortes de froid. »
En termes simples, les personnes mortes d’hypothermie présentaient des taches particulières dans l’estomac.
Elles permettaient de savoir si quelqu’un était mort de froid ou avait été assassiné puis abandonné dans un endroit glacial.
Dans ce monde, elles pouvaient aussi aider à restreindre la liste des suspects aux utilisateurs de magie de glace.
« Je vais rassembler les informations et te les envoyer dans un rapport, comme la dernière fois. »
« Merci, Julian. Il n’y a vraiment que toi. »
Charlotte sourit doucement et posa sa tête contre mon épaule.
Une fiancée qui aimait recevoir des connaissances médico-légales en cadeau.
Était-ce vraiment ce qu’on pouvait appeler une relation normale ?
La question me traversa l’esprit, mais elle ne s’y attarda pas.
Il existait toutes sortes de relations dans le monde.
Celle-ci pouvait bien exister, elle aussi.
« Nous y sommes presque. »
Sans que je m’en aperçoive, le carrosse était arrivé dans la rue où se trouvait notre résidence.
Sans se rendre compte que nous étions arrivés, Erika remua les pieds sur mes genoux.
Une nouvelle tache de bave vint en prime maculer la robe de Freya.
« Merci de nous avoir raccompagnés, mademoiselle Charlotte. »
« J’ai passé une merveilleuse journée, moi aussi, Julian. »
« Grande sœur, réveille-toi. On est arrivés. »
« Mmgh ? Déjà ? »
Le carrosse s’arrêta devant la résidence.
Eri, Freya et moi descendîmes l’un après l’autre.
J’échangeai un signe de tête avec Charlotte, qui avait passé la tête par la fenêtre.
Charlotte me le rendit.
Le carrosse qui nous avait ramenés disparut dans l’obscurité de la ville.
« Il fait froid. Rentrons. »
« Bâillement… Je vais me coucher, professeur. »
Après avoir dit au revoir à Eri, dont la chambre se trouvait dans l’aile annexe, Freya et moi nous dirigeâmes vers le bâtiment principal.
Quand nous entrâmes dans le salon du bâtiment principal, nos parents, qui étaient rentrés de la fête de la Fondation, nous accueillirent.
« Comment s’est passé le banquet, aujourd’hui ? »
« Ah, j’ai tellement de choses à vous raconter ! »
Freya leur raconta tout ce qui s’était passé ce jour-là.
Que j’avais déclaré que je donnerais un enfant au couple princier.
Qu’on m’avait convoqué seul dans le salon de réception.
Que j’avais décliné leur offre de devenir leur guérisseur attitré.
Et que le prince m’avait tapoté l’épaule.
À mesure que Freya poursuivait son récit, la tasse de thé de Père ralentit de plus en plus dans sa main, jusqu’à s’immobiliser.
Mère faillit lâcher la sienne une fois, à mi-parcours.
« Toi… Nommé guérisseur attitré ? Par le prince Edmund en personne ? »
La réaction de Père fut particulièrement spectaculaire.
Apparemment, le prince Edmund était connu pour bien des choses.
Je n’en savais pas grand-chose, et ça ne m’intéressait pas non plus.
Je leur adressai plutôt un grand sourire.
« Ah, et un carrosse du Palais impérial viendra demain matin. Ne soyez pas trop surpris si un carrosse portant les armoiries impériales s’arrête devant l’entrée principale. »
« Q-Qu’est-ce que tu as dit ? »
« Je vais me coucher, alors, puisque je dois me lever tôt demain. Bonne nuit. »
Je saluai mes parents et montai à l’étage.
Tandis que je me dirigeais vers ma chambre, le salon devint plutôt bruyant.
« Réveillez tous les domestiques ! Nous devons tout préparer pour ne pas offenser la Famille impériale demain ! »
La résidence s’anima de toutes parts.
Quoi qu’il en soit, je regagnai ma chambre et sortis ma trousse médicale pour la visite du lendemain.
*Matériel pour les prises de sang. Tubes à essai. Réactif pour le test de Wassermann. Lampe à alcool pour l’analyse d’urine. Et le médicament extrait de l’écorce de saule… Quoi d’autre…*
Et surtout, l’arme secrète destinée au prince.
Je rangeai tous les médicaments et instruments dont j’aurais besoin.
Après avoir révisé une dernière fois les connaissances nécessaires pour la consultation du lendemain, je m’effondrai sur mon lit.
* * *
Le lendemain matin.
Après m’être levé et préparé comme d’habitude, je vis par la fenêtre qu’un carrosse impérial était arrivé.
Un carrosse impérial stationnait devant l’entrée de la résidence.
Deux chevaliers de la Garde royale se tenaient en faction de chaque côté.
Ils ne bougeaient pas d’un pouce.
Ils ne frappaient pas à la porte d’entrée et ne lançaient pas de proclamation impériale à l’adresse de la résidence.
Ils se contentaient d’attendre tranquillement que je sorte.
Cela signifiait que le prince Edmund me témoignait un grand respect.
Naturellement, Père, à la tête d’une maison baronniale tout en bas de l’échelle nobiliaire, semblait assez mal à l’aise devant tant d’égards.
Tôt ce matin-là, Père se tenait le ventre comme s’il avait mal.
« Julian. Tu peux le faire. Ne sois pas trop nerveux. »
Père m’encouragea avant que je ne franchisse la porte d’entrée.
À croire que c’était plutôt lui qui avait besoin d’être rassuré.
Bref.
Sous le regard de Mère, de Freya et de mon plus jeune frère ou de ma plus jeune sœur, je montai dans le carrosse.
Le chevalier assis sur le siège du cocher s’adressa à moi.
« Êtes-vous le seigneur Nihirit ? »
« Oui, c’est bien moi. »
« Je crains que nous ne vous ayons fait lever trop tôt. Vous auriez pu sortir à votre convenance. »
« Non, ce n’est pas un problème. Je pars travailler à cette heure-là, d’habitude. »
Le regard du chevalier de la Garde royale se porta un instant vers la tour de l’horloge.
La petite aiguille indiquait six heures.
« À six heures du matin ? »
« Ma clinique ouvre à six heures et demie. »
« Même nous, nous ne nous entraînons pas si tôt… »
C’était peut-être dû à leur culture occidentale.
Ils semblaient surpris que je me lève à cette heure-là.
En Corée du Sud, pourtant, c’était tout à fait normal.
« Nous avons trop bavardé. Son Altesse nous a donné ses instructions. Vous pouvez également décider de l’heure à laquelle vous souhaitez rentrer. Une fois votre consultation terminée, vous pourrez disposer de nous comme bon vous semble pour le reste de la journée. »
« Merci. »
Tandis que je discutais avec le chevalier assis sur le siège du cocher, les rues encore endormies défilaient par la fenêtre.
Bientôt, le carrosse arriva au palais secondaire.
Au lieu du grand chambellan, le prince lui-même était venu m’accueillir.
« Soyez le bienvenu, seigneur Julian. »
Il avait une tout autre allure que la veille, au banquet.
La veille, c’était un prince en uniforme militaire, décoré de médailles. À présent, c’était un jeune noble vêtu d’une chemise confortable aux manches retroussées.
Guidé avec attention par le prince, je me rendis au salon de réception.
En arrivant, je vis la princesse consort assise avec dignité sur le canapé.
« Vous êtes arrivé, seigneur Nihirit. »
La princesse consort inclina la tête.
Elle portait elle aussi des vêtements confortables d’intérieur.
Sans son col en dentelle, les marbrures rouges en forme de filet au-dessus de sa clavicule étaient parfaitement visibles.
Le prince prit naturellement place à côté d’elle.
« Allez-vous commencer l’examen tout de suite ? »
« Oui. Commençons. »
Je posai ma trousse médicale sur la table et l’ouvris.
Je lui piquai une veine pour prélever du sang et, avec l’aide des servantes, recueillis un échantillon d’urine.
Je répartis le sang dans deux tubes à essai.
J’inscrivis sur l’un « Temps de coagulation » et sur l’autre « Wassermann ».
Ensuite, j’empruntai une petite pièce et fis chauffer l’urine.
Comme elle ne moussa pas en chauffant, je pus écarter la protéinurie.
*Heureusement, ses reins ne sont pas touchés.*
Les patients atteints du syndrome des antiphospholipides souffraient souvent aussi de lupus.
C’était pour cette raison que j’avais recherché une protéinurie.
Heureusement, la probabilité d’un lupus avait considérablement diminué.
Même s’il s’agissait d’un lupus, j’avais suffisamment de médicaments pour le traiter. Ce n’était donc pas très important.
Je retournai auprès du couple.
« Je reviendrai dans une semaine pour vous expliquer les résultats de l’analyse de sang. Bien sûr, il y a un médicament que vous devriez commencer à prendre avant cela. »
Je sortis de ma trousse un petit flacon de médicament.
C’était un flacon de verre rudimentaire, peint dans une couleur opaque.
Normalement, puisqu’il s’agissait d’un médicament destiné à la famille impériale, j’aurais voulu trouver un flacon plus luxueux.
Mais j’avais dû préparer le médicament dès mon retour, la veille, et je n’avais pas eu le temps de décorer le flacon.
« C’est un médicament extrait de l’écorce de saule. La Compagnie marchande Merkuer le vend sous le nom d’aspirine. »
« Hum ? Ce n’est pas un autre médicament que celui dont nous avons entendu parler hier ? »
« L’héparine se prend une fois enceinte, pour éviter les complications. Avant une grossesse, il faut prendre de l’aspirine à titre préventif. »
« Je comprends. Pardonnez-moi d’avoir douté de vous. »
« Je vous en prie. C’est tout à fait normal qu’une patiente s’inquiète. »
Je lui expliquai ensuite comment prendre le médicament.
Après m’avoir écouté, la princesse consort prit délicatement le flacon.
Elle le serra contre elle comme s’il s’agissait d’un trésor précieux.
« Merci, seigneur Nihirit. »
« Veuillez me prévenir dès que votre grossesse sera confirmée. Je vous donnerai alors le médicament supplémentaire dont je vous ai parlé hier. »
« J’ai compris. »
Une fois l’examen terminé, le couple princier m’invita à prendre le petit-déjeuner au palais secondaire.
« Vous n’avez probablement pas encore pris votre petit-déjeuner. Qu’en dites-vous ? »
« Ce serait un honneur, Votre Altesse. »
J’avais bien une boîte-repas dans ma trousse.
Mais je ne pouvais pas refuser une invitation à manger avec la famille impériale ; j’acceptai donc.
J’étais également curieux de découvrir la cuisine impériale.
« Parlons un peu avant de manger. Nous devrions aussi discuter de la récompense que je peux vous offrir. »
Le prince Edmund me conduisit naturellement à son bureau.
Clic.
Dès que nous fûmes entrés, le prince verrouilla la porte du bureau et regarda autour de lui.
Puis il murmura :
« Seigneur Julian. »
« Oui, Votre Altesse. »
« Cette… Vous l’avez apportée ? »
« Oui. Je l’ai apportée. »
Je sortis une petite boîte du double fond de ma trousse.
Les yeux d’Edmund s’illuminèrent.
Quand je l’ouvris, des dizaines de pilules bleues en forme de losange apparurent.
Du sildénafil.
Son nom commercial était Viagra.
Un élixir qui rendait sa fierté à l’homme.
« Oh… C’est donc cette fameuse chose dont j’ai entendu parler… ! »
« Votre Altesse, puis-je vous demander comment cette rumeur s’est répandue ? »
« Hum. Eh bien… L’un de mes subordonnés a participé à l’essai clinique de la Compagnie marchande Merkuer. C’est celui qui est tombé du mur et s’est brisé le bassin. »
Après qu’on eut découvert que le sildénafil avait un autre effet que celui d’améliorer le cœur, les participants aux essais cliniques ne furent plus seulement de jeunes hommes en bonne santé : on y inclut aussi des hommes qui n’arrivaient pas à bander.
Il s’agissait de voir jusqu’où on pouvait les faire bander.
Et le résultat fut…
« Cet homme avait eu du mal à coucher avec sa femme, ne serait-ce qu’une fois, depuis qu’il s’était blessé au bassin. Mais après avoir pris ce médicament… Hum. »
Voilà.
Ce n’était pas pour rien que ce médicament était devenu légendaire auprès des hommes de mon ancienne vie.
Sa réputation ne semblait pas différente dans ce monde.
« Je comprends comment vous l’avez appris. »
« Ah, vous avez dit que vous supervisiez les essais cliniques, n’est-ce pas ? Je crains que mon ami ne subisse des conséquences. Pourriez-vous arranger cela ? »
« Il n’y aura pas de problème, Votre Altesse. La compagnie marchande ne se préoccupe pas tellement d’une fuite de cette ampleur. »
« Vraiment ? »
« L’efficacité du médicament a été prouvée. Il est donc naturel que les rumeurs se répandent. On mène les essais cliniques en sachant que cela peut arriver. Il n’aura aucun ennui. »
« Quel soulagement. »
Le prince poussa un soupir de soulagement.
Mais il ignorait une chose.
*À strictement parler, c’est interdit.*
Si le mot « embargo » existait, ce n’était pas pour rien.
Mais cette fois, je décidai de fermer les yeux.
On appelait ça du marketing viral, non ?
Parfois, les rumeurs qui se répandaient naturellement étaient plus efficaces que la publicité directe.
En fait, si je voulais faire sa promotion grâce au prince, je devais encourager encore davantage ce genre de fuites.
Je décidai donc de ne pas intervenir dans cette fuite concernant le sildénafil.
« À propos, Votre Altesse. Cette personne vous a-t-elle parlé des précautions à prendre ? »
« Hum ? Il y a des précautions ? »
« Oui. Des précautions très importantes. »
« Dites-moi. »
« Vous ne devez jamais prendre plus d’un comprimé par jour. Quoi qu’il arrive. »
Le prince hocha la tête, comme s’il avait compris.
Mais je ne lui faisais pas confiance.
La cupidité humaine n’avait pas de limites.
Partout, il y avait toujours des gens qui en faisaient trop.
Juste après avoir pris ce médicament, en particulier, beaucoup se grisaient de leur toute-puissance et en abusaient.
Je mis donc le prince Edmund en garde.
« Si vous prenez plusieurs comprimés, votre membre ne se contentera pas de refuser de redescendre. Il commencera à pourrir. Dans certains cas, il faudra le couper. »
Bien sûr, on pouvait le rattacher même après l’avoir coupé.
Pour un membre de la famille impériale, recevoir une magie de guérison avancée ne serait pas difficile.
Si l’opération était correctement réalisée, une potion suffirait même à le rattacher.
Mais il y avait une chose à ne pas oublier.
Dans ce monde, l’anesthésie n’était pas encore très développée.
« … »
« Vous comprenez, Votre Altesse ? À ce stade, même moi, je ne pourrai rien faire. »
« Vous avez… déjà vu un cas pareil ? »
Je souris d’un air entendu.
« Faut-il vraiment en avoir vu un ? Si vous le souhaitez vraiment, je peux vous montrer les dossiers. »
« … Quoi qu’il arrive, je n’en prendrai qu’un seul comprimé. »
« Sage décision, Votre Altesse. »
* * *
Une semaine passa.
Le test de Wassermann se révéla positif.
Cela prouvait que la princesse consort souffrait bien de la maladie que j’avais diagnostiquée.
Je retournai au palais secondaire pour leur annoncer les résultats et leur rappeler de me contacter dès que la grossesse serait confirmée.
Une autre semaine passa.
Je venais de terminer la transfusion régulière d’Eri à la clinique et je m’apprêtais à quitter le travail.
« Julian. Une lettre de la famille impériale est arrivée. »
Père me tendit une enveloppe frappée des armoiries impériales.
J’emportai la lettre dans ma chambre et l’ouvris avec précaution.
Un court message était écrit d’une écriture délicate.
Au seigneur Nihirit,
Une semaine s’est déjà écoulée depuis votre visite au palais secondaire.
Comme vous me l’aviez demandé, je vous informe en premier des petits changements dans mon corps.
Mes règles ne sont pas arrivées, alors que la date prévue est passée.
Pour être honnête, la peur l’emporte sur la joie.
Mais puisque vous faites tant d’efforts pour nous, nous souhaitons encore nous accrocher à l’espoir, cette fois aussi.
Je prie pour que cette nouvelle marque le début du miracle que nous attendons depuis si longtemps.
Je vais m’arrêter là.
La princesse consort semblait avoir conçu sans encombre.
C’était une merveilleuse nouvelle.
Mais une question me vint à l’esprit.
*Attends. Le prince a reçu le médicament il y a précisément quinze jours. Et l’ovulation avait dû avoir lieu quinze jours avant ses règles.*
Alors, la princesse consort était tombée enceinte…
*Elle est tombée enceinte dès qu’il a reçu le médicament ?*
Putain de merde.
C’était sacrément rapide.
Note de l’auteur
Comme je l’ai annoncé précédemment, j’ai décidé de changer le titre.
Pour m’excuser des désagréments occasionnés aux lecteurs, je publie aujourd’hui un chapitre supplémentaire.
Note du traducteur : Ici, yeongsik est une forme honorifique pour s’adresser à un noble, qui signifie « jeune seigneur », et non le terme magique homophone signifiant « formule de sort ».
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