Chapitre 518
Arc 5 : Je suis profondément déçu 16 février Écrit par Pure Preview
Chapitre 521 : Wei Yang (魏杨)
Qi Xia sembla tourner définitivement la page sur cette affaire. Il continua d’avancer sans un mot, refusant de répondre aux questions que Chen Junnan ou Qiao Jiajin lui posèrent.
L’espace d’un instant, il avait semblé ouvrir son cœur. Mais il le referma aussitôt, ne laissant paraître que cette froideur impénétrable.
Les trois hommes poursuivirent leur route vers l’est en silence. Au bout d’une heure environ, les hauts immeubles avaient disparu, remplacés par des maisons basses et modestes. Plus surprenant encore, de nombreux habitants indigènes vivaient toujours dans le coin. Ils déambulaient, hébétés, répétant sans cesse les mêmes gestes, tels des machines.
Une heure et demie plus tard, ils ne virent plus aucune trace des {Branches Terrestres}. Seuls quelques habitants indigènes apparaissaient encore de temps à autre. Une demi-heure après, ils se firent eux aussi rares.
Tout autour d’eux, au-delà de la route craquelée et abandonnée qui s’étendait sous leurs pieds, s’ouvrait une étendue désolée. Pourtant, cette terre en friche ne ressemblait à aucune de celles du monde réel : aucune mauvaise herbe n’y poussait, seulement la terre nue, à découvert.
« Vous ne trouvez pas qu’il y a très peu de végétation, ici ? demanda Qi Xia.
Chen Junnan et Qiao Jiajin jetèrent un regard distrait aux alentours. Qi Xia s’attardait toujours sur des détails que la plupart des gens auraient jugés insignifiants.
« Ce n’est pas si étrange, fit remarquer Chen Junnan. Est-ce qu’une plante pourrait seulement survivre ici ? Le soleil, là-haut, est anormal, et l’air empeste… Ce n’est pas vraiment un endroit où la vie peut s’épanouir. »
Qi Xia acquiesça en silence et se tut. Ils continuèrent d’avancer une dizaine de minutes, jusqu’à ce que la fatigue commence à les ronger. Alors, au loin, de l’autre côté de la terre en friche, une maison apparut.
C’était une bâtisse basse, entièrement construite en bois, dont l’extérieur tombait en ruine. Nombre de ses planches étaient fendillées comme une peau ridée. Sous le soleil couchant du {Point Final}, elle avait quelque chose de grotesque et de menaçant.
Ils avancèrent encore de quelques centaines de mètres. En regardant derrière la petite maison, ils aperçurent une clôture grossière, faite de ferraille et de bois abandonné. À l’intérieur, le spectacle leur glaça le sang.
Des rangées de {épouvantails} se dressaient.
On les appelait des {épouvantails}, mais en y regardant de plus près, on découvrait quelque chose de profondément troublant : chacun tressaillait légèrement et ses yeux roulaient dans leurs orbites.
Ce n’étaient pas de simples {épouvantails}.
Dans ce petit « champ », des dizaines de croix en bois étaient plantées dans le sol. Chacune retenait un {habitant indigène}. Les bras écartés et attachés aux traverses, ils étaient parfaitement immobiles, pareils à de véritables épouvantails humains.
Et les {cultures} des champs n’étaient pas moins terrifiantes.
Des mains et des pieds tranchés perçaient le sol, disposés avec soin, comme si on en prenait grand soin.
Le champ était cultivé avec minutie. La terre autour de chaque membre semblait fraîchement retournée et humide, comme si on l’avait arrosée.
Certains membres avaient séché et noirci, leur surface ridée comme l’écorce d’un arbre mort ; d’autres étaient encore frais, rouges et luisants de sang.
Une brise légère porta la puanteur à travers le champ et les frappa tous les trois de plein fouet.
« Je… Putain… » Les lèvres de Qiao Jiajin tremblèrent. « Petit Escroc… Junnan… On… on est en enfer ? »
« Ça a toujours été l’enfer, répondit froidement Qi Xia. Peu importe les actes, peu importe leur auteur… ici, tout paraît parfaitement banal. »
À cette vue, Chen Junnan déglutit avec difficulté. « J’ai un mauvais pressentiment… Il… Il est complètement fou. Bien pire qu’il y a sept ans. On va vraiment essayer de discuter avec lui ? »
« À voir ça, il a dépassé de loin la folie, dit Qi Xia. À côté, Chu Tianqiu était d’une douceur absolue. »
« Ces deux-là sont faits du même bois… » remarqua Chen Junnan en fronçant les sourcils.
Il se souvint s’être réveillé dans le sous-sol de Chu Tianqiu, au milieu de masques d’animaux tachés de sang et de plusieurs têtes de {Branches Terrestres de rang Terrestre}. Les ténèbres moites et oppressantes dégageaient une puanteur écœurante. Cette scène n’avait rien à envier à ce champ.
« On… on frappe à la porte ? » demanda timidement Qiao Jiajin.
« Euh… » Chen Junnan se gratta la tête, hésitant. Face à un fou pareil, était-il seulement nécessaire de frapper ?
Les trois hommes restèrent figés devant l’entrée. Soudain, la porte en bois de la maison trembla. Une silhouette maigre en sortit, un arrosoir en métal rouillé à la main.
« C’est lui ? demanda Qi Xia.
« Oui… » Chen Junnan hocha la tête, les yeux rivés sur l’homme maigre d’âge mûr. « Il n’a pas changé d’un poil. »
De loin, Wei Yang avait manifestement remarqué les trois hommes dans la rue. Son expression vacilla un instant, puis il se redressa, son arrosoir à la main, et les dévisagea en silence pendant plusieurs secondes tendues.
Enfin, il ouvrit la bouche et marmonna d’une voix rauque : « Impressionnant. »
Ce n’est qu’alors que Qi Xia distingua les traits de Wei Yang. Il était plutôt beau, et avait sans doute été remarquable dans sa jeunesse, mais le temps avait creusé de profonds sillons sur son visage. Le {Point Final} avait ajouté une pointe de folie à son regard.
Il se tenait à présent à une douzaine de pas d’eux, auréolé d’une présence inquiétante. Même Qi Xia n’osait pas avancer.
Voyant que les trois hommes ne bougeaient pas, Wei Yang se pencha lentement, posa l’arrosoir derrière lui et, une main sur l’abdomen, leur adressa une révérence étonnamment polie. Puis il se retourna et se dirigea vers son {champ}.
Déconcerté par son comportement étrange, Qi Xia murmura : « Il nous reconnaît. »
« Probablement, répondit Chen Junnan en hochant la tête. Il a toujours été du genre à cacher un couteau derrière son sourire. »
Wei Yang leur tourna le dos et emporta l’arrosoir dans le champ. Il se pencha pour examiner les membres tranchés, en écarta délicatement la poussière, puis dirigea le bec de l’arrosoir vers eux.
Les trois hommes suivirent chacun de ses gestes. Ce n’est qu’alors qu’ils comprirent que ce qui coulait de l’arrosoir n’était pas de l’eau, mais un sang épais et noirci.
Le liquide visqueux s’écoula du bec en filaments collants, recouvrant les membres tranchés et rendant ce tableau déjà terrifiant encore plus grotesque.
« Hmmm… Hmmm… » Wei Yang fredonnait à voix basse un vieux morceau. La mélodie leur disait vaguement quelque chose, mais aucun ne parvenait à se rappeler où ils l’avaient entendue. Il se comportait comme s’il cultivait un champ ordinaire : il arrosait chaque membre tout en chantonnant doucement.
« La Nuit approche. On ne peut plus attendre, dit Qi Xia en réprimant la nausée qui lui retournait l’estomac. Je vais lui parler. »
Il venait de faire un pas quand Wei Yang prit soudain la parole, comme s’il se parlait à lui-même. « Je n’irai pas. »
« Quoi ? »
« Me rebeller contre le {Dragon Céleste}, détruire tout le {Point Final}… Je ne le ferai pas, déclara Wei Yang. » Après avoir terminé son {arrosage}, il vérifia l’état de ses {cultures}, puis se retourna avec un large sourire. « Ceux qui veulent mourir sont libres de le faire. Mais je ne veux pas être mêlé à ça. »
À ces mots, il leva la main et s’essuya la joue. En un instant, une traînée de sang noir rougeâtre lui barbouilla le visage.
Note du traducteur : J’ai trouvé l’illustration officielle de ce chapitre~
Source : https://weibo.com/6560746089/PewvufdRC