Chapitre 84
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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◈ Le maître de l’épée du royaume déchu
Chapitre 84
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Proie et chasseur (7)
À la déclaration calme de Kyle, le bureau sombra un instant dans le silence. Mais celui-ci ne dura pas.
« Ha… »
Kellan laissa échapper un rire sans joie, qui se transforma bientôt en ricanement. Le fou qui lui faisait face venait de déclarer qu’il tuerait le Grand Chef Zakan, qui avait uni trois tribus, ainsi que le comte Barkan, le traître qui avait fait défection. Après avoir retourné ces paroles dans sa tête à plusieurs reprises, Kellan tordit instinctivement la bouche.
« Vous prétendez tuer le Grand Chef Zakan et le comte Barkan. »
« Oui. »
« Vous m’écoutiez seulement ? Ou vous êtes fou ? Ces salauds ne sont pas seuls. Ils ont d’innombrables hommes derrière eux. »
Les hautes terres du Duché de Tervan n’avaient rien à voir avec les plaines ou les collines ordinaires. Les soldats venus d’autres régions ne pouvaient s’empêcher d’y combattre en position de faiblesse. Il en allait de même pour les mercenaires, chevaliers et mages compris.
« Je vois que vous n’êtes pas seulement arrogant, mais aussi stupide. »
Kellan claqua la langue assez fort pour que Kyle l’entende. Au début, il avait tenté de convaincre le groupe de Kyle d’un ton mesuré, mais il ne prenait désormais plus la peine de dissimuler son mécontentement. Il lança un regard noir à Kyle, puis à Jade et Elysia, qui se tenaient à ses côtés, avant de reprendre d’une voix irritée :
« Vous devez croire que vous n’avez rien à craindre parce qu’une mercenaire de rang or vous accompagne. Mais continuez comme ça et vous risquez de mourir dans un fossé au bord de la route, sans que personne ne le sache jamais. C’est un conseil que me donne une longue expérience, alors prenez-le à cœur. »
« … »
« Et vous, vous êtes mercenaire de rang argent, n’est-ce pas ? Même trois mercenaires de rang or et une mage de la Tour de magie ne suffiraient pas. Et vous voulez que je vous accompagne ? Vous cherchez à me faire tuer ? Comment pourriez-vous vous en sortir avec une force aussi dérisoire… »
Au lieu de répondre, Kyle agita légèrement la main gauche, celle qui portait une bague.
Un tiroir, à l’extrémité du bureau de Kellan, s’ouvrit de lui-même.
Quoi ?
À cette vue soudaine, Kellan se raidit.
Une feuille de papier s’envola du tiroir et atterrit dans la main de Kyle. Celui-ci parcourut rapidement le bref avis officiel rédigé sur le papier raffiné.
« Un ordre du duc de Tervan… »
« … »
« Voilà une belle excuse. Pour quelqu’un qui touche un salaire de l’État, il n’y a aucune raison de prendre un risque mortel en assumant un fardeau dangereux. La loyauté et le patriotisme ne feront pas dévier une lame qui fond sur vous. Je me trompe ? »
Des flammes blanches s’élevèrent autour de Kyle. Elles engloutirent entièrement le papier qu’il tenait, sans laisser la moindre cendre.
De la magie du feu sans incantation. Et pas seulement : ces flammes avaient une nature singulière, tout à fait différente de celle d’un feu ordinaire.
Les lèvres de Kellan, qui quelques instants plus tôt sermonnait Kyle, tremblèrent. Il avait compris que Kyle n’était pas un simple mercenaire de rang argent.
L’âge et la routine avaient peut-être émoussé ses réflexes, mais il restait un chevalier supérieur du duché. Il pouvait voir d’un coup d’œil que Kyle maîtrisait son mana d’une manière tout sauf ordinaire.
« … Je comprends que vous soyez très doué. »
Alors, ce n’était pas la mercenaire de rang or à ses côtés qui avait presque entièrement décimé l’unité de cavalerie de la Tribu Krakes ? songea Kellan. Puis il ajouta :
« Mais cela ne change rien au caractère insensé de votre projet. Même si vous êtes plus fort que la plupart des mercenaires de rang or et même si la mage qui vous accompagne vient d’une Tour de magie réputée, vos chances restent minces. »
« Alors vous ne pouvez pas nous laisser passer et vous ne nous accompagnerez pas ? »
« Qu’attendez-vous exactement de moi ? Est-ce que ma présence changerait quoi que ce soit ? »
« Nous nous ferons passer pour un convoi marchand et les frapperons là où ils ne s’y attendent pas. »
« Quoi ? »
Jade réagit la première. Elle se tourna vers Kyle, les yeux écarquillés. Elysia ne semblait pas moins surprise. Kellan les regarda tour à tour, puis reporta son attention sur Kyle.
« Vous voulez dire… que vous lancerez une attaque surprise ? »
« Rien ne nous en empêche. Rien n’est plus stupide que de débattre de la légitimité d’une action alors que le destin d’un pays est en jeu. »
Contrairement aux mercenaires et aux voyageurs, les convois marchands d’une certaine importance étaient généralement épargnés. On leur prenait toutes leurs marchandises et leur argent, mais la vie restait ce qu’il y avait de plus précieux. Kyle comptait exploiter cette faiblesse.
« Mais nous faire passer pour un convoi marchand… »
« Même dans une situation pareille, il y a toujours un ou deux imbéciles avides. Si les voies d’approvisionnement sont bloquées, cela signifie aussi que ceux qui réussiront à traverser le duché feront de gros bénéfices. »
Certains tenteraient forcément de traverser le duché malgré les risques. Même s’ils n’étaient que quelques-uns.
« Vous comptez vous servir d’un convoi marchand qui essaie de franchir le poste de contrôle ? »
« Si nos intérêts concordent, ça devrait être possible. »
Pour Kyle, ce n’était pas une mauvaise affaire. Il y avait d’autres postes de contrôle et forteresses que celui-ci. Ils ne pouvaient pas discuter des autorisations de passage à chaque fois qu’ils en franchissaient un. Mieux valait donc avancer avec l’armée régulière du duché. S’ils avaient des exploits à faire valoir, ils pourraient aussi convaincre les commandants des autres avant-postes ou forteresses. Plus les soldats se joindraient à eux, plus l’attention serait dispersée, ce qui réduirait d’autant les risques.
Il en allait de même pour Kellan et le convoi marchand qui cherchait à traverser les lieux.
L’offre était tout aussi intéressante pour eux. Kellan et l’armée régulière du duché pourraient tuer le Grand Chef des barbares et le comte traître qui leur causait des ennuis. Le convoi marchand aurait davantage de chances de franchir les hautes terres sans encombre. Si les intérêts de chacun concordaient, l’opération était tout à fait réalisable.
« Malgré tout, je suis chargé de défendre ce poste de contrôle… »
« Vous n’avez pas besoin de partir tous ensemble. Il suffit d’en laisser quelques-uns ici et de vous mettre en route. L’unité de cavalerie qui écumait la route commerciale secondaire a déjà été presque entièrement anéantie. Il leur faudra du temps pour en envoyer une nouvelle. Et puisque vous étiez de toute façon retranchés dans l’avant-poste, ils ne vous auraient pas attaqués, pas vrai ? »
Kellan ne le nia pas. Kyle enfonça le clou.
« Alors, qu’allez-vous faire ? Vous acceptez ma proposition ? »
Kellan ne put répondre sur-le-champ. Après avoir remué un moment ses lèvres sèches, il entrouvrit enfin la bouche.
« Je… »
***
Après avoir quitté le bureau de Kellan, le groupe de Kyle fut conduit à une grande tente de l’avant-poste. Lorsqu’ils eurent dîné et rangé leurs affaires, le soleil s’était déjà couché.
« Haa… Cette journée me paraît étrangement longue. »
« Malgré tout, nous avons de la chance qu’ils nous aient donné une chambre. Je croyais que nous allions devoir dormir à même le sol. »
Jade et Elysia prirent la parole à tour de rôle. La tente qu’on leur avait attribuée pour la nuit n’avait rien d’une tente militaire ordinaire. Elle était soutenue par de solides poteaux de bois et faite d’une toile épaisse. On s’était également occupé de la voiture et des chevaux avec lesquels le groupe de Kyle était arrivé. Pour un poste de contrôle protégé par une palissade de bois plutôt que par une grande forteresse, on pouvait dire qu’ils étaient traités en invités de marque.
« Mais vous comptez vraiment tuer ce Grand Chef et ce comte ? »
« Oui. S’ils nous barrent la route. »
Kyle répondit sans grande inquiétude à Jade, puis déplia une grande carte sur le tapis chaud qui recouvrait le sol de la tente. Ce n’était pas la carte de Velia qu’il utilisait jusque-là, mais une nouvelle carte fournie par Kellan, qui détaillait tout le Duché de Tervan.
« Je l’ai dit brièvement tout à l’heure, dans le bureau, mais nous allons légèrement modifier notre itinéraire. »
Kyle posa le doigt sur le poste de contrôle où ils se trouvaient, puis le fit glisser lentement le long de la sinueuse route commerciale. Le regard de Jade et d’Elysia suivit naturellement sa main droite.
« Nous passerons de la route commerciale secondaire à la route principale. »
« Parce qu’il n’y a plus de raison de l’éviter ? Ou pour rencontrer ce Grand Chef et ce comte ? »
Elysia posa la question. Kyle lui jeta un coup d’œil, puis reporta son regard sur la carte avant de répondre :
« Les deux. Notre premier objectif sera de leur infliger autant de dégâts que possible en nous faisant passer pour un convoi marchand et en lançant une attaque surprise. Ensuite, nous nous servirons de cet exploit pour obtenir des renforts des autres forteresses. »
Les faucons messagers étaient rares. Les tribus barbares ne faisaient pas exception. Même s’ils anéantissaient une unité, il faudrait du temps avant que la nouvelle parvienne au Grand Chef et au comte.
Ainsi, sous le couvert d’un convoi marchand, ils réduiraient autant que possible le nombre de barbares qui attaquaient les routes commerciales. Ensuite, ils se serviraient de ces exploits comme prétexte pour s’arrêter aux forteresses situées le long de la route principale et obtenir leur soutien. Quand ils auraient presque traversé les hautes terres du duché de cette manière, le Grand Chef Zakan ou le comte Barkan n’auraient d’autre choix que de se montrer face au groupe de Kyle.
S’ils en arrivaient là, la moitié de l’opération serait accomplie.
« Je demande juste au cas où… Vous ne comptez pas livrer une bataille rangée, n’est-ce pas ? »
Jade, qui examinait elle aussi la carte, posa la question dans un grondement sourd. Même s’ils obtenaient des renforts et même si les trois mille barbares étaient dispersés dans les hautes terres, il était évident que leur camp serait en infériorité numérique, à s’en tenir aux chiffres.
« Inutile. Nous n’aurons qu’à éliminer leurs chefs. Une fois leur chaîne de commandement effondrée, ils se disperseront d’eux-mêmes. Surtout des barbares qui vénèrent la force. »
Nul besoin de livrer une bataille rangée et sanglante. Si nécessaire, un duel serait plus propre. Ou bien ils pourraient tenter un assassinat en secret. Kyle avait également beaucoup progressé dans sa maîtrise de la Magie d’illusion ; il n’était donc pas particulièrement inquiet à ce sujet.
« Que comptes-tu faire après la mort de Zakan, le Grand Chef, et du comte Barkan ? »
Elysia observa le visage de Kyle. Celui-ci répondit comme si la question n’avait aucune importance.
« Nous partirons aussitôt. »
« Et pour régler la situation après coup ? »
« Ce n’est pas notre problème. Si nous allons jusque-là, ils pourront se débrouiller pour le reste. »
Il était impossible d’exterminer complètement les tribus barbares. L’ampleur de cet incident dépassait l’ordinaire, mais le duché avait toujours été un pays où les rébellions et les incursions barbares étaient monnaie courante. Si le Grand Chef et le comte rebelle mouraient et que le duché retrouvait un peu de calme, ce serait suffisant. Ils ne pouvaient pas être assez incompétents pour être incapables de régler la suite.
« Hein… C’est pas un peu irresponsable ? »
Jade protesta. Kyle la fixa droit dans les yeux, sans changer d’expression.
« Alors reste ici toute seule. »
« Non, maintenant que j’y pense, ça devrait suffire. On n’a même pas reçu de supplément, alors on n’a pas à aller jusque-là, pas vrai ? »
Jade plaisanta d’un ton léger. Kyle laissa échapper un petit soupir.
« Je ne peux pas parler pour toi, Jade, mais Ellie et moi manquons de temps. Pour être honnête, le sort du duché m’est aussi égal. »
C’était la vérité. Kyle avait déclaré qu’il tuerait le Grand Chef Zakan et le comte Barkan parce qu’un avis officiel, émanant de la capitale, ordonnait à tous les postes de contrôle et avant-postes de barrer le passage. Sans cela, il aurait payé et traversé la route commerciale secondaire aussi discrètement que possible. Il y avait pourtant de fortes chances qu’il ait quand même dû tuer des barbares et affronter ce prétendu Grand Chef.
« Reposez-vous autant que possible pour le moment. Gardez vos forces. »
Après avoir regardé les deux femmes, Kyle tourna la tête vers l’arrière. Par l’ouverture de la tente, légèrement entrouverte, un vent froid soufflait depuis la nuit noire.
« Nous devons attendre qu’un convoi marchand arrive. J’espère que ces idiots aveuglés par l’argent se montreront au plus vite. »
***
Le soleil avait grimpé haut dans le ciel.
Une procession avançait sur la route commerciale secondaire, dans les hautes terres du Duché de Tervan.
Huit chariots de marchandises et plus de dix mercenaires chargés de les escorter. En comptant les membres de la compagnie commerciale, près de trente personnes progressaient sans hâte à travers les hautes terres. Silas Weaver, à la tête de la Compagnie commerciale Silas et responsable du convoi, était le seul à voyager dans une voiture plutôt que dans un chariot de marchandises. Il contemplait distraitement le paysage par la fenêtre. Tandis que les hautes terres défilaient sous ses yeux, il se dit :
Ce convoi marchand doit réussir.
La Compagnie commerciale Silas était petite, plus petite que la plupart des autres compagnies commerciales. Pour ne rien arranger, elle croulait aussi sous les dettes.
C’était pour cette raison qu’il avait décidé d’entreprendre ce voyage. Si les barbares avaient bloqué les voies d’approvisionnement, cela signifiait qu’une réussite leur rapporterait un bénéfice énorme. En transportant des marchandises de Brendel à Sarmaren, puis celles de Sarmaren jusqu’à Brendel, il pourrait dégager une belle marge. Il rembourserait alors toutes ses dettes et disposerait même d’un peu d’argent de côté.
Parfois, il fallait risquer sa vie et miser gros.
Oui. Ce n’était pas un pari insensé, mais une décision audacieuse.
Alors qu’il se tenait la poitrine tremblante et poussait un soupir, on frappa à la fenêtre de la voiture. Toc, toc. Silas tourna la tête et fit coulisser la vitre. Dehors, un mercenaire à cheval regardait à l’intérieur.
« Pourquoi cette mine, monsieur l’employeur ? Quelque chose vous tracasse ? »
Le mercenaire posa la question. Silas croisa son regard et secoua la tête.
« Rien ne me tracassait particulièrement. Mais vous, que se passe-t-il ? »
« Rien du tout. Je me demandais juste ce que vous faisiez. »
Silas regarda autour de lui. Dehors, le paysage paisible défilait tranquillement et rien de particulier ne se passait.
« Ne vous en faites pas trop. Ces barbares, ou je ne sais quoi, je les tuerai tous pour vous. »
Sur ces mots, le mercenaire repartit vers l’avant. Silas regarda son dos s’éloigner et tâcha d’apaiser son cœur qui tremblait encore un peu.
Tout devrait bien se passer.
Le mercenaire qui venait de lui parler était de rang argent. Les autres hommes qu’il avait engagés étaient tous des vétérans de rang bronze au minimum. En plus, la procession empruntait la route commerciale secondaire, évitant la route principale. Le chemin était un peu accidenté, mais plus sûr.
« Au fait, nous n’avons subi aucune attaque. Toutes ces rumeurs sur les barbares étaient fausses ? »
« Qui sait ? C’est vrai que c’est plus calme que prévu, mais tant mieux pour nous. »
« C’est peut-être parce qu’on est sur la route commerciale secondaire. Prions pour arriver à bon port. »
Des murmures s’élevèrent de-ci de-là. Silas referma la fenêtre qu’il avait ouverte.
Une journée passa. Toujours aucune attaque.
Au début, les mercenaires et les membres de la compagnie commerciale étaient restés sur leurs gardes, mais ils commencèrent peu à peu à se détendre. C’est alors que le premier poste de contrôle de la route commerciale secondaire apparut en vue.
« Tout le monde, arrêtez-vous ! »
« Halte ! Arrêtez les chariots ! »
La procession s’immobilisa d’un seul coup juste devant le poste de contrôle. Silas descendit de voiture. En face de lui se tenaient les rangers du duché chargés des inspections.
« Déclinez votre identité. »
« Je suis Silas Weaver, chef de la Compagnie commerciale Silas. Voici mon laissez-passer de la Guilde des marchands de Brendel. »
Le regard indifférent du ranger passa Silas au crible. Sans rien laisser paraître, ses hommes vérifièrent le laissez-passer. Silas déglutit discrètement, puis sortit autre chose de ses vêtements et le leur tendit.
« Et voici un petit témoignage de ma gratitude envers les rangers qui travaillent dur pour nous, jour et nuit. Ha ha… »
Trois grosses pièces d’argent, préparées en plus du péage. C’était davantage que le pot-de-vin habituel glissé sous la table. Pourtant, les rangers, qui auraient dû afficher un sourire discret à présent, ne réagirent presque pas. Guettant attentivement leur humeur, Silas demanda :
« Euh… Il y a un problème ? »
Les rangers échangèrent un regard. Leurs expressions changèrent étrangement tandis qu’ils comparaient le laissez-passer de Silas au pot-de-vin qu’il leur avait tendu.
Derrière eux, le bruit des pas lourds d’un homme se rapprocha. Les rangers tournèrent un instant les yeux vers la source du bruit.
Silas regarda par-dessus leurs épaules. Depuis l’intérieur de l’avant-poste, sous les yeux de toutes les personnes présentes, y compris celles du convoi, un homme en cape noire s’avançait.
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