Chapitre 96
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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◈ Sword Master of the Fallen Kingdom
Chapitre 96
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Comment franchir les vagues (2)
Sarmaren était l’un des territoires les plus riches du sud du continent.
Le commerce y prospérait, comme il se devait pour une nation développée le long des côtes.
Cadis était la plus orientale de ses villes. C’était là que se croisaient les marchandises venues des autres continents et de la Fédération. La cité ne pouvait que s’agrandir. Un mélange de cultures de toutes sortes lui donnait un caractère profondément exotique.
Les bâtiments qui s’élevaient le long du littoral étaient de toutes les formes. Même les toits mêlaient coupoles, flèches et terrasses de pierre plates.
Sous le soleil brûlant, les tuiles blanches, ocres et bleues brillaient de mille feux. Les édifices, empreints des styles d’innombrables régions, se fondaient pourtant dans la ville et lui conféraient une atmosphère unique.
De grands voiliers aux voiles ferlées s’alignaient dans le port. Ils étaient loin d’être tous identiques : il y avait de vastes navires à passagers, des bâtiments marchands chargés de marchandises et des navires de guerre équipés de pierres magiques. D’autres, plus petits et plus rapides, mouillaient aussi là. À l’écart, on trouvait de petites embarcations spécialisées dans la pêche. En tout, près d’une centaine de navires étaient à l’ancre.
Pour ceux qui venaient d’autres régions, le spectacle était tout à fait inédit.
Les gens qui y passaient l’étaient tout autant.
La ville grouillait de monde. Rien d’étonnant à cela.
Cadis était le carrefour commercial le plus animé de l’est du continent et faisait le lien entre l’est et le sud du continent, d’une part, et les terres situées de l’autre côté de la mer, d’autre part. Le passage y était forcément dense.
Kyle et Elysia entrèrent dans la ville. Ils commencèrent par le marché aux chevaux, en périphérie, où ils vendirent les deux montures qu’ils avaient chevauchées.
Ils allaient embarquer, impossible donc d’emmener les chevaux avec eux. Ce n’était pas irréalisable, mais les frais et les démarches étaient si pénibles qu’il valait mieux en acheter d’autres une fois arrivés dans la Fédération.
« C’est dommage. Je m’y étais attachée, depuis que nous avions traversé le duché.
— Tu n’auras qu’à en reprendre plus tard. Si tu t’attaches à chacune d’elles, tu vas finir par t’épuiser.
— Je sais. Je disais ça, c’est tout. »
Elysia répondit d’un ton détaché au conseil de Kyle.
Ensuite, ils se dirigèrent vers le marché le plus fréquenté de Cadis.
Ils devaient se procurer des provisions et se renseigner sur la situation dans les environs. Comme il était encore midi, le marché était bondé. Ce qui frappait surtout, c’était le nombre de marchandises exotiques, inconnues d’eux, étalées sur les échoppes. Contrairement aux régions de l’intérieur, beaucoup de marchands et de clients avaient la peau sombre, cuivrée.
« Bienvenue ! Jetez au moins un coup d’œil avant de passer votre chemin ! »
« Les précieuses épices d’Azaril, fraîchement arrivées ! Prix spécial aujourd’hui seulement ! »
« De la soie venue de l’autre côté de la mer du Sud. Vous ne trouverez nulle part ailleurs des marchandises d’aussi bonne qualité. »
« Poisson pêché ce matin ! Achetez-en un, je vous en offre un autre. Alors, qu’en dites-vous ? »
Les marchands interpellaient les clients tandis que les passants marchandaient. En avançant entre eux, Elysia contemplait les étals, les yeux brillants d’intérêt.
C’était un marché comme les autres, mais celui de Cadis différait de ceux de l’intérieur des terres. Les marchandises des boutiques, les visages des marchands et des passants, jusqu’à l’air humide chargé d’embruns qui l’enveloppait, tout était différent. Elle était une Princesse impériale et une mage capable de tuer quelqu’un d’un simple geste de la main. Mais, en cet instant, elle était autre chose : une jeune femme ordinaire qui venait d’avoir vingt ans.
Elysia laissait parfois paraître une facette candide. Elle était pure, si immaculée qu’elle semblait n’avoir jamais été souillée. C’était sans doute son véritable moi, caché derrière le mur de la réalité. Du moins, c’était ce que pensait Kyle.
Une femme qui aimait la magie avec une pureté absolue, animée d’une curiosité sincère et dotée d’un cœur tendre.
Une femme qui avait conservé cette innocence enfantine que Kyle avait autrefois possédée, mais qu’il avait perdue depuis.
« Kyle.
— Quoi ?
— Là-bas, je veux dire… »
Après avoir regardé autour d’elle un bon moment, Elysia leva un doigt et désigna un côté de la rue. Un petit étal semblait y vendre des fruits.
« Hé, vous deux ! Approchez. Vite, je vous ferai un bon prix ! »
Un garçon avenant, qui semblait avoir une quinzaine d’années, leur fit signe. Après avoir échangé un regard, Kyle et Elysia s’arrêtèrent devant l’étal sans trop savoir comment. Le comptoir croulait sous les fruits colorés, qui semblaient venir des quatre coins du monde.
« Il y en a de toutes sortes.
— Oui. On vend aussi des fruits d’autres continents, pas seulement de Velia. Beaucoup de fruits étrangers sont délicieux.
— Il y a de la demande ?
— Oui. Ils sont surtout prisés des nobles. On en expédie dans la Fédération, mais aussi à Brendel et à Kirian. La demande de l’Empire reste stable, elle aussi. »
Le garçon tendit un fruit à Kyle.
« Vous en voulez un ?
— C’est une datte ?
— Oh, vous connaissez ? »
Le garçon parut surpris. Comme Kyle l’avait dit, le fruit qu’il lui avait tendu était rouge et ovale.
« Une datte ? Celle qui pousserait dans les déserts d’Azaril ? »
Elysia, qui examinait les fruits sur le comptoir en silence, posa la question d’un ton curieux. Le garçon hocha la tête.
« C’est ça. Les dattes séchées sont même une spécialité réputée d’Azaril. »
Le garçon jeta un coup d’œil derrière Kyle et Elysia. Tous deux se retournèrent.
D’innombrables personnes continuaient de traverser le marché.
La seule différence notable avec d’habitude, c’était le nombre plus élevé que prévu de personnes aux traits exotiques. À première vue, elles n’étaient clairement pas originaires de Velia. C’étaient des habitants du continent d’Azaril, de l’autre côté de la mer, des gens robustes qui vivaient dans le désert aride.
« Il y a beaucoup de marchands d’Azaril à Cadis. Les voyageurs et les marins qui viennent de traverser la mer sont aussi des clients importants. »
Le garçon bomba le torse et parla avec fierté.
« Alors, combien ?
— Une pièce d’argent l’unité. »
Elysia laissa échapper un petit gémissement. Le prix dépassait ses attentes. Sachant qu’une auberge bon marché coûtait généralement une ou deux pièces d’argent la nuit, on comprenait vite à quel point cette petite datte était chère.
Ce n’était pas au-dessus de leurs moyens, mais aucun mercenaire ordinaire n’aurait déboursé une telle somme à la légère. À Archandia, cela aurait été une autre histoire, mais elle n’avait pas assez d’argent pour se permettre des dépenses inconsidérées.
« J’en prends deux. »
Kyle, lui, faisait exception. Il sortit deux pièces d’argent de sous ses vêtements et les tendit au garçon. Puis il déposa une datte dans la main d’Elysia. Elle lui adressa un doux sourire.
« Merci.
— Ce n’est rien. »
Kyle baissa les yeux vers la datte qu’il tenait dans sa main.
La dernière fois que j’en ai vu une, c’était dans le samgyetang que j’avais mangé pour Chobok, non ?
Un souvenir de la Terre, désormais trop flou pour qu’il puisse s’en rappeler précisément. À l’époque, avant ses vingt ans, Kyle étudiait dur pour le concours d’entrée à l’université et mangeait toutes sortes de plats que ses parents lui préparaient. Le samgyetang qu’il avait mangé un jour d’été en faisait partie. Cela remontait à plus de dix ans, presque onze.
Tout en remuant ce vieux souvenir, Kyle mordit légèrement dans la datte.
Bon sang, qu’est-ce que c’est sucré. Ça l’a toujours été ?
« C’est sucré. Incroyablement sucré. »
Elysia, à côté de lui, partageait son avis. Elle grimaça sans y penser et fit toutes sortes de mines en mâchant la moitié de la datte. La douceur avait vraiment quelque chose d’un morceau de sucre qu’on lui aurait versé directement dans la bouche ; sa réaction n’avait donc rien d’étonnant.
« Enfin, on finit par s’y habituer, et ça a son charme. On dit que les gens d’Azaril en mangent tous les jours.
— Pas étonnant qu’ils finissent diabétiques.
— Pardon ? Diabétiques ?
— Ça existe. Mais ce n’est pas le sujet, j’ai une question à te poser. »
Kyle avala le reste de la datte, sortit sa gourde et se rinça la bouche. Elysia en fit autant, buvant une longue gorgée d’eau.
« Une question ? »
Le garçon pencha la tête. Kyle alla droit au but.
« Comme tu le vois, nous cherchons un navire.
— Maintenant que vous le dites, vous venez de l’intérieur des terres. Il y a toujours plein de navires à Cadis. Si vous allez au port, vous en trouverez sûrement une centaine à l’ancre, rien que parmi les navires marchands.
— Je cherche un passage pour la Fédération. Tu sais quelque chose ?
— La Fédération ? »
Le garçon leva les yeux comme s’il n’avait aucune idée de ce dont Kyle parlait. Face à cette ruse si évidente, Kyle ne put retenir un rire.
« Je vais t’acheter une pomme. Garde la monnaie comme pourboire. »
Kyle sortit une autre pièce d’argent et la lui lança. Le garçon l’attrapa d’un geste vif, comme s’il n’avait jamais joué la comédie, puis afficha un grand sourire. Kyle prit une pomme rouge vif sur le comptoir et la fendit en deux d’une simple pression de la main. Lorsqu’il en tendit une moitié à Elysia, elle croqua dedans par petites bouchées, comme tout à l’heure.
« Oh là là. Je ne vous demandais pas d’acheter quoi que ce soit. Vous avez déjà pris deux dattes…
— Arrête tes bêtises et réponds. Ne teste pas ma patience.
— Eh bien, il n’y a pas grand-chose à dire. Si vous voulez rejoindre la Fédération, vous allez vers le nord en longeant la côte, pas vrai ? »
Kyle acquiesça, occupé à mâcher sa pomme. Le garçon poursuivit :
« Ce n’est pas mon domaine, alors je ne connais pas les détails. Mais en cherchant bien, vous devriez trouver un passage. Le plus rapide serait d’aller au port.
— Au port ?
— Oui, au port. Les navires à passagers et les navires marchands de Cadis appartiennent généralement aux dirigeants des compagnies de commerce maritime. Si vous allez au port, vous entendrez toutes sortes de choses à leur sujet. Il suffit d’aborder quelques marins ou capitaines et de leur poser la question. À voir votre allure, vous avez l’air d’avoir les moyens. Une seule pièce d’argent devrait vous permettre de découvrir la couleur du caleçon d’un chef marchand. »
Le garçon leur raconta tout ce qu’il savait, avec autant de détails que possible. Peut-être parce que Kyle lui avait acheté deux dattes et une pomme, puis avait ajouté un pourboire, il se montrait d’une amabilité excessive.
« Donc, au bout du compte, il faut aller là-bas pour se renseigner.
— C’est comme ça, le travail en mer. La situation change tous les jours ; le plus rapide, c’est d’aller demander directement sur place. »
Kyle se tourna vers Elysia. Celle-ci, qui venait de finir sa pomme, leva les yeux vers lui au même moment.
« J’ai entendu. Ça nous a aidés.
— Tant mieux.
— Les fruits ne sont pas mauvais non plus. »
Kyle sortit une autre pièce et la lança au garçon. Celui-ci l’attrapa avec l’aisance de l’habitude, puis vérifia le montant et ouvrit de grands yeux. Il tenait une grande pièce d’argent. Kyle ignora son bégaiement, prit une poignée de raisins secs sur le comptoir et s’éloigna. Un instant plus tard, Elysia se détourna à son tour et vint marcher à ses côtés.
« La datte était beaucoup trop sucrée, mais le reste est délicieux.
— C’est sûrement une question de saison.
— Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? »
Elysia lui posa la question. Kyle s’arrêta. En levant soudain la tête, il aperçut un ciel indigo, semblable à la couleur de la mer.
« On va d’abord trouver une auberge.
— Déjà ?
— Il ne restera peut-être plus de chambres après le coucher du soleil. »
Kyle le lui expliqua. Elysia ne posa pas de questions et acquiesça aussitôt. Peu après, ils quittèrent le marché et partirent à la recherche d’une auberge où passer la nuit. La cape noire et la robe blanche se fondirent dans le flot compact des passants.
***
Après avoir interrogé des passants et parcouru plusieurs quartiers de Cadis pendant une demi-heure, Kyle trouva l’auberge la mieux équipée.
Comme prévu, il restait peu de chambres libres. Tant de gens allaient et venaient à Cadis. Kyle réserva rapidement deux chambres côte à côte. Puis il ressortit aussitôt, sans même prendre le temps de manger.
La fin d’après-midi approchait. Le soleil n’était pas encore couché. Comme ils avaient encore du temps devant eux, Kyle se dirigea vers le port de Cadis, suivant le conseil du garçon qui vendait des fruits. Plus ils s’éloignaient du centre-ville et se rapprochaient de la côte, plus l’odeur salée de l’air s’intensifiait.
Les bruits lointains se firent plus nets. Kyle remarqua qu’Elysia avait accéléré le pas sans qu’il sache pourquoi. Les vêtements et les visages des passants différaient eux aussi légèrement de ceux du centre-ville. Ils avaient l’air plus rude et la peau plus sombre, avec l’allure typique des gens de mer.
Et puis…
« Waouh… »
Elysia poussa un cri de stupeur devant le spectacle qui s’offrait à elle. Aucun bâtiment ne lui bouchait la vue ; la mer bleue s’étendait à perte de vue jusqu’à l’horizon.
Cui, cui.
Des mouettes blanches volaient au-dessus d’eux. Le fracas des vagues se poursuivait sans relâche. Au port, les navires, bien plus imposants et majestueux que lorsqu’ils les avaient aperçus depuis la colline derrière eux, s’alignaient les uns après les autres. Entre les voiles ferlées, on distinguait les emblèmes de diverses compagnies commerciales.
« C’est incroyable. Alors, c’est ça, la vraie mer. »
Les yeux brillants, Elysia regardait tout autour d’elle. Elle était, pour une fois, à l’extrême de l’excitation.
« Si je me souviens bien, tu m’avais dit que c’était la première fois que tu voyais la mer.
— Oui. La première fois. À vrai dire, tout ce que j’ai vécu depuis mon départ d’Archandia était une première pour moi. Je n’avais presque jamais eu de raison de quitter la capitale. Et les rares fois où je l’avais fait, j’avais voyagé en calèche.
— Ça doit te faire drôle.
— C’est bien plus que ça. S’il y a une chose que j’ai comprise depuis tout ce temps, c’est que lire la description d’un lieu dans un livre et le voir de mes propres yeux sont deux choses complètement différentes. Un endroit aussi vaste, aussi grand, aussi vivant… »
Elysia ne cessait de s’émerveiller. Comme hypnotisée, elle contemplait la mer, l’horizon et les navires à l’ancre. Tout cela était pour elle une expérience et une source d’inspiration précieuses. Elle n’aurait jamais cru pouvoir découvrir un jour un tel spectacle ; elle ne le voyait qu’après avoir tout abandonné et s’être préparée à mourir.
« Je ressens la même chose. »
Kyle marmonna ces mots pour lui-même. Contrairement à Elysia, il n’était pas émerveillé par un spectacle qu’il n’avait jamais vu. C’étaient de vieux souvenirs qui le remuaient. Sur Terre, il avait souvent vu la mer.
Hailen ne possédait aucun port adapté au commerce. C’est pourquoi la plupart des membres des Chevaliers des Cendres n’avaient jamais vu la mer. C’était également le cas de la plupart des habitants de l’intérieur des terres. À moins d’être un mercenaire qui voyageait d’un endroit à l’autre, il était difficile de voir la mer. Quand on était trop occupé à survivre au jour le jour, entreprendre un long voyage d’agrément était hors de question.
Kyle, lui, était différent.
Depuis son enfance, il avait beaucoup voyagé et vu la mer à maintes reprises. En Corée, où qu’on vive, la mer n’était qu’à deux ou trois heures de route. C’était pour cela que Kyle pouvait contempler la scène devant lui et se laisser emporter par ses souvenirs.
De nombreux marins transportaient de lourdes charges sur la passerelle reliant le pont d’un grand navire au quai.
Kyle parcourut le port avec Elysia. Au fil du temps, d’autres navires se mirent à décharger leur cargaison.
Les regards se tournèrent naturellement vers eux.
Leur tenue ne passait pas inaperçue. L’un était un mercenaire vêtu d’une cape noire ; l’autre, une femme qu’on aurait prise pour une mage, portait une robe d’un blanc immaculé. Au premier coup d’œil, aucun des deux n’avait l’air ordinaire.
Kyle ignora les regards et continua d’avancer. Un immense navire marchand se dressait juste devant eux.
Elysia s’arrêta instinctivement et leva les yeux. Elle semblait abasourdie qu’un navire aussi colossal puisse exister. Kyle interpella un marin qui passait à proximité. Celui-ci se retourna et plissa les yeux d’un air agacé.
« Qui êtes-vous ?
— J’ai une question. »
Kyle sortit une pièce d’argent de sous ses vêtements et la lui lança. Le marin ouvrit de grands yeux.
« Une question… ?
— Rien de compliqué. Je cherche un passage pour la Fédération. Tu sais quelque chose ?
— La Fédération, vous dites…
— Je veux longer la côte et débarquer dans le sud du Royaume de Rustin. Je sais qu’il y a toujours des navires qui font cette route. »
Le Royaume de Sarmaren avait bâti l’essentiel de sa richesse grâce au commerce avec Azaril, mais Cadis était différente. La route commerciale terrestre habituelle étant bloquée au nord par les Montagnes de Spina, les voies maritimes longeant la côte s’y étaient développées. Cadis devait toute son identité à son rôle de carrefour entre Azaril et la Fédération.
« Vous avez dit le Royaume de Rustin ? »
La réaction du marin fut pourtant bien différente de ce à quoi Kyle s’attendait.
« Pourquoi, il y a un problème ?
— Bien sûr que oui. »
Le marin claqua la langue d’un air compatissant.
« Pas de chance. Le dernier navire pour Rustin est parti il y a quelques jours. Il n’y en a plus, pour l’instant. Peut-être que les navires partis du Royaume de Rustin ont sombré dans les tempêtes d’automne : toutes les routes sont coupées. »
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