Chapitre 103
Volume 5 Chapitre 102 – La tragédie de Kollon (1)
[Traducteur – jhei]
[Correcteur – yukitokata]
Une découverte inattendue.
« Un miroir… La Fontaine de Mana… Qui aurait cru qu’une carte provenant d’un tournoi organisé par des pirates mènerait à un tel artefact ? »
Un artefact ancien révélé au monde par un courageux journaliste avant la régression de Jin.
À l’époque, le journaliste avait scrupuleusement dévoilé l’existence du miroir, ainsi que les atrocités commises par le clan Zipfel à l’encontre des natifs de Kollon.
Bien entendu, cette nouvelle fut fatale pour les Zipfels, qui se posaient en symboles et protecteurs de la paix et de la justice.
Cependant, le journaliste ne pouvait affronter seul un clan aussi puissant.
Les Zipfels firent rapidement taire ceux qui s’exprimaient avec colère contre eux.
Et la tragédie des natifs de Kollon ne fut plus jamais évoquée.
Peu après, le journaliste disparut. Il ne fallut pas longtemps pour que les gens oublient ses actes héroïques.
Les natifs de Kollon poursuivirent alors leur existence comme s’ils étaient invisibles.
« …Alors, cette carte doit avoir été réalisée par les natifs. Et comme sa valeur n’a pas été découverte, elle a été jetée ici et là. Tout comme la Rune de Myulta. »
Il était possible que les natifs de Kollon, opprimés par les Zipfels, aient souhaité que quelqu’un remarque la carte, espérant qu’un aventurier vienne les libérer.
Quoi qu’il en soit, Jin prévoyait de visiter les Ruines de Kollon.
Il devait trouver le miroir avant les Zipfels et les empêcher de créer une armée de magiciens surpuissante. De plus, il lui fallait enquêter sur les expérimentations magiques illégales menées dans la région.
Pour Jin, il y avait d’autres raisons personnelles de s’y rendre.
« Contrairement au journaliste, je n’ai pas le cœur à sauver ces gens… Mais je leur donnerais un coup de pouce si je porte quelques coups au clan Zipfel. »
Mais il y avait un problème.
« Hé, gamin. Pourquoi cette mine déconfite ? Sais-tu ce que Lathry a dessiné ? »
Ils ignoraient que Jin était au courant de la tragédie de Kollon et du miroir.
« C’est là tout l’inconvénient d’être un régresseur. »
Pourtant, le problème était simple à résoudre.
« Hm, je ne sais pas. Mais j’ai un mauvais pressentiment… Sir Kashimir, je pense que vous devriez enquêter sur le contenu de cette carte. »
C’était la raison pour laquelle il s’était installé à Tikan.
« Oui, je suis d’accord. Je suis également inquiet au sujet de l’histoire que ma fille a imaginée. C’est comme si… Je pense que cette carte est arrivée entre vos mains pour une raison précise. »
« C’est exact, Jeune Maître Jin. Pour commencer, je vais chercher partout quelqu’un capable de déchiffrer ces textes anciens. Ensuite, nous pourrons trouver notre premier indice. »
« Sir Kashimir, ce n’est qu’une intuition, mais je ne pense pas que le Paon aux Sept Couleurs devrait enquêter ouvertement sur cette affaire. Avec autant de ressentiment accumulé dans cet objet, nous ne savons pas si les atrocités ont cessé. »
« C’est un point pertinent. Hmmm, des magiciens qui massacraient les natifs… J’espère que cela n’a aucun lien avec les Zipfels. »
* * *
Reaper Scans
* * *
Le Paon aux Sept Couleurs entama immédiatement son enquête, mais ne parvint pas à grand-chose en deux semaines.
C’était prévisible.
Les natifs de Kollon faisaient partie du Royaume de Peylon, intégré à la Fédération Magique de Lutero. Et il y a des siècles, la majorité d’entre eux avait été massacrée par les Zipfels. De ce fait, il n’en restait que peu sur ces terres.
De plus, comme les rares survivants restaient piégés dans les Ruines de Kollon, il était difficile de trouver quelqu’un capable de lire la carte.
Cependant, le premier indice fut découvert dans un endroit étonnamment proche.
17 février 1796.
Après avoir terminé son entraînement matinal, il se rendit à la Force de Défense Centrale de Tikan avec Euria et Lathry afin de retrouver Alisa.
« Jin. Maman sera contente si elle reçoit ça, n’est-ce pas ? »
« Très certainement. Je suis sûr qu’elle te fera sauter en l’air en riant. »
Euria voulait offrir à sa mère un dessin de famille, alors elle avait demandé à Jin de l’accompagner.
« Bienvenue à la Défense de Tikan… Oh, Euria. Bonjour. »
« Bonjour ! Où est maman ? »
« Oh, ma fille ! Maman est ici ! Je vois que vous êtes là, vous deux aussi. Oh, qu’est-ce que c’est ? »
« Un cadeau ! »
Euria sourit et montra le dessin à sa mère.
Alisa ne put contenir sa fierté maternelle.
« Mon Dieu, tu dessines si bien ! Voyons voir… Ça, c’est papa. Voici Jin, et tu as dessiné Enya aussi. »
Gilly, Murakan, Quikantel et Lathry figuraient également sur la petite feuille. Alisa souleva Euria tout en examinant la page.
« Hahaha, tu devrais être peintre quand tu seras grande. Très bien, attends un instant ici. Maman doit se battre avec des papiers et des documents, et ensuite nous irons déjeuner. Tu veux manger un ragoût de fruits de mer ? »
« Oh ! Oh ! Des fruits de mer ! Oui ! »
Après avoir vu sa mère si heureuse et entendu le mot « fruits de mer », Euria commença à chanter une chanson ne contenant que ce mot.
Jin et Lathry ne purent s’empêcher de sourire.
Fwip, fwip.
On entendait le bruit des plumes qui s’agitaient ici et là. C’étaient les forces de défense qui traitaient des documents juridiques et les criminels qui rédigeaient leurs rapports d’auto-réflexion.
Des rapports d’auto-réflexion.
Depuis qu’Alisa avait été promue Chef de la Défense, elle faisait chuter le taux de criminalité, déjà bas, de Tikan.
Cependant, ceux qui étaient arrêtés pour avoir piétiné des fleurs dans le jardin public ou pour s’être mal comportés en état d’ébriété se contentaient d’écrire une réflexion et de faire un court séjour dans un centre correctionnel.
« La ville n’est pas si grande, mais elle la gère si bien. Lady Alisa est incroyable. L’Alliance de Huphester est gérée par les Runcandels, et pourtant, ils ont encore beaucoup de crimes graves. »
Tandis que Jin applaudissait mentalement le travail d’Alisa, Lathry observait les criminels.
« Les humains sont des créatures si mystérieuses. Pourquoi commettent-ils la même erreur s’ils savent que transgresser la loi les mènera à une punition ? »
« Je ne sais pas. Les dragons ne sont-ils pas comme ça ? »
« Mmmm… Non. Maintenant que j’y pense, les dragons sont aussi assez stupides. Haha, qu’est-ce que je raconte ? S’il vous plaît, ne dites pas à Sir Murakan que j’ai entaché la réputation de la race des dragons. »
« Il semble que vous soyez très prudent avec Murakan. Est-ce qu’il vous a intimidé ou quelque chose comme ça ? »
« Non, pas ça. Saviez-vous ce que mes parents m’ont déjà rabâché ? “Méfie-toi des dragons noirs. Surtout des frères et sœurs Murakan et Misha”… »
Lathry était clairement tombé dans les pièges du Dragon du Vent Vyuretta tout en évitant les dragons noirs.
« Et parmi mes semblables, Sir Murakan est un être légendaire. Il y a de bonnes et de mauvaises raisons à cela… Oh ? »
Tout en expliquant, Lathry s’arrêta et fixa quelque chose.
C’était un homme en train d’être interrogé par un agent de la défense. Jin regarda naturellement aussi. L’homme parlait avec lenteur et bégayait.
« Hier… j’ai… trop… bu. Je… m’excuse. »
« Hé, ne parle pas comme ça. Tu ne réfléchis pas du tout. Si tu es ivre, va à l’intérieur et dors. Pourquoi chanter au milieu de la nuit et réveiller tout le monde ? »
« Parce que… je suis triste. Ah, je suis dézolay. »
« Tu as déjà fait ça plusieurs fois. Si tu continues, le bar ne t’acceptera plus. Sais-tu combien j’ai supplié les barmans du coin de ne pas te mettre à la porte ? »
« Merci. Oh, tu veux un cigare ? »
« Ha ! Merde, je vais mourir jeune à cause de toi. Très bien, on en fume un, et tu me promets que tu boiras sans faire de grabuge. S’il te plaît. »
« Je compremds. Mais j’ai pas de cigare. »
« Putain de merde. »
Cela ressemblait à un alcoolique qui venait souvent. Il ne causait rien de grave, mais il nouait des relations avec les forces de défense à chaque visite.
Et l’homme avait la peau rouge sombre.
« Un homme-pourpre ? Sa peau est assez rouge pour un membre de cette espèce. »
Rien de trop anormal pour une ville aussi diversifiée que Tikan.
Cependant, en voyant cet homme, l’expression de Lathry se décomposa.
« Lord Jin… Cet homme ressemble exactement aux natifs que j’ai vus dans la vision lorsque j’ai résonné avec Euria. »
« Oh, vraiment ? »
« Oui, et ce langage pâteux… Cela signifie qu’il n’est pas habitué à parler la langue de cette terre. »
Il n’y avait qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net.
« Pourquoi ne lui montrerions-nous pas la carte ? Invitons-le à déjeuner par la même occasion. »
Alors que l’homme et l’agent de la défense allaient fumer, Jin les suivit. L’homme alluma un cigare. L’officier en prit une bouffée, jura un peu, puis retourna au travail.
« Hé. »
« Un gamin… Qui êtes-vous ? »
« Pourquoi n’irions-nous pas manger quelque chose ? J’ai aussi pas mal bu. »
« Oh, ça a l’air bien. Mais j’ai pas d’argent. »
« C’est pour moi. »
* * *
Les yeux de l’homme allaient et venaient. L’homme-pourpre s’appelait Alopan Tupan Meipan.
« Pan » pour faire court.
« Gamin… Pourquoi ne m’as-tu pas dit que la chef arrivait ? La chef fait peur. »
Alisa ne prêtait pas vraiment attention à Pan. Elle avait déjà entendu l’histoire de la bouche de Jin et Lathry.
« Sers-toi, Pan. Et arrête de te faire attraper. Tu es trop innocent. »
« Je vois souvent cet homme. Il est toujours là quand je vais voir maman. »
« Pas… toujours. »
Fwoooooo…
Le délicieux ragoût de fruits de mer fut servi, fumant. Les yeux d’Euria et de Pan pétillèrent.
« Merci pour le repas ! »
L’homme-pourpre ne se sentit plus gêné et commença à se goinfrer. Il semblait avoir quelques problèmes d’argent.
Après une heure de repas…
« Euh… gamin. »
« Oui ? »
« Je peux en prendre à emporter ? Mon frère a faim. »
« Prends tout ce dont tu as besoin. Mais avant de partir—Oh, ils sont là. Par ici ! »
Jin fit signe à un homme très en colère qui ouvrait la porte.
Murakan — l’homme en colère — courut vers Jin après avoir reçu le message « Apporte la carte ».
« Maintenant ça… C’est trop ! Je suis Murakan ! Murakan ! Tu peux faire faire ça au gamin à la place ! »
« Sir Kashimir est toujours occupé par son travail, et Gilly a beaucoup à faire. Enya doit étudier, et tout ce que tu fais, c’est traîner. C’est le moins que tu puisses faire. »
« Et Quikantel alors ?! »
« Elle est exclue. »
Lathry s’agita en voyant Jin réprimander Murakan. Le jeune Runcandel arracha la carte des mains du dragon de l’ombre et la montra à Pan.
« Pan, est-ce que tu… sais ce que c’est ? »
Et dès qu’il vit la carte…
« C-Ceci… Où as-tu trouvé ça ? »
Il semblait très choqué.
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