Chapitre 98
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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◈ L’Épéiste du royaume déchu
Chapitre 98
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Comment franchir les vagues (4)
De la magie du vent sans incantation, puis de la magie de feu. Enrico ouvrit et referma la bouche en silence. Son regard restait fixé sur la main de Kyle, là où la fleur avait disparu sans laisser la moindre trace. Ce qu’il venait de voir était difficile à accepter.
N’était-il pas un mercenaire qui se battait surtout à l’épée ?
Ça n’avait aucun sens. La femme en robe blanche, à la rigueur, mais Kyle, enveloppé dans une cape noire, avait tout l’air d’un mercenaire maniant l’épée. Enrico le savait mieux que quiconque. À la tête d’une compagnie commerciale, il avait rencontré toutes sortes de mercenaires, de chevaliers et de nobles. Les gens vêtus de capes grossières et de manteaux de cuir, une épée à la ceinture, étaient des épéistes neuf fois sur dix. Certains étaient capables de produire de simples flammes, mais aucun ne maîtrisait une magie aussi précise.
Non, avant tout, de quelle sorte était cette flamme blanche ? Comment avait-elle pu ne laisser aucune cendre ? Était-ce seulement possible ?
« Vous étiez tous les deux… des mages ? »
Enrico posa la question en s’efforçant de dissimuler le tremblement de sa voix. Kyle jeta un bref regard à la bague qu’il portait à la main gauche et répondit comme si de rien n’était :
« On peut dire ça. »
« Qu’entendez-vous par là… ? »
« Qu’il n’est pas nécessaire de séparer aussi strictement les épéistes des mages. Ce qui compte, c’est mon talent. »
Couper la fleur dans le vase avec de la magie, puis la brûler. Cela semblait simple, mais ce que Kyle venait de montrer ne l’était pas du tout.
Quiconque avait la moindre connaissance en magie savait que le contrôle du mana nécessaire à ce sort avait été d’une précision insensée. Enrico Seran, le chef de la Compagnie commerciale du Cygne Noir, avait assez de discernement pour le comprendre. Voilà pourquoi il ne pouvait s’empêcher d’être stupéfait. Le niveau de Kyle était si élevé qu’Enrico n’osait même pas en chercher les limites. Il était difficile de croire qu’il n’était qu’un mercenaire.
« … Je comprends. Inutile d’aller plus loin. »
Enrico sortit un mouchoir de son manteau et essuya sa sueur froide.
« Pardonnez-moi cette question, mais quel est votre rang ? »
« Rang argent. »
« Rang argent… c’est élevé, oui, mais au vu de votre talent, cela paraît un peu modeste. Puis-je voir votre insigne de mercenaire ? »
« Vous comptez rédiger un contrat ? »
Kyle pencha légèrement la tête. Enrico, embarrassé, marmonna comme pour se justifier :
« Non. Je ne doute pas de vous. C’est simplement une formalité… »
« Alors, ça va se compliquer. Je coûte très cher. C’est ce que vous voulez ? »
L’insigne de mercenaire de Kyle ne portait pas seulement son nom. On y trouvait également quelques renseignements personnels. À présent qu’il avait mis autant de distance entre lui et l’Empire, il n’avait pas besoin de s’en inquiéter outre mesure, mais rien ne l’obligeait à laisser davantage de traces derrière lui.
« C’est que… »
« … »
« Non. Oubliez ma question, je vous prie. Quelqu’un de votre talent doit avoir ses raisons. »
Enrico se leva du canapé. Il prit une feuille vierge dans le tiroir de son bureau, saisit une plume, puis retourna s’asseoir.
« Je vais d’abord vous trouver une chambre. »
Enrico reprit place en face de Kyle et d’Elysia. Il étala alors la petite feuille vierge qu’il avait apportée et se mit à écrire d’un geste vif.
« Le départ est prévu demain à sept heures. Soyez à bord au plus tard à six heures. »
« Nous devons payer séparément ? »
« Non. Il s’agit d’un accord verbal, mais officiellement, vous embarquerez tous les deux comme gardes. Vous n’aurez donc rien à payer en plus. La traversée prendra environ une semaine. En contrepartie, vous devrez vous acquitter de quelques tâches, notamment monter la garde. »
« Je vois. »
« Ne vous en faites pas trop. Nous ne demanderions pas à d’honorables mages de faire des besognes ingrates. Une ronde sur le pont, une fois le matin et une fois le soir, devrait suffire. Le capitaine du navire vous donnera les détails. »
La plume crissa sur le papier. Enfin, Enrico cessa d’écrire et tendit la petite feuille à Kyle. À côté de lui, Elysia avança seulement la tête pour jeter un coup d’œil au papier que Kyle tenait. Il contenait quelques renseignements succincts et la signature d’Enrico.
« Rendez-vous demain matin de bonne heure à la jetée indiquée ici et montrez ce papier au maître d’équipage ou au navigateur. Le capitaine devrait vous aider à embarquer. »
« Autre chose à savoir ? »
« Il se peut que vous croisiez des navires pirates de l’Archipel de Corsa au milieu du détroit, mais ne vous alarmez pas. Sur la route maritime entre la Fédération et Cadis, il est de coutume de payer un droit de passage aux pirates de l’Archipel de Corsa. »
« Même pendant les tempêtes d’automne ? »
« Oui, même pendant les tempêtes d’automne. Les navires pirates de l’Archipel de Corsa ne ressemblent pas aux autres. Grâce aux pierres magiques qu’ils utilisent, ils sont bien plus robustes et beaucoup plus rapides. Ces familles ont bâti leur puissance sur les mers depuis des siècles. »
Kyle se rappela ce qu’il avait appris auprès de la branche de Serentia à Nibelmund, avant de traverser le duché. À l’époque, la cheffe de branche Nadia lui avait dit que les familles pirates de l’Archipel de Corsa occupaient leur position depuis des siècles. En vérité, il s’agissait des familles qui régnaient sur cette petite nation insulaire connue sous le nom d’archipel. Une autre puissance maritime, à laquelle ni le sud ni la Fédération ne pouvaient aisément s’en prendre.
« J’aimerais vous poser une dernière question. »
Kyle fixa le papier un moment, puis le glissa dans son manteau avant de reprendre la parole.
Enrico redressa le buste et se tint droit.
« Je vous écoute. »
« Quelles sont les chances que le navire soit pris dans une tempête ? »
Enrico écarquilla les yeux. Mais cela ne dura qu’un instant. Il eut bientôt un petit rire, comme s’il venait d’entendre une plaisanterie amusante.
« Vous n’avez pas à vous en inquiéter. Tous les navires de la Compagnie commerciale du Cygne Noir sont des navires marchands spécialement conçus. Ils sont plus grands et plus solides que ceux des autres compagnies commerciales. »
« Vous avez l’air très sûr de vous. »
« Oui. À vrai dire, ce n’est pas notre première traversée de ce genre. Nous avons déjà envoyé des navires affronter les tempêtes d’automne à plusieurs reprises. Et à chaque fois, tout s’est bien passé. Le capitaine et les marins de ce navire marchand sont également des vétérans aguerris. Il ne devrait donc pas y avoir de problème. »
« Autre chose à ajouter ? »
demanda Kyle. Enrico ne répondit pas tout de suite et marqua une pause. Au bout d’un moment, il parvint enfin à parler :
« Vous devrez garder confidentiel tout ce qui se passera pendant la traversée. »
« Tout ? »
« Oui. Du début à la fin. Absolument tout. »
« On dirait que le navire cache des choses dont vous ne pouvez pas parler. »
« C’est… »
« Il y a peu de chances qu’il se passe quoi que ce soit. »
« Probablement. Et c’est justement à cause de cette faible probabilité que vous nous engagez comme gardes. »
Au bout du compte, chacun avait ses secrets.
Puisqu’ils étaient logés à la même enseigne, Kyle n’avait aucune intention de fouiller chaque détail. Il ne leur restait pas assez de temps pour s’attarder sur la moindre broutille.
Kyle se leva. Elysia le suivit avec un temps de retard. Ils ouvrirent la porte et s’apprêtaient à sortir quand la voix d’Enrico retentit derrière eux.
« Le départ est à sept heures. L’embarquement, à six heures. Je les préviendrai à l’avance. Ne soyez pas en retard, je vous prie. »
« Je m’en souviendrai. »
Kyle referma la porte après cette réponse. Une fois les deux partis, le silence retomba dans la pièce. Dehors, le soleil était déjà près de se coucher. La lumière de la fin d’après-midi pénétrait en biais dans la pièce.
***
Après avoir quitté le siège de la Compagnie commerciale du Cygne Noir, Kyle et Elysia achetèrent quelques provisions au marché, puis rentrèrent directement à l’auberge.
En début de soirée, l’auberge était bondée. Le Phare de la mer, l’établissement le plus cher et le mieux équipé de Cadis, bruissait de clients venus de partout. Des marchands à l’air fortuné, des marins et des mercenaires. Toutes sortes de gens se pressaient dans le petit bâtiment. Kyle et Elysia étaient du nombre.
« On dirait que vous avez commandé beaucoup de choses… »
« Mange ce que tu peux et laisse le reste. C’est notre dernier repas à terre. Une fois à bord, la terre ferme te manquera. La nourriture, c’est une chose, mais tu risques surtout de ne pas avoir beaucoup d’appétit à cause du mal de mer. »
« Le mal de mer ? »
Plusieurs plats avaient été disposés sur la table. La vapeur s’élevait des mets fraîchement servis, et Elysia pencha la tête derrière ce nuage. Contrairement à Kyle, elle ne semblait pas encore bien comprendre ce qu’était le mal de mer. Comme il voyait déjà trop clairement ce qui l’attendait, Kyle n’avait d’autre choix que de la prévenir un peu.
« Tu m’as dit que c’était la première fois que tu voyais la mer, non ? »
« Oui, c’est la première fois. »
« Tu n’as donc jamais pris de bateau non plus. »
« Bien sûr que non. Pourquoi est-ce que ce serait un problème ? »
Elysia avait parlé d’un ton calme. Face à sa sérénité, Kyle ravala un soupir sans même s’en rendre compte.
« Un navire, ce n’est pas comme la terre ferme. Tu dois vivre sur un pont qui tangue sans arrêt. Le mal de mer peut être terrible. »
« J’ai à peine été malade en voiture. »
« Difficile à dire. Le mal de mer n’a rien à voir avec le mal des transports. »
« Le mal des transports ? »
« Dis-toi que c’est un peu comme le mal de carrosse. »
Kyle supportait bien les transports lui aussi, mais le mal de mer, c’était un tout autre niveau. Et puis, contrairement à la Terre, les navires de ce monde étaient loin d’être aussi avancés technologiquement.
Même si le navire de la Compagnie commerciale du Cygne Noir qu’ils allaient emprunter était un immense bâtiment marchand construit sur mesure, il ne pouvait rivaliser avec les navires marchands modernes. Même Kyle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. Se battre sur terre et se battre en mer étaient deux choses complètement différentes.
« Non, c’est peut-être une inquiétude inutile. Mangeons, pour l’instant. Nous devons nous lever tôt demain. »
Ils ne le sauraient qu’une fois à bord. Kyle prit ses couverts et commença à dîner. Elysia l’observa un instant, puis goûta un à un les plats qui couvraient la table et poussa des exclamations admiratives.
« C’est délicieux. »
« Les fruits de mer ne te dérangent pas ? »
« Quand je me suis retrouvée seule, je n’avais pas vraiment le luxe de faire la difficile. Et puis, j’ai toujours été assez curieuse, alors je ne refuse pas vraiment les plats que je ne connais pas. Ah, celui-ci aussi est délicieux. Pas mal. »
Elysia ne cessait de manger. Elle ne mangeait toujours pas beaucoup, mais par rapport à la première fois que Kyle l’avait rencontrée, c’était un progrès remarquable. Son visage était aussi plus détendu, comme si elle savourait vraiment le goût des plats.
Et la nourriture était réellement bonne.
Kyle détacha la chair d’un gros poisson et la porta à sa bouche, puis prit le plat de calamars posé à côté, le mit dans son bol et le découpa. La plupart des plats étaient fortement relevés et épicés, avec des saveurs venues d’ailleurs.
Même pour une ville côtière, où l’on mangeait généralement bien, la cuisine de cette auberge était d’excellente qualité. À la hauteur d’un lieu où se croisaient les marchandises d’Azaril et de la Fédération, ses nombreux ingrédients s’accordaient à merveille. Le prix était élevé, mais c’était largement à la hauteur d’un dernier repas avant d’embarquer. Elysia, qui s’était concentrée en silence sur son repas, avala sa bouchée et prit la parole.
« Quand même, nous avons eu de la chance. À vrai dire, quand le marin sur la jetée m’a dit qu’il n’y avait pas de navire, je m’étais préparée à rester des semaines dans cette ville. »
« Ça aurait probablement été aussi pénible. »
« Pourquoi ? »
« Parce que le navire n’est pas ordinaire. »
Le navire marchand de la Compagnie commerciale du Cygne Noir, à bord duquel Kyle et Elysia devaient embarquer le lendemain. Il ne s’agissait évidemment pas d’un navire marchand ordinaire. S’ils l’envoyaient en mer pendant les tempêtes d’automne, c’était forcément pour une raison.
Soit ils transportaient une cargaison qu’il fallait acheminer d’urgence, soit c’était un navire de contrebande.
Elysia devait s’en douter aussi.
« Enfin, nous n’avons pas le choix, pas vrai ? »
Elysia cessa de manger et regarda Kyle. Celui-ci acquiesça.
« Si nous voulons gagner du temps, nous n’avons pas d’autre solution. Nous ne pouvons pas rester une semaine dans cette ville. »
« Alors ça me va. Peu m’importe le genre de navire que c’est. »
« Tu ne t’inquiètes pas non plus ? »
« Non. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu es là. »
Elysia avait répondu calmement. Kyle laissa échapper un petit rire malgré lui, face à ses yeux dorés qui le fixaient sans ciller.
« C’est vrai. »
Que le navire fût un bâtiment de contrebande ou qu’il transportât une cargaison importante, cela ne changeait rien. Tant qu’ils atteignaient la Fédération sains et saufs, c’était tout ce qui comptait. Kyle n’avait pas changé de rôle : il escortait Elysia.
« Si tu as fini de manger, montons. »
Après avoir terminé leur repas sans s’attarder, Kyle et Elysia quittèrent la taverne du rez-de-chaussée et montèrent au troisième étage, où ils avaient réservé leurs chambres à l’avance.
« Il est encore un peu tôt… »
Le soleil couchant du début de soirée inondait le couloir par la fenêtre. Devant sa chambre, Elysia tourna la tête et leva les yeux vers Kyle. Celui-ci lui dit :
« Couche-toi tôt. »
« Tu crois ? »
« Nous devons nous lever tôt demain. Prendre soin de toi fait partie du travail. »
« C’est vrai aussi. Si nous devons être à la jetée à six heures, il faudra nous lever au moins une demi-heure avant. »
Peut-être se rappela-t-elle l’époque où ils avaient été poursuivis par les Chevaliers wyvernes, car Elysia eut un petit rire. Peu de temps auparavant, elle titubait de fatigue, faute de sommeil. À présent, elle avait tant de temps libre qu’elle se plaignait. C’était assez ridicule pour être drôle.
« Je me suis laissé aller, moi aussi. »
« … »
« Bonne nuit, Kyle. Je te souhaite de beaux rêves. »
Elysia lui adressa son salut du soir habituel, ouvrit sa porte et entra. Après s’être assuré que la porte juste à côté de la sienne était bien verrouillée, Kyle utilisa sa propre clé et pénétra dans la chambre qui lui avait été attribuée.
La pièce était assez grande et propre, à la hauteur de son prix élevé. Contrairement à l’auberge de la Cité-forteresse de Ligrid, qui n’avait même pas de fenêtre digne de ce nom, celle-ci en possédait une grande et disposait d’une salle de bains séparée, où l’eau chaude avait déjà été préparée. Kyle jeta un bref coup d’œil aux lieux, retira son épée et ses autres armes, puis ôta sa cape et son manteau de cuir. Bientôt entièrement nu, il s’enfonça dans la baignoire en bois remplie d’eau chaude.
D’un geste las, Kyle s’essuya le visage et se lava soigneusement de la tête aux pieds.
Après son bain, il se rhabilla. Lorsqu’il regarda par la fenêtre, le soleil s’était déjà couché. Kyle ouvrit la fenêtre et contempla le paysage un moment. Quand le ciel s’assombrit, il la referma et éteignit la lampe à pierre magique posée sur la table de chevet. La douce lumière se dissipa et la chambre retomba dans une pénombre obscure.
Kyle posa près de son oreiller l’épée qu’il avait appuyée contre la table de chevet, puis s’allongea sur le lit.
Lorsque le sommeil l’envahit, Kyle ne résista pas. Il se laissa sombrer dans l’inconscience.
La frontière entre la réalité et le rêve s’estompa un instant, puis Kyle s’endormit. Dans son rêve, il vit une multitude de scènes. Des paysages défilaient devant lui comme un panorama, indépendamment de sa volonté.
Des souvenirs qu’il aurait voulu oublier, d’autres qu’il n’aurait pas voulu oublier, et le souhait auquel il avait toujours aspiré.
Et un dragon.
Dans un espace incolore, ouvert de toutes parts, un dragon était lové au milieu d’un lieu où l’eau lui montait aux chevilles.
Entièrement couvert d’écailles d’un blanc pur, le dragon était d’une grande beauté. Sans qu’il sache comment, Kyle se mit à avancer vers lui, comme ensorcelé. Quand il fut assez près pour le toucher, le dragon sentit sa présence et souleva lentement les paupières.
Lorsque Kyle reprit ses esprits, des yeux bleu saphir, qui lui rappelaient un lac limpide, le fixaient.
Tu es…
Kyle murmura en pensée, sans ouvrir la bouche.
Qui es-tu ?
Il n’obtint aucune réponse. Les pupilles fendues à la verticale le fixaient en silence. Alors que Kyle s’apprêtait à entrouvrir les lèvres, une voix féminine grave résonna dans son esprit.
… Toi qui viens de…
… Toi qui viens d’un autre monde.
Il entendit cette voix lorsqu’il fit un pas de plus vers le dragon.
Kyle se figea, glacé. Le dragon qui était lové se redressa pour la première fois. Il continuait de baisser sur Kyle ses yeux bleus perçants.
Ses immenses ailes d’un blanc pur s’étendirent.
Saisi par cette impression de déjà-vu écrasante, Kyle ouvrit les yeux.
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