Chapitre 123
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 123 : La mer du retour (1)
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Cesar Skaldir, souverain de l’Archipel de Corsa et chef de la Famille Skaldir, était resté près de la faille depuis que Kyle et Elysia avaient disparu.
Disparaître et mourir étaient deux choses bien différentes. Ils s’étaient volatilisés en un clin d’œil, comme si leur existence même s’était évaporée, mais la faille, elle, demeurait. Il s’agissait d’une ancienne magie draconique capable de déformer jusqu’au temps et à l’espace. Tout pouvait arriver. Cette anomalie était la plus grave de toute l’histoire de la Famille Skaldir.
Si les choses tournaient mal, l’île elle-même risquait de disparaître. C’était pourquoi Cesar avait choisi de rester près de la faille avec quelques chevaliers et mages. Il leur fallait au moins pouvoir réagir rapidement si une nouvelle anomalie se produisait. C’était le devoir d’un seigneur.
Même si ce n’était qu’un combat inutile.
Combien de jours s’étaient ainsi écoulés ?
Tap. Tap. Tap-tap-tap.
Le ciel était particulièrement sombre ce jour-là. À un moment, une pluie fine se mit à tomber sous les nuages noirs. Une petite bruine d’automne, du genre à ne tomber que de temps à autre.
Cela fait déjà une semaine ?
Ce jour-là encore, Cesar sortit de la caserne et contempla la faille d’un air absent. Comme au moment de la disparition de Kyle et Elysia, elle s’était réduite à un point minuscule, qui aspirait et rejetait du mana à répétition, comme s’il respirait.
« Vous devriez rentrer. Vous allez ruiner votre santé. »
Une voix familière lui parvint de derrière. C’était celle de Malik, le bras droit de Cesar, le chevalier aux deux épées qui avait failli en venir aux mains avec Kyle dans le détroit.
« Encore un peu. »
« Il est déjà tard. Le soleil va bientôt se coucher. »
« Il est déjà si tard ? »
Cesar se retourna. Malik portait un manteau de laine doublé de fourrure pour se protéger de la pluie. Cesar était vêtu à peu près de la même façon. Cela ne suffisait toutefois pas à les protéger du froid causé par la chute soudaine des températures.
« Comment vont les choses au château ? »
Cesar reporta son regard sur la faille en posant la question.
« Comme hier. »
« Les gens vont bientôt commencer à se poser des questions. »
« Oui. C’est pourquoi je pense que vous devriez rentrer. »
« Rentrer… »
« Cette affaire nous échappe déjà. C’est une magie draconique qui défie toute explication depuis des milliers d’années. Les deux personnes prises dans la faille sont probablement… »
Malik s’interrompit, mais Cesar comprit ce qu’il voulait dire. L’allusion était limpide.
« Vous pensez qu’ils sont morts ? »
« Oui. »
« Vous en êtes certain. »
« Même s’ils ont eu la chance de survivre, s’ils ne peuvent pas revenir de notre côté, c’est comme s’ils étaient morts. »
« À bien y réfléchir, Kyle disait voir d’innombrables périodes à travers la faille. Il prétendait qu’il s’agissait de scènes du passé… »
Cesar se remémora ce qui s’était passé une semaine auparavant. Juste avant que la faille n’entre en résonance avec le mystérieux pendentif tombé des vêtements de Kyle et ne devienne incontrôlable, Kyle avait clairement dit qu’il voyait d’innombrables scènes temporelles au-delà de la faille.
Des scènes du passé, qui plus est.
Et si ce n’était pas un mensonge ?
En temps normal, il aurait balayé ces propos absurdes sans y réfléchir à deux fois. Mais les circonstances étaient différentes. En tant que chef de la Famille Skaldir, il avait vu passer d’innombrables chevaliers et mages talentueux, et pourtant, Kyle avait quelque chose de différent.
Un mercenaire qui avait soudain réclamé un passage vers la Fédération et proposé un marché.
Un mage exceptionnellement talentueux, personnellement recommandé par Enrico, le chef de la Compagnie marchande du Corbeau Noir.
Cet homme, qui n’était clairement ni épéiste ni mage, s’était tenu devant la faille sans la moindre peur. Il avait fini par disparaître, mais, comparé à la situation d’avant, où personne n’avait pu faire quoi que ce soit, il y avait eu des progrès.
Il ignorait seulement si cela mènerait à quelque chose de bon ou de mauvais.
Qu’est-ce que je ressens ?
Il n’avait aucune raison de le penser, mais il avait le pressentiment qu’il allait se passer quelque chose. C’était pourquoi il avait établi son camp près de la faille et surveillait les environs chaque jour.
Si la faille était vraiment résolue, Cesar était prêt à donner n’importe quoi à Kyle.
Peut-être…
« Rentrez, je vous prie. Si vous restez ici, vous risquez de vous effondrer. »
N’y tenant plus, Malik murmura à l’oreille de Cesar. Malgré l’inquiétude dans les yeux de son bras droit, celui-ci ne lui répondit pas clairement.
« Nous allons monter la garde. Vous devriez au moins rentrer au château demain… »
« Un jour. Je vais encore surveiller les lieux pendant un jour. »
« … Entendu. »
« Allons-y. Il fait froid. »
Cesar contempla la faille encore un moment, puis se détourna lentement. Malik, qui se tenait juste derrière lui, fit signe à un chevalier et à un mage à proximité, comme s’il n’attendait que cela.
Continuez à garder cet endroit jusqu’à la fin de votre tour de garde.
Oui. Bien compris.
Après cet échange silencieux, qu’ils avaient mené uniquement des lèvres, Malik se tourna comme pour protéger Cesar. Ils venaient à peine de prendre la direction de la grande caserne, non loin de là.
« Hein ? »
« Attendez… »
Des voix déconcertées retentirent soudain derrière eux. Cesar et Malik, qui sentirent l’anomalie un instant plus tard, se retournèrent vers la faille.
« Qu’y a-t-il ? »
« La faille… »
L’un des mages de garde, la bouche grande ouverte, fut incapable d’aller au bout de sa phrase. Pour la première fois depuis la disparition de Kyle et Elysia, une semaine plus tôt, la faille, réduite à un point minuscule et demeurée inchangée jusque-là, se mit à onduler.
Le mana dense qui l’entourait fut aspiré par le point, qui se mit à tourbillonner. Il enfla en un instant.
Comme lorsqu’elle était devenue incontrôlable, la fois précédente.
Comme la fois précédente ?
« Tout le monde, reculez ! »
À peine Cesar eut-il cette pensée que Malik se jeta instinctivement devant lui en criant. Le chevalier et le mage reculèrent précipitamment.
La faille, qui n’était qu’un point minuscule quelques instants plus tôt, s’était déjà élargie sous leurs yeux. Une lumière aveuglante emplit l’espace.
Puis toutes les couleurs disparurent d’un coup.
* * *
Juste après qu’Alfred l’eut à moitié poussé dans la faille, Kyle vit défiler d’innombrables scènes issues de différentes époques.
Des passés révolus, qu’il était impossible de changer.
Les étranges paysages irréels qu’il avait déjà vus une fois défilèrent à toute vitesse devant ses yeux. Pourtant, ce n’était pas comme la première fois où il était tombé dans la faille. À l’époque, il avait chuté sans fin tandis que le temps remontait vers le passé.
À présent, il montait.
Est-ce qu’on retourne en arrière ?
Du présent vers le passé. Puis du passé vers le présent.
Il était difficile de décrire cette expérience en quelques mots. Sans le Cœur du Dragon de Prisia, sans son long sommeil et tout ce qu’elle avait préparé, jamais il n’aurait vécu une chose pareille.
Enveloppé par cette sensation indescriptible, Kyle ferma lentement les yeux. Cette impression de s’élever sans cesse était l’exact opposé d’une chute. Alors que sa perception du temps commençait à s’estomper, il sentit un sol ferme sous ses pieds.
Une chose impossible dans la faille, où il n’y avait pas de sol.
On est arrivés ?
Kyle rouvrit lentement les yeux. En tournant la tête, il vit Elysia qui le regardait.
« Kyle. »
« Ça va ? »
« Oui. Heureusement, je ne crois pas avoir quoi que ce soit. Mais surtout… »
Elysia regarda devant elle. Kyle, qui touchait le Cœur du Dragon sous ses vêtements, suivit son regard.
La première chose qu’il vit fut l’étrange forêt aux couleurs innombrables, aussi mystérieuse que bizarre, où ils avaient découvert la faille.
De la pluie ?
Une goutte d’eau lui effleura le sommet du crâne. Kyle leva les yeux. À travers les arbres et les branches serrés, il distingua un ciel sombre.
Une bruine d’automne.
C’était rare, mais pas inédit. Après avoir laissé les gouttes tomber sur lui quelques instants, Kyle baissa la tête.
Quatre personnes se tenaient là, les yeux écarquillés, à les fixer.
Cesar Skaldir, souverain de l’Archipel de Corsa et maître de l’île. Malik, le chevalier aux deux épées, qui était pratiquement son bras droit. À leurs côtés se trouvaient un chevalier d’élite et un mage au service de la Famille Skaldir.
« C’est impossible… »
Quelqu’un marmonna. C’était l’un des vassaux de la Famille Skaldir.
« Ils sont vraiment revenus… ? »
Cesar parla comme s’il n’arrivait pas à y croire. Le jeune seigneur de l’île était abasourdi par l’apparition soudaine de Kyle et Elysia, sortis de la faille déchaînée. Malik, accroupi comme pour le protéger, et les deux autres vassaux ne paraissaient pas moins stupéfaits.
« Oui. »
« Je pensais que c’était possible, mais je n’aurais jamais cru que vous reviendriez sains et saufs. »
Cesar se releva maladroitement. Malik se redressa à son tour et continua de dévisager Kyle et Elysia avec méfiance.
« On dirait que pas mal de temps s’est écoulé. Combien de temps avons-nous été absents ? »
Sans prêter attention à Malik, Kyle posa la question à Cesar.
« Une semaine, à ce jour. »
Cesar lui répondit brièvement. Kyle ne dit rien et promena son regard autour de lui. La forêt rongée par la faille semblait contenir une concentration de mana encore plus dense qu’auparavant.
Une semaine. Autant de temps que nous avons passé dans le passé.
Ce n’était pas étonnant. Le passé et le présent appartenaient à des époques entièrement différentes, mais la faille qui les reliait était restée ouverte tout ce temps. Au moins, il n’y avait pas eu de catastrophe du genre : plus d’un an s’était écoulé alors qu’ils revenaient au présent.
Une semaine, ça restait supportable.
« La faille… a-t-elle vraiment été résolue ? »
Malik posa la question à côté de Cesar.
« On dirait bien. »
Kyle acquiesça légèrement et jeta un coup d’œil derrière lui. Tous suivirent son regard. La faille en forme de point, qui se trouvait là quelques instants plus tôt, avait disparu.
« Ha… »
Cesar laissa échapper un rire sans joie.
« Le problème qui a tourmenté notre famille pendant des milliers d’années s’est résolu comme ça. »
« Il faudra du temps, mais la forêt finira elle aussi par retrouver son état normal. La cause du problème a disparu ; elle se rétablira peu à peu. Le mana libéré par la faille elle-même contenait le pouvoir du temps et de l’espace. »
« Le pouvoir du temps et de l’espace… Que s’est-il passé dans la faille, pendant tout ce temps ? »
« Il y a trop de choses à raconter. »
« Vous ne voulez pas répondre ? »
« Pensez ce que vous voulez. »
Ils étaient retournés dans le passé. Il avait rencontré Alfred Lucent, l’un des pires traîtres de l’histoire de l’Empire, un homme accusé à tort parce qu’il connaissait les secrets de la Famille impériale. Puis ils avaient tué un Dragon et ouvert un passage entre les dimensions.
C’étaient des secrets qu’il ne pouvait révéler à personne.
« Plus important encore, je crois qu’il est temps que vous honoriez le contrat. »
À peine eut-il fini de parler que Kyle puisa dans son anneau pour en tirer du mana. Le travail était terminé, mais il était encore trop tôt pour se détendre.
Il n’avait pas encore été payé pour le contrat.
Cesar avait posé une condition : fermer la faille par tous les moyens nécessaires. En échange, Kyle devait recevoir trois choses : le droit de passer jusqu’à la Fédération, le règlement de l’affaire avec la Compagnie marchande du Corbeau Noir et une faveur sans restriction, dans la mesure des moyens de Cesar.
La faille était fermée. L’heure était venue de toucher sa récompense.
Malgré tout, Kyle ne relâcha pas sa vigilance. Il avait vu trop de contrats dont le contenu différait de la manière dont ils étaient réellement exécutés. Si nécessaire, il n’aurait pas d’autre choix que de se battre.
« Très bien. Ce qui s’est passé à l’intérieur ne me regarde pas. L’objectif de départ a été atteint. »
Heureusement, Cesar accepta les paroles de Kyle sans protester. Les autres, qui s’étaient tendus en prévision d’un éventuel combat, laissèrent échapper un soupir de soulagement malgré eux.
« Comme je l’ai dit, je vous accorderai les trois contreparties. Mais… »
Cesar plissa les yeux. Tous levèrent la tête.
Fouuu…
La bruine qui tombait quelques instants plus tôt s’intensifiait. Elle allait bientôt se transformer en averse. L’air humide et froid envahit les lieux.
Cesar poussa un bref soupir, jeta un dernier regard à l’endroit où la faille avait disparu, puis se tourna vers le sud, en direction de la ville.
« Parlons en chemin. La pluie va s’intensifier. »
* * *
Jorde, capitaine du navire marchand de la Compagnie marchande du Corbeau Noir, était étendu sur son lit, le regard vide, à contempler la fenêtre. Dehors, une pluie battante tombait sous un ciel chargé de nuages sombres.
« Le ciel était couvert depuis ce matin… »
Il ravala de justesse le soupir qui menaçait de lui échapper. Jorde séjournait dans une chambre privée, à l’écart du reste de l’équipage de la Compagnie marchande du Corbeau Noir. La pièce était luxueuse et ses repas arrivaient à l’heure, mais il n’arrivait pas à se détendre.
L’inquiétude et l’angoisse lui rongeaient l’esprit.
Je suis un rat piégé dans une prison sans issue.
Jorde se gratta vigoureusement la tête. C’était le seul moyen de le supporter.
Je vais mourir comme ça ?
Ses blessures avaient déjà guéri. En temps normal, Cesar, le seigneur de l’île, l’aurait convoqué depuis longtemps. Pourtant, plus d’une semaine s’était écoulée — presque dix jours — et il n’avait reçu aucune nouvelle.
Tous les membres de l’équipage, lui compris, avaient été isolés dans des chambres séparées. Ils ne pouvaient même pas se parler entre eux.
« Si nous étions arrivés un jour plus tard… Non, si nous avions exigé mille Gold de péage dès le départ… »
Ressasser le passé ne pouvait pas lui rendre le temps perdu. Pourtant, Jorde ne pouvait s’empêcher de se reprocher encore et encore ses erreurs.
Qu’est-ce que je dois faire ?
La Compagnie marchande du Corbeau Noir était l’une des trois plus grandes compagnies marchandes de Cadis. Cela ne signifiait pas pour autant qu’elle pouvait se permettre de défier la Famille Skaldir, qui régnait sur l’Archipel de Corsa.
D’autant que la Compagnie marchande du Corbeau Noir commerçait davantage avec la Fédération qu’avec Azaril, un autre continent. Pour se rendre de Cadis à la Fédération, il fallait traverser le Détroit de Pargon, sur lequel la Famille Skaldir régnait depuis des siècles.
Se faire un ennemi de la Famille Skaldir revenait à renoncer au commerce avec la Fédération.
Et ils s’étaient fait prendre alors qu’ils transportaient des épées en fer stellaire en secret.
Bon sang.
Jorde se rongea les ongles, rongé par l’angoisse. Il imaginait très clairement ce qui l’attendait.
D’abord, ils ne nous tueront pas eux-mêmes. Ils nous garderont en otages, avec les épées en fer stellaire, et extorqueront une énorme somme d’argent et des droits commerciaux à la Compagnie marchande du Corbeau Noir.
Qu’est-il arrivé à ces deux mages, au juste ? Sont-ils vraiment tombés dans le Détroit de Pargon et morts ? Mais des mages de ce niveau auraient pu survivre, non ?
Ne me dites pas qu’ils sont vraiment morts…
Alors que Jorde se tourmentait, la porte, fermement close, s’ouvrit brusquement. Il sursauta.
Des visages familiers apparurent dans l’embrasure.
Cesar Skaldir, le seigneur de l’île. Malik, son bras droit et chevalier aux deux épées. Et Kyle et Elysia, qu’il croyait morts.
« Comment… ? »
Jorde regarda Kyle et Elysia à tour de rôle et marmonna d’une voix hébétée. Cesar l’ignora, jeta un regard en biais au capitaine abasourdi, puis s’adressa à Kyle.
« C’est l’homme que vous cherchiez ? »
« Oui. »
« Comme vous le voyez, je ne l’ai pas tué. Au contraire, je l’ai très bien traité. Je ne savais pas ce qui pourrait arriver ensuite. »
« Ça se voit. »
Au signe de Kyle, Cesar échangea un regard avec Malik, son chevalier garde du corps, puis recula.
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez quelqu’un. On fera le nécessaire pour satisfaire la plupart de vos demandes. »
Ils laissèrent bientôt Kyle et Elysia seuls. Quand leurs pas s’évanouirent dans le couloir, le silence retomba dans la pièce.
Jorde continuait de fixer Kyle et Elysia en clignant des yeux. Il les reconnaissait, mais son esprit refusait d’y croire.
Comment peuvent-ils être vivants ?
Un seul navire rapide avait survécu. Ils auraient traversé le détroit à la nage ?
Et puis, ils parlaient familièrement à Cesar Skaldir ? Ici, dans le fief de la Famille Skaldir ? Et celui-ci leur proposait même de leur rendre service ?
Quelle relation ont-ils ? Qu’est-ce qui s’est passé dehors pendant tout ce temps ?
Les yeux de Jorde s’agitèrent dans tous les sens. Kyle s’approcha du lit et prit deux chaises à la table voisine. Il en prit une, Elysia l’autre.
« Capitaine Jorde. »
Kyle prit la parole. Les épaules de Jorde tressautèrent.
« Vous allez bien ? »
« Heu… Hein ? »
« Vos blessures vous empêchent de parler ? »
« Ah, non. Je peux parler. Je vais… bien, comme vous pouvez le voir. »
« Tant mieux. Cela signifie que nous n’aurons aucun problème à partir dès demain. »
« Dès demain… ? »
Jorde le regarda, perplexe.
« Nous mettrons le cap sur la Fédération demain. »
Kyle l’affirma d’un ton ferme. Jorde ouvrit la bouche comme un idiot.
« J’aimerais donc que vous m’aidiez. »
Kyle ne prêta aucune attention à sa réaction. La décision était déjà prise. Il ne faisait que l’informer calmement de ce qui allait se passer.
Leur vie à tous était entre les mains de Kyle.
« Cela vaut pour tous les membres de l’équipage de la Compagnie marchande du Corbeau Noir, vous compris. Notre destination reste Belmar, la ville portuaire du Royaume de Rustin. Vous n’allez pas refuser, n’est-ce pas ? »
Notes de bas de page :
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