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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ Le médecin de dark fantasy pris pour un saint ◈
Chapitre 32 : Le Prince luciole (2)
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* * *
Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis ma rencontre inattendue avec le mage noir de rang deux et mon étrange entrevue avec le vieux mage nommé Fitz.
Rien de particulier ne s’était passé depuis.
J’étais descendu à la Fosse des Limbes avec Eri pour soigner les habitants.
« Ba-ra-bam, ba-ra-bam~ »
Là-bas, j’avais même brisé mon calme légendaire en entonnant un petit air ridicule.
Mon patient était un bébé de huit mois.
« Bibbidi-Bobbidi-Boo… »
Le pire ennemi d’un médecin, c’était un bébé.
Impossible de raisonner avec eux. Impossible aussi de trouver un compromis.
« Vous êtes le meilleur médecin du monde, diplômé de la faculté de médecine de Harvard ? Ouais. Je vais quand même pleurer. »
Face à un bébé, toutes les compétences et connaissances d’un médecin ne servaient à rien.
Les bébés étaient des êtres invincibles, presque divins, quand ils avaient affaire à des médecins.
Voilà pourquoi il fallait mettre de côté sa dignité et son autorité avec eux.
« La-la-la… »
Cette chanson était une technique que les pédiatres avaient mise au point pour vacciner les bébés.
D’abord, on distrayait complètement l’enfant avec une chanson ou un jouet. Puis, pendant qu’il ne se doutait de rien, on lui faisait la piqûre.
Pour être honnête, je ne pensais pas que cette technique nuisait à mon aura majestueuse.
Un médecin devait être prêt à faire le clown pour ses patients, à se cogner la tête contre le sol d’un couloir d’hôpital et à piquer des colères devant des politiciens.
C’était du moins ce que j’avais appris.
Mes collègues de l’époque avaient tous été beaucoup trop guindés.
« Docteur… »
Heureusement, mes efforts ne firent pas s’effondrer le calme légendaire de Julian.
Au contraire, je sentis Eri et la mère du bébé me regarder avec respect.
… C’était bien du respect, n’est-ce pas ?
Elles ne me regardaient pas avec pitié, si ?
« Ethan, tu veux voir ça ? À ton avis, qu’est-ce que c’est ? »
« Bababah ! »
Bref.
Après une quinzaine de minutes d’efforts, le bébé baissa enfin sa garde.
Son regard se fixa sur le bec de mon masque.
Profitant de son inattention, je lui enfonçai une grille de neuf aiguilles dans la cuisse.
C’était un vaccin à base d’un mélange de pus de vache et d’eau bénite diluée, qui atténuait un virus.
À proprement parler, c’était un peu différent, mais, pour simplifier, j’appelais ça une inoculation contre la vaccine.
Piqûre.
De petits points apparurent sur la cuisse du bébé.
Ethan cligna des yeux, comme s’il venait de comprendre qu’on l’avait dupé, mais l’injection était déjà terminée.
« Ethan est en bonne santé. Vous n’avez pas à vous inquiéter pour la syphilis. »
« Oh, merci, docteur. »
Sa mère poussa un soupir de soulagement.
Je pinçai la joue du bébé, qui fixait le bec de mon masque de ses yeux brillants.
« Au fait, docteur. Qu’est-ce que vous avez fait à la cuisse d’Ethan ? »
« C’est un peu comme un sort qui le rend plus résistant. Vous pouvez appeler ça une inscription de renforcement. »
« Ah, je vois. »
La tutrice d’Ethan hocha la tête.
Il était encore trop tôt pour expliquer le concept des vaccins dans ce monde.
Alors, quand les bébés atteignaient un, trois, six ou douze mois, je les faisais venir régulièrement à la clinique sous prétexte qu’ils risquaient d’avoir la syphilis, puis je les vaccinais en secret.
Si je me faisais prendre, on pourrait me brûler sur le bûcher…
Enfin, le pouvoir d’être le protagoniste d’une histoire de malentendus ne réglerait-il pas ça d’une façon ou d’une autre ?
« Prenez soin de vous, madame. »
« Merci, docteur. »
Après avoir raccompagné mon remuant patient de huit mois, je rangeais les aiguilles quand Eri prit la parole.
« Au fait, docteur. C’était vraiment une inscription de renforcement ? »
« Oui. »
C’était bien une inscription de renforcement.
Après tout, elle immunisait contre plusieurs malédictions de type peste.
Même les nobles portaient des reliques bénites sur tout le corps pour se protéger des malédictions pestilentielles.
À bien y réfléchir, on pouvait donc appeler les vaccins des inscriptions de renforcement, non ?
« Vous étiez aussi un graveur de runes, docteur ? »
« Pas un graveur de runes. Mais j’ai étudié ce domaine. »
Les graveurs de runes étaient des gens qui pratiquaient les inscriptions.
Même si le mot « docteur » faisait partie de leur nom, ce n’étaient pas des professionnels de la médecine.
Ils ressemblaient plutôt à des tatoueurs qui gravaient des motifs sur le corps des gens.
Je l’ignorais au début. Comme le mot « docteur » figurait dans leur nom, je m’étais appliqué à étudier le sujet.
Quand j’avais compris de quoi il s’agissait, il était trop tard ; j’avais donc continué mes études jusqu’au bout.
« Un vrai génie étudie des choses par plaisir… »
Cela dit, mes efforts n’avaient pas été complètement inutiles.
Grâce à eux, Eri s’était fait une nouvelle idée fausse à mon sujet.
Enfin, si ça renforçait mon personnage, ce n’était peut-être pas si mal.
Je préparais le patient suivant quand Eri, qui rangeait le dossier d’Ethan, fit claquer son stylo et prit la parole.
« Docteur, je vous pose sérieusement la question. Au lieu de vous donner corps et âme pour les divertir comme ça, vous ne feriez pas mieux d’enlever ce masque ? »
« … »
« Honnêtement, je crois que les bébés se mettent à pleurer dès qu’ils vous voient à cause de ça. »
Sans un mot, je caressai le bec de mon masque de médecin de la peste.
Puis je secouai la tête.
« Je ne crois pas que ça changerait quoi que ce soit si je l’enlevais. »
Fried, notre petit dernier, en était la preuve.
Il avait toujours l’air sur le point de pleurer quand il me voyait.
C’était vrai que mon visage avait quelque chose d’assez lugubre.
« Fried n’avait pas l’air de beaucoup aimer mon visage non plus. »
« Freya m’a raconté que c’était parce que vous lui enfonciez une aiguille dans la cuisse chaque fois que vous le voyiez. »
« … »
Faisant fi des paroles d’Eri, je me tournai vers l’entrée.
« Patient suivant. »
* * *
Une fois les consultations du jour terminées, je me rendis au restaurant de Wangcho pour faire des recherches, pour la première fois depuis un bon moment.
« Wangcho, me voilà. »
« Bienvenue, docteur. Sur quoi porte donc vos recherches, cette fois, pour que vous achetiez autant d’œufs ? Et uniquement des œufs fécondés, en plus. »
« Ils serviront tous. »
Cette fois, mes recherches portaient sur les vaccins, un sujet qui avait éveillé mon intérêt.
Tout venait du grimoire laissé par le mage noir Belgian.
Il contenait des informations détaillées sur la magie de type goule et les malédictions de type peste.
C’était la section sur les malédictions pestilentielles qui avait attiré mon attention.
« L’immunité biologique a neutralisé une malédiction magique. »
Alors, l’inverse était-il possible, lui aussi ?
C’était ainsi que ces recherches avaient commencé.
Si les vaccins ne pouvaient pas être fabriqués dans ce monde, c’était surtout parce qu’on ne savait pas maîtriser les virus ou les bactéries.
Il existait bien l’inoculation de la vaccine pour le vaccin contre la variole, mais rien de semblable pour les autres vaccins.
Dans ces conditions, les malédictions pestilentielles laissées par Belgian étaient une véritable aubaine.
J’avais enfin trouvé un moyen de maîtriser les virus ou les bactéries à ma guise.
« Bien sûr, je ne peux pas en administrer directement aux gens. »
Les malédictions existantes ne tenaient aucun compte du dosage.
Elles avaient été conçues pour tuer dès le départ. Impossible d’en moduler la puissance.
Si je me mettais à les administrer aux gens comme des vaccins, je deviendrais un Hitler venu d’un autre monde, au lieu d’être le protagoniste.
J’avais donc décidé de m’inspirer d’une méthode utilisée au vingt et unième siècle pour fabriquer des vaccins.
« La méthode de culture sur œufs embryonnés. »
C’était l’une des méthodes les plus répandues et les plus anciennes de la médecine moderne pour produire en masse des vaccins contre la grippe, entre autres.
Comme son nom l’indiquait, elle consistait à injecter des virus dans des œufs fécondés avant leur éclosion, puis à les y cultiver.
Avec cette méthode, je n’aurais pas à faire une folie comme appliquer des malédictions directement sur des gens.
Je comptais maudire les œufs, puis en extraire et purifier uniquement les virus affaiblis.
« Docteur, vous ne pouvez vraiment pas me le dire ? »
« Non. C’est confidentiel. »
Naturellement, je menais toute cette série de recherches seul et en secret.
La magie noire n’était pas interdite en soi.
Si l’on demandait ce qui était le plus cruel entre brûler quelqu’un vif et le faire mourir d’une maladie, il était difficile de trancher.
De même, tant qu’on ne l’employait pas directement pour commettre un crime, l’étude de la magie noire en tant que discipline universitaire n’était pas complètement interdite par l’Église ou l’Empire.
Toutefois, vu le dégoût et le rejet instinctifs que la magie noire inspirait aux habitants de ce monde, il serait difficile de s’attirer leurs bonnes grâces, même dans une ruelle comme celle-ci.
Et dans un monde où le concept même de vaccin n’existait pas, je ne pouvais pas vraiment leur dire que je comptais injecter des malédictions dans le corps des gens.
Ce n’était d’ailleurs pas la seule raison.
Les recherches portant sur des virus ou des bactéries exigeaient avant tout des mesures de sécurité.
Mais dans ce monde, où même la notion d’hygiène faisait défaut, trouver des gens capables de respecter chaque protocole de sécurité n’avait rien de facile.
Par précaution, je menais ces recherches seul.
« Tch… Entendu. »
Wangcho avait peut-être senti que j’étais sérieux. Il hocha la tête, mais son air mécontent ne le quitta pas.
Comme il ne semblait pas tout à fait convaincu, je baissai la voix autant que possible.
« Désolé, Wangcho. Si les choses tournent mal, ces recherches pourraient mettre en danger tous ceux qui y participent. »
Le visage de Wangcho devint aussitôt livide.
« Gloups ! »
Contrairement à ce que j’espérais, Wangcho sembla comprendre tout autre chose.
« Entendu. Je ne laisserai absolument, absolument personne rôder autour du laboratoire. Je veillerai aussi à ce que personne ne puisse jeter un œil à vos recherches. »
« Ce n’est pas la peine d’en faire autant… »
Tch.
À peine le malentendu selon lequel je n’avais pas de cicatrices de brûlure avait-il été dissipé qu’un autre avait surgi.
J’envisageai de lui réexpliquer, mais décidai de laisser tomber.
L’incident avec Belgian m’avait appris qu’on ne pouvait pas dissiper les malentendus avec des mots.
Quand les recherches seraient terminées, le malentendu se dissiperait de lui-même. Et s’il persistait, tant pis.
Trop paresseux pour me justifier, je me contentai de hocher la tête.
Ce genre de malentendu pourrait même aider à préserver le secret.
« Eri, porte les œufs. On va à l’entrepôt de la clinique. »
« Ils sont tous pour les recherches ? »
« … Je cuisinerai les œufs non fécondés à part, ne t’inquiète pas, on ne les gaspillera pas. »
« Alors, je veux une omelette. »
« Très bien. »
Ravie, Eri saisit à deux mains un panier rempli d’œufs fécondés.
Sa force physique avait tellement augmenté de jour en jour que je ne pouvais plus rivaliser avec elle.
Nous nous rendîmes dans mon petit laboratoire privé, derrière la clinique.
Mon laboratoire privé de la Fosse des Limbes avait été aménagé dans un entrepôt rénové.
« Eri, attends dehors. »
« D’accorrrd~ »
Après m’être assuré qu’Eri avait quitté le laboratoire, je verrouillai la porte et me préparai sérieusement à l’expérience.
« D’abord, le grimoire de Belgian. »
Je tournai la molette du coffre-fort et en sortis le pus de vache ainsi que le grimoire de Belgian.
Puis j’ouvris le flacon et posai le carnet de Belgian à côté.
[Sanio et Putro. (Pus et putréfaction.)]
Je sentis le mana s’écouler de mon corps.
Je ne pouvais activer la magie nulle part ailleurs, mais au laboratoire, je pouvais lancer les sorts adaptés.
Si je ne pouvais pas devenir mage, c’était parce que je n’avais pas le talent nécessaire pour saisir l’état des variables dans un environnement non contrôlé.
Autrement dit, tant que les conditions étaient maîtrisées, même moi, je pouvais lancer autant de sorts que je le voulais.
« Si je ne peux pas me prétendre mage, je peux au moins me dire lanceur de sorts. »
La plupart des utilisateurs de magie axés sur la recherche qui n’étaient pas parvenus à devenir mages étaient comme moi.
Ils pouvaient utiliser une certaine quantité de magie dans leurs laboratoires ou leurs ateliers.
Mais même dans ce cas, les conditions devaient être si précises qu’un seul passage du personnel de ménage suffisait à les empêcher de lancer des sorts le lendemain.
[Morde Cuten Eos. (Rongez leur peau.)]
À mesure que l’incantation avançait, une fumée pâle s’éleva du flacon de pus.
Sa couleur différait de la fumée noire de Belgian.
Les catalyseurs n’étaient que légèrement différents, mais j’ignorais la raison de cette variation.
Je devrais élucider la question petit à petit.
[Efflora, Morbiflos. (Fleuris, fleur de la peste.)]
L’incantation prit fin.
Une brume blanche suivit les valeurs de formule que j’avais définies et enveloppa un plateau d’œufs posé sur la table d’expérience.
J’examinai les œufs et en sélectionnai dix.
« Vingt échecs… »
Comme j’avais modifié une malédiction conçue pour les humains afin qu’elle agisse sur des œufs, le taux d’échec était assez élevé.
Je plongeai les dix œufs dans de l’eau bénite.
J’avais beau l’avoir affaiblie grâce à la formule, elle restait une malédiction conçue pour tuer des gens.
Pour résister à une telle malédiction, les œufs n’avaient d’autre choix que de compter sur l’eau bénite.
« C’est comme fabriquer un vaccin à partir d’une arme biologique. »
Normalement, l’ordre aurait dû être inversé.
Avec un sourire d’autodérision, je plaçai les dix œufs restants dans une boîte chauffante.
J’inscrivis la date du jour sur la boîte et la poussai dans un coin du laboratoire.
Puis je sortis une boîte déjà entreposée là, datée de quatre jours plus tôt.
C’étaient les œufs que j’avais maudits de la même façon quatre jours auparavant, dont j’avais neutralisé les effets avec de l’eau bénite diluée et que j’avais placés dans un incubateur.
« Voyons ça. »
La boîte contenait six œufs.
Avec un mélange d’impatience et de nervosité, j’en plaçai un sous la lampe.
Si l’expérience avait réussi, la lumière traversant l’œuf révélerait un embryon de poussin qui remuait à l’intérieur.
« Le premier… »
L’intérieur de l’œuf était d’un brun sombre et trouble, comme de l’eau d’égout.
Il m’avait déjà paru suspect avant même que je le place sous la lumière.
La coquille était couverte de minuscules fissures, comme si elle avait pourri.
Avec un sourire amer, je jetai le premier œuf à la poubelle.
« Le suivant… »
Le deuxième œuf.
Sa coquille avait l’air plutôt jolie.
Mais quand je le plaçai face à la lumière, je ne vis aucun embryon à l’intérieur. Il n’y avait que du pus.
Un échec.
« Suivant. »
Le troisième… le quatrième…
Et le sixième.
« Encore un échec… »
Je poussai un soupir las et posai une main sur mon front.
Aucun des six œufs fécondés n’avait survécu.
Ils avaient tous noirci et pourri, éclaté en répandant du pus et une odeur infecte, ou s’étaient ratatinés.
« Soit la malédiction est trop puissante, soit l’eau bénite ne l’atténue pas assez. »
Mais je ne pouvais pas utiliser trop d’eau bénite.
Sinon, la malédiction elle-même mourrait.
« Il y a trop de paramètres à ajuster. »
Je devais d’abord modifier la formule pour qu’elle fonctionne mieux sur les poussins. Ensuite, il me fallait trouver comment réduire davantage sa puissance et l’équilibrer avec l’eau bénite.
« Pfiou… »
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi perdu.
Depuis la quinine, en fait.
J’avais longtemps cru que la sève était la matière première, avant de découvrir que, dans ce monde, c’était l’écorce qui servait d’ingrédient.
« Enfin, c’est ça, la recherche. »
La recherche magique l’était encore plus.
Contrairement à la science, même un échec ne fournissait aucune indication.
Quand la magie échouait, elle se contentait de vous prendre votre mana. Elle ne donnait aucun indice sur la cause de l’échec.
Le mage Fitz m’avait d’ailleurs expliqué cela en détail dans le grimoire qu’il m’avait offert.
« Ce vieux monsieur a lui aussi échoué des milliers de fois dans ses recherches sur l’eau bénite. »
Le grimoire qu’il m’avait donné racontait en détail son parcours pour découvrir une magie utilisant l’eau bénite comme médium.
Son journal de recherche, qui semblait toujours en cours, s’achevait sur sa cinq mille deux cent quatorzième entrée.
« Comparé à ça, je n’en suis qu’à mon quinzième échec. »
L’érudition n’était-elle pas le récit des échecs ?
Alors, même si j’avais échoué aujourd’hui, je ne m’impatientais pas particulièrement.
Je n’avais que douze ans et il me restait encore toute une vie devant moi.
« Surtout, je suis le protagoniste d’une histoire de malentendus. »
Je ricanais et rangeai la boîte.
Puis je consignai dans mon journal de recherche l’expérience du jour et les améliorations à apporter.
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