Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Haruto
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le médecin de fantasy sombre pris pour un saint ◈
Chapitre 39 : Maladie démoniaque (1)
──────
* * *
[Julian. Est-ce que je vous dérange ?]
J’étais en train de ranger les instruments de la clinique.
Soudain, une voix résonna dans mon esprit.
Maître.
C’était la télépathie de mon maître.
Comme lors de notre première rencontre, il lui arrivait de s’adresser directement à moi par la pensée.
Au début, ça m’avait fait une belle frayeur.
J’avais même craint de ne plus supporter ce monde sinistre et d’avoir perdu la raison.
Heureusement, mon esprit se portait parfaitement bien.
« Oui. J’ai un peu de temps libre. Qu’y a-t-il, Maître ? »
[Je vous contacte parce que nous arrivons à cette période de l’année.]
« Cette période de l’année… ? »
Je réfléchis un instant.
Puis je compris ce que voulait dire mon maître.
« C’est déjà le moment. »
[Oui. Le Symposium d’automne approche à grands pas.]
Comme je le pensais.
Dans ce monde comme dans l’ancien, les grands congrès universitaires se tenaient toujours en automne.
L’été, il faisait trop chaud.
L’hiver, trop froid.
Et le printemps semblait arriver trop tôt.
Alors, en général, on les organisait en automne.
C’était aussi la saison où les meilleurs ingrédients abondaient, ce qui permettait de recevoir ses invités avec le plus grand faste.
Et pendant cette période, mon maître ne pouvait pas descendre à la Fosse des Limbes.
[Cette année, les lettres de recommandation sont tout simplement trop nombreuses…]
« Je compatis, Maître. »
Dans ce monde, la magie était directement liée aux armes militaires les plus puissantes.
C’est pourquoi le Symposium d’automne de l’Empire ne se limitait pas à un échange de connaissances.
C’était l’occasion pour de jeunes étudiants en magie, âgés en moyenne d’une quarantaine d’années, de se faire remarquer dans l’espoir d’être recrutés comme mages impériaux.
C’était aussi là que les tours de mages se donnaient corps et âme pour démontrer les résultats des financements de recherche reçus l’année précédente.
Et mon maître supervisait tout cela.
Il était le conseiller en chef et le juge final, chargé d’évaluer la valeur universitaire et l’utilité militaire des recherches menées par les innombrables tours de mages.
Voilà pourquoi il était si occupé à cette période.
[Rien que d’examiner les budgets et les articles envoyés par les maîtres des tours de mages de tout l’Empire, j’ai l’impression que mes yeux vont me tomber de la tête. Et cette année, la Famille impériale s’intéresse à plusieurs candidats prometteurs. Ce vieil homme doit donc se montrer dans plus d’un ou deux jurys.]
Sa télépathie trahissait une profonde lassitude.
[Certains reprennent à peine une théorie vieille de cinquante ans et la présentent comme la leur. D’autres ressortent des expériences qui ont échoué il y a trois cents ans, en prétendant les avoir réinterprétées de façon novatrice. J’ai parcouru plus de dix articles sans en trouver un seul qui mérite que j’ouvre les yeux…]
Sans que je m’en rende compte, mon maître s’était mis à se plaindre.
Une fois lancé, il n’en finissait plus.
Dans ces moments-là, il n’attendait pas de réponse.
Je laissai donc ses plaintes entrer par une oreille et ressortir par l’autre, tout en recevant mon patient suivant.
[Finalement, j’ai indiqué à cet enfant où se trouvaient les anciennes archives, puis je l’ai renvoyé. Je lui ai dit de trouver les livres et de les lire lui-même. Vous auriez dû voir sa tête.]
Mon maître semblait bien plus léger après avoir vidé son sac.
Après avoir prescrit un médicament à mon patient, je me reconcentrai sur la télépathie.
[Plutôt que d’assister à un congrès aussi ennuyeux, je préférerais faire des recherches avec vous. Alors, Julian, avez-vous une idée du sujet de nos prochaines recherches ?]
On aurait dit que nos recherches sur les vaccins l’avaient complètement passionné.
Malheureusement, rien ne me venait à l’esprit pour le moment.
« Je vous prie de m’excuser, Maître. »
[Je ne vous demandais pas de vous excuser. Cela dit, Julian, aimeriez-vous m’accompagner au symposium cette année ?]
« Non. »
[Tss. Votre maître vous invite. Vous pourriez au moins faire semblant d’y réfléchir…]
« Tout comme vous n’aimez pas les congrès universitaires, Maître, je ne les aime pas non plus. »
Je n’avais rien à apprendre lors d’un congrès universitaire.
Dans ce monde, la magie s’était développée dans le but de tuer.
Autrement dit, on appelait cela un congrès universitaire, mais dans les faits, c’était à peine différent d’une exposition militaire.
Forcément, quelqu’un dont le devoir était de sauver des vies n’avait rien à y apprendre.
Et puis, il y avait une autre raison.
« Il n’y a pas de tour de mages de magie noire, n’est-ce pas ? »
Parmi les treize écoles de magie définies par le Grand Sage, seule la magie noire n’avait pas de tour de mages.
D’un point de vue universitaire, la magie noire était sans conteste une branche de la magie.
Mais il y avait une bonne raison à l’absence de tour de mages consacrée à la magie noire.
« C’est vous-même qui avez rayé cette tour de mages de la carte, Maître. Qu’est-ce que j’irais voir là-bas ? »
Autrefois, le Grand Sage avait lui-même anéanti la tour de mages de magie noire.
Il leur avait demandé de rassembler des lanceurs de sorts pour protéger l’humanité, mais ils avaient fini par concevoir des moyens de la massacrer.
Le problème venait du fait que la magie noire était plus spécialisée dans le meurtre des humains que dans celui des bêtes magiques.
Depuis cet incident, l’Empire n’avait plus de tour de mages de magie noire.
Non seulement cette tour n’existait plus, mais les rassemblements de mages noirs étaient eux-mêmes interdits par la loi.
C’est pourquoi, contrairement aux autres formes de magie, la magie noire se transmettait désormais d’une personne à une autre.
Quoi qu’il en soit.
C’était à cause de cette histoire que je n’avais aucune envie d’assister au Symposium d’automne.
« Ou bien y a-t-il quelque chose que vous pensez que je dois absolument voir ? »
[Eh bien. Il y aura peut-être de nouvelles personnes à rencontrer, ou de nouvelles choses à découvrir.]
« Y a-t-il plus de patients qu’à la Fosse des Limbes ? »
[Euh… Non.]
« Alors, je n’irai pas. »
[Très bien…]
Sa télépathie avait un ton étrangement découragé.
On aurait dit que mon maître tenait vraiment à m’emmener cette année.
[Alors, même si vous ne pouvez pas assister au symposium, pourriez-vous verser à nouveau une bourse en mon nom cette année ?]
« De combien ? »
[…J’ai honte de vous le demander, mais même cinquante millions de mar seraient une somme considérable.]
Le budget total réparti entre les tours de mages provenait de trois grandes sources.
La première était le soutien de la Famille impériale.
La deuxième, les bourses accordées par les mages les plus anciens.
La dernière, les dons de l’extérieur.
Chacune de ces sources fournissait des fonds indispensables aux tours de mages, qui peinaient à tenir toute l’année.
« Cinquante millions de mar suffiront ? »
[Comment un maître pourrait-il demander davantage à son plus jeune disciple ?]
« J’ai probablement plus d’argent que tous mes frères et sœurs aînés réunis. »
[Hum.]
Les disciples directs du Grand Sage — mes frères et sœurs aînés — étaient pour la plupart des maîtres ou des anciens de tours de mages.
Mais le poste de maître d’une tour de mages était plutôt honorifique.
Les tours de mages étaient en gros des forums de sorciers.
Leurs maîtres, eux, tenaient plutôt du modérateur en chef.
Mes frères et sœurs aînés n’avaient donc pas beaucoup d’argent.
Ce n’étaient pas eux qui finançaient les recherches : c’étaient eux qui recevaient des dons.
« Dites-moi clairement combien il vous faut. Comme ça, je pourrai envoyer la somme nécessaire. »
[Soixante-dix…]
« Cela suffira vraiment ? »
[…Faites plutôt cent millions de mar.]
« Je vous les enverrai. »
Cent millions de mar.
À peu près le revenu annuel d’un baron.
Mais maintenant que les bénéfices des vaccins commençaient à rentrer, je pouvais largement contribuer à cette somme pour mon maître.
[J’ai vraiment trouvé un excellent disciple sur le tard.]
« Si vous vous émouvez pour si peu, je vais finir par être gêné. »
[Hum.]
C’était sans doute en partie pour ça que mon maître m’appréciait.
Chaque fois que nous faisions des recherches ensemble, il répétait à quel point c’était agréable de ne pas avoir à se soucier de l’argent.
[Très bien. Alors, à cet hiver.]
« Au revoir, Maître. »
[Oui.]
Un moment de silence suivit.
La télépathie allait s’interrompre quand mon maître reprit :
[Julian.]
« Oui ? »
[À bien y réfléchir, ce congrès universitaire ne sera peut-être pas totalement dénué d’intérêt.]
« …Comment ça ? »
[Ce n’est rien. Les divagations d’un vieil homme. Je vous recontacterai en premier cet hiver.]
« Très bien. Prenez soin de vous, Maître. »
Sur ces mots, la télépathie prit fin.
* * *
Après avoir terminé ma conversation télépathique avec mon maître, je poursuivis mes consultations comme d’habitude, puis fermai la clinique pour la journée.
En sortant par la porte de derrière, je tombai sur un jeune homme qui avait rabattu son chapeau sur son visage.
« Otto. Vous attendez depuis longtemps ? »
Otto.
Notre garde du corps et conducteur, aussi fragile qu’il était.
Il avait continué à me protéger même après s’être effondré la dernière fois.
La raison était simple.
Ironiquement, c’était parce qu’il s’était effondré que j’étais entré en contact avec mon maître.
À l’époque, Otto était le seul à ne pas avoir développé une immunité suffisante, et il avait succombé à la malédiction de Belgian.
Nous l’avions donc conduit au centre de soins, où j’avais rencontré mon maître.
J’avais alors décidé de garder Otto comme garde du corps.
Je ne savais pas si cela avait un lien avec les codes des récits fondés sur les malentendus, mais je m’étais mis à considérer Otto comme mon porte-bonheur.
Sur le chemin du retour, alors qu’Otto et moi marchions côte à côte, je me souvins soudain de quelque chose.
« Au fait. Il est presque temps de renouveler votre contrat de garde, non ? »
« Oui, en effet. »
« Je vais encore augmenter votre salaire cette année. »
« …Qu’ai-je fait pour mériter cela ? »
Depuis ce jour-là, j’augmentais donc le salaire d’Otto de dix pour cent chaque année.
C’était comme glisser de l’argent dans une boîte à offrandes pour le Nouvel An.
Bien sûr, ce n’était pas la seule raison.
Il est difficile de trouver un garde aussi loyal qu’Otto.
La qualité la plus importante chez un garde n’était pas la force, mais la loyauté.
Même le plus puissant des gardes ne servait à rien s’il songeait à m’égorger. Ce n’était pas un garde, mais un assassin.
À cet égard, Otto avait bien trop de valeur pour que je le renvoie pour une erreur aussi mineure.
Il savait garder un secret et se montrait extrêmement loyal.
Et puisque j’avais gagné sa gratitude, la logique du genre en faisait une personne encore plus digne de confiance.
« Ou bien vous ne pensez pas être à la hauteur de mes attentes ? »
« …Non, monsieur. »
« Bien. »
Je hochai tranquillement la tête.
« Alors, Otto, allons chercher le bœuf chez Wangcho, récupérons Eri et rentrons. »
Avec mon conducteur peu enthousiaste en tête, je m’éloignai de la clinique.
* * *
Après avoir récupéré Eri, qui s’entraînait avec le capitaine Shen sur la Place Civitas, je regagnai le domaine de la Colline du Sanctuaire et demandai aux domestiques de décharger le bœuf de la voiture.
Tandis que les domestiques s’affairaient, le majordome en chef s’approcha de moi.
« Oh ? De quel genre de bœuf s’agit-il ? »
« C’est un cadeau venu d’en bas. Wangcho m’a dit qu’il avait eu du mal à s’en procurer. »
« Quel cadeau précieux ! Je devrais lui envoyer du vin, plus tard. »
Pendant que nous parlions, l’énorme quantité de bœuf fut entreposée dans le congélateur du domaine.
« Je rapporterai le reste demain et après-demain. La pièce de viande était trop grosse pour tout faire tenir dans la voiture. »
« Bien compris. J’en informerai le chef. »
Après avoir brièvement discuté avec le majordome en chef, je passai devant les domestiques affairés.
Je me dirigeai tout naturellement vers la salle à manger.
« J-Jeune maître ?! »
« Chut. Je suis venu cuisiner, moi aussi, aujourd’hui. »
Je posai un doigt sur mes lèvres en direction du chef, toujours aussi déconcerté malgré toutes ces années.
La cuisine était devenue un passe-temps sans que je m’en aperçoive.
Au début, je m’y étais mis pour façonner le caractère de Julian.
Mais une fois lancé, j’y avais pris goût.
Alors, de temps à autre, je me glissais dans la cuisine à l’insu de ma mère.
Bien sûr, elle finissait généralement par me prendre sur le fait et me réprimander.
J’enfilai mon tablier avec des gestes assurés et retroussai mes manches.
Puis j’expliquai au chef le menu du jour.
« Aujourd’hui, je prépare un steak tartare. »
« Pardon ? »
J’écartai le chef horrifié et m’emparai de la planche à découper.
À douze ans, j’avais besoin d’un marchepied.
À présent, j’étais assez grand pour atteindre la planche sans aide.
« On vient de recevoir du bœuf frais. C’est pour ça que je veux cuisiner aujourd’hui. »
Même à l’abattoir de Wangcho, il était difficile de se procurer du bœuf.
C’est pourquoi, quand une livraison comme celle-ci arrivait, je prenais moi-même le couteau de cuisine.
« Les morceaux maigres se conserveront un peu plus longtemps. Occupons-nous d’abord des abats. »
Le chef fronça les sourcils en entendant le mot « abats ».
Après tout, dans mon ancien monde, les abats n’avaient été élevés au rang de mets de luxe sous le nom de morceaux de choix que relativement récemment.
Même le foie gras, symbole de la haute cuisine, n’était devenu un mets de luxe qu’à la fin du dix-neuvième siècle.
Les morceaux de choix se gâtaient vite et demandaient beaucoup de préparation. Et malgré tout ce travail, ils n’étaient pas particulièrement savoureux.
Dans un monde comme celui-ci, on les considérait naturellement comme de la nourriture que seuls les petites gens daignaient ramasser et manger.
Mais c’était seulement parce que les techniques culinaires étaient moins développées et qu’on préparait mal ces morceaux.
Si c’est bon, c’est de la cuisine. Si c’est beau, c’est de l’art.
Bien préparés, même les abats pouvaient devenir délicieux ; une présentation élégante en faisait des plats raffinés.
Voilà pourquoi je ne jetais pas les abats, mais les utilisais dans mes recettes.
« Aujourd’hui, je vais utiliser le cœur et la moelle de la vache. »
Pendant qu’on déchargeait la viande de la voiture, j’avais discrètement mis le cœur et les os de côté.
Je fis un clin d’œil au chef, qui n’osait pas intervenir à cause de la différence de rang entre nous, puis essuyai le couteau avec un linge.
Un cœur brun rougeâtre reposait sur la planche à découper.
À côté se trouvait un os de patte de vache fendu dans la longueur.
Commençons par les vaisseaux sanguins.
Les vaisseaux étaient coriaces et sans goût.
On ne pouvait pas les rendre délicieux, quelle que soit la façon de les préparer.
Le cœur de vache, en particulier, comportait de nombreuses parties coriaces ou trop grasses, qu’il fallait préparer avec soin.
Retirer toutes les artères et les veines coronaires…
Je fis glisser la lame le long du trajet de l’aorte.
La pointe du couteau détacha du cœur les deux branches des artères coronaires.
Ma connaissance de l’anatomie, acquise en tant que chirurgien, était un atout considérable en cuisine.
Je savais comment traiter les tissus, et donc comment retirer proprement les vaisseaux sanguins.
Enlever aussi la graisse et le tissu conjonctif.
Je coupai en deux le reste de la masse musculaire du cœur.
Je la recoupai, puis éminçai finement les quartiers de cœur.
En gardant le rythme, je les hachai avec le dos du couteau.
Ensuite, il faut faire rôtir l’os.
Je glissai l’os de patte fendu dans la longueur dans un four brûlant.
Bientôt, la moelle à l’intérieur de l’os se mit à bouillonner.
Chauffée, la moelle dégageait un arôme de beurre qui la rendait parfaite pour ce genre de plat.
Je raclai la moelle dorée, devenue aussi tendre qu’un pudding, puis la déposai sur le cœur finement haché.
Je préparai ensuite l’assaisonnement.
Des câpres, des échalotes finement hachées, de la moutarde à l’ancienne moulue, une goutte de vinaigre noir et de l’huile d’olive.
Je mélangeai soigneusement le tout avec le cœur, puis assaisonnai de gros sel et de poivre noir.
Le steak tartare était prêt.
Est-ce que ça ferait trop bon marché si je l’appelais simplement yukhoe blanchi ?
Lors de mon internat aux États-Unis, un professeur m’en avait offert. C’était un plat français.
Même en le mangeant, je n’arrivais pas à me défaire de l’impression que c’était du yukhoe à la française.
Non.
Le yukhoe aussi était un plat raffiné.
Qu’est-ce que la cuisine coréenne avait de mal ?
…Je ferais mieux de me concentrer sur la présentation.
Comme prévu, je décidai de me servir de l’os comme assiette.
Après avoir raclé la moelle, je remplis soigneusement l’os creux avec le tartare de cœur.
Puis je disposai à côté de jeunes feuilles d’herbes amères.
J’obtins ainsi six assiettes.
J’en choisis une et la fis rapidement cuire à la poêle.
Fried a peut-être encore du mal à digérer le yukhoe.
Mon plus jeune frère allait avoir quatre ans cette année.
Il mangeait volontiers de la viande, mais la viande crue était sans doute encore trop difficile à digérer pour lui.
Je fis cuire sa portion une dernière fois pour Fried, puis la dressai à nouveau.
Le dîner de ce soir était prêt.
« C’est prêt. »
« Jeune maître ? Mais qu’est-ce que c’est que ce plat… ? »
« Tartare de cœur à la moelle. »
« Pardon ? »
Je souris au chef déconcerté et m’essuyai les mains avec un linge.
J’accrochai mon tablier et me dirigeai vers la sortie de la salle à manger.
« Je serai à l’étage. Si Mère me cherche, dites-lui que je ne suis jamais venu. Je compte sur vous pour bien expliquer le plat. »
« J-Jeune maître ?! »
« Si vous voulez ajouter quelque chose, faites-le à votre guise. »
Je laissai derrière moi les appels pressants du chef et me hâtai vers la salle à manger.
Je devais trouver un alibi avant que Mère ne m’attrape.
Je dirai que j’avais quelque chose à ranger au laboratoire…
Mais mon plan échoua.
« Julian. »
Une voix glaciale retentit derrière moi.
Je me retournai lentement.
La maîtresse de la Maison Nihirit se tenait là.
« Julian. Peux-tu m’expliquer ce qui s’est passé ? »
« Je suis désolé. »
« Ah… »
Julian Schnabel Nihirit, fils aîné de la Maison Nihirit.
Nombre de fois où sa mère l’avait surpris devant la cuisine.
Aujourd’hui marquait un cap mémorable : la millième fois.
Note de l’auteur
Désolé pour le retard…
Les conséquences de la publication de plusieurs chapitres d’affilée la veille m’ont rattrapé tardivement…
On dirait que j’ai puisé dans mes réserves naturelles d’énergie plus que je ne le pensais.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>