Chapitre 16
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Sword Master of the Fallen Kingdom
Chapitre 16
──────
Rumeurs de fortune (1)
« Votre commande. J’ai été un peu généreux sur les portions. »
On posa sur le comptoir un grand bol débordant de nourriture.
Du pain blanc moelleux, une belle pièce de viande bien cuite, des œufs durs, une noix de beurre avec un peu de confiture et un verre d’eau propre.
Alors qu’il prenait ses couverts, Kyle balaya la salle du regard. La taverne du rez-de-chaussée de l’auberge était bondée à cette heure de la fin d’après-midi, pleine de gens en tout genre.
Des mercenaires chargés d’équipement, des voyageurs vêtus légèrement, des gens qui semblaient appartenir à des caravanes marchandes. Une foule bigarrée. Kyle ne détonnait pas, et cela lui convenait parfaitement.
« Alors, ce repas ? »
« Pas mauvais. »
« Vous êtes difficile à satisfaire, hein ? Vous n’avez pas idée du talent de notre cuisinier. Je ne peux pas en dire autant du reste, mais côté nourriture, cette auberge n’a pas sa pareille dans les environs. »
Le tavernier faisait briller une chope avec un linge blanc en parlant, la fierté dans la voix. Kyle mâcha en silence, puis esquissa un sourire en coin.
Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis son départ de Dornel.
Après avoir reçu son paiement du comte Metis et pris congé de Katrin et Voile, Kyle avait quitté la ville avant l’aube. Comme toujours, il n’avait emporté qu’une épée d’apparence banale et une cape noire jetée sur ses épaules. Il n’avait aucune destination particulière en tête.
C’était toujours ainsi. Vivant, mais pas tout à fait. Il errait à travers le continent comme un fantôme sans but, tuant des hommes et des monstres machinalement, juste pour gagner de quoi subsister. Il ne pouvait pas mourir, alors il continuait d’avancer. Mais même à présent, après tout ce temps, il ignorait ce qu’il voulait vraiment.
Depuis cinq ans, depuis le déclenchement de la Guerre du Nord.
Non. Depuis trois ans, depuis qu’il avait tout perdu et s’était retrouvé seul.
Certains voulaient de l’argent. D’autres, la gloire. D’autres encore, le pouvoir.
Kyle n’était rien de tout cela. On disait que les gens étaient des créatures de désir. Lui n’en avait aucun. Même lorsqu’il gagnait une fortune, même lorsqu’il mettait la main sur des reliques et des artefacts rares, même lorsqu’un pouvoir incommensurable était à sa portée, rien ne lui procurait de joie. Depuis trois longues années, il se demandait ce qu’il désirait, mais aucune réponse claire ne lui était jamais venue.
Cherchait-il à venger ceux qui étaient déjà morts ? Ou voulait-il simplement revoir le visage des êtres qu’il aimait, ne serait-ce qu’une dernière fois ?
À moins que ce ne soit même pas ça. Peut-être avait-il simplement renoncé, et attendait-il le repos qu’apporterait la mort.
« Vous venez d’où ? »
Sa rêverie se brisa. À la voix du tavernier, Kyle se rendit compte qu’il était resté assis là, hébété, sa fourchette à la main.
« De Dornel. »
« Un voyageur de l’ouest, alors. Cette ville est l’une des plus animées du coin. Après tout, c’est là que se trouve le domaine principal de la famille Metis. »
« Ce n’est pas grand-chose. »
« Pas grand-chose ? »
Le tavernier acheva de faire briller le verre qu’il tenait, puis en prit un autre, encore humide.
« Comparée à Arcandier, la capitale impériale, ou à Lenavic, où siège l’Assemblée fédérale, ce n’est guère plus qu’un petit bourg. »
« C’est vrai, j’imagine. »
« Cela dit, cette ville n’est pas si mal. Elle a son charme. »
« Facile à dire quand on vient d’ailleurs. Quelqu’un comme moi, qui est né ici et y a passé toute sa vie, voit les mêmes paysages défiler jour après jour. Mes amis parlaient de devenir des mercenaires célèbres depuis qu’on était gamins, et dès qu’ils ont eu l’âge, ils sont partis. »
« Qu’est-ce qui leur est arrivé ? »
« Rien de particulier. Je n’ai plus eu de leurs nouvelles depuis, alors ils sont probablement morts. »
Un bref silence s’installa. Dans ce monde, la mort était banale, contrairement à la Corée d’où venait Kyle. Des garçons des quartiers périphériques quittant leur foyer à la poursuite de rêves de gloire, puis se vidant de leur sang dans une ruelle : c’était si courant que ça ne faisait même plus une bonne histoire à raconter autour d’un verre.
« Il y a beaucoup de monde, ici. »
Kyle reprit son repas et posa la question. En effet, le rez-de-chaussée était anormalement bondé, alors qu’il était encore trop tôt pour parler du soir. Pour une ville de cette taille, c’était clairement inhabituel. Il y avait même davantage de clients que dans l’auberge où il avait passé une nuit à Dornel.
« Ah, ça ? »
Kyle était en train de manger tranquillement la moitié d’un œuf quand le tavernier lui répondit d’un ton détaché.
« Il se passe pas mal de choses dans le coin, ces derniers temps. »
« Des choses ? »
« Il paraît qu’on a découvert un donjon inexploré dans les environs. Je tiens ça de seconde main, alors je ne peux pas en être sûr. Mais vu que les clients affluent depuis deux semaines et que la ville se remplit de monde, ça ne ressemble pas tout à fait à une pure invention. »
« … »
« Je parierais que c’est pareil dans les autres villes alentour. Il paraît que les nobles s’y intéressent aussi, pas seulement les compagnies de mercenaires réputées… »
Le tavernier jeta un coup d’œil autour de lui et baissa d’un ton. Kyle demeura immobile, les yeux fixés sur le verre d’eau qu’il tenait.
« Un donjon inexploré… »
« Ça vous intéresse ? »
Le tavernier posa la question d’une voix un peu rusée. Kyle ne répondit pas. Il laissa plutôt ses pensées s’attarder sur ces mots. Donjons, ruines, labyrinthes. Les appellations changeaient, mais ce qu’ils promettaient restait toujours le même.
Des sommes colossales. Ou la possibilité de faire fortune du jour au lendemain.
Un donjon inexploré, plus encore. Tout comme le comte Metis s’était approprié des ruines encore inconnues et s’était enrichi grâce à elles, un donjon jamais exploré n’était pas différent d’un chaudron d’or abandonné au bord de la route. La plupart des donjons recelaient des trésors fabuleux.
Mais rien n’était gratuit. Explorer un donjon exigeait des effectifs. Qu’il s’agisse d’un petit groupe de combattants très expérimentés ou d’une foule avançant à grand-peine au prix de nombreuses vies, il fallait dans tous les cas du temps et des ressources.
Et pourtant, les gens choisissaient d’y entrer. Parce que le jeu en valait la chandelle. Kyle lui-même avait exploré quelques donjons inexplorés et des ruines récemment découvertes. Pas seulement pour l’argent, mais aussi pour mettre la main sur des artefacts et des reliques introuvables, même aux enchères.
Surtout, avec un peu de chance, il pourrait trouver quelque chose capable de lever la malédiction qui s’était incrustée dans son corps, voire de ramener quelqu’un à la vie.
S’il pouvait seulement se débarrasser de cette malédiction qui le dévorait de l’intérieur, il y avait tant de choses qu’il pourrait enfin faire.
« Les temps sont durs, vous savez. Même les nobles seigneurs les plus distingués se font tuer à tout bout de champ. L’honneur et la gloire ne valent pas grand-chose. Ce qui compte vraiment, c’est l’argent et la force. Dans un donjon inexploré, rien qu’en vendant les matériaux qu’on en rapporte, on peut repartir riche, non ? »
« … »
« Et avec un peu de chance, on déniche un artefact ou une relique, et on se fait un nom. »
« Ça commence à devenir tentant. »
« Je m’en doutais. »
Il haussa les épaules, visiblement satisfait de lui-même. Kyle tendit l’oreille vers le fond de la taverne. Le donjon inexploré était bel et bien sur toutes les lèvres. En prêtant attention, on pouvait entendre des bribes de conversations de gens qui formaient des équipes et cherchaient des compagnons.
« Quelqu’un veut venir avec moi ? »
« Y en a un paquet. Rien que des mouches… »
« Même rang ? C’est vrai, ça ? »
« Entrer dans un donjon inexploré, c’est risquer sa vie. Je préférerais… »
« Lâche. Voilà pourquoi tu n’iras jamais loin. »
Des voix en tout genre s’élevaient de toutes parts. Voyant l’intérêt de Kyle, le tavernier désigna la foule d’un signe de tête.
« Si vous cherchez des compagnons, pourquoi ne pas aller leur parler ? Payez-leur une tournée, même bon marché, et ils vous laisseront probablement vous joindre à eux. »
« Pas besoin. »
« Pas besoin ? Vous comptez y aller seul ? »
« Si je le peux, oui. »
« Mais pourquoi ? »
« Parce que je l’ai déjà fait comme ça un bon nombre de fois. »
Explorer des donjons et des ruines était, par nature, un travail d’équipe. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver dans un lieu inconnu, et faire face seul à toutes les urgences était difficile.
Kyle, lui, était différent. Le cas échéant, il irait simplement seul. Il l’avait déjà fait avec succès plus d’une fois. Plus il y avait de monde, plus les bénéfices étaient divisés. De son point de vue, rien ne justifiait d’embarquer des mercenaires en qui il n’avait pas confiance, pour réduire sa propre part.
« Ha. Vous ne manquez pas d’assurance. »
« … »
« On dirait que vous vous débrouillez bien. Vous êtes de quel rang ? »
« Argent. »
« Rang argent ? »
La réponse venait de derrière lui. Kyle avala son dernier morceau de viande et se retourna. Un groupe installé un peu à l’écart du comptoir le regardait en ricanant entre eux.
« Aller dans un donjon tout seul ? Vous l’avez déjà fait un bon nombre de fois ? »
« Quel taré. Il a perdu la tête. Je trouvais ça bizarre de voir toute cette vermine ramper dans le coin à cause du donjon, et voilà qu’un rat incapable d’attraper une souris se fait passer pour un mercenaire de rang argent. »
« C’est toujours ceux qui n’ont rien qui en font le plus. »
« Oh. On dirait qu’il nous a entendus. Il nous regarde. »
« Qu’il regarde. Qu’est-ce qu’il va faire, l’idiot ? »
Les insultes fusaient sans raison. Kyle plissa les yeux en détaillant le groupe. Des mercenaires, à en juger par leur allure.
À l’ambiance qui régnait, ils semblaient s’être regroupés en vue du donjon. Leur équipement avait l’air convenable au premier regard. La table était encombrée de plats à moitié mangés et de chopes vides ; ils buvaient là depuis plus longtemps que Kyle ne mangeait.
« Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais… »
Le visage du tavernier s’était assombri. Il s’apprêtait à dire quelque chose quand Kyle prit la parole le premier.
« Votre eau est mauvaise, aubergiste. »
« Hein… ? »
« Cette auberge a toujours été pleine de déchets ? »
Kyle posa ses couverts. Le groupe qui parlait de lui à voix haute se tut d’un seul coup.
« Hé, qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Un des mercenaires repoussa sa chaise et se leva. Maigre, les membres longs, il fixait Kyle comme s’il voulait le tuer.
« Taisez-vous et finissez vos verres. »
« Quoi ? »
« À moins que ce ne soit votre truc ? Chercher la bagarre pour extorquer de l’argent aux gens. »
« Ha ha ha ! »
Le grand maigre éclata de rire. Les autres mercenaires de la table ne tardèrent pas à l’imiter.
« Waouh, ce type est vraiment hilarant. »
« Je savais qu’il était bizarre, mais pas à ce point. »
« Hé. Tu te prends pour qui ? »
Un mercenaire à la barbe épaisse lui posa la question. Le rez-de-chaussée était devenu si silencieux que seules les voix de Kyle et des mercenaires troublaient le calme.
Les bagarres entre mercenaires étaient monnaie courante. Celles où l’on risquait sa vie tenaient presque du divertissement. Il n’était pas rare que les badauds attisent les choses quand ils n’étaient pas concernés. Le mercenaire barbu sentit les regards de la salle converger vers lui et baissa d’un ton.
« Je ne t’ai jamais vu. Tu n’es pas du coin. Un étranger. »
« Et alors ? »
« Arrête de te faire passer pour un mercenaire de rang argent et ferme-la. Tu sais combien d’escrocs comme toi débarquent ces derniers temps ? Ils la ramènent tous pour essayer d’intégrer une équipe réputée. Et pas plus tard qu’il y a quelques jours, il y en a même un qui a falsifié son insigne de mercenaire. »
« Tes yeux ne sont là que pour la décoration. »
« Qu’est-ce que tu as dit ? »
La barbe du mercenaire frémissait à la suite de cette réplique inattendue. Kyle enchaîna sans perdre une seconde.
« Un insigne de mercenaire n’est qu’un des nombreux moyens de prouver sa valeur. Quelqu’un qui a de vraies capacités peut jauger le niveau d’un autre rien qu’à sa démarche et à son maintien. »
« … »
« Vous, en tout cas, vous n’en êtes pas capables. »
« Espèce de… »
L’un d’eux, incapable de se retenir plus longtemps, repoussa sa chaise et se leva. La table bascula violemment dans un fracas.
Au moment où l’homme tendit la main vers l’épée à sa hanche,
Clang !
Un tintement métallique net retentit. Un morceau de métal tranché tomba en cliquetant sur le sol de la taverne. Les yeux écarquillés, l’homme baissa les yeux vers sa taille. Il ne lui restait que la poignée de son épée, la lame sectionnée juste sous la garde.
« On continue ? »
dit Kyle à voix basse. Il était déjà debout, son épée à la main, la lame luisant d’un éclat lisse.
La fin de l’après-midi. La lame argentée, illuminée par les rayons obliques du soleil couchant.
« Ah… »
Un petit son tremblant échappa à l’homme. Ses jambes n’arrêtaient pas de trembler. Son esprit refusait d’accepter ce qui venait de se passer.
Il a dégainé ? Quand ? Comment ? Je ne l’ai même pas vu faire.
Si cette lame avait visé sa gorge…
Il reprit brusquement ses esprits, recula en titubant, puis détala tout droit hors de l’auberge. Les autres comprirent la situation et sortirent derrière lui.
« Désolé pour le remue-ménage. »
« Non, ce n’est… »
« Vous avez encaissé leur note ? »
Une fois qu’ils furent tous partis, le rez-de-chaussée bondé retomba dans le silence. À la question de Kyle, le tavernier secoua la tête.
Kyle fouilla dans son manteau, en tira une généreuse poignée de pièces d’argent et les posa à côté du bol vide.
« C’est… ? »
« Pour le repas et les renseignements. Ça devrait aussi couvrir largement les consommations de ces hommes. Merci pour la conversation. »
« Attendez ! Je ne peux pas accepter autant… »
Il n’entendit pas la suite. Kyle rengaina son épée d’un geste fluide et prit la direction de l’étage. Le tavernier fixait, ébahi, la pile de pièces d’argent posée devant lui, bien plus importante qu’il ne l’aurait jamais imaginé.
« Eh bien… »
« Vous avez vu ça ? »
« Il a tranché une poignée d’épée d’un seul coup, sans même utiliser d’énergie d’épée. »
« Cette lame n’avait pas l’air ordinaire… »
« On dirait que c’est quelqu’un de célèbre. Quelqu’un sait qui c’est ? »
Le rez-de-chaussée silencieux ne tarda pas à retrouver son brouhaha. Ceux qui venaient d’assister à la scène s’agitaient désormais au sujet de l’identité de Kyle.
Et quelqu’un observait tout cela. Depuis un coin de la salle, une paire d’yeux avait suivi Kyle tandis qu’il montait l’escalier, sans ciller. Après avoir jeté un regard autour de soi, la silhouette se leva. Une robe bleue ondula doucement dans son mouvement.
***
Kyle ouvrit la porte de la chambre qu’on lui avait attribuée et entra. C’était la chambre la plus chère de l’auberge, et cela se voyait : elle était bien rangée et bien entretenue.
Il balaya rapidement la pièce du regard et repéra un bassin dans un coin. Il n’y avait pas de baignoire, mais ça suffirait. En dehors des grandes villes libres et d’endroits comme Dornel, c’était à peu près la norme dans les auberges de ce monde.
Kyle retira son équipement, mouilla un linge propre et se débarbouilla rapidement. Une fois propre, il s’allongea sur le lit et posa son épée près de la tête de lit, comme toujours. La nuit était tombée. Il tendit le bras et éteignit la lampe de chevet. La pièce fut plongée dans l’obscurité totale.
Un lit plutôt moelleux. La couverture à la texture rêche et sa chaleur. Le sommeil qui le gagnait.
Sa conscience sombra lentement.
Et puis…
Une douce brise souffla. Elle souleva sa frange et la repoussa ; Kyle ouvrit lentement les yeux.
Une chaude lumière baignait tout ce qui l’entourait. Le ciel bleu était parfaitement dégagé, sans le moindre nuage. Les branches au-dessus de lui se balançaient et bruissaient comme des vagues. À l’ombre de l’arbre, les herbes hautes ployaient et frémissaient.
Un rêve ?
Il cligna encore des yeux. Un instant plus tard, la scène qui s’offrait à lui lui apparut clairement.
Il était adossé à un grand arbre, sur une colline au milieu de la campagne. Des papillons blancs voletaient çà et là. Une légère odeur de fleurs, mêlée à celle de la terre, effleura ses sens. Juste à côté de lui reposait une épée, soigneusement posée au sol.
Tout cela lui était douloureusement familier. Il pouvait en revoir chaque détail, même les yeux fermés. S’y abandonner. Sentir un souvenir enfoui l’attirer, encore et encore. Même en sachant qu’il ne s’agissait que d’un passé inutile, il suffisait de cela pour rêver d’un rêve creux.
« Kyle. »
Une voix. Il se retourna, les yeux écarquillés.
Devant lui se tenait la personne qu’il avait tant désiré revoir. Tantôt un ami, tantôt un grand frère, parfois un parent. La personne qui l’avait guidé. Qui l’avait aimé. Qui lui avait tout donné. Celle qui, au tout dernier instant, l’avait quitté sur ces mots : « Je suis désolé. »
Et la personne qui lui avait donné le nom de Kyle.
La seule personne qu’il ne pourrait jamais revoir.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>