Chapitre 133
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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Chapitre 133 : La frontière qui s’effrite (1)
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Depuis les premières chutes de neige, le froid s’était encore intensifié. Les paysages enneigés de la Fédération ressemblaient à une interminable succession de toiles en nuances de gris.
Kyle et Elysia traversaient la Fédération d’un bon pas. Leur destination avait légèrement changé : ils se rendaient à présent à Rier, dans le Royaume de Valone. Puisqu’ils savaient que le Grand-Duc Rivelius ne se trouvait pas à Renavik, inutile de s’y rendre d’abord. De toute façon, Rier, dans le Royaume de Valone, et Renavik, dans le Royaume de Kalov, n’étaient séparées que de quelques jours de voyage.
Cela faisait déjà trois jours que nous avions quitté Renvel ?
Le froid mordant qui lui piquait la peau fit lever les yeux de Kyle vers le ciel. Entre les arbres qui se dressaient çà et là, de légers nuages dérivaient dans l’azur limpide.
Le spectacle aurait pu lui ouvrir le cœur, mais ce n’était guère le moment d’admirer le paysage. Il faisait tout simplement trop froid. Le souffle qui s’élevait devant son visage était plus visible que jamais. Baissant légèrement la tête, Kyle jeta machinalement un regard à côté de lui.
« J’ai l’impression que la température a chuté d’un coup ces derniers jours. Maintenant que j’y pense, comment avons-nous fait pour tenir dans cette plaine enneigée ? »
Assise en selle, Elysia lâcha les rênes et se frotta doucement les mains. Son souffle chaud blanchit l’air avant de s’y dissiper.
« Tu as très froid ? »
« Non, pas tant que ça… »
« Je suis désolé. J’ai complètement oublié de chercher un outil magique chauffant. »
« Ne t’excuse pas. À ce compte-là, moi aussi, j’ai oublié, non ? »
Elysia esquissa un sourire. Sa main glissa vers la pierre magique d’ambre qui pendait à son cou.
Ce geste ne rimait à rien, mais depuis le festival, ce jour-là, Elysia touchait souvent la pierre magique contre sa poitrine. Kyle avait songé à lui dire qu’elle finirait par l’user à force, mais il s’était tu.
Lui-même ne manquait jamais une occasion de serrer le Cœur du Dragon dans sa main.
Je suis mal placé pour faire une remarque.
Une habitude ancrée dans le subconscient n’était pas forcément mauvaise. Depuis qu’il avait quitté l’Archipel de Corsa, Kyle avait pris celle de serrer fermement le Cœur du Dragon dès qu’il était fatigué ou que ses pensées s’embrouillaient.
« Nous devrions acheter un outil magique chauffant dans la prochaine ville, même s’il faut le payer plus cher. Il fera encore plus froid une fois la nouvelle année entamée. »
Elysia acquiesça. Elle avait bien une fourrure pour se couvrir, mais cela ne suffisait pas à la protéger du froid en plein hiver. La porter par-dessus sa robe était également encombrant.
Ils poursuivirent leur route forestière sans se presser. À présent qu’ils avaient atteint le cœur de la Fédération, rien ne les obligeait à accélérer. En hiver, il était particulièrement important de préserver ses forces. Ils auraient un problème s’ils s’effondraient avant même de rencontrer le Grand-Duc Rivelius à Rier.
Ils s’arrêtèrent peu après.
Kyle fut le premier à remarquer quelque chose d’anormal. Elysia le vit s’immobiliser un instant plus tard et tira à son tour sur les rênes. Un peu plus loin, une grande silhouette était recroquevillée, le visage enfoui dans le sol.
« Kyle, là-bas… »
« Oui. Ça n’a pas l’air d’être un monstre… Un ours ? »
Kyle marmonna à voix basse, mit pied à terre et s’approcha. Elysia le suivit prudemment. En avançant, ils distinguèrent mieux la créature.
Un ours gigantesque, haut de près de trois mètres, avait le museau plaqué au sol et déchiquetait quelque chose. Kyle s’arrêta à quelques pas. La bête, qui mangeait avec une concentration absolue, sentit leur présence et se retourna.
Du sang rouge vif lui maculait la gueule.
« Il se régale. »
L’ours se rua sur eux avant même que Kyle eût fini de parler. Le sol trembla sous ses lourdes foulées et les buissons alentour frémirent.
Kyle balaya légèrement l’air de la main gauche.
Fwoosh !
Une lame de vent fila droit devant et taillada le corps entier de l’ours. La gorge et le visage profondément entaillés, la bête s’effondra devant Kyle dans une gerbe de sang. Elle toussa et s’étrangla à plusieurs reprises, puis ne bougea plus.
Elysia contempla calmement la dépouille.
« J’ai vu plusieurs monstres, mais c’est la première fois que je vois un ours. Ils n’hibernent pas à cette période de l’année ? »
« Hiberner ne veut pas dire dormir plusieurs mois sans jamais se réveiller. Il leur arrive de sortir quand ils ont faim. Mais surtout… »
Kyle détourna les yeux de l’ours et regarda devant lui.
« C’est une personne ? »
À l’endroit où l’ours avait mangé gisait un corps humain, les entrailles répandues sur le sol. L’horreur du spectacle se précisait à mesure qu’ils approchaient. Même Elysia, qui avait déjà traversé bien des épreuves depuis qu’elle avait quitté Archandia, fronça les sourcils.
« Un mercenaire de passage ? »
« Non. Un chasseur. »
« Un chasseur ? Quelqu’un d’un village, tu veux dire ? »
« Probablement. Les gens font généralement des réserves pour l’hiver, mais certains n’y arrivent pas. On dirait qu’il est parti chasser seul et qu’il a eu des ennuis. »
Kyle ramassa un arc brisé qui gisait à côté du corps. Le chasseur avait sans doute pénétré dans la forêt pour attraper des lapins ou des cerfs, puis avait été tué par l’ours.
La vie est bien fragile.
Kyle se le dit en lui-même. Peu importait le nombre de décennies vécues : la mort pouvait frapper en un instant. L’hiver était une saison si rude. Les animaux n’étaient pas les seuls à risquer leur vie en attendant le printemps. Les humains aussi.
Elysia et moi, ce n’est pas différent.
« Kyle… »
Elysia avait peut-être eu une pensée semblable. Elle le regarda avec amertume. Kyle déposa soigneusement l’arc brisé près du corps, puis puisa du mana dans sa bague.
« Nous devrions au moins brûler le corps. C’est le minimum de respect que nous puissions témoigner aux morts. »
Des flammes blanches jaillirent du bout des doigts de Kyle. Elles retombèrent sur le corps du chasseur et le consumèrent lentement, comme du bois de chauffage.
Croa ! Croa !
Des cris d’oiseaux retentirent au-dessus d’eux. Kyle et Elysia levèrent lentement les yeux.
Des corbeaux noirs traversaient le ciel limpide. Kyle en avait vu d’innombrables fois, mais, pour une raison ou une autre, ils lui semblaient de mauvais augure à cet instant.
* * *
Après avoir brûlé le corps du chasseur sans laisser la moindre trace de cendre, ils remontèrent à cheval et reprirent la route. Lorsqu’ils sortirent de la forêt, la fin de l’après-midi approchait déjà.
Le soir ne va pas tarder.
Le soleil s’approchant de l’horizon, Kyle se mit à chercher une auberge où passer la nuit. Les deux cavaliers et leurs chevaux avançaient diligemment sur la route. Pourtant, malgré leurs espoirs, aucune maison ni aucun bâtiment n’apparaissait à l’horizon.
Seules d’innombrables traces de roues enchevêtrées s’étiraient en silence sur la neige blanche qui recouvrait la route.
« Voilà qui est ennuyeux. »
« Qu’y a-t-il ? »
« On dirait qu’il va encore falloir camper cette nuit. »
Kyle évalua la position du soleil. Il se coucherait probablement dans une heure.
Au cœur de l’hiver, les journées étaient courtes et leur temps d’activité s’en trouvait forcément réduit. La distance qu’ils pouvaient parcourir en une journée était inévitablement moindre qu’à l’ordinaire. Ils suivaient les itinéraires reliant les villes sur la carte, mais la Fédération était immense et toutes les localités n’y figuraient pas en détail.
Autrement dit, à moins de tomber sur un village avant d’atteindre la prochaine ville, ils n’auraient pas d’autre choix que de camper.
Ils avaient déjà dormi dehors la veille et l’avant-veille, et la fatigue commençait à peser lourdement.
« Et alors ? Ça ne me dérange pas de camper encore aujourd’hui. »
« Moi, si. »
« Pourquoi ? »
« Parce que si tu attrapes un rhume ou de la fièvre, ça va me compliquer la tâche. »
Ils auraient pu s’en sortir s’ils avaient eu un outil magique chauffant, mais Kyle n’avait qu’une couverture fine pour lui-même et la fourrure brune qu’il avait donnée à Elysia. Même avec un feu, passer trois nuits d’affilée dehors par un temps pareil suffisait à tomber malade.
« Dans ce cas, tu n’auras qu’à me porter sur ton dos, Kyle. »
« … »
« Ou me prendre dans tes bras. »
Elysia gloussa à côté de lui. Kyle se tourna vers elle. Sous la capuche de sa robe blanche, elle affichait un sourire espiègle.
Elle a beaucoup changé. Ou bien a-t-elle toujours été comme ça ?
Kyle secoua la tête et tira doucement sur les rênes. Son cheval, qui comprit le signal, passa du pas au trot. Elysia pouffa et accéléra elle aussi.
Le monde s’était teinté des couleurs profondes du crépuscule quand ils finirent par trouver une auberge au bord de la route.
Elle était assez grande. L’auberge avait deux étages et possédait même une écurie.
« Quel dommage. J’aurais pu voyager confortablement. »
Elysia marmonna en mettant pied à terre. Kyle ne sut pas si elle plaisantait ou si elle était sérieuse.
« Entrons. »
Après avoir attaché leurs chevaux à l’écurie, ils entrèrent sans hésiter. L’air chaud des lieux les enveloppa, contraste saisissant avec le froid extérieur.
Le rez-de-chaussée faisait à la fois office de restaurant et de taverne. Les clients arrivés plus tôt étaient attablés, mangeant et buvant. Quand Kyle et Elysia franchirent la porte ouverte, l’attention se tourna un instant vers eux.
Mais cela ne dura pas.
« Alors, je lui ai dit… »
« J’ai entendu dire que c’était le chaos ces temps-ci. Les seigneurs de la frontière recrutent des mercenaires à tour de bras. »
« Et la paie ? »
« Ça dépend du rang, mais elle serait généreuse. »
« De toute façon, il n’y a pas de boulot en hiver. Je devrais peut-être y aller, moi aussi… »
Les clients ne tardèrent pas à se désintéresser de Kyle et d’Elysia. Après avoir jeté un coup d’œil autour de lui, Kyle se dirigea vers le comptoir avec Elysia.
« Bienvenue. Vous prenez une chambre pour la nuit ? »
Le tavernier, qui les observait depuis l’ouverture de la porte, les interrogea.
« Oui. Une de vos meilleures chambres, pour deux personnes. »
« Vous comptez rester combien de temps ? »
« Une nuit. »
« Vous prendrez aussi le dîner ? »
« Apportez-nous quelque chose de convenable. Il y a deux chevaux dehors. Je vous serais reconnaissant de leur donner du fourrage. »
Kyle posa sur le comptoir plusieurs pièces d’argent de la Fédération, qu’il avait échangées à Belmar. La somme, assez généreuse pour comprendre un pourboire, adoucit l’expression du tavernier.
« Attendez ici. Je vous apporte à manger tout de suite. »
Après avoir glissé quelques mots à une serveuse, le tavernier disparut dans la cuisine. Kyle et Elysia le suivirent des yeux un instant, puis s’assirent dans un coin libre du comptoir.
Le rez-de-chaussée de l’auberge résonnait des voix bruyantes des mercenaires et des voyageurs qui terminaient leur journée.
La plupart parlaient de la même chose : la guerre contre l’Empire. Rien d’étonnant, puisque le Royaume de Russel, où se trouvait l’auberge, avait subi les plus lourdes pertes après la fermeture de sa frontière avec l’Empire.
« La situation a vraiment l’air tendue, ces derniers temps. Tout le monde parle de la même chose. »
Elysia jeta un regard derrière eux et murmura. Kyle acquiesça légèrement.
« C’était pareil dans le sud. »
« J’ai l’impression que c’est pire dans la Fédération. »
« Sans doute parce que c’est ici que la guerre risque le plus d’éclater. »
« Tu crois que l’Empire va envahir la Fédération ? »
« Je ne sais pas. Mais c’est probablement peu probable. La Guerre du Nord vient à peine de se terminer. »
Le nombre de chevaliers wyvernes était le facteur le plus important. La guerre contre le Royaume de Hailen avait réduit les forces de l’Empire : elles comptaient près de trente chevaliers wyvernes auparavant, et moins de vingt à présent. À moins que l’Empereur ne soit devenu fou, il ne déclarerait pas une nouvelle guerre si tôt.
Même l’Empire avait ses limites.
À cet instant, le tavernier revint de la cuisine avec deux grands bols qu’il posa devant eux. Tout en apportant des couverts supplémentaires, il prit la parole.
« Je vous ai apporté de quoi vous rassasier. »
« Ça ira très bien. »
« Et pour boire ? »
« Je passe. Je n’en ai pas envie aujourd’hui. »
Le tavernier haussa les épaules et se détourna pour ranger des bouteilles sur une étagère. Lorsque Kyle vit Elysia prendre ses couverts, il piqua une saucisse dans son bol avec sa fourchette et la porta à sa bouche.
« Alors, c’est comment ? Pas mauvais, hein ? »
Le tavernier leur jeta un regard tout en débouchant une bouteille. Le repas était vraiment bon, alors Kyle acquiesça sans un mot.
« Juste par curiosité, vous venez de l’Empire ? »
« Non. »
« Hum. Vraiment ? Vous avez pourtant un accent impérial. Pas vous, l’ami, mais la jeune femme à côté de vous, certainement. »
« En tout cas, ça n’a plus rien à voir avec nous. »
« Eh bien, j’imagine que vous avez raison. »
Kyle ravala un soupir par réflexe. Plus la menace d’une guerre planait, plus les habitants de la Fédération en voulaient à l’Empire.
« Ah, ne vous méprenez pas. »
Voyant la réaction de Kyle, le tavernier leva les deux mains.
« J’étais juste curieux. Vu les circonstances, je n’ai presque pas vu de clients avec un accent impérial ces derniers temps. »
« … »
« Si je vous ai mis mal à l’aise, je vous prie de m’excuser. Je ne cherchais pas la bagarre. Les gens comme nous, qui gagnent leur vie dans le commerce, ne pensent qu’à faire de l’argent, pas vrai ? L’argent n’a pas de frontières. Et tous ceux qui ont un accent impérial ne viennent pas de l’Empire. »
Il plissa un œil en remplissant d’alcool un verre vide.
Soudain, sans prévenir, un homme se leva à l’autre bout du comptoir, face à Kyle et Elysia.
« Quoi ? Un accent impérial ? »
« … »
« Qu’est-ce que ces putains d’Impériaux viennent foutre ici ? Hein ? Ces enfoirés ne seraient pas des espions impériaux ? »
Le visage rougi par l’alcool, l’homme cria à pleins poumons. Il les désigna même du doigt.
Toute la salle, qui bourdonnait jusque-là de conversations, avait désormais les yeux tournés vers Kyle et Elysia.
« Des Impériaux ? Qui ça ? »
« Les deux, là, assis au comptoir. Ils viennent d’arriver. »
« Maintenant que tu le dis, ils ont bien cet accent… »
« Il n’y avait pas une prime pour quiconque attrapait des espions impériaux ? »
« Ce ne sont peut-être pas des espions. Tous ceux qui ont un accent impérial ne viennent pas de l’Empire. Tu crois que des Impériaux traverseraient la Fédération en ce moment ? Arrête de faire un scandale et assieds-toi. »
« Mais s’ils en sont… »
La petite étincelle allumée par l’ivrogne se transforma vite en brasier.
Certains les dévisageaient, les yeux brillants à l’idée d’une éventuelle récompense. D’autres détournaient le regard, refusant d’être mêlés à cette histoire. Seul le tavernier, qui avait involontairement fourni un prétexte, regardait autour de lui avec inquiétude.
« Ha… »
Kyle laissa échapper le soupir qu’il retenait. Elysia le regarda d’un air qui semblait dire que la situation devenait fâcheuse.
« Nous y voilà, finalement. »
« Il est plus étonnant qu’on ait été tranquilles jusqu’ici. »
Au cours du mois écoulé, Kyle et Elysia avaient rencontré une foule de gens dans la Fédération : des mercenaires, des marchands, des civils. Leur statut importait peu.
Naturellement, leur accent impérial leur avait rarement attiré la sympathie. Personne ne les avait attaqués ouvertement, par des paroles ou des actes, mais un malaise avait toujours plané autour d’eux.
Cela lui rappela ce que leur avait dit le cocher qui les avait conduits à Renvel. Vu la situation, ils devaient se montrer prudents. Les habitants de la Fédération étaient devenus bien plus hostiles envers l’Empire qu’auparavant.
« On n’y peut rien, pas vrai ? »
Kyle envisagea de sortir l’emblème du Grand-Duc Rivelius, puis y renonça. Cela ne servirait à rien face à des gens aveuglés par l’argent, et de toute façon, ils ne pourraient pas reconnaître son authenticité.
Il ne leur restait qu’à les intimider par la force.
« Tu m’entends, oui ou non ? Hein ? Qu’est-ce qui te fait croire que tu peux traîner tes sales pattes ici ? Espions impériaux de merde… ! »
L’homme, ivre mort, tituba vers eux.
À cet instant, la porte fermée de l’auberge s’ouvrit brusquement.
L’atmosphère, qui semblait prête à exploser sous la chaleur ambiante, se refroidit d’un coup. Comme s’ils s’étaient concertés, tous les clients tournèrent les yeux vers l’entrée béante.
Deux nouveaux venus se tenaient sur le seuil.
L’un était un bel homme d’une trentaine d’années, grand et large d’épaules. L’autre, plus jeune, avait une vingtaine d’années et était plus petit que le premier.
Mais un détail éclipsait tout le reste.
L’emblème familier brodé sur le manteau bleu marine et la cuirasse de l’homme de haute taille.
C’était l’insigne des Chevaliers, l’ordre directement contrôlé par le Conseil suprême de la Fédération.
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