WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Haruto
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le médecin des ténèbres pris pour un saint ◈
Chapitre 25 : L’hiver dans la Fosse des Limbes (6)
──────
Le majordome en chef quitta la chambre de Julian et sortit aussitôt du manoir.
« … Il neige encore. »
La saison des blizzards battait son plein, et le monde au-delà du domaine avait entièrement blanchi.
Le majordome s’arrêta pour réfléchir.
Combien de fois le jeune maître avait-il contemplé un tel paysage depuis son arrivée au domaine ?
Il fut un temps où il regardait ce monde blanc avec des yeux si brillants.
Les enfants s’émerveillaient naturellement devant la neige.
Même Julian, qui avait perdu ses parents très jeune et n’avait jamais appris à fréquenter les enfants de son âge, souriait sans y penser chaque fois qu’il voyait la neige.
Mais, à un moment donné, Julian se mit à regarder ce monde blanc autrement.
Le sourire discret qui étirait autrefois ses lèvres à l’idée d’une bataille de boules de neige avait cédé la place à un sourire factice.
On aurait dit qu’il ne regardait pas la neige, mais le mana pollué qu’elle contenait.
Avait-il grandi trop vite ?
Pour un enfant de son âge, il avait commencé à regarder sous la surface plutôt que ce qui se trouvait juste devant lui.
Et pourtant, même alors, il n’avait pas cessé d’arborer ce léger sourire en contemplant le monde blanc.
Comme s’il jouait la comédie devant les adultes, prétendant avoir encore l’innocence d’un enfant.
Aujourd’hui n’avait pas fait exception.
« … »
Sans qu’il s’en aperçoive, le majordome était arrivé à l’annexe.
Il chassa ses pensées et épousseta la neige sur ses épaules.
Après avoir vérifié qu’il avait également débarrassé ses chaussures de la neige, le vieux majordome entra.
Il resta un moment près de l’entrée à se réchauffer, puis se dirigea vers le salon.
Toc, toc.
La porte s’ouvrit sur un homme assis sur le canapé.
Le dos parfaitement droit, l’homme avait l’air mal à l’aise dans la pièce.
Dès que le vieux majordome entra, il se leva d’un bond.
Wilhelm lui tendit la main.
« Veuillez m’excuser de vous avoir fait attendre, Shen. »
« Ce n’est rien, monsieur. »
L’homme couvert de cicatrices accepta la poignée de main avec déférence.
Il s’appelait Shen.
Dans le public, il était connu comme le capitaine de la Division des opérations spéciales d’Ironclad.
« Vous avez mené cette mission à merveille. »
Wilhelm s’assit sur le canapé en face de lui.
Comme à son habitude, il affichait un sourire bienveillant et se tapotait le genou.
Malgré cette attitude chaleureuse, Shen ne se détendit pas.
Il resta bien droit sur le canapé, observant attentivement le vieil homme.
Dans cette atmosphère pesante, le majordome en chef prépara deux tasses de thé et en posa une devant lui, l’autre devant Shen.
« Je ne connais pas bien vos coutumes, à vous autres hommes-bêtes. Je vais le servir comme j’en ai l’habitude. Cela vous convient-il ? »
« Je vous suis déjà reconnaissant de m’offrir du thé, monsieur. »
Sans attendre la réponse de Shen, Wilhelm versa l’eau chaude.
Les deux tasses se remplirent d’eau fumante.
Ce ne fut qu’après avoir plongé un sachet de thé dans chacune que le majordome reprit la parole.
« … À propos, quand nous sommes-nous rencontrés pour la première fois ? »
« Il y a un an, à peu près à cette époque, monsieur. »
« C’est vrai. Cela ne fait qu’un an. Ce n’est pas très long pour que j’aie appris à vous faire confiance, n’est-ce pas ? »
Les épaules de Shen se raidirent.
Il hocha la tête d’un air crispé.
« Vous vous souvenez ? L’année dernière, le Jeune maître vous a sauvés, vous et les membres de votre tribu, de ce cirque répugnant. Puis il vous a invité, en tant que représentant des vôtres, à dîner avec lui. »
« … Je suis profondément reconnaissant au Jeune maître pour son infinie bonté. »
« Mais vous souvenez-vous de la façon dont vous avez récompensé sa bienveillance ? »
Shen ferma les yeux.
Ses souvenirs le ramenèrent à ce jour où le monde avait blanchi et où le froid lui avait pénétré les os.
* * *
Shen et sa tribu avaient mené une existence plus proche de celle d’objets que de personnes.
Au marché aux esclaves du Secteur H, dans la Fosse des Limbes, on les exposait derrière des barreaux de fer comme du bétail, on les vendait comme de la marchandise, puis on les renvoyait dès qu’on se lassait d’eux.
Leur vie n’était qu’une répétition sans fin de ce cycle.
Ceux qu’on emmenait à la surface devenaient des poupées.
Parfois, ils servaient de cobayes à des mages qui venaient tout juste d’apprendre la magie. D’autres fois, ils étaient des cibles pour l’entraînement à l’épée.
Et sinon, des jouets pour se défouler.
Quand les nobles s’en lassaient, on les renvoyait dans la Fosse des Limbes.
Même pour des esclaves, les formalités légales nécessaires pour les tuer étaient fastidieuses.
Incapable de supporter cette existence, le père de Shen, le chef de la tribu, mourut.
Le lendemain de la prise de ses fonctions de chef par Shen, sa tribu fut renvoyée dans la Fosse des Limbes, comme d’habitude.
« Maman, où est-ce qu’on va ? »
Au milieu de la file qui descendait dans la Fosse des Limbes, un enfant de la tribu prit la parole.
Une longue file s’étirait sous le pont, dans l’obscurité.
Chacun portait au cou une étiquette d’identification, semblable à celles du bétail, qui en indiquaient la qualité.
<Transfert>, <Quarantaine>, <Non enregistré>…
La tribu de Shen faisait partie de cette file.
Des étiquettes <Numéro de citoyen non enregistré> au cou, ses membres descendaient en silence.
« Maman, je te demande encore où on va ! On n’était pas censés vivre là-haut ? »
L’enfant interrogea sa mère.
Pendant que les adultes enduraient leur terrible vie à la surface, l’enfant avait servi de poupée à habiller à une jeune noble.
L’enfant semblait incapable d’accepter qu’on le renvoie une fois de plus en bas.
« Maman ! »
Les adultes ne parvenaient pas à répondre à ses appels.
La mort de leur chef, la seule personne qui les avait maintenus unis, les avait épuisés.
Peut-être par compassion pour les adultes, l’enfant sortit soudain de la file.
Trop épuisés, les adultes ne remarquèrent même pas son absence.
Toc, toc.
L’enfant s’approcha d’une voiture noire qui descendait dans la Fosse des Limbes en longeant la file et frappa à la portière.
Lorsque Shen s’en aperçut, l’enfant avait déjà frappé.
C’en était fini d’eux.
Cette pensée s’empara de Shen et des membres de sa tribu.
Les voitures étaient le symbole de la noblesse.
Et l’enfant venait de frapper à la portière sans le savoir.
« Non ! »
La mère de l’enfant cria, mais trop tard.
Au vu des nobles qu’ils avaient rencontrés jusque-là, il n’aurait rien eu d’étonnant à ce que la vitre s’abaisse et qu’un canon se braque sur le front de l’enfant.
Incapables de regarder la suite, Shen et les siens fermèrent les yeux.
Mais ce qui arriva fut tout autre que ce qu’ils avaient imaginé.
La voiture ne réagit pas le moins du monde aux coups frappés par l’enfant.
« Je suis désolé ! Je suis désolé ! »
La voiture poursuivit sa descente dans la Fosse des Limbes comme si de rien n’était, laissant derrière elle les soldats qui s’inclinaient à répétition.
Ce fut tout.
L’enfant n’avait pas la moindre blessure. On lui accrocha une autre étiquette de métal au cou, puis il rejoignit la file.
« Pourquoi as-tu fait une chose pareille ?! »
« Mais… j’ai croisé le regard de l’enfant qui était dans la voiture ! »
La mère attrapa brusquement l’enfant qui venait de revenir et le serra contre elle en le réprimandant.
Les adultes de la tribu lui dirent eux aussi de ne jamais recommencer.
À l’époque, aucun d’eux n’aurait pu imaginer que cela deviendrait le début d’un lien.
Ce soir-là,
un guérisseur du peuple des petites gens vint voir Shen et sa tribu, qui avaient été parqués dans le terrain d’exposition du Secteur H.
Masqué d’un corbeau, le guérisseur se présenta comme le directeur Schnabel, de la Compagnie marchande Merkuer.
« Je voulais donner une petite aumône à cet enfant, mais j’étais en route pour le travail et je n’avais pas le temps. Alors, l’enfant est-il ici ? »
À côté du directeur, qui soulevait légèrement son chapeau en guise de salut, un jeune homme qui semblait être son garde poussa un soupir.
* * *
« Si le chef de la maison vous réprimande pour avoir ramassé ce genre de choses, je ne serai pas responsable. »
« Ne t’en fais pas, Otto. Ce n’est pas la première fois. Il y en a eu beaucoup d’autres avant toi. »
« Pourquoi se donner tant de mal pour des gens comme eux… ? »
« Qui sait ? Même les excréments de porc peuvent servir de médicament. Ils seront peut-être utiles quelque part. »
Après avoir acheté toute la tribu, le directeur l’envoya à la Place Civitas.
Il transforma un entrepôt de la compagnie marchande en logement et fournit aux membres de la tribu des repas et des soins élémentaires.
« Hmm. Même moi, je ne peux pas effacer les cicatrices quand les fonds manquent. Mais je rapprocherai les bords de la peau autant que possible. »
Le directeur Schnabel accomplissait des miracles avec une simple aiguille et du fil.
Après avoir accompli pour chacun des membres de la tribu des miracles qui rivalisaient avec un sort de guérison de bas niveau, le directeur leur fournit des repas chauds et un endroit où dormir.
Puis il invita Shen, le représentant de la tribu, dans un restaurant chic.
« J’espère que le repas sera à votre goût. Ah, ne vous souciez pas des bonnes manières. Nous serons seuls ici ce soir. »
Le président de la compagnie marchande l’accompagnait comme un serviteur. Le directeur Schnabel coupait tranquillement sa viande tout en discutant avec Shen.
Pour Shen, tout cela ressemblait à un mensonge.
Non, il était certain que c’en était un.
Qu’est-ce que ce noble manigance, cette fois ?
Enfant, Shen avait cru un jour les paroles d’un noble qui prétendait être son ami, avant d’être trahi.
Depuis, il ne croyait plus à la bonté des nobles.
Il avait appris à cette occasion que, pour les nobles, l’amitié ne valait pas mieux que l’affection qu’on porte à une poupée.
Je dois m’enfuir avant qu’il ne soit trop tard.
Ainsi, le soir de ce premier dîner, tandis que Julian assurait des consultations nocturnes, Shen vola plusieurs pièces d’argent dans son portefeuille, puis s’enfuit.
Il était mû par cette notion du devoir, déformée, qui lui dictait de sauver au moins sa famille de ces mains maléfiques.
Le lendemain matin, avant même d’avoir pu envisager leur fuite, Shen fut capturé et contraint de s’agenouiller devant le directeur.
« Jeune maître, que devons-nous faire de lui ? »
C’était le majordome en chef qui avait capturé Shen.
Comme s’il s’y était attendu, il avait déjà soudoyé les proches de Shen.
Shen baissa la tête en entendant la voix froide du vieil homme au-dessus de lui.
N’aurait-il pas dû s’y attendre ?
Ils allaient maintenant montrer leur vrai visage.
Ils ôteraient leurs masques bienveillants et laisseraient apparaître le sadisme qu’ils dissimulaient.
Mais, après un long silence, le directeur au masque de corbeau déclara :
« Pourquoi as-tu pris des pièces d’argent ? J’aurais donné des pièces d’or à ceux qui voulaient partir. »
Shen releva la tête.
Dans les yeux visibles derrière le masque, il n’y avait ni colère ni mépris, seulement de la confusion.
« Il semble y avoir eu un malentendu. Je vais te le redemander. Des pièces d’or, une corde ou une dague : que choisis-tu ? »
À cet instant, l’esprit de Shen se vida.
* * *
« … Je n’ai pas oublié ce jour, pas un seul instant. »
Shen répondit d’une voix rauque.
Il posa un fourreau vide sur la table.
Ce jour-là, la tribu de Shen avait eu le droit de choisir entre trois possibilités.
Elle pouvait choisir la corde, recevoir une éducation et saisir une chance de s’en sortir.
Elle pouvait choisir les pièces d’or, quitter son nid et recommencer ailleurs.
Ou elle pouvait choisir la dague, prêter allégeance et se voir promettre vengeance.
La Force spéciale d’Ironclad était composée de ceux qui avaient choisi la troisième option.
Shen était de ceux-là.
« Si je le pouvais, je ne voudrais rien tant que remonter le temps. »
« Bien. Au moins, tu as la décence d’éprouver de la honte. »
Wilhelm plissa les yeux.
Au même instant, l’atmosphère de la pièce se refroidit.
« Pour être honnête, je ne te fais toujours pas confiance. »
« … »
« Vu mon passé, j’ai vu bien trop de fois à quel point les gens peuvent être ignobles. Je suis du genre à croire qu’on ne change pas. »
« … »
« Et je n’ai pas oublié que tu as trahi la bienveillance du Jeune maître. Sais-tu à quel point tu l’as blessé ? »
« Il a dû en avoir le cœur brisé… »
Tss.
Wilhelm claqua la langue, coupant Shen dans son élan.
« Après ça, le Jeune maître a cessé de remercier qui que ce soit en dehors de ce domaine. Tu crois qu’un simple “cœur brisé” suffit à réparer ça ? »
« … »
« Même à ton retour de mission, il ne m’a jamais demandé de te transmettre ses remerciements. J’ai dû aborder le sujet moi-même. »
Wilhelm croisa les jambes et baissa les yeux vers sa tasse.
Oui.
Il s’en souvenait.
Voilà pourquoi Julian ne souriait plus sincèrement lorsqu’il voyait la neige.
Shen n’était pas le premier à trahir la bienveillance de Julian.
Les nombreux adultes vers lesquels Julian avait fait le premier pas l’avaient toujours trahi.
Les serviteurs de ce domaine, les autres dirigeants de la Compagnie marchande Merkuer, et même les patients qu’il avait soignés dans la Fosse des Limbes.
Ces adultes répugnants avaient piétiné sans merci la bienveillance pure d’un enfant.
Chaque fois, Julian réagissait de la même façon.
« Ils ont beaucoup souffert. Je dois essayer de comprendre. »
Mais Julian, celui qui prononçait ces mots, ne pouvait pas ne pas en souffrir lui aussi.
L’enfant, qui avait grandi trop vite, était devenu si habile à dissimuler ses blessures que le vieux majordome mit du temps à les remarquer.
Lorsqu’il s’en aperçut, Julian avait commencé à trouver des justifications à toute la bienveillance qu’on lui témoignait, ainsi qu’à celle qu’il offrait aux autres.
« C’est… oui. Je n’ai fait ça que par politesse. »
« Inutile de me remercier. C’était la moindre des choses. »
À partir de là, Julian ne témoigna plus jamais de gratitude sincère.
Et seul le majordome en chef, qui s’occupait de lui depuis ses un an, était capable de le remarquer.
La seule consolation, c’était que cet état avait commencé à s’améliorer un peu deux ans plus tôt.
Depuis que la famille de la Maison Nihirit l’avait accepté, Julian ne cherchait plus d’excuses à la bienveillance des autres, du moins au sein du domaine.
Mais Shen avait gravement ébranlé le fragile rétablissement de Julian.
Grincement.
À ce souvenir, le vieux majordome serra les dents, oubliant jusqu’à sa dignité.
Il souleva sa tasse de thé.
Il la fit passer une fois sous son nez, calmant les émotions qui montaient en lui avant de reprendre.
« Le Jeune maître avait beaucoup souffert. Je pensais que ses blessures commençaient tout juste à guérir, et voilà que tu es allé les rouvrir. Je ne crois pas qu’on puisse appeler ça avoir le cœur brisé. »
« Je pense avoir commis un péché digne de mort. Je suis prêt à expier jusqu’à la fin de mes jours. »
Combien de fois avaient-ils déjà eu cette conversation ?
Pourtant, Shen ne pouvait pas se plaindre.
Une blessure causée par une lame ne laissait parfois qu’une cicatrice, mais celle qu’on subissait après s’être fait mordre la main tendue pour aider pourrissait de l’intérieur.
Maintenant qu’il savait que la bienveillance de Julian n’avait jamais été feinte ni trompeuse, Shen ne pouvait reprocher au majordome en chef de le haïr à ce point.
Lui-même était rongé chaque jour par un terrible dégoût de soi.
« Je le répète : je ne te fais pas confiance. La première trahison est la plus difficile. »
« … »
« Alors, même si tu dis vouloir expier jusqu’à la fin de tes jours, ça ne me rassure guère. Tu ne peux pas me donner un objectif plus concret ? À vrai dire, je serais plus tranquille si tu me disais simplement quand tu comptes partir. »
À cette question incisive du majordome en chef, Shen hésita un instant.
Puis il reprit la parole.
« J’expierai jusqu’à ce que le Jeune maître me remercie. »
Les épaules du majordome en chef tressaillirent.
Cela signifiait que Shen savait lui aussi dans quel état se trouvait Julian.
« … Tu ferais mieux. »
Wilhelm prit une gorgée de thé et ferma doucement les yeux.
Quand le vieux majordome les rouvrit, son regard avait retrouvé sa douceur habituelle.
« Très bien. Parlons maintenant des récompenses que le Jeune maître a prévues pour vos efforts. »
Le vieux majordome se mit à énumérer les récompenses que Julian avait préparées pour l’homme assis en face de lui.
Pourtant, à mesure qu’il en annonçait de nouvelles, le cœur des deux adultes présents dans la pièce s’alourdissait.
* * *
Il était une fois un jardin rempli de lys blancs.
Un jour, plusieurs roses rouges y poussèrent.
Un jeune lys s’approcha des roses et leur demanda :
« Bonjour. N’est-ce pas une belle journée ensoleillée ? »
Mais, au lieu de répondre, les roses piquèrent le lys de leurs épines.
Le lys blessé interrogea une autre rose :
« Bouhou… Pourquoi cette fleur m’a-t-elle piqué ? »
Mais cette rose piqua le lys à son tour, sans lui fournir la moindre explication.
« Ça fait mal… Pourquoi les fleurs me piquent-elles… ? »
Le lys interrogea une autre rose blessée.
Et cette rose piqua elle aussi le lys.
Le temps passa, puis un nouveau lys arriva de loin dans le jardin.
« Waouh, quel beau jardin ! J’aimerais être ami avec vous tous ! »
À ces mots, le lys couvert de blessures poussa un cri de terreur.
« N’approche pas ! Tu veux me faire du mal, pas vrai ? Tu veux me mettre en pièces, c’est ça ? »
Le lys blessé taillada sans pitié la fleur qui s’approchait de lui.
Puis, lorsqu’il reprit ses esprits, le lys comprit quelque chose.
Les pétales de la fleur rouge qui s’était approchée de lui étaient blancs.
Ce qui était devenu rouge, en réalité, c’était sa propre vision.
Et les épines qui l’avaient blessé avaient fini par couvrir densément son propre corps.
« Ah… Aaah… »
Le lys qui avait piqué son nouvel ami poussa un cri.
« Je devrais m’excuser tout de suite… »
Mais, en voyant ses bras couverts d’épines, le lys blessé changea d’avis.
« Non. Après tout, j’ai… toujours été comme ça. »
Au lieu de s’excuser, il choisit de se trouver des excuses.
Quelques mois plus tard.
« Quel magnifique jardin de roses. »
Le jardin, autrefois peuplé de fleurs d’un blanc pur, était devenu un jardin de roses rouges.
Notes :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>