Chapitre 143
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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Chapitre 143 : La frontière qui s’effondre (11)
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Kyle posa la question sans hésiter. Puisqu’il cherchait clairement à obtenir des informations, il n’avait aucune intention de tourner autour du pot.
« Qu’est-ce que vous venez de dire… ? »
Le marquis et ses vassaux furent les premiers à rester bouche bée. Un inconnu venu de l’extérieur venait de faire irruption et de s’adresser au marquis avec désinvolture. Le marquis Levran n’était pas un noble ordinaire, mais un haut dignitaire du Royaume de Russel. Même accompagné de Chevaliers, Kyle ne pouvait que s’attirer des ennuis.
« Surveillez votre langage ! »
« Nous ignorons même quel est votre rang. Comment osez-vous vous comporter ainsi ici… ! »
Les protestations fusèrent de toutes parts. Ceux qui s’invectivaient encore quelques instants plus tôt élevèrent maintenant la voix à l’unisson.
« Ça suffit. »
Le marquis, qui les observait en silence, leva la main. La salle de réunion retomba dans le calme, comme si rien ne s’était passé.
« Je suis le marquis Levran. Qui êtes-vous ? »
Le marquis posa la question sans quitter Kyle des yeux. Son regard mêlait une légère méfiance à de la curiosité. Kyle sortit l’emblème que le comte Perian lui avait donné et le lui lança. Le marquis l’attrapa par réflexe alors qu’il décrivait un arc dans les airs.
« Qu’est-ce que… ? »
« Vérifiez. »
Kyle répondit sèchement. Le marquis examina l’emblème qu’il tenait dans sa main, les yeux plissés.
« Ha… »
« Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Avec un rire sans joie, le marquis tendit l’emblème à ses vassaux intrigués. Il passa de main en main autour de la longue table. Chaque fois, un soupir ou un grognement semblable à celui du marquis s’échappait de quelque part dans la pièce.
« C’est celui du Grand-Duc Rivelius… ? »
« Ce serait des renforts ? »
« Les Chevaliers sont avec eux. Le Haut Conseil a dû donner ses ordres. »
« Nous pouvons enfin espérer ? »
Les vassaux, qui avaient sombré dans le désespoir quelques instants plus tôt, retrouvèrent des couleurs. Kyle, Matis et les deux autres échangèrent un regard en silence.
Ça se complique.
Kyle savait que la situation était mauvaise, mais il ne s’était pas attendu à ce qu’elle le soit autant. Ils n’étaient que quatre, et pourtant, ces gens avaient déjà tiré des conclusions sans même entendre toute l’histoire. L’atmosphère de la ville suffisait à montrer à quel point ils étaient aux abois. Ils se demandaient avec angoisse s’ils pourraient repousser une attaque des Chevaliers wyvernes ou s’ils devaient abandonner la ville. À bien y réfléchir, leur réaction n’avait rien d’étonnant.
Matis s’apprêtait à prendre la parole lorsque le marquis le devança.
« Cela fait longtemps, Matis. Et Noel. Près de trois ans, n’est-ce pas ? »
Le marquis Levran détourna son attention de Kyle et jeta un coup d’œil à la cape bleu foncé et au manteau brun avant de parler. Les vassaux alentour se turent, observant sa réaction. Noel regarda Matis, tandis que le Chevalier du Conseil répondit avec désinvolture.
« Le dernier grand banquet a eu lieu à peu près à cette époque, alors oui, ça doit faire trois ans. »
« Il est regrettable que nous nous retrouvions dans de telles circonstances. En temps normal, nous nous serions revus à Renavik au début de l’année prochaine. »
Le marquis ravala un soupir. Tous les trois ans, la Fédération de Grandecia organisait une assemblée et un banquet à Renavik, où siégeait le Conseil. Si l’Empire n’avait pas envahi le pays par surprise, ils se seraient retrouvés au Royaume de Kalov vers le mois de mars prochain, une fois l’hiver passé. Pas dans ces terribles circonstances.
« Nous n’y pouvons rien. Personne n’aurait pu prévoir que l’Empire agirait aussi vite. »
Matis eut un sourire amer. Son ton était respectueux, sans être ni trop humble ni trop arrogant.
En apparence, les Chevaliers étaient une organisation indépendante qu’aucun roi ni noble ne pouvait commander, à l’exception du Haut Conseil. En réalité, il en allait autrement. Tous les chevaliers des Chevaliers étaient issus de familles nobles. Il était donc naturel que les grands seigneurs exercent sur eux une influence considérable. C’était particulièrement vrai pour les puissants du Royaume de Russel, qui finançaient en pratique les Chevaliers.
« Permettez-moi de vous poser une question. »
Cela ne signifiait pas pour autant qu’ils pouvaient se traiter à la légère. Leur relation reposait sur un respect mutuel. Le marquis s’adressa à Matis avec la même courtoisie mesurée que lui.
« Je vous en prie. »
« Qui sont les personnes qui vous accompagnent ? L’un est épéiste, l’autre mage. Puisqu’ils possèdent l’emblème du Grand-Duc Rivelius… dois-je en conclure qu’il s’agit de nobles impériaux ? »
Seuls les hauts dignitaires impériaux qui avaient fui avec le grand-duc, ainsi que ses principaux serviteurs, possédaient l’emblème du Grand-Duc Rivelius. Matis jeta un regard en coin à Kyle. Celui-ci lui adressa un léger signe de tête.
« C’est exact. »
Dès que Matis le confirma, des murmures se répandirent autour de la longue table comme une traînée de poudre. Le marquis leva de nouveau la main pour les faire taire.
« Un Chevalier du Conseil, et même un haut dignitaire impérial porteur de l’emblème du Grand-Duc Rivelius… »
« … »
« Le Haut Conseil a-t-il donné des ordres précis ? »
« Non. »
« Vous n’êtes pas des renforts ? Alors, qu’est-ce qui vous amène ici ? »
« Nous… »
Sans prêter attention aux regards pleins d’attente du marquis et des autres vassaux, Matis leur raconta calmement tout ce qui s’était passé.
Il expliqua comment lui et son écuyer Noel avaient reçu l’ordre de se replier en pleine mission. Comment ils avaient croisé Kyle et Elysia en rentrant au quartier général de l’ordre. Comment ils avaient rencontré des réfugiés en voyageant ensemble, puis comment la cavalerie impériale les avait poursuivis dans un village où ils s’étaient arrêtés pour passer la nuit. Il leur raconta qu’ils les avaient tous tués, puis qu’ils avaient marché sans relâche depuis l’aube jusqu’à leur arrivée à Marent.
« Je vois. Voilà ce qui s’est passé. »
Au fil du récit, l’espoir dans les yeux de chacun s’éteignit peu à peu. Le marquis se frotta le visage, l’air résigné.
« Pourquoi êtes-vous venus à Marent ? »
« Un incident s’est produit alors que nous rentrions au quartier général de l’ordre. Nous n’avons donc pas pu évaluer correctement la situation. Nous avons besoin d’informations. »
« Des informations… Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas vous donner de réponse claire non plus. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Nous sommes tout aussi frustrés, car nous ignorons les détails de la situation au front. »
« Vous ne savez rien des mouvements des Chevaliers célestes ? »
Kyle l’interrompit. Le marquis haussa un sourcil avant de répondre d’un ton neutre.
« Tout ce que nous savons, c’est qu’ils sont arrivés jusqu’à nos portes. La plupart des faucons messagers ont été tués, ou leurs lettres interceptées en chemin. Il en va de même pour les courriers. Tout ce que nous pouvons faire, c’est interroger les soldats revenus vivants et les réfugiés qui affluent. »
« Cassius Mortein… »
« Nous-mêmes avons du mal à suivre le duc Mortein, le commandant des Chevaliers célestes. Il se déplace trop vite, et tous les rapports que nous recevons sont peu fiables. Une chose est certaine : ils se divisent en groupes de trois et s’emparent des villes et des forteresses. Nous savons que le duc Mortein fait partie de l’un de ces groupes, mais… nous ignorons où ils frapperont ensuite. »
Un silence pesant s’abattit sur la pièce. Kyle fronça les sourcils sans même s’en rendre compte.
C’est pire que je ne le pensais.
Il s’y était attendu. En temps de guerre, la rapidité de l’information était essentielle. C’était d’autant plus vrai pour les Chevaliers célestes, qui privilégiaient la vitesse avant tout. Ils n’épargnaient pas les faucons messagers. Pas plus que les soldats et les réfugiés qui avaient survécu et risquaient de les ralentir.
Kyle le savait mieux que quiconque, puisqu’il les avait affrontés lui-même. Les wyvernes manquaient peut-être d’endurance, mais personne ne pouvait rivaliser avec leur capacité à parcourir de grandes distances en peu de temps. À ce stade, ils n’avaient d’autre choix que de prendre le risque et de les affronter directement. Sinon, ils pouvaient réduire les dangers au minimum et continuer à fuir vers l’arrière.
« Si la malchance nous poursuit, ils pourraient attaquer dès ce soir. »
La voix du marquis interrompit les sombres pensées de Kyle.
« Nous allons peut-être devoir prendre une décision difficile. »
Kyle releva la tête. Le marquis se tenait là, soutenant le regard de tous avec une détermination tranquille.
« La force de chaque chevalier compte à présent. »
« … »
« Même une aide modeste nous serait précieuse. Accepteriez-vous de nous prêter main-forte ? »
* * *
Après sa rencontre avec le marquis Levran, Kyle récupéra l’emblème et quitta le château intérieur avec les trois autres. Le ciel, encore bleu peu auparavant, commençait déjà à rougir.
« Vous comptez vraiment descendre en ville ? Vous n’êtes pas obligé de refuser la proposition du marquis… »
Matis parla en jetant un regard vers la grande route au loin. Après qu’ils eurent échangé suffisamment d’informations, le marquis Levran leur avait demandé de l’aide et proposé à Kyle et à ses compagnons de rester au château. Il leur avait promis de leur offrir tout le confort possible.
« Non. »
« … »
« À vrai dire… je ne sais pas non plus. Je ne sais pas quelle décision prendre. »
Kyle avait répondu de façon évasive au marquis. Il n’avait ni accepté ni refusé, choisissant une réponse ambiguë. Cela montrait qu’il n’avait pas encore pris sa décision. Rester ou fuir. Il ignorait quel choix était le bon.
Mieux vaut rester prudent que de me laisser d’abord coincer.
« Et vous ? Vous comptez vraiment rester ici ? »
Il aurait été appréciable qu’ils sachent au moins ce que préparait Cassius Mortein. Kyle songea à cela en regardant Matis et Noel tour à tour. Noel acquiesça sans hésiter.
« Si je devais choisir, je préférerais retourner au quartier général de l’ordre aussi vite que possible… Mais ce n’est pas une mauvaise option. Si nous nous déplaçons à l’aveuglette sans connaître les mouvements des Chevaliers célestes, nous ne ferons qu’aggraver la situation. »
Au bout du compte, ils ne sauraient si leur décision avait été la bonne qu’une fois tout terminé. Noel jeta un coup d’œil à Matis, qui se tenait à côté de lui. Le Chevalier du Conseil blond affichait une expression tourmentée. Ses yeux verts passèrent lentement de Kyle à Elysia.
« Auriez-vous un moment ? »
« Un moment ? »
« Cela ne prendra pas longtemps. J’aimerais vous parler en tête à tête. »
Kyle regarda Elysia. Elle hocha légèrement la tête, comme pour lui dire de ne pas s’inquiéter.
« Ça me va, du moment que tu rentres avant le coucher du soleil. »
« Et toi, Ely ? »
« Je vais d’abord chercher une auberge. Avec tous ces réfugiés, ça risque d’être difficile de trouver une chambre, même en payant plus cher. Tu sauras me retrouver tout seul, non ? »
Elysia esquissa un sourire malicieux. Kyle la regarda un instant, puis déposa plusieurs pièces d’or et d’argent dans sa main.
« Ne prends pas de risques. »
« Tu t’inquiètes trop. Je ne suis pas une enfant. »
« Dans ce cas, voulez-vous que je vous accompagne ? Je n’ai rien d’autre à faire et je pourrai veiller sur vous un moment, à la place de sir Kyle… »
Noel parla en surveillant la réaction de Kyle. Celui-ci regarda Matis et Noel avant de répondre d’un ton indifférent.
« Ce serait gentil. »
Les quatre se séparèrent devant la porte du château intérieur. Elysia disparut dans la ville bondée avec Noel, tandis que Kyle suivait Matis en direction des remparts.
« Qui va là ? Cette zone est interdite… »
« Hein ? C-Ce sont des Chevaliers ? »
« Ce sont ceux qui sont allés voir le marquis tout à l’heure… »
Plusieurs gardes en faction reconnurent Matis et Kyle, puis s’écartèrent. Matis gravit les remparts sans hésiter et s’adossa au parapet de briques solides. La ville, teintée par le coucher du soleil, s’étendait sous ses yeux.
« Alors ? Qu’est-ce que tu voulais me dire ? »
Kyle contempla les dernières lueurs du soleil avant de prendre la parole.
« Si tu n’as pas décidé où aller ensuite… est-ce que tu resterais avec nous ? »
Après un instant d’hésitation, Matis posa la question à laquelle Kyle s’attendait. Celui-ci ne répondit pas tout de suite. Il jeta seulement un coup d’œil au chevalier blond, puis reporta son regard devant lui. Le vent froid de l’hiver lui effleura la peau.
« Je sais que tu es sur tes gardes parce que tu as une mission de protection. C’est sans doute pour ça que tu n’as pas accepté la proposition du marquis. »
« Et alors ? »
« C’est pour ça que je pense que nous devrions rester ensemble. Pour être honnête… je t’apprécie bien. Même sans tenir compte de tes liens avec le Grand-Duc Rivelius. Un chevalier compétent est toujours le bienvenu. »
La veille, lorsqu’ils avaient anéanti la cavalerie impériale qui avait attaqué le village, Matis avait pu voir Kyle se battre.
Un chevalier doté d’un instinct étonnamment aiguisé, qui maîtrisait la magie et maniait sans effort une Aura d’épée d’un blanc pur. Matis savait que Kyle était fort, mais le voir de ses propres yeux avait dépassé ses attentes. Il était naturel qu’il l’apprécie. Au départ, il s’était simplement intéressé au chevalier qui escortait un haut dignitaire impérial inconnu, dans l’espoir de nouer des liens avec le grand-duc. À présent, c’était différent.
« Nous traversons une mauvaise période. Les réfugiés affluent de tous côtés, en plus des habitants qui vivaient déjà à Marent. »
Adossé au parapet, Matis désigna du menton la foule innombrable en contrebas, dont les membres ne semblaient pas plus grands que de minuscules points.
« Ce ne sont que des herbes folles, incapables de se protéger. Si quelqu’un les piétine, ils ne peuvent que se faire écraser. »
« … »
« Si nous ne sommes pas là, ils tomberont sans pouvoir se défendre. Noel a raison. En temps normal, notre priorité devrait être de retourner à l’ordre… mais j’ai du mal à leur tourner le dos en sachant qu’ils risquent de mourir. »
« C’est le sens du devoir ? »
Kyle avait observé la ville un moment avant de poser la question sans même s’en rendre compte. Lorsqu’il se tourna légèrement, Matis affichait un sourire discret.
« Peut-être. »
« … »
« Ou peut-être pour une autre raison. Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais oublié le serment que j’ai prêté en devenant chevalier. »
Toutes sortes d’émotions contradictoires se mêlaient sur le visage de Matis. Kyle y discerna une émotion qu’il connaissait bien.
Du regret et du remords.
Kyle ignorait les détails, mais le devoir d’un chevalier n’était sans doute pas la seule raison pour laquelle Matis avait choisi de rester à Marent. Peut-être qu’une autre raison pesait encore plus lourd. Kyle ferma lentement les yeux et se mit à repenser à tout ce qui s’était passé ce jour-là.
Rester ou partir.
Il se trouvait à la croisée des chemins. Quelle voie était la bonne ?
L’Armée impériale pouvait attaquer cette nuit. Trois Chevaliers wyvernes, accompagnés de cavaliers qui ravageraient la ville. Pourtant, même si trois Chevaliers wyvernes avaient la force de percer les lignes ou de conquérir une ville, ils n’étaient pas invincibles.
Vu la taille de Marent, le niveau de ses forces en garnison, la présence de Matis, Chevalier du Conseil, et la sienne, ils avaient de bonnes chances de se défendre. En fait, les chances pouvaient même être de leur côté. Et ce, malgré la cavalerie impériale à l’arrière.
Le problème, c’était Cassius Mortein, le commandant des Chevaliers célestes.
Il était d’un tout autre niveau que les autres Chevaliers wyvernes. Même Ksalak, la wyverne qu’il chevauchait, surpassait de loin les wyvernes ordinaires. Si les forces qui attaquaient Marent étaient menées par le duc Mortein plutôt que par un autre groupe de Chevaliers wyvernes, ils n’avaient aucune chance.
Mais fuir changerait-il vraiment quelque chose ?
De toute façon, ils ne pouvaient pas suivre avec précision les mouvements des Chevaliers célestes. Si Marent tombait, l’arrière resterait menacé. Il serait peut-être préférable de rester ici et de tuer trois Chevaliers wyvernes, afin d’affaiblir l’Armée impériale. Tant que le duc Mortein ne se présentait pas, ils avaient l’avantage. Si Kyle et Elysia prenaient imprudemment la direction du nord-est, vers Rier, et se faisaient surprendre par-derrière par d’autres Chevaliers wyvernes alors qu’ils étaient seuls…
« Je ne cherche pas à te forcer. C’est à toi de choisir. »
Kyle ouvrit les yeux. Matis, qui s’était appuyé contre le parapet, se redressa.
« Je vais y aller. Réfléchis bien et donne-moi ta réponse demain matin. Je t’attendrai. »
Sur ces mots, Matis descendit des remparts. Kyle regarda sa cape bleu foncé s’éloigner, puis leva les yeux. Les premières ombres de la nuit avaient déjà recouvert le ciel cramoisi. Après avoir contemplé le paysage un moment, Kyle finit par se mettre en route et disparut dans la ville où Elysia l’attendait.
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