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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin de dark fantasy pris pour un saint ◈
Chapitre 40 : Maladie démoniaque (2)
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« À partir de maintenant, si tu te faufiles dans la cuisine, je te couperai les vivres pendant quelque temps. »
« Je suis désolé. »
Après m’être fait prendre pour la millième fois, un record monumental.
Mère me réprimanda comme d’habitude.
Puis, comme si elle venait de se rappeler quelque chose, elle se racla la gorge d’un air gêné.
« Hum. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je veux dire, si tu retournes dans la cuisine… »
« … »
Elle semblait s’être rappelé que, contrairement à Freya, je n’étais pas en position de recevoir de l’argent de poche.
« Si tu y retournes… »
Mère laissa sa phrase en suspens.
Ses pupilles tremblaient comme si un séisme venait de se produire.
Malheureusement, elle venait de comprendre qu’elle n’avait aucun moyen approprié de me punir.
À proprement parler, les châtiments corporels restaient une possibilité.
Mais Mère, qui m’aimait tant, ne pourrait jamais se résoudre à y penser.
Son regard fuyait dans toutes les directions, sans parvenir à se fixer nulle part.
Après avoir cherché un châtiment assez effrayant pour me faire plier, Mère finit par renoncer et abattit son atout maître.
« … Je vais pleurer. »
« ? »
« Chaque fois que tu entreras dans la cuisine ou que tu en sortiras, je sauterai un repas et pleurerai seule dans ma chambre. »
Ah.
C’était un peu dur.
« … Je suis désolé. Je ferai plus attention à l’avenir. »
Je baissai la tête devant Mère, qui s’apprêtait à sortir son mouchoir.
Je comprenais sa réaction.
De son point de vue, j’étais déjà une source d’inquiétude.
Je ne lui avais pas laissé beaucoup de bons souvenirs pendant mon enfance et j’étais son fils aîné, sans le moindre talent pour la magie.
Elle devait penser que le seul moyen pour moi de conserver mon statut et de gagner ma vie était de me marier dans une autre famille.
Ce n’est pas parce que je possède une immense compagnie marchande que je peux conserver mon statut de noble.
Une grande compagnie marchande pouvait bénéficier d’un traitement comparable à celui des nobles.
Mais recevoir un traitement similaire n’était pas la même chose qu’être considéré comme noble.
Sauf circonstances particulières, la richesse ne pouvait jamais l’emporter sur le statut.
Voilà pourquoi Mère semblait vouloir que j’intègre une véritable famille noble, quitte à m’y marier.
Pour cela, il fallait absolument avoir une bonne réputation.
Un jeune homme bien élevé, aux manières irréprochables et jouissant d’une bonne réputation dans la haute société.
Voilà le genre d’homme que recherchait une bonne famille pour un mariage.
Mais la cuisine ?
Dans la société noble, cuisiner était le travail des domestiques.
Même comme passe-temps, quel enfant noble prenait personnellement un couteau pour découper de la viande ?
Et en plus, je cuisinais des abats.
Le fils aîné d’une maison baronniale, en train de parer lui-même des morceaux que seuls les pauvres mangeaient.
Si cela venait à se savoir, toutes les propositions de mariage seraient sûrement annulées.
J’aurais beau lui demander de me faire confiance, ce n’est pas ainsi que fonctionne le cœur d’un parent.
Je savais que j’étais le protagoniste.
Et j’étais même devenu le disciple du Grand Sage.
Voilà pourquoi je pouvais m’engager sans hésiter dans la voie de l’alchimie.
Mais Mère ignorait tout cela.
Je comprenais donc cent fois mieux pourquoi elle voulait me voir me marier dans une autre famille.
S’il y avait un coupable, c’était moi, qui lui cachais tout cela.
« Ouf… »
Mère poussa un profond soupir.
Puis elle marmonna comme si elle se parlait à elle-même.
« Dans quelques années, tu seras en âge de te trouver une fiancée. »
« Oui… c’est vrai. »
« Alors tu devrais commencer à te montrer plus raisonnable. »
« Je comprends. Je ferai attention. »
J’inclinai docilement la tête.
Mais j’étais vraiment, vraiment désolé pour Mère, car je n’avais absolument pas l’intention de renoncer à la cuisine.
Au contraire, le fait que Mère ait évoqué le mariage me convainquit encore davantage que je devais m’améliorer en cuisine.
Les domaines que personne n’explore sont précisément ceux qu’il vaut la peine de défricher quand on est le protagoniste.
C’était ainsi que fonctionnaient les codes du genre.
Le protagoniste se distinguait en faisant ce que les autres ne faisaient pas.
Comme lorsqu’un grand-duc du Nord, froid et impitoyable, tombait éperdument amoureux d’une campagnarde qui cultivait la terre de ses mains couvertes de boue.
Ou lorsqu’un prince héritier arrogant devenait obsédé par les desserts préparés par une noble dame.
La comparaison était un peu bancale, vu qu’il s’agissait de fantasy romantique.
Mais l’essentiel, c’était que plus les nobles évitaient de cuisiner, plus cela valait la peine d’en faire une part de mon personnage.
Je dois revoir mon itinéraire pour ne plus me faire prendre…
Cela dit, en tant que fils, je ne pouvais pas laisser Mère pleurer seule dans sa chambre en trempant des mouchoirs.
Alors, à partir du lendemain, je décidai de faire preuve d’un peu de bonne volonté en entrant et en sortant de la cuisine en douce.
Jusqu’ici, je n’avais vraiment pas été discret.
Pour commencer, je devrais passer par la porte de derrière au lieu de traverser ouvertement le couloir.
Mettant toute ma sincérité dans mes paroles, je désignai la large porte qui donnait de l’intérieur sur la cuisine.
« À partir de maintenant, je n’utiliserai plus jamais cette porte pour entrer et sortir. »
C’était une déclaration sincère, sans le moindre mensonge au monde.
Après tout, je n’utiliserais plus cette porte. Et, quoi qu’il en soit, je le pensais sincèrement.
Mais ma sincérité avait peut-être été trop intense.
Le regard de Mère se troubla.
« … »
Elle garda les lèvres pincées un instant.
Puis elle prit la parole avec précaution.
« … De temps en temps, ce n’est pas grave. »
« ? »
« Tout cela, c’est pour ton bien, mais j’ai peur que tu en souffres trop. Une fois par mois… Mère fermera les yeux. »
La voix de Mère s’adoucit.
« Je suis désolée de t’empêcher de faire ce qui te plaît. »
« … »
Face à l’amour aveugle de Mère, qui avait les larmes aux yeux, je ne pus que me mordre la lèvre.
D’une certaine façon, je me sentais moins comme un protagoniste que comme un fils profondément dévoué.
* * *
Quoi qu’il en soit, une promesse faite à Mère restait une promesse.
Cela ne voulait pas dire qu’il y avait la moindre raison de ne pas manger ce que j’avais préparé.
Au dîner, ce soir-là, il y avait une tartare de cœur à la moelle.
En coréen, on appelait cela du yukhoe. Sauf qu’ici, le plat était accompagné de moelle osseuse au beurre et présenté avec davantage de soin.
Une fois installé à la place qu’on m’avait attribuée, je m’adressai à l’invitée déjà assise à ma droite.
« Tu t’es lavé les mains, Eri ? »
« B-bien sûr, Docteur. »
Eri répondit, tendue de la tête aux pieds.
En temps normal, une personne de son rang n’aurait pas pu s’asseoir ici.
Elle n’était qu’une assistante, pas même une garde officielle ; il n’y avait donc aucune chance qu’elle puisse prendre part à un repas de famille comme celui-ci.
Pourtant, Père invitait parfois Eri à ce genre de repas.
Cela signifie qu’il estime énormément le talent d’Eri.
Quand les nobles de ce monde repéraient un mage prometteur, ils ne se contentaient pas de lui offrir leur patronage personnel. Ils l’invitaient à leur table.
Ils partageaient la même nourriture et le même vin, et tissaient des liens.
Les mages étaient très susceptibles de fonder une nouvelle maison ou d’en rejoindre une déjà établie.
Dans certains cas, une maison les liait même à elle par adoption ou par mariage.
Dans ces conditions, une invitation à dîner n’avait rien d’un traitement particulièrement inhabituel.
C’est pour cela que j’ai préparé six portions aujourd’hui.
Même si Eri avait encore du mal à s’habituer à ce genre de traitement.
Peut-être prise de pitié pour elle, Mère, assise en face de nous, prit la parole.
« Mademoiselle Erika, mettez-vous à l’aise. »
« O-oui, Madame ! »
Les efforts de Mère pour la mettre à l’aise ne produisirent pas grand effet.
Eri répondit le dos parfaitement droit, comme lorsqu’elle était arrivée de la Fosse des Limbes.
Mais une chose avait changé depuis cette époque.
Elle avait désormais pleinement conscience de sa propre valeur.
Elle m’a dit que le capitaine Shen lui apprenait à penser en mage.
Eri apprenait de lui bien plus que de simples connaissances pratiques.
Elle apprenait comment la société traitait les lanceurs de sorts et, plus largement, les mages, ainsi que la manière de se comporter face à ce traitement.
« M-merci de m’avoir invitée, chef de maison ! »
Bien sûr, apprendre et mettre en pratique étaient deux choses différentes.
Le temps arrangerait cela ; je décidai donc de la laisser tranquille et de me concentrer sur le repas.
Père, qui était entré dans la salle à manger en dernier, prit alors la parole.
« Julian. »
« Oui, Père. »
« C’est encore toi qui as préparé le dîner ? »
« … Mère vous l’a dit ? »
« Si tu veux le cacher, pourquoi ne pas commencer par changer le plat et sa présentation ? À part toi, quel cuisinier au monde servirait de la viande crue sur un os ? À ce stade, il serait plus facile de compter les jours où tu n’as pas préparé le dîner. »
Hum.
Père aussi m’avait démasqué.
Mais la présentation était une affaire sérieuse ; je ne pouvais pas transiger là-dessus.
« Ouf… Tu auras bientôt une fiancée, et tu continues malgré tout… Tu es un garçon intelligent, je suis sûr que tu sauras te débrouiller. »
Père claqua la langue en se massant légèrement le front.
Pourtant, contrairement à Mère, il semblait avoir à moitié renoncé à me faire changer d’avis : il ne me réprimanda pas directement et ne m’ordonna pas d’arrêter.
Père s’installa en bout de la longue table et étendit une serviette sur ses genoux.
Mère noua le bavoir de Fried, puis posa sa serviette sur ses genoux.
J’en fis autant.
« Eri, il ne faut pas plier ta serviette. »
Je montrai à Eri comment faire, tandis qu’elle essayait de m’imiter du coin de l’œil.
Avant de commencer à manger, je jetai un dernier coup d’œil à la table, maintenant que toute la famille était réunie.
Une place était ostensiblement vide.
« Maintenant que j’y pense, Freya n’est pas là ce soir. »
À ma question, le majordome en chef, qui avait aidé à préparer le repas à proximité, s’inclina légèrement et répondit.
« Ah, la demoiselle a dit qu’elle dînerait seule dans sa chambre aujourd’hui. Depuis cet après-midi, elle a une légère fièvre et tousse. »
« Elle tousse ? C’est un rhume ? »
« Oui. Elle a sans doute attrapé un rhume à cause du changement de saison. Elle a décidé de manger dans sa chambre aujourd’hui, au cas où elle le transmettrait à quelqu’un. »
Ah, un rhume.
Les rhumes de Freya étaient presque un événement annuel.
À chaque changement de saison, elle en attrapait un.
Peut-être qu’elle a eu la rougeole à un moment donné.
Je n’étais pas à la résidence principale quand Freya était petite, alors je ne savais pas grand-chose.
Mais vu la fréquence de ses rhumes, cela semblait plausible.
La rougeole était redoutable, car le virus effaçait tous les souvenirs conservés par le système immunitaire.
C’était pour cela que ceux qui avaient eu la rougeole restaient vulnérables aux rhumes pendant plusieurs années.
Ou alors, elle est simplement sujette aux rhumes.
Cela dit, ce rhume semblait un peu différent des autres.
« Toutefois, son rhume de cette année semble assez sévère. Elle ne toussait pas seulement : elle n’arrivait même pas à sortir du lit. »
En entendant cela, je commençai à me demander s’il ne s’agissait pas plutôt d’une grippe.
« Avez-vous appelé un guérisseur ? »
« Oui. Il devrait arriver après le dîner. Vous allez aller la voir ? »
« Bien sûr. »
Ce n’était pas que je ne faisais pas confiance aux guérisseurs.
Dans un monde sans médecins, leur compétence suffisait presque parfaitement à les remplacer.
Si je voulais observer, c’était simplement pour voir la magie de guérison à l’œuvre.
« Quand le repas sera terminé, je lui apporterai quelque chose à manger. »
« En effet, elle devrait éviter un plat de viande crue avec de la fièvre. Je demanderai au cuisinier de lui monter une soupe chaude. »
Père hocha calmement la tête et prit sa fourchette.
« Nous avons assez parlé. Mangeons. »
Je souris légèrement et pris moi aussi ma fourchette.
« Oui, mangeons avant que le plat ne refroidisse. Ah, avant cela, puis-je dire quelques mots en tant que cuisinier de ce repas ? »
Une réplique amusante me vint alors à l’esprit, et je m’interrompis, ma fourchette levée.
Père acquiesça malgré sa perplexité.
Tandis que tout le monde suspendait son geste, je captai l’attention de ma famille et prononçai mon discours d’avant-repas.
« Je ne sers jamais un plat sans âme. Alors, savourez-le avec la vôtre. »
* * *
« Un hamburger ! On dirait un steak haché ! »
Le cri joyeux de Fried marqua la fin d’un repas des plus satisfaisants.
Père et Mère avaient d’abord tressailli en apprenant qu’il s’agissait d’un plat à base de cœur, mais après la première bouchée, ils avaient été trop occupés à manier leurs fourchettes pour dire grand-chose.
« C’est étonnant. C’est un plat d’abats, et pourtant il n’a pas la moindre odeur désagréable. »
« Cet arôme… C’est du beurre ? Hum ? De la moelle ? Tu connais des méthodes de cuisson originales. »
Ils semblaient tous les deux apprécier le plat.
À titre d’information, Eri, elle, s’était régalée depuis le début.
C’était une fille qui avait un jour plongé la tête dans un seau rempli de sang.
Un plat à base de cœur ne risquait pas de lui retourner l’estomac.
« Slurp. »
« Eri, arrête de lécher l’os. »
« Oh. C’est la meilleure partie. »
Une fois ce dîner des plus satisfaisants terminé, je souris légèrement et m’essuyai la bouche avec ma serviette.
Les domestiques débarrassèrent la salle à manger.
Je pris un plateau de soupe de poulet chaude et de tisane, que j’avais demandé à la cuisine de préparer à l’avance.
« Nous pouvons vous l’apporter… »
« Non. J’irai moi-même prendre des nouvelles de Freya. »
Par précaution, je pris aussi ma sacoche médicale.
« Alors, je vais aller voir Freya. »
« Oui, je vous en prie. Si sa fièvre est forte, prévenez-nous immédiatement. »
« Oui, Père. »
Laissant Père et Mère derrière moi, je parcourus en silence le couloir désert du deuxième étage, le plateau à la main.
La chambre de Freya se trouvait tout au bout du couloir du deuxième étage.
Elle était à l’opposé de la mienne.
Toc, toc.
« Freya, je peux entrer ? »
Aucune réponse.
À la place, une voix inconnue se fit entendre de l’intérieur.
« Entrez, Jeune maître. »
Je compris aussitôt qu’il s’agissait du guérisseur appelé par Père.
J’ouvris la porte et entrai.
En pénétrant dans la chambre de Freya, j’aperçus la visiteuse.
Elle se tenait près du lit à baldaquin où reposait Freya.
La guérisseuse, qui contemplait Freya, avait le visage fermé.
« Comment va-t-elle, ma sœur ? »
« Euh… »
Une mèche de cheveux bruns, trempée de sueur, dépassait du foulard de la prêtresse.
Son voile était lui aussi imbibé de sueur ; il suffisait d’un coup d’œil pour comprendre combien d’énergie elle avait dépensée à aider Freya.
La prêtresse prit la parole, l’air troublé.
« C’est… étrange. J’ai bien lancé un sort de magie de guérison, mais sa fièvre ne baisse pas. »
« Elle ne baisse pas ? »
« Non. Au contraire… »
Je fixai la prêtresse.
Saisie de panique, elle se prosterna devant moi.
« J-je suis désolée ! Je vous en prie, épargnez-moi… ! »
« … »
Un prêtre qui échouait à soigner un noble risquait sa vie.
Surtout s’il n’avait aucun lien particulier avec la famille.
C’était pour cela que les gens m’avaient mal compris lorsque je portais le masque de corbeau.
« Je le jure devant Dieu, j’ai fait de mon mieux ! »
« … Vous reste-t-il de la puissance divine ? »
« E-eh bien… un peu seulement… »
Il n’y avait aucun symbole sacré dans cette pièce et il faisait nuit, pas jour.
Elle avait sans doute lancé Guérison une ou deux fois avant d’épuiser sa puissance divine.
Je croisai le regard de la prêtresse, qui surveillait sans cesse ma réaction.
Puis je dis :
« Pour le moment, priez et rassemblez de la puissance divine. Pendant ce temps, j’examinerai ma sœur. »
« Pardon ? »
« Disons que je suis un guérisseur en devenir. Je sais aussi examiner quelqu’un. »
Je pris la place de la guérisseuse désemparée.
Puis je me penchai au-dessus du lit à baldaquin, d’où s’échappait une respiration haletante.
Freya était allongée sous les couvertures, remontées jusqu’à son menton.
Ses yeux troubles, à demi clos, se tournèrent vers moi.
« … Grand frère ? »
« Freya. Tu peux parler ? »
« … »
Elle ne répondit pas.
J’examinai attentivement le visage de Freya.
Au-delà de ses paupières mi-closes, son regard était vague.
« Freya. Ouvre les yeux. »
Elle ouvrit lentement les yeux.
Réponse oculaire : 3 points.
« Où sommes-nous ? »
« … Je ne sais pas. »
Elle répondit, quoique lentement.
Mais elle semblait quelque peu confuse.
Réponse verbale : 4 points.
« Serre ma main très fort. »
Ses doigts fins se refermèrent faiblement sur ma main.
Elle était capable de suivre des consignes.
Réponse motrice : 6 points.
Un total de 13 points. Altération légère de la conscience.
Treize points sur quinze, ce n’était pas encore dangereux.
Mais un simple rhume ou une grippe ne provoquait pas d’altération de la conscience.
Autrement dit, la situation était clairement anormale.
Commençons par vérifier sa température.
Je posai le dos de ma main sur son front.
Puis je sortis un thermomètre à mercure de ma sacoche de visite et le plaçai sous son bras.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Le thermomètre affichait entre 39 et 41 degrés.
« Quand avez-vous lancé votre sort de magie de guérison ? »
« I-il y a environ une heure. »
« Vous avez dit que sa fièvre n’avait pas baissé depuis. Est-ce qu’elle a empiré ? »
« … O-oui. Je crois. »
J’examinai de nouveau le visage de Freya.
Ses joues étaient rouges.
La chaleur les faisait rougir.
Tap.
« Mmm… »
Même lorsque j’appuyai légèrement dessus avec l’index, sa peau ne pâlit pas.
Normalement, la zone pressée devait blanchir avant de redevenir rouge.
Érythème non blanchissant… ?
Ce n’était pas une simple réaction due à un rhume.
Cette pensée me traversa l’esprit et mon regard se posa sur les yeux mi-clos de Freya.
« Freya. Laisse-moi examiner tes yeux un instant. »
Je soulevai délicatement ses paupières.
Le blanc de ses yeux était injecté de sang.
Toute sa conjonctive était parcourue de vaisseaux rouges.
Mais il n’y avait pas d’écoulement.
Injection conjonctivale sans écoulement.
C’était un signe physique d’infection généralisée.
Je me demandai s’il s’agissait d’une vascularite ou peut-être d’une septicémie.
Ensuite, j’examinai le reste de son corps, partie par partie.
Lèvres sèches. Ongles bleutés. Pouls rapide. Gargouillement humide à la respiration.
Et une masse ferme était palpable dans la partie gauche de son abdomen.
Sa rate est hypertrophiée…
Une foule de maladies infectieuses me traversa l’esprit.
La rougeole ? La coqueluche ? La variole ?
La prêtresse, qui priait silencieusement dans un coin, se releva alors et prit la parole.
« J-j’ai un peu récupéré. Maintenant, encore une fois… ! »
À cet instant, les paroles que mon maître m’avait récemment enseignées me revinrent à l’esprit.
« Julian. La magie de guérison ne se limite pas au sort Guérison. Elle possède ses propres principes et ses différentes formes… »
Avant même de pouvoir me remémorer pleinement les paroles de mon maître, je me tournai vers la prêtresse.
Alors qu’elle tendait la main vers Freya, je lui saisis le poignet.
« Arrêtez-vous là. »
« Pardon ? »
« J’ai dit d’arrêter. À moins que vous ne vouliez tuer Freya. »
« Qu’est-ce que vous voulez dire… ? »
En baissant les yeux vers Freya, qui peinait à respirer, je dis :
« C’est une maladie démoniaque. »
« Quoi ?! »
« Freya souffre actuellement d’une maladie démoniaque. »
Note de l’auteur
Certains d’entre vous ont deviné à quelles maladies correspondent la Fièvre rouge, la Peste noire et la Malédiction du Déclin.
Je pensais les avoir assez modifiées pour qu’il soit difficile de les identifier, mais il semble qu’il y ait beaucoup de lecteurs bien renseignés sur Novelpia.
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