Chapitre 89
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Traducteur : Hydrogen B
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◈ Maître de l’épée du royaume déchu
Chapitre 89
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Proie et chasseur (12)
Un jour s’était écoulé depuis leur rencontre avec les soldats du comte Barkan.
Le convoi poursuivait sa route vers la forteresse du baron Daren, au centre de la grande route commerciale.
L’ambiance s’était assombrie, mais d’une autre manière. Après la bataille, tous les membres du convoi marchand s’étaient faits plus discrets. Plusieurs personnes ayant été blessées, personne n’avait le cœur à plaisanter. Même les mercenaires et les caravaniers, d’ordinaire si bavards, s’étaient tus.
Les soldats du poste de contrôle n’étaient guère différents. Ils étaient encore ébranlés d’avoir tué des hommes qui, malgré leur trahison, avaient autrefois été leurs compagnons du même duché. Jusqu’alors, les ennemis qu’ils avaient rencontrés sur la route commerciale secondaire avaient été des barbares, des adversaires de toujours. C’était la première fois qu’ils pointaient leurs lances et leurs lames sur des soldats de leur propre duché. La plupart des guerres civiles qui avaient éclaté n’étaient jamais allées jusqu’à l’entrée de la route commerciale secondaire.
« On se croirait à un enterrement. Cela dit, ce silence aide à remettre ses idées en place… »
Jade claqua la langue en conduisant le chariot tout au bout du convoi.
« Ils ont combattu et tué des gens de leur propre patrie. C’est normal. Je peux le comprendre. »
Elysia parla, adossée au dossier du chariot. Jade jeta un coup d’œil sous sa capuche et haussa les épaules.
« Mademoiselle, vous avez déjà vécu ça, mais parfois, on dirait que vous avez tout vu. »
« Vraiment ? »
« Parfois, vous avez l’air de ne rien comprendre au monde, et parfois, vous êtes d’une lucidité étonnante. Et vous deux, ça va ? »
Cette fois, Jade s’adressa à Pico et au ranger vétéran assis en face d’Elysia. Ils étaient affalés et avaient à peine prononcé un mot.
« Ah, oui, ça va. »
« Je suis désolé. Nous n’avons pas été d’une grande aide… »
Le visage assombri, tous deux regardèrent Kyle, assis devant eux. Le mercenaire à la cape noire, qui avait abattu près de la moitié des ennemis lors de la bataille de la veille, était assis les yeux clos, comme en méditation.
« Pas besoin de vous excuser. »
« … »
« Personnellement, je préférerais qu’il ne se passe rien du tout. »
Certains mercenaires prenaient plaisir à tuer, mais Jade n’en faisait pas partie. Il voulait seulement traverser le duché en paix. Il se gratta la nuque à plusieurs reprises, puis regarda droit devant lui.
« Tout va bien à l’arrière ? »
Kellan, qui surveillait le convoi depuis l’avant pour s’assurer que tout allait bien, s’approcha à cheval. Contrairement aux autres, il n’avait rien perdu de son regard acéré, digne d’un chevalier supérieur. Il continuait aussi de scruter les alentours, sur ses gardes au cas où ils tomberaient dans une nouvelle embuscade ou seraient attaqués.
« Aucun problème. Du moins, pas encore. »
Kyle ouvrit les yeux. Kellan jeta un coup d’œil à l’intérieur du chariot de marchandises et hocha légèrement la tête.
« Je vois. »
« Et de votre côté ? »
Kyle tourna les yeux vers l’avant du convoi.
« Rien à signaler non plus, de notre côté. »
« Les soldats vont bien ? »
« Si c’est ce qui vous inquiète, ne vous en faites pas trop. Ils n’en ont peut-être pas l’air, mais ils servent tous depuis leur jeunesse. Ce ne sont pas des hommes qui s’effondrent simplement parce qu’ils ont tué quelqu’un. C’est juste qu’ils se sont battus contre des soldats de leur propre duché. Ils s’en remettront bientôt. Mais… »
« Mais ? »
Kyle l’interrogea. Kellan émit un léger son et plissa les yeux.
« Les rangers partis en reconnaissance sont revenus à l’instant. Ils ont repéré des traces non loin devant nous. »
« Combien ? »
« Plus d’une centaine. »
« Ceux d’hier ? »
« On dirait bien. Mais il y avait aussi d’autres traces mêlées aux leurs… »
« Peu importe. Continuez comme prévu. De toute façon, nous allons toujours au même endroit. »
Le convoi, qui se faisait passer pour une caravane marchande, avançait à marche forcée et réduisait ses haltes au minimum. C’était inévitable s’ils voulaient parcourir en une journée un trajet qui en aurait normalement pris près de deux.
« Ça vous inquiète ? »
Kyle demanda à Kellan, qui chevauchait à côté du chariot. Le chevalier d’âge mûr ne répondit pas tout de suite.
« Pour être honnête… oui. Ça m’inquiète. Comme nous avons réduit le chargement pour transporter des soldats, nous devons nous ravitailler en chemin. Or, la chute de la forteresse gardée par le baron Daren n’était pas prévue. Si le canyon est bloqué, nous devrons retourner jusqu’à la route commerciale secondaire en faisant un grand détour. Nous perdrons du temps, et nous n’avons pas assez de vivres ni de fourrage pour tenir jusque-là… »
Le canyon au centre de la grande route commerciale, ainsi que la forteresse du baron Daren qui en barrait le passage, étaient indéniablement des points stratégiques. Pourtant, les barbares avaient ignoré cette forteresse, traversé tout le territoire jusqu’à l’ouest et s’étaient déplacés à leur guise sur la route commerciale secondaire. Depuis, Kellan n’arrivait pas à se débarrasser de son inquiétude.
« La forteresse dirigée par ce baron Daren est-elle facile à prendre ? »
Kyle posa la question en étudiant le froncement de sourcils de Kellan.
« Non. Ses murs font à eux seuls plus de dix mètres de haut. De plus, le baron Daren est peut-être doux, mais il n’est pas incompétent. »
« Combien d’hommes a-t-il ? »
« Un peu plus de trois cents. Moins que le comte Barkan, mais les rangers là-bas sont eux aussi des vétérans. »
« Alors, ça devrait aller. Ce canyon n’est pas le seul moyen de traverser le duché. Tant qu’ils ne manqueront pas de vivres, la forteresse ne sera pas facile à prendre. Être trop pessimiste ne nous aidera pas. »
« J’espère que vous avez raison… »
Kellan ravala un soupir et s’éloigna. Après avoir roulé un bon moment, le convoi s’arrêta près d’un petit ruisseau.
« Halte ! Reposons-nous un instant ! »
Au cri de Kellan, les soldats entassés dans les chariots de marchandises en descendirent et s’étirèrent. Les caravaniers firent boire les chevaux qui avaient tiré les chariots et leur donnèrent du fourrage. Ceux qui avaient faim mâchonnèrent des rations séchées et de la viande séchée.
Le groupe de Kyle se reposa comme les autres. Jade détacha les chevaux près du ruisseau pour qu’ils puissent boire, puis s’étala sur le siège du cocher et ferma les yeux, le vent en guise de couverture. Kyle s’assit avec Elysia au bord de l’eau et remplit les gourdes vides. Qu’ils la fassent bouillir pour la boire ou qu’ils s’en servent pour cuisiner, il était essentiel de refaire les réserves d’eau en chemin. Condenser l’humidité de l’air par magie consommait trop de mana et n’était pas efficace.
« Dites-moi si vous êtes fatiguée ou si quelque chose ne va pas. »
Kyle referma le bouchon d’une gourde. Les paupières d’Elysia, qu’elle avait entrouvertes, se refermèrent lentement.
« Vous vous inquiétez pour moi ? »
« Oui. Pour l’instant, je suis votre escorte. La sécurité de ma cliente compte. »
Si quelque chose arrivait à Elysia, Kyle en subirait les conséquences. Du moins jusqu’à ce qu’ils atteignent la Fédération, il devait l’y conduire saine et sauve. Sa présence était indispensable si Kyle voulait obtenir la coopération de l’Assemblée. Elle lui servirait à la fois de justification et de moyen de solliciter l’aide du Grand-Duc Rivelius, l’oncle d’Elysia.
« Merci. »
Elysia le savait, elle aussi. Elle savait que Kyle se servait d’elle. Elle savait également qu’il ne lui avait proposé de l’escorter jusqu’à la Fédération que parce que leurs intérêts concordaient.
« Grâce à vous, j’ai déjà bien récupéré. Les barbares sont partout, mais ils ne sont pas aussi terribles que les Chevaliers wyvernes. On se croirait presque en voyage. »
Mais elle n’en laissa rien paraître. Elysia sourit faiblement. Son teint était bien meilleur qu’avant. L’eau limpide s’écoulait à leurs pieds.
En écoutant le ruisseau murmurer, Kyle se leva.
Au moins, Elysia n’avait pas l’air de mentir.
« Vous avez dit que la forteresse du baron Daren se trouvait au centre de la route commerciale. Une fois sur place, vous réunirez des troupes et repartirez aussitôt ? »
« Oui. Nous manquons de temps. Après un repos et un ravitaillement réduits au strict minimum, nous repartirons sans attendre. Pour Sarmaren. »
« Le voyage pourrait s’achever plus tôt que prévu. »
« Peut-être. Nous avons déjà presque parcouru la moitié du chemin. »
À supposer que la forteresse tienne toujours debout.
Kyle marmonna ces mots et rangea la gourde qu’il tenait dans sa main dans la bourse d’inventaire. Elysia se leva à son tour et ramassa un récipient rempli d’eau.
« Nous repartons bientôt ! Tout le monde, préparez-vous ! »
La pause fut brève. Kyle et Elysia retournèrent au chariot et réveillèrent Jade, qui était presque allongé à plat. Jade grommela une plainte à voix basse et reprit les rênes. Sur l’ordre de Kellan, l’avant du convoi se remit en route, suivi de près par le reste.
Depuis combien de temps avançaient-ils ainsi ?
La route se rétrécit peu à peu. Les pentes de chaque côté devinrent abruptes. Les douces collines disparurent et le paysage se transforma en canyon. Le convoi ralentit progressivement.
Les remparts de leur destination apparurent non loin devant. Rien n’indiquait clairement que la forteresse était tombée, et aucun étendard des tribus barbares ne flottait au-dessus des murs. Les visages des membres du convoi s’éclairèrent. Mais à la vue de ce qui se trouvait en contrebas des remparts, leurs sourires s’effacèrent.
« Des tribus barbares… »
« Bon sang. »
Quelqu’un marmonna. Tous regardèrent droit devant eux.
Un groupe se tenait là, comme pour barrer le canyon devant les murs de la forteresse. Les regards d’innombrables barbares et traîtres convergèrent d’un seul coup vers le convoi qui approchait lentement.
***
« Des renforts ? »
« Aucun. »
« Aucune provision n’est arrivée séparément ? »
« Non. Je suis désolé… »
« Non. Vous n’avez pas à vous excuser. Tout cela est ma faute, je suis incompétent. »
Le baron Daren, seigneur de la forteresse située au centre de la grande route commerciale, ravala le soupir qui menaçait de lui échapper. Du haut des remparts, il apercevait le camp des barbares et des soldats du comte Barkan, installés comme pour bloquer la route du canyon qui passait devant la forteresse.
« Baron… que comptez-vous faire, maintenant ? »
Le chevalier à ses côtés se tourna vers lui, le visage sombre. Les autres soldats sur les remparts ne faisaient pas meilleure figure. Contrairement à avant, l’espoir avait disparu de leurs visages. Leurs yeux s’étaient emplis d’une résignation presque palpable.
« Nous n’avons presque plus de nourriture. Les flèches et l’huile ont été épuisées depuis longtemps. Si cela continue… »
Le chevalier laissa sa phrase en suspens. De nombreux rangers se tenaient sur les remparts.
Pourtant, ils ne pouvaient pas bander leurs arcs. Même s’ils avaient voulu décocher des flèches, il n’en restait plus dans la forteresse. Il ne leur restait que des carquois vides et inutiles, ainsi que des lames comme des épées et des lances.
Était-il temps de prendre une décision ?
Le baron leva lentement les yeux vers le ciel qui s’assombrissait, le regard plein de regret. Puis, soudain, un homme qui semblait être un chevalier s’approcha depuis le camp barbare, en contrebas des remparts.
« Baron Daren ! Vous m’entendez ? »
Il cria d’une voix retentissante. Son appel résonna dans le canyon et parvint aux oreilles de tous ceux qui se trouvaient alentour.
« Pourquoi ne pas ouvrir les portes ? Si vous vous rendez maintenant, nous ne vous tuerons pas ! Non, rejoignez-nous, même à présent ! Le comte Barkan vous fera sûrement grâce, en considération de votre rang ! »
« Hahahaha ! »
Des ricanements fusèrent de toutes parts. Sur les remparts, les soldats du baron Daren grincèrent des dents.
« Bande de fils de pute… »
« Si seulement les provisions étaient arrivées à temps, ces traîtres de bâtards… »
Pourtant, même lorsque les soldats du comte les provoquèrent, ils ne pouvaient rien faire. L’ambiance, déjà pesante, s’alourdit encore. Leurs approvisionnements avaient été coupés, tandis que l’ennemi s’engraissait en pillant les convois marchands qui tentaient de passer devant la forteresse.
Le baron Daren serra machinalement le poing. Il examina lentement le camp ennemi, installé à quelque distance de la forteresse.
Un camp monté à la va-vite. Les troupes qui s’y déplaçaient étaient un peu moins de trois cents. Si l’on excluait les rangers partis en reconnaissance au début et qui n’étaient jamais revenus, leurs effectifs étaient à peu près équivalents. Mais s’il ouvrait les portes et engageait le combat au corps à corps, ses hommes, dont le gros des forces était constitué de rangers, seraient nettement désavantagés face aux barbares, experts en équitation et en combat rapproché.
« Baron… »
Le chevalier à ses côtés se tourna de nouveau vers lui. Le baron serra les dents et répondit d’une voix contenue, bouillonnante de colère.
« Nous tiendrons bon. Un ordre officiel nous est parvenu de la capitale. »
« Jusqu’à quand ? »
« Jusqu’à l’arrivée des renforts. Ils ne pourront pas bloquer éternellement la grande route commerciale. Si les routes commerciales du duché sont coupées, Brendel et Sarmaren subiront eux aussi de lourdes pertes. Il y a donc de bonnes chances que leurs armées viennent bientôt nous soutenir. »
Le baron mêla à ses propres conjectures la lettre récemment arrivée par faucon messager et leur donna une réponse pleine d’espoir. Malgré tout, ni le chevalier ni les soldats ne parurent rassurés. Il en allait de même pour le baron lui-même.
Il le savait.
C’était bien trop optimiste. Envoyer des renforts dans un autre pays, surtout déployer sa propre armée dans un pays comme le Duché de Tervan, dont la majeure partie du territoire était montagneuse, comportait d’immenses risques. En tout cas, les armées de Brendel et de Sarmaren n’arriveraient pas à temps pour leur permettre de tenir jusqu’au lendemain.
Dans le pire des cas, le souverain du pays pourrait changer. Brendel et Tervan n’étaient pas en mauvais termes, mais ils n’étaient pas non plus liés par le sang comme l’étaient les membres de la Fédération de Grandecia. Sarmaren était du même acabit. Dans ce pays fondé sur le commerce, la priorité donnée à l’or était largement répandue.
Plutôt que d’envoyer une armée et d’essuyer de lourdes pertes, ils pourraient simplement attendre que le souverain du duché change et que les routes commerciales rouvrent.
Même à ses yeux, cette solution semblait bien plus efficace et raisonnable.
« Ne vaudrait-il pas mieux ouvrir les portes et charger ? »
N’y tenant plus, le chevalier donna son avis.
« Exactement ! Si nous devons mourir de faim ici, autant périr après avoir enfoncé ma lame dans le ventre de ces fichus barbares et de ces traîtres ! »
« Donnez-nous l’ordre ! »
« Baron ! »
Des cris retentirent de toutes parts. Le ravitaillement avait été coupé depuis longtemps. Les barbares et les traîtres devant les remparts ne représentaient pas la totalité des forces ennemies. C’était déjà assez grave que la route d’approvisionnement reliée à la capitale ait été bloquée, mais une partie de ces troupes s’était à présent dispersée et lorgnait même la route commerciale secondaire.
N’y avait-il vraiment aucune solution ?
Le baron continua d’y réfléchir, tâchant de trouver une issue. Ses hommes allaient bientôt mourir de faim, tandis que l’ennemi ne manquait ni de nourriture ni de butin, pillé aux convois marchands de passage. Malgré tous ses efforts, il ne trouvait aucune réponse.
Peut-être devraient-ils lancer une charge sans retour, en abattre autant que possible et mourir glorieusement…
Le baron allait ouvrir la bouche, jusque-là fermement close, quand une agitation soudaine se propagea comme une traînée de poudre depuis le bas des remparts. Les soldats du baron sentirent eux aussi le changement et regardèrent au-delà du canyon.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
« Là-bas ! Quelqu’un arrive ! »
Un soldat cria. Tous, y compris le baron, regardèrent au-delà du camp des barbares. D’abord minuscules, les points qui se dessinaient au loin devinrent peu à peu plus nets.
« Des chariots ? »
« On dirait un convoi marchand. »
« Combien ? Quelle est son ampleur ? »
Le baron posa la question avec empressement. Le chevalier à ses côtés fronça les sourcils.
« Il semble y avoir une dizaine de chariots. On ne distingue pas plus d’une vingtaine de soldats. Avec si peu d’hommes… »
Des soupirs s’élevèrent de toutes parts. Ils savaient déjà ce qui allait se passer. Jusqu’alors, tous les convois marchands qui avaient tenté de franchir cette forteresse, au centre de la grande route commerciale, avaient connu le même sort. Mercenaires, caravaniers, marchands : ils avaient tous été tués, et les barbares ainsi que les soldats du comte avaient emporté le butin et les vivres restants. Il n’y avait pas eu une seule exception.
Cette fois serait sans doute pareille.
« Halte ! »
En un instant, les visages des soldats s’assombrirent. Alors que le chariot de tête approchait des remparts, le chevalier du comte, qui les avait exhortés à se rendre, se plaça fièrement en travers de la route.
Le convoi marchand s’arrêta. Tandis qu’un mercenaire à cheval, qui semblait assez habile, s’approchait du chevalier, un homme à la cape noire descendit du dernier chariot et marcha droit vers lui. Les barbares, les soldats du comte Barkan, le baron sur les remparts et les soldats de la forteresse fixèrent tous le même endroit.
« … »
L’espace d’un instant, tout se tut. Le chevalier du comte, un sourire en coin aux lèvres, releva le menton et s’apprêtait à dire quelque chose.
Au même moment, une flamme d’un blanc pur jaillit de la taille de l’homme. La lame blanche trancha en deux l’épée du chevalier, qui réagit trop tard, puis lui balaya le cou. Le début de soirée s’annonçait, et le soleil couchant inclinait ses rayons. Au milieu du tintement clair du métal, du sang rouge vif et une tête tranchée furent projetés dans les airs, dans une gerbe irréelle.
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