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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin de fantasy sombre pris pour un saint ◈
Chapitre 35 : Le Prince des lucioles (5)
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* * *
Le syndrome de l’imposteur.
Un phénomène psychologique fréquent chez les internes, dont Eri avait elle aussi souffert autrefois.
Il désignait le fait, pour des gens qui avaient accompli de grandes choses, de considérer leurs réussites comme exagérées et de se sous-estimer.
En clair, c’était l’impression de devoir ses réussites à la chance plutôt qu’à ses efforts.
Ce syndrome touchait souvent les personnes qui avaient connu une ascension sociale fulgurante.
J’en avais moi aussi fait l’expérience.
Quand j’avais terminé mon internat et étais devenu chef de clinique.
À mesure que les années d’expérience s’accumulaient et que ma titularisation à l’université devenait presque certaine, l’hôpital s’était soudain mis à me traiter autrement.
Si je devais résumer mon état d’esprit d’alors en une phrase, ce serait celle-ci :
Qui suis-je ? Où suis-je ?
Et maintenant que j’avais transmigré dans un autre monde, je me rappelais cette sensation pour la première fois depuis longtemps.
« Pardon ? Vous avez dit qui ? »
Pour parler dans des termes que les médecins comprendraient, c’était comme si je m’étais préparé à recevoir le doyen et qu’Hippocrate en personne avait débarqué à la place.
J’avais failli sortir de mon rôle pour lui demander qui il était, encore une fois.
« Cela dit, je ne vais pas m’en plaindre. »
Commençons par mettre une chose au clair.
Je n’étais pas contre l’idée de gravir les échelons sociaux.
À vrai dire, tout ce que j’avais fait jusqu’ici visait précisément cet objectif.
J’avais fabriqué de la quinine, extrait de l’insuline et bâti ma réputation dans l’espoir d’obtenir richesse et gloire.
Je m’étais déjà préparé au jour où un puissant déciderait de m’enfiler un joli collier parce que je me démarquais trop.
C’était le destin réservé aux protagonistes des récits de malentendus.
Puisque j’allais de toute façon porter un collier, j’avais simplement décidé d’en choisir un plaqué or.
« Si je dois être esclave quoi qu’il arrive, autant être un esclave gagnant plutôt qu’un perdant. »
C’était pourquoi j’avais travaillé dans le but d’accumuler autant d’argent et de célébrité que possible avant que n’apparaisse le maître qui tiendrait ma laisse.
Mais…
« Ça arrive beaucoup trop vite. »
Il devait bien y avoir une pente raisonnable sur le chemin de la réussite, non ?
Voir le sommet du monde magique me passer soudain un collier autour du cou, c’était beaucoup trop abrupt.
D’ordinaire, ce genre de chose arrivait dans la seconde moitié de l’histoire, voire au milieu, au plus tôt.
Pour quelqu’un qui n’était même pas adulte, recevoir une telle proposition si tôt me semblait complètement prématuré.
« Qu’est-ce que ce vieil homme peut bien me trouver ? »
D’où venait ce malentendu, au juste ?
D’après ce que j’avais vécu jusqu’ici, il ne se dissiperait probablement pas même si je m’expliquais. Mais ça ne m’empêchait pas d’être assez curieux pour poser la question.
« Pourquoi voulez-vous faire de moi votre disciple ? »
« Ne te l’ai-je pas dit ? Tes idées et ta créativité m’ont fasciné. »
« Mais je suis alchimiste. Je n’ai pas la moindre aptitude à la magie. »
« Hum. Tu es donc du genre à ne pas croire en toi. Tss, tss. Pourquoi les gens talentueux sont-ils toujours comme ça ? Enfin, polir un diamant brut comme toi est l’un des rares plaisirs qui me restent dans ma vieillesse. »
« ? »
L’archimage Louis leva sa tasse de thé.
« Je vais te dire pourquoi tu as toutes les raisons de croire en toi. D’abord, parce que tu n’as pas peur d’échouer. »
C’était parce que je savais être le protagoniste et que j’avais déjà vu comment les choses tournaient.
Je n’avais pas le courage téméraire d’une bête qui se lançait tête baissée dans des recherches vouées à l’échec.
Je ne m’intéressais qu’aux recherches qui réussiraient.
Cela dit, il n’était pas étonnant que Louis et les autres me prennent pour quelqu’un de persévérant.
« Ensuite, tu as la nature de ceux qui acceptent les erreurs des autres. C’est une vertu rare chez les jeunes mages d’aujourd’hui. »
C’était grâce à ce que j’avais vécu dans ma vie précédente.
Quand on travaillait avec des internes, on finissait naturellement par trouver leurs erreurs attendrissantes.
Une fois qu’on avait appris ça, on ne pouvait plus être déçu.
Parce qu’on n’attendait déjà pas grand-chose d’eux.
On apprenait aussi à réparer les dégâts causés par ses juniors.
C’était pour ça que j’avais pardonné au capitaine Shen, moi aussi.
Shen m’avait dérobé des pièces d’argent dont je n’avais que faire, alors je n’avais aucune raison de m’en formaliser.
C’était pour ça que je lui avais pardonné.
« Troisièmement, tu n’as pas détourné les yeux devant la souillure. Chercher la sagesse jusque dans la magie noire interdite, voilà précisément la qualité que doit posséder un mage. »
C’était parce que j’avais été médecin au vingt-et-unième siècle.
Au vingt-et-unième siècle, la frontière entre médecine et poison n’était pas clairement définie.
N’importe quel poison pouvait devenir un remède selon la dose, et inversement, un médicament pouvait aussi devenir un poison.
Même la vaccination, à proprement parler, consistait à injecter des agents pathogènes affaiblis.
Sous un autre angle, c’était un acte dangereux qui pouvait provoquer une pandémie si on le gérait mal.
Pourtant, on administrait régulièrement des vaccins, car leurs bienfaits l’emportaient sur les risques.
« Et quatrièmement, le point le plus important. Tu ne négliges jamais les détails auxquels la plupart des gens ne prêteraient pas attention au quotidien. Tu as dû découvrir les symptômes provoqués par le plomb grâce à cette vaste perspective. C’est un talent inné. Plus que tout, c’est le talent dont un mage a besoin. »
La dernière partie relevait sans aucun doute du malentendu.
Si j’avais découvert tout ça par mes propres observations, j’aurais pu l’accepter.
Mais en réalité, je ne faisais que reprendre les connaissances de ma vie précédente et les présenter comme si je les avais découvertes moi-même.
Je n’avais jamais étudié ces choses en détail ni organisé de recherches à leur sujet.
Je m’étais contenté de profiter gratuitement des connaissances des savants qui m’avaient précédé.
C’était précisément pour ça que je ne pouvais pas me permettre de me méprendre.
Si je prenais ces connaissances pour les miennes, mes limites risquaient d’être révélées sous peu.
« Non, maître. Je ne fais que me tenir sur les épaules des géants. Le monde s’étend peut-être à mes pieds, mais cela ne change rien au fait que je suis moi-même un nain. »
« Hum. Même cette volonté de te prémunir contre l’arrogance… Tu as vraiment toutes les qualités requises pour devenir mage. »
Mais ma sincérité ne semblait pas atteindre le Grand Sage.
Bien sûr, en tant que Grand Sage, il avait parfaitement percé ma nature à jour.
Mais un subtil malentendu le faisait encore légèrement dévier de la vérité.
Comme prévu. Puisque c’était une histoire de malentendus, mes explications ne changeaient rien.
J’avais fini par décider d’accepter mon sort.
Je refusai tout de même une fois, pour sauver les apparences.
« Je vous prie de m’excuser, maître. Mais je ne sais pas remarquer ce qui m’entoure. Je suis condamné à ne jamais devenir mage. »
« Je le sais. Depuis que tu es entré dans cette pièce, je modifie les conditions à intervalles réguliers. Les autres mages seraient probablement irrités par ces distractions, mais toi, tu ne sembles pas les avoir remarquées. »
Hélas…
Était-ce parce qu’il était le Grand Sage et qu’il avait vécu mille ans ?
Il savait tout sans qu’on ait besoin de le lui dire.
« Que tu aies ou non des aptitudes à la magie n’a aucune importance. Je ne te demande pas de devenir mage. Te souviens-tu de ma proposition ? »
« Vous m’avez demandé de devenir votre disciple. »
« Exactement. Je t’ai demandé de devenir mon disciple, pas de suivre la voie que j’ai empruntée. »
« Alors… »
« Tu peux continuer sur la voie de l’alchimie. Je veux seulement te transmettre mon savoir. J’ai hâte de voir quel nouvel horizon tu ouvriras. »
Le vieil homme borgne sourit.
Il n’y avait aucune échappatoire logique.
Et je n’avais aucune raison de refuser.
À vrai dire, j’aurais dû accepter avec enthousiasme.
« Je comprends, maître. »
« Bien. Je viendrai donc ici une fois par semaine. À chaque fois, je t’enseignerai ce dont tu as besoin. »
« Je ne devrai pas me rendre au Palais impérial ou à la Tour des Mages ? »
« Ha ha. Mon garçon, tes idées libres m’ont fasciné. Je veux voir un oiseau qui plane dans le ciel, pas un oiseau enfermé dans une cage. Si nécessaire, je peux organiser une visite, mais tu ne sembles pas en avoir besoin, n’est-ce pas ? »
J’acquiesçai à ses paroles.
Il me restait encore bien trop de choses à apprendre dans la Fosse des Limbes.
Je n’avais même pas encore retrouvé toutes les capacités que je possédais dans ma vie précédente.
Il était trop tôt pour gagner la capitale impériale ou la Tour des Mages.
Heureusement, j’allais échapper à l’idée qu’on me jette dans le grand bain avant que je sois prêt.
Il y avait tout de même un élément inattendu.
« Je m’étais préparé à l’épisode du collier. »
Mais contrairement à ce que je m’imaginais, le Grand Sage avait une liberté d’esprit qui ne cadrait pas avec son époque.
Non. Après avoir vécu mille ans, il était peut-être plus logique qu’il ait l’esprit aussi souple.
« Alors, peut-être que dans l’histoire originale, je n’étais pas un personnage destiné à être enrôlé par la Tour des Mages. »
J’avais peut-être mal compris.
Peut-être que le maître qui tiendrait ma laisse n’était pas censé être la Tour des Mages.
Dans ce cas, dans l’histoire originale, il aurait peut-être sagi d’un grand-duc ou d’un membre de la Famille impériale.
« Ou est-ce parce que je ne suis pas encore adulte ? »
Les adultes avaient des systèmes de colliers approuvés par la loi, comme les études supérieures ou le poste de chancelier à vie, mais coller un collier à un enfant qui n’avait pas fini de grandir, ce serait de la maltraitance.
C’était peut-être pour ça que mon collier avait été remis à plus tard.
Même si, dans un monde où les droits de l’enfant n’existaient presque pas, cela semblait peu probable.
Alors que je me perdais dans ces pensées inutiles, l’archimage Louis se leva.
« Bien. Commençons par changer la façon dont nous nous adressons l’un à l’autre. Puisque nous sommes désormais maître et disciple, puis-je t’appeler par ton prénom ? »
« Bien sûr, maître. »
« Bien. Veux-tu connaître mon nom ? Si tu le souhaites, je peux le proclamer dans tout le pays. »
Je réfléchis un instant à la proposition de mon maître, puis secouai aussitôt la tête.
Une attention excessive était un poison.
Surtout quand on n’avait pas les capacités pour y faire face.
Je n’étais pas encore assez mûr pour porter le poids du nom de mon maître.
Les disciples directs de Louis étaient les treize seigneurs de la Tour des Mages et les archimages au service direct de la Famille impériale.
J’étais encore bien trop loin de pouvoir me tenir sur un pied d’égalité avec eux.
Bien sûr, il y avait une autre raison.
« Ça a l’air plus amusant de garder le secret. »
Il y avait bien une raison pour que le type de Cooking Master Boy porte un brassard et se promène en cachant son identité.
Garder le secret et le révéler plus tard me semblait étonnamment amusant.
Je comptais le cacher à Eri, à Wangcho et même à ma famille.
Moins il y avait de gens au courant d’un secret, plus il était en sécurité.
« Alors, la prochaine fois, je me rendrai à ton laboratoire plutôt qu’à la clinique ? »
« Oui. Cela vous conviendrait si nous nous retrouvions une fois vos rendez-vous terminés ? »
« Faisons comme ça. »
« Je vous donnerai une clé. »
« Ce n’est pas nécessaire. À ton avis, qui suis-je ? »
« … »
Le Père de la Magie déclarait sans ciller qu’il allait entrer par effraction.
Il était si sûr de lui que je ne trouvai rien à répondre.
Et comme il était de rang 8, difficile de lui dire de ne pas le faire.
« Je comprends, maître. Je serai là à l’heure. »
« Bien. Alors, occupe-toi bien de tes patients aujourd’hui, Julian. »
« Ah, avant ça… »
Je retins mon maître alors qu’il s’apprêtait à quitter la clinique.
« Vous devez encore emporter vos médicaments. »
Ça, c’était autre chose.
Un traitement restait un traitement.
* * *
Au sommet de la Colline du Sanctuaire.
La Tour des Mages, qui dominait toute la capitale impériale.
Le seul endroit de tout l’Empire autorisé à contempler le monde d’aussi haut que l’Empereur.
Louis Edelhardt, le Grand Sage, était assis sur le bureau de son atelier.
« … »
Le Grand Sage baissa silencieusement les yeux vers le petit flacon de verre posé dans sa paume.
Une pâle lumière lunaire entrait par la fenêtre ouverte et l’éclairait.
À l’intérieur se trouvait un liquide brun clair, trouble et épais.
En tournant la tête, il aperçut plusieurs flacons contenant le même liquide, alignés sur le bureau.
Tous renfermaient des médicaments préparés par le disciple qu’il avait accueilli ce jour-là.
« Maître, vous souffrez actuellement d’une intoxication chronique au plomb. Le traitement ne sera pas immédiat ; vous devrez donc continuer à prendre ce médicament. »
Lorsque le sage avait reçu les flacons, il avait demandé comment le traitement fonctionnait.
Pour certains, que un plus un fasse deux était une évidence. Mais le sage ne trouvait pas le repos tant qu’il n’en comprenait pas la raison.
C’était grâce à cette nature qu’il avait transformé la magie, qui n’était autrefois que superstition populaire, en discipline d’étude.
Et c’était grâce à cette curiosité qu’il avait conservé son titre de sage jusqu’à ce jour.
Le sage n’avait pas honte de poser des questions à son disciple.
Et Julian accueillait volontiers les questions de Louis.
« Le plomb s’accroche fermement aux os et aux nerfs. La magie ordinaire et les antidotes ne peuvent donc pas l’éliminer. Mais j’ai découvert qu’avec ce médicament, ses composants se lient étroitement au plomb présent dans le corps et lui permettent d’être évacué dans les urines. »
« Où as-tu découvert ce savoir ? »
« Dans le Secteur E. Il y a eu une fuite de plomb dans l’Allée de la Fumée. J’ai remarqué que seuls les ouvriers du peuple des bêtes y présentaient des symptômes moins graves. Dans leur culture, on mange souvent des œufs de canard et des plats à l’ail. »
Julian n’avait pas paru déçu en répondant à la question de Louis.
Au contraire, il avait semblé impressionné.
Il n’était ni déçu ni méprisant devant l’ignorance du sage. Il semblait plutôt stupéfait que celui-ci sache précisément reconnaître ce qu’il ignorait.
« Comprendre combien il est important de savoir ce qu’on ignore… »
Le Grand Sage avait fini par ne plus poser de questions à ses disciples.
C’était une époque où l’ignorance était devenue une honte.
On attendait d’un Grand Sage qu’il sache tout.
C’était une époque où un maître devait surpasser ses disciples en tout, et où son prestige s’effondrait dès qu’il échouait dans un seul domaine.
Ce n’était sûrement pas l’attitude envers l’apprentissage que le Grand Sage lui-même avait prêchée.
« Mais cet enfant était différent. »
Julian était différent.
Il accueillait les questions de son maître et admirait sa sagesse plutôt que ses connaissances.
Tout comme le Grand Sage admirait l’attitude de Julian.
Et grâce à cette attitude, Julian savait des choses que le Grand Sage ignorait.
« Chélation… C’est ainsi qu’il appelait ça, je crois. »
Louis eut un rire sans joie et ouvrit puis referma sa main droite tremblante.
Il employait la magie pour ralentir la dégénérescence de ses nerfs, mais n’arrivait pas à maîtriser parfaitement le moindre tremblement.
En vérité, Louis savait depuis longtemps que quelque chose n’allait pas dans son corps.
Au fil des ans, il avait étudié d’innombrables objets magiques et cercles de transmutation, et le catalyseur qu’il manipulait le plus souvent était le plomb.
Le plomb était l’isolant idéal pour entraver le flux de mana et emprisonner les vibrations de l’âme.
C’était un catalyseur indispensable à la magie des esprits et à l’invocation.
Les mages savaient vaguement que le plomb dévorait peu à peu le sang et l’esprit d’une personne.
Mais ils ne le prenaient pas au sérieux.
Ils étaient convaincus, avec arrogance, que leur pouvoir magique protégerait leur corps.
Louis ne faisait pas exception.
Pendant près de mille ans, il avait pétri du plomb à mains nues et inhalé les vapeurs du métal en fusion, tout en poursuivant les vérités de la magie.
Il en avait récolté ce poignet tremblant et ces terribles maux de tête qui le prenaient de temps à autre.
Ces symptômes n’étaient apparus que récemment, et uniquement parce que son rang était si élevé.
Quand d’autres mages présentaient de tels symptômes, ils se coupaient souvent le poignet et le faisaient repousser grâce à la magie divine.
Le Grand Sage avait lui aussi recours à cette méthode de temps à autre.
« Dire qu’il existait un traitement pareil. »
Julian l’avait découvert en observant la vie ordinaire.
À bien y réfléchir, il avait entendu dire que Julian avait découvert la quinine et l’insuline de façon similaire.
Les lèvres de Louis s’étirèrent en un sourire.
Combien d’années s’étaient écoulées ?
Depuis qu’il avait vu pour la dernière fois quelqu’un qui ne laissait pas passer les évidences sans s’y arrêter.
Il n’avait jamais choisi que ce genre de personnes comme disciples directs.
À cause de son exigence, sa lignée de disciples directs s’était interrompue depuis cinquante ans.
« L’Empereur sera ravi. »
Louis ouvrit les flacons et avala le liquide médicinal ainsi que les comprimés qu’ils contenaient.
L’amertume épouvantable lui fit brièvement grimacer.
Il parvint néanmoins à avaler les compléments alimentaires.
On lui avait expliqué qu’il fallait les prendre après le médicament prescrit par Julian.
« Le nom de ce médicament, c’était… »
Dimer… Comment déjà ?
Dimercap… Dimercarol ?
Il ne s’en souvenait pas bien.
Ce nom ne lui disait rien.
Peut-être était-ce parce que le plomb avait embrumé son esprit.
Mais ce n’était pas grave.
Il n’aurait qu’à redemander à son disciple dans quelques jours.
À vrai dire, la perspective de pouvoir lui poser une autre question lui faisait battre le cœur.
« Découvrir, dans ma vieillesse, un disciple sans la moindre aptitude à la magie. »
Il ne savait pas si c’était un coup du destin ou la volonté d’un dieu.
Mais une chose était sûre.
Désormais, il savourerait chaque semaine le trajet jusqu’à cette clinique miteuse de la Fosse des Limbes.
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