Chapitre 64
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Maître de l’épée du royaume déchu
Chapitre 64
──────
Deux exilés (11)
Après leur repas, Kyle et Elysia montèrent directement au deuxième étage.
La chambre qu’on leur avait attribuée à l’auberge était plus petite que prévu.
Un lit de taille moyenne se trouvait dans un coin. À côté, une petite table de nuit supportait une lampe alimentée par une pierre magique de qualité inférieure. Bien sûr, il n’y avait pas de salle de bains. Pas de fenêtre non plus. C’était une pièce destinée à une seule chose : dormir une nuit.
« Désolé. Nous aurions dû aller ailleurs. »
« Non, ça ira. C’est mieux que de dormir dehors. »
Kyle fronça légèrement les sourcils. Elysia, en revanche, ne semblait pas s’en soucier. À vrai dire, durant sa fuite d’Archandia jusqu’ici, au Royaume de Brendel, elle s’était habituée aux conditions de couchage inconfortables.
« Tu as choisi cet endroit exprès, pas vrai ? »
Elysia posa la question comme si de rien n’était. Kyle ne le nia pas.
Ce n’était pas qu’il manquait d’argent. Il en avait largement assez.
Le problème, c’était que Kyle et Elysia étaient actuellement poursuivis. S’installer dans une auberge bien aménagée du centre-ville aurait été trop risqué. En cas de fouille, ce serait le premier endroit qu’on inspecterait. Les faubourgs n’étaient pas plus sûrs. Si Kyle avait été seigneur de la forteresse, il aurait commencé par fouiller la plus grande auberge et la plus petite.
Il avait donc choisi un endroit suffisamment éloigné du centre.
S’ils s’étaient enfoncés davantage vers les faubourgs, ils seraient tombés sur des lieux qui n’offraient guère plus qu’un toit. Ils pouvaient s’estimer heureux que la chambre soit exempte de bestioles et de toiles d’araignée. Les mercenaires ordinaires logeaient généralement dans des chambres de ce genre. En fait, Kyle était le seul à se sentir un peu mal à l’aise : depuis qu’il était devenu mercenaire de rang argent, il avait toujours séjourné dans les meilleurs établissements disponibles.
C’était la seule chambre qui restait ; il n’y pouvait rien.
De toute façon, ils n’allaient fermer les yeux qu’un court moment avant de repartir. Tant que la pièce les protégeait du vent et de la pluie, cela suffisait. Après avoir jeté un regard autour de lui, Kyle alluma la lampe de la table de nuit. L’intérieur était plutôt bien entretenu, sans doute parce qu’on le nettoyait souvent.
« Repose-toi pour l’instant. On ne sait pas quand on repartira. »
Kyle tira la chaise près du lit et s’assit. Elysia hésita, puis s’approcha et s’assit avec précaution au bord du lit.
« Tu devrais au moins fermer les yeux. On a encore forcé aujourd’hui. »
Kyle détacha l’épée qu’il portait à la taille. Il sortit de ses vêtements sa bourse d’inventaire et en tira une petite fiole. Quand il dégagea la garde, une lame froide apparut, immaculée malgré toutes les batailles qu’elle avait traversées. Il était fatigué, mais comptait tout de même entretenir son arme.
« Nous partirons à minuit ? »
Elysia, qui observait Kyle en silence, posa la question. Plus tôt, il avait dit qu’il surveillerait la situation jusqu’aux alentours de minuit.
« Je n’en sais rien. Rien n’est certain. Tout dépendra de la façon dont l’autre camp agira. »
« À cause du faucon messager. »
« … Oui. Si le seigneur de la forteresse de Ligrid décide de fouiller l’intérieur de la forteresse, nous devrons partir, que nous ayons pu nous reposer ou non. »
Jusqu’ici, pourtant, rien ne laissait penser que cela allait arriver. Et la taille de la cité-forteresse compliquait les choses.
Elle comptait environ dix mille habitants. À eux seuls, les voyageurs et les marchands qui la traversaient se chiffraient par milliers. Fouiller chacun d’eux exigerait de mobiliser la majeure partie de la garde de la forteresse. Cela provoquerait forcément une sacrée agitation.
Ils pourraient profiter de cette occasion pour s’enfuir. Kyle ne s’inquiétait donc pas outre mesure.
« Le problème, ce sont les Chevaliers wyvernes. »
Elysia, qui s’était adossée à un moment contre le mur près du lit, murmura doucement. La main de Kyle s’immobilisa tandis qu’il frottait la lame avec un chiffon imbibé d’huile.
« … Tu es très fatiguée ? »
Mais cela ne dura qu’un instant. Kyle reprit son geste et parla. Elle marqua une pause, comme si elle réfléchissait, puis répondit sur un ton empreint d’autodérision.
« Si je disais que je n’étais pas fatiguée… ce serait un mensonge. »
« Alors repose-toi, même si ce n’est que quelques instants. Même si nous semons les Chevaliers wyvernes, il nous faudra encore franchir la frontière et traverser les hauts plateaux du Duché de Tervan. »
« Le Duché de Tervan… J’espère que nous arriverons jusque-là. »
Les yeux dorés d’Elysia se perdirent dans l’obscurité d’un côté de la pièce. Dans la faible lumière de la lampe, tout paraissait flou, presque irréel.
« C’est étrange, je n’arrive pas à dormir. Mon corps est épuisé, mais j’ai l’esprit parfaitement clair… »
Elle marmonna pour elle-même. Son arrivée à Brendel, sa rencontre avec Kyle, puis tout le chemin parcouru jusqu’ici… tant de choses s’étaient passées. Il y avait eu bien des jours où elle avait voulu renoncer.
Malgré tout, elle avait continué à lutter. Elle avait toujours avancé, le corps accablé de fatigue. C’était encore le cas. Le franchissement de la chaîne de montagnes et l’arrivée à la forteresse avaient été une marche forcée éprouvante. Il n’aurait rien eu d’étonnant à ce qu’elle s’effondre d’un instant à l’autre.
Pourtant, son esprit était clair. Plus clair que jamais. Comme si son corps avait senti quelque chose et brûlait sa dernière flamme.
Était-ce une simple illusion, ou rêvait-elle ?
Kyle essuya son épée en silence. À mesure que la lame, déjà nette, devenait encore plus propre, les inquiétudes qui l’habitaient se dissipèrent peu à peu. Les pensées futiles s’évanouirent. Jusqu’à la conscience qu’il avait de lui-même.
« Kyle. »
« Vas-y. »
Un peu plus tard, Elysia reprit la parole.
« Pouvons-nous vaincre les Chevaliers wyvernes ? »
« On ne le saura qu’en essayant. Comme je viens de le dire, nous ne savons rien. Ni comment ils agiront, ni ce qui nous attend. »
« Kyle. »
Sa voix était basse. Elle semblait presque ivre et, contrairement à d’habitude, infiniment calme. Kyle contempla son visage reflété dans la lame, puis tourna la tête. Elysia le fixait, avec le même regard que lors de leur première rencontre.
« Même si l’on me poursuit, je reste la première princesse de l’Empire. Même si les Chevaliers wyvernes me vainquent, je ne mourrai probablement pas. Si je dois être punie, on me ramènera à Archandia pour me juger. »
Elysia poursuivit d’un ton assuré :
« Avec un peu de chance, je pourrais survivre. Même si je perdais un bras ou une jambe, ou un ou deux yeux. »
« Qu’essaies-tu de me dire ? »
« Si nous n’avons aucune chance de gagner, tu peux partir en cours de route. »
Elle esquissa un sourire amer.
« Non, si tu le veux, tu peux même renoncer à mon contrat dès maintenant. C’est… une affaire extrêmement personnelle. »
« Tu me dis de m’enfuir ? »
« Je ne te dis pas de t’enfuir. Je te dis de renoncer au contrat. Je ne sais pas qui tu es ni quelle est ta situation, mais tu n’as aucune raison de risquer ta vie pour les affaires de la Famille impériale. S’il y a non pas un, mais deux Chevaliers wyvernes… »
« Ne te méprends pas. »
Kyle fit légèrement pivoter la garde de l’épée qu’il venait d’entretenir. La lame lisse refléta la lumière de la lampe et diffusa une douce lueur orangée.
« J’ai accepté ce contrat, mais pas pour toi. »
« Ah… »
« Je l’ai fait pour moi. Le contrat n’est qu’un moyen. »
Kyle remit la fiole d’huile et le chiffon dans sa bourse. Lorsqu’il rengaina l’épée bien entretenue, la lumière de la lame s’évanouit dans un léger tintement cristallin.
« Kyle, tu… n’as pas peur de la mort ? »
Elysia, qui fixait le visage de Kyle d’un regard absent, posa la question qui lui était venue à l’esprit.
« Tu as peur, toi ? »
« Moi… oui. J’ai peur de mourir. J’ai peur que mon existence disparaisse. J’ai peur de ne pas savoir ce qui se trouve après la mort. C’est différent du fait d’être prête à sacrifier ma vie si nécessaire. »
« Moi, non. »
« Pourquoi ? »
« Parce que je suis déjà mort une fois. »
La voix de Kyle ne trembla pas le moins du monde.
« Parce qu’il y a quelque chose de bien plus terrifiant que la mort. Alors, si je peux atteindre mon but, le reste m’est égal. Voilà ce que signifie n’avoir rien à perdre. Du moins, pour moi. »
Kyle dressa l’épée entretenue à la verticale. L’épée en fer stellaire qu’il tenait depuis son adoubement, plus de cinq ans auparavant, brillait de son éclat toujours aussi froid et tranchant.
« Et aujourd’hui n’est pas ce jour-là. Il me reste encore des choses à faire. »
Il n’avait donc pas l’intention d’offrir docilement son cou. Et cela ne changerait pas, même si deux Chevaliers wyvernes étaient à leurs trousses. Même si tous ceux qui lui étaient chers avaient disparu et que son corps, rongé par une malédiction, était devenu plus faible qu’autrefois, ce n’était pas une raison pour renoncer.
Deux Chevaliers wyvernes à la poursuite d’une princesse devenue traîtresse.
Il s’était battu contre eux jusqu’à en être écœuré. Contre les chevaliers impériaux et les wyvernes qu’ils chevauchaient. Kyle se remémora les souvenirs enfouis dans son passé, ceux où il avait tué des Chevaliers wyvernes. La sensation vive de la chair transpercée et la chaleur du sang rouge vif jaillissant lui revinrent sous la main posée sur son fourreau.
Combien de Chevaliers wyvernes étaient tombés sous sa main ? Quelles étaient leurs faiblesses ?
Ses pensées furent brèves. Il n’y avait pas lieu de se tourmenter. Même si son corps avait décliné, ce qu’il devait faire, lui, n’avait pas changé. Depuis la chute de Hailen, Kyle n’avait eu qu’un seul but.
« Dors, maintenant. Je te réveillerai le moment venu. »
Kyle éteignit la lampe, dont la faible lueur se répandait dans la pièce. Comme toujours, il serra contre sa poitrine l’épée qu’il venait d’entretenir. Dès que l’unique source de lumière disparut, la chambre sans fenêtre sombra dans l’obscurité totale. Au milieu des faibles bruits de la respiration d’Elysia, Kyle ferma lentement les yeux.
***
Tard dans la nuit, les rues de la cité-forteresse de Ligrid étaient un peu plus agitées que d’habitude.
« Si vous repérez quelqu’un de suspect, signalez-le immédiatement ! »
« Oui, chef ! »
« Ne laissez passer personne. Il faut les retrouver ! »
La garde de la forteresse ratissait la ville, fouillant d’innocents mercenaires et marchands. Ceux qui s’étaient couchés tôt, mais aussi ceux qui buvaient pour se détendre avant de franchir la frontière et de traverser les montagnes, furent emportés par cette grande rafle.
Tout se déroula en un instant.
Ceux qui ne comprenaient pas ce qui se passait baissèrent la tête sous les menaces des soldats qui faisaient irruption et prièrent pour que l’orage passe. Ils n’eurent pas le temps de réagir. Dès que Konrad, le seigneur de la forteresse, en donna l’ordre, la garde ne laissa que les effectifs strictement nécessaires à la surveillance et déploya toutes ses autres troupes dans la ville. L’opération fut menée avec une rapidité extrême.
Des auberges bien aménagées du centre aux établissements miteux des faubourgs.
Tous les lieux où les traîtres étaient susceptibles de se cacher furent fouillés par surprise au même moment.
Les protestations qui fusèrent furent purement et simplement ignorées. Ici, l’autorité du seigneur de la forteresse était telle.
« C’est bien ici ? »
« Oui, chef. C’est la dernière auberge de ce secteur. »
« Je vois. »
Un groupe de soldats se tenait devant une auberge. Le chef d’escouade de la garde, qui commandait les hommes, leva un instant les yeux vers l’enseigne, puis ouvrit la porte sans hésiter et entra.
« Ah, bienvenue… »
La serveuse qui s’était avancée pour accueillir les nouveaux arrivants se figea. Les autres ne réagirent pas différemment. Tous ceux qui, à l’instant, buvaient et bavardaient bruyamment au rez-de-chaussée se tournèrent vers la porte ouverte comme s’ils s’étaient donné le mot.
« Quoi ? Des soldats ? »
« C’est la garde de la forteresse, non ? Qu’est-ce qu’ils font ici à cette heure… »
« Un criminel se cache ici ? »
Les conversations bruyantes furent remplacées par des chuchotements. Les soldats n’y prêtèrent aucune attention. Ils entrèrent dans l’auberge d’un pas discipliné. Le chef d’escouade ferma la marche, promena son regard autour de lui et plissa les yeux.
Dans cette auberge de taille moyenne, située à l’écart du centre, un bon nombre de clients mangeaient et buvaient. Des mercenaires et des marchands venus du Duché de Tervan ou descendus des Montagnes de Ligrid. Après les avoir tous scrutés sans exception, le chef d’escouade s’écria à pleins poumons :
« Silence ! »
Sa voix tonitruante réduisit instantanément le rez-de-chaussée au silence. Le chef d’escouade balaya de nouveau la salle du regard, comme pour menacer les clients, puis poursuivit :
« Sur ordre du seigneur, nous allons procéder à une fouille surprise. »
« Quoi ? »
« Une fouille ? Comme ça, sans prévenir ? »
« Silence ! Tout le monde se tait ! »
Le chef d’escouade cria. Ceux qui protestaient se turent aussitôt.
« L’ordre a été donné dans toute la forteresse, pas seulement ici. Coopérez. »
« … »
« Quelqu’un a-t-il vu un grand mercenaire armé d’une épée ? Il est accompagné d’une mage plus petite, vêtue d’une cape noire. Si vous savez quelque chose, levez la main. »
Les clients du rez-de-chaussée se regardèrent. À cause de l’incident survenu dans le Duché de Tervan, il y avait bien plus de monde ici que d’ordinaire. Dans cette salle bruyante, personne ne pouvait se rappeler l’apparence de chaque inconnu qu’il n’avait jamais rencontré. En outre, la description qu’il venait de donner correspondait à des gens qu’on pouvait croiser partout. Rien ne la distinguait particulièrement.
« Vraiment personne ? Personne ? »
Il cria de nouveau. Les clients remuèrent sous son regard interrogateur, l’air confus. Du moins, personne dans cette salle ne correspondait à la description qu’il venait de donner. Il y avait des gens armés d’épées, des gens de grande taille et des gens accompagnés de mages, mais personne ne réunissait les trois caractéristiques à la fois.
« On n’a pas le choix, alors… »
« Q-qu’est-ce qui se passe ? »
Le chef d’escouade soupirait lorsqu’un aubergiste, qui avait remarqué les soldats avec un temps de retard, accourut depuis la cuisine.
« Vous êtes le propriétaire de cette auberge ? »
« Oui, oui ! C’est bien moi. Soldats, que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous arrivés si soudainement… »
« Nous avons reçu un ordre du seigneur. Nous recherchons des individus : un grand mercenaire armé d’une épée et une mage vêtue d’une cape noire. Cela vous dit quelque chose ? »
« Eh bien… »
L’aubergiste s’interrompit. Comme il ne répondait pas tout de suite, le chef d’escouade leva les yeux vers le plafond et prit la parole.
« Désolé, mais nous allons devoir vous demander de coopérer un instant. Cela ne prendra pas longtemps. »
« Pardon ? »
« Fouillez tout l’étage. »
« On procède comme prévu ? »
« Oui. Si vous trouvez les cibles, tuez l’homme et capturez la femme vivante. »
« Compris. »
Tout se passa au moment même où l’aubergiste laissa échapper une exclamation perplexe. Sur l’ordre du chef d’escouade, les soldats gravirent l’escalier qui menait au deuxième étage.
« N-non ! Vous ne pouvez pas monter comme ça… ! »
L’aubergiste cria, mais trop tard. Sa voix ne les atteignit pas. Tandis que son cri désespéré résonnait encore au rez-de-chaussée, les soldats atteignirent le deuxième étage et commencèrent à forcer les portes verrouillées pour poursuivre leurs recherches.
« Aaaah ! »
« C’est quoi ce bordel ? Vous êtes qui, putain ? »
« P-pitié, épargnez-moi ! Je n’ai rien fait ! »
Contrairement au rez-de-chaussée, le calme du deuxième étage ne tarda pas à laisser place au chaos. Les clients qui s’étaient endormis tôt pointèrent les soldats du doigt et crièrent, stupéfaits par leur irruption. Certains baissèrent aussitôt la tête, peut-être parce qu’ils avaient quelque chose à se reprocher. Les soldats n’en tinrent aucun compte et se hâtèrent de retrouver les personnes correspondant à la description de leurs cibles.
« Vous les avez trouvés ? »
« Pas encore, chef. »
« Je vois. »
Depuis la chambre juste en face de l’escalier jusqu’au bout du couloir.
Les soldats et le chef d’escouade, qui avaient forcé les portes une à une pour fouiller les chambres, s’arrêtèrent devant la dernière.
« C’est la dernière. »
« … Je vois. »
Les soldats échangèrent un regard, puis se tournèrent vers le chef d’escouade. L’homme qui commandait fit un signe du menton vers la porte bien fermée.
Tchac !
Soudain, une lame d’argent effilée transperça la porte en bois.
Un soldat qui se tenait tout près eut la gorge percée et s’étrangla en vomissant du sang. Le sang rouge vif s’écoula en cascade autour de la lame qui remuait. Bientôt, dans un grincement, la porte fermée s’ouvrit lentement.
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>