Chapitre 115
Volume 5 Chapitre 114 – Renforts (4)
[Traducteur – jhei]
[Correcteur – yukitokata]
« C’est… »
« L-La Maîtresse du Palais Caché, Talaris Endorma ?! »
Parmi les magiciens de haut rang de la Septième Tour, il n’en était aucun qui ne connût le visage de l’Araignée des Abysses.
Les magiciens qui bombardaient Murakan de sorts s’arrêtèrent simultanément. Midor, lui aussi, ne put s’empêcher de fixer le crapaud blanc.
« Vous avez réussi, Sir Kashimir ! »
Jin manqua de s’évanouir sous le coup d’un immense soulagement. Il avait poussé son corps bien au-delà de ses limites physiques ; la seule chose qu’il pouvait encore faire était de rester debout.
Alors que le déluge de sorts marquait une brève pause, Murakan courut rapidement soutenir Jin.
« Si ce crapaud était arrivé deux secondes plus tard, je n’aurais plus jamais pu te revoir. Kuku, gamin. Est-ce la première fois qu’un amphibien te semble aussi séduisant ? Le Crapaud des Neiges Mort. Dire qu’il existe encore un humain capable d’invoquer cette chose à notre époque. »
La bête invoquée, le Crapaud des Neiges Mort.
Il était plus imposant que les dragons des magiciens et portait une volumineuse barbe blanche, comme s’il avait vécu des milliers d’années.
Une bête invoquée qui ne pouvait être contrôlée que par l’élue de la Myriade de Glace. À chaque coassement de Mort, Talaris hochait la tête.
« Oui, le voyage fut long. Va te reposer jusqu’à ce que je t’appelle à nouveau, mon mignon. »
Swoosh.
À la surprise générale, le corps massif de Mort disparut instantanément dans le portail dimensionnel blanc.
Tandis que le portail se refermait, Talaris et Syris atterrirent sur le sol et observèrent les environs.
« Voyons voir… Le gamin qui a reçu les fleurs de neige du Palais Caché… Ah, le voilà. »
Une trentaine de magiciens de haut rang et six dragons étaient en proie à l’anxiété. Ils ne parvenaient pas à assimiler la série d’événements qui venait de se dérouler. Même les dragons, qui ignoraient la notoriété de Talaris, ne bougèrent pas d’un pouce.
Le cours de la bataille avait basculé instantanément à son apparition.
Les autochtones poursuivirent leur rituel tandis que la situation évoluait.
Clip, clop.
D’un pas léger, Talaris ricana en marchant vers Jin sans accorder un regard à Midor. Au moment où elle passa devant le Zipfel, Midor ressentit une humiliation indicible. Pourtant, il n’osa pas l’attaquer dans le dos.
S’il l’avait fait, sa tête aurait été tranchée avant même qu’il ne s’en rende compte.
« Oh là là, tu es dans un état pitoyable. M’entends-tu seulement ? »
« Oui, Madame Talaris. »
« Oui ? Très bien. Avant de t’aider, laisse-moi te poser une question. As-tu vraiment tué mon 307e petit ami ? »
« Pardon ? »
« Je parle d’Alkaro Tzendler. »
Le trafiquant de drogue que Jin avait éliminé lors de sa mission d’assassinat, à l’époque où il était cadet.
Pris au dépourvu par cette « petite discussion », Jin s’éclaircit la gorge, oubliant temporairement sa douleur insupportable. Syris secoua la tête, gênée pour lui.
« Oh, ça… »
« Je ne cherche pas à t’en vouloir. J’allais me débarrasser de ce drogué de toute façon. En revanche, essaie de me présenter quelqu’un de mieux après en avoir éliminé un. Comme ce beau gentleman à tes côtés. »
Jin et Syris étaient stupéfaits, mais ils ravalèrent leur surprise. Murakan haussa les épaules.
« Hmph, "beau gentleman", dites-vous. Je dois dire que vous savez reconnaître les gens. Et votre entrée était pour le moins extravagante. »
« Dans ce cas, nous devrions prendre un verre à l’occasion. Quoi qu’il en soit, ma fille. Va aider ton amant et allez gambader dans l’herbe ou je ne sais quoi. J’ai quelques affaires à régler. »
« Je t’ai dit que ce n’était pas mon amant… Haaa, peu importe. Bonne chance, mère. »
« Oui, oui. Oh, et tu devrais être très reconnaissant envers ma fille. Sans elle, je ne serais même pas ici. »
Crac-crac.
Talaris se retourna et un mur de glace jaillit du sol, encerclant Jin. Elle utilisait la « Myriade de Glace » pour protéger ses priorités.
Un simple geste de la main lui avait suffi pour créer une barrière indestructible. Murakan était impressionné.
Talaris fit de même pour les autochtones.
« Dieu merci. »
Soulagé, Jin finit par lâcher prise et laissa son corps s’effondrer au sol. Syris passa son bras autour de son cou.
« … Ça fait longtemps, Jin Runcandel. J’étais certaine que nous nous affronterions en duel la prochaine fois que nous nous verrions, mais je n’aurais jamais imaginé que ce serait dans ces circonstances. »
« Lady Syris, merci. Je vous suis redevable. »
« Inutile. Il n’est pas question que je te laisse mourir avant de t’avoir vaincu. »
« Urgh. »
Jin laissa échapper un gémissement et la Rune de Myulta se désactiva. Tout le sang accumulé dans son heaume s’en échappa.
« Oh non… Il tenait debout dans cet état ? Je n’ai jamais vu autant de sang ! »
L’énergie spirituelle, le mana et l’aura étaient mêlés au sang de Jin, lui donnant un éclat sombre. Syris sortit rapidement une potion et installa Jin sur ses genoux.
« Je suis désolé… »
« Silence. »
Syris versa calmement la concoction dans la bouche de Jin. Murakan sourit à cette vue.
« Ça a l’air d’aller. Je m’excuse si je perturbe votre petit moment. Dois-je vous laisser un peu d’intimité ? »
Murakan était d’excellente humeur.
Il n’y a pas si longtemps, il se préparait à ne plus jamais revoir Jin, mais avec l’amélioration de la situation, il était soulagé.
« Hmph. De tous les dragons que j’ai rencontrés, tu es le plus puéril. »
« Hein ? Comment savais-tu que j’étais un dragon ? »
« Ma mère n’appelle pas n’importe qui "beau gentleman". Elle ne réserve ce terme qu’aux dragons. Et je ne suis pas d’humeur très joyeuse en ce moment, alors j’aimerais que tu arrêtes tes pitreries. »
« Fufu, d’accord. J’ai besoin de repos de toute façon. Je te laisse le gamin. »
Pouf !
Murakan se transforma en chat. Il fit les cent pas autour de Jin avant de s’installer près de lui. Syris ricana.
« Attends, était-ce le chat que j’ai vu au banquet ? C’était un dragon ?! »
Elle frissonna en se rappelant avoir caressé et cajolé Nabi Runcandel après avoir affronté Jin lors du banquet des Runcandel.
« Jin Runcandel. Je n’aime pas trop l’atmosphère qui t’entoure. »
Pourtant, elle ne détestait pas vraiment sentir les cheveux humides de Jin sur ses genoux.
De l’autre côté de la barrière, les magiciens attendaient le prochain mouvement de Midor.
Puisque la Maîtresse du Palais Caché était entrée dans la bataille, allaient-ils battre en retraite silencieusement ou se battre au nom des Zipfels ?
D’un point de vue technique, la première option était la plus sage ; la seconde ne l’était pas. L’affronter relevait de l’impossible.
Pourtant, Midor choisit la seconde.
« Même si l’adversaire est la Maîtresse du Palais Caché, je ne peux pas laisser le meurtrier du pilier s’en tirer. »
Il avait aussi un atout dans sa manche.
« Même avec la Septième Tour des Magiciens, elle sera un défi… mais si nous tenons bon un moment, les autres tours viendront nous renforcer ! »
Avant de venir aux Ruines de Kollon, Midor avait alerté les autres tours que Myuron était en grand danger.
—À l’heure actuelle, nous allons rassembler tous les magiciens de la Septième Tour et nous rendre sur place. Anciens, veuillez alerter la maison principale et les autres tours.
—Et les autres tours ? N’êtes-vous pas en train d’escalader la situation ?
—J’ai un mauvais pressentiment. Une invocation si tôt le matin…
L’intuition de Midor était exacte. En plus de la mort de Myuron, ils devaient faire face à la Maîtresse du Palais Caché.
Et si des renforts suffisants étaient envoyés, la victoire était à leur portée, car l’adversaire était Talaris Endorma et non Cyron Runcandel.
« Et le patriarche m’a accordé ses capacités. Même si je ne peux pas infliger assez de dégâts avec l’Explosion Spatiale, je peux au moins gagner du temps. »
Midor prit sa décision et fit un pas en avant. Ses yeux croisèrent ceux de Talaris.
« Maîtresse du Palais Caché. Je suis le vice-pilier de la Septième Tour des Magiciens, Midor Elner. J’aimerais savoir pourquoi la Souveraine de la Mer de l’Ouest interfère dans les affaires des Zipfel. »
Alors que Midor terminait sa phrase, les magiciens préparèrent leur formation de combat. Les six dragons rassemblèrent leur souffle, prêts à attaquer.
Talaris ricana avec pitié.
« Interférer dans les affaires des Zipfel ? Je règle mes propres affaires. D’ailleurs, ce sont vous qui vous mêlez de mes affaires. Si vous comprenez et que vous partez, je serai assez aimable pour vous laisser la vie sauve. »
« Je sais que le monde connaît votre force et vos compétences incontestées, mais le Palais Caché ne peut menacer le Clan Zipfel. Ces gens sont ceux qui ont tué le sixième fils du patriarche, le pilier de la Septième Tour des Magiciens. Alors, je vous prie de reculer, Maîtresse du Palais Caché. »
« Oho, c’est du sérieux. »
« Je suis certain que vous ne voulez pas des Zipfels comme ennemis du Palais Caché. De plus, cette terre fait partie de la Fédération Magique de Lutero, elle fait partie des terres des Zipfel. »
« Mais ça manque cruellement d’éclat. "Notre clan est si grand que nous sommes les meilleurs du pays." C’est le genre de choses que diraient des chiens. Enfin, on dit bien que les chiens aboient comme des loups sur leur territoire. »
Les anciens derrière Midor froncèrent les sourcils.
« Maîtresse du Palais Caché ! Vous allez trop loin— ! »
« Fermez vos gueules. »
Talaris lança des regards noirs aux anciens.
« Erk ! »
Ce fut tout ce qu’elle fit, mais les deux anciens s’effondrèrent au sol, se tenant la gorge comme s’ils étouffaient.
Les anciens tombèrent après avoir reçu le regard chargé d’une intimidation meurtrière concentrée de la part de Talaris. La « volonté » d’un chevalier 10 étoiles n’était rien de moins qu’une arme.
« Troisième ancien ! »
« Élevez une barrière ! »
Les magiciens lancèrent rapidement une barrière et, simultanément, les dragons libérèrent leur souffle.
Fwooooosh~!
Il n’y avait pas beaucoup de moments où le souffle d’un dragon semblait si pitoyable.
Talaris désintégra instantanément le souffle des six dragons.
Crac !
Alors que le souffle atteignait sa main, il se transforma en glace fragile. La glace vola en éclats et l’air scintilla de cristaux givrés. Les magiciens reculèrent instinctivement.
« N’est-ce pas glamour ? Si vous crachez votre souffle une fois de plus, vous, sales reptiles, finirez en repas pour Mort. Très bien, je pense avoir démontré la différence de puissance. Allez-vous continuer ? »
C’était la dernière chance des magiciens Zipfel. Leur dernière chance de partir sans perdre personne.
Cependant, Midor était trop aveuglé pour saisir cette opportunité de survie.
« Même si nous mourons tous en vous combattant, ceux qui seront effacés de ce monde, ce sera vous. Pas nous ! »
Boum !
Midor visa et utilisa l’Explosion Spatiale sur le cou de Talaris.
Les yeux de Talaris se crispèrent.
Elle réagit parfaitement à l’explosion et la bloqua avec sa glace, mais elle fut très surprise.
« Hein ? C’est le pouvoir de Kelliark Zipfel… Qu’est-ce que vous êtes, au juste ? »
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Reaper Scans
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